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Chronique : Imaqa

Un grand classique encore trop méconnu de la littérature danoise qui saura vous donner le sourire et vous faire voyager dans le froid du Groenland et la chaleur extraordinaire de ses habitants.

Paru en 2002 aux éditions Gaïa, Imaqa est devenu un classique du fonds de ce petit éditeur. Souvent réimprimé, l’ouvrage a connu différentes éditions : grand-format, poche collector (magnifique édition dans la collection Kayak, c’est celle que je possède, cf image ci-contre), poche chez Babel…

Flemming Jensen est un auteur danois né en 1948. Outre son travail d’écrivain, il est connu au Danemark pour ses sketchs radio et télé. Il a également adapté pour le théâtre les racontars de Jørn Riel changer.

Il a également écrit Le blues du braqueur de banque, Maurice et Mahmoud ainsi que Petit traité des privilèges de l’homme mûr et autres réflexions nocturnes.

Tous sont disponibles aux éditions Gaïa.

Une mutation en terre inconnue et pleine de promesses…

Martin est un professeur danois qui aime sortir de sa zone de confort, se remettre en question, découvrir des choses… C’est pourquoi il fait sa demande de mutation pour quitter le Danemark et enseigner au Groenland. C’est un fait que nombreux ignorent (c’était mon cas), mais le Groenland est un territoire qui appartient au Danemark.

Mais là où Martin pensait révolutionner l’enseignement à son échelle dans une petite ville Groenlandaise, ses espoirs sont vite douchés par le ministère de l’éducation. Il est hors de question qu’il aprenne la langue locale et il doit tout faire pour accélérer l’assimilation du peuple Groenlandais. Nous sommes dans les années 70, et le Danemark semble vouloir tout faire pour effacer ce qui fait du Groenland ce qu’il est afin de le transformer en annexe danoise…

Drôle, chaleureux et passionnant

Si vous avez envie de dépaysement et d’anecdotes fameuses, Imaqa est le roman parfait ! C’est une petite merveille qui vous permettra de découvrir la culture Groenlandaise et ses nombreuses traditions folles et géniales.

Par exemple, tout le monde connait la roulette russe, mais qu’en est-il de la roulette groenlandaise ? Il s’agit d’un jeu beaucoup moins dangereux et plus alcoolisé qui consiste à secouer une cannette parmi d’autres. Tour à tour, chacun ouvra sa cannette, le perdant se prend un jet de bière en pleine face (ou dans le nez pour les moins chanceux).

Et ceci n’est qu’une seule des nombreuses façons qu’on trouvé les groenlandais pour s’amuser et faire passer le temps quand les nuits sont longues et glaciales.

Outre les nombreuses péripéties amusantes que va vivre Martin, Imaqa se propose également de prendre du recul par rapport à la situation du Groenland vis à vis du Danemark. En effet, le Danemark est prêt à faire venir des jeunes groenlandais sur son territoire afin qu’ils apprennent la langue danoise à une rapidité fulgurante.
Logés, nourris et blanchis, ils découvrent un mode de vie totalement différent fait d’une offre pléthorique que ce soit culturellement, gastronomiquement, les possibles sont démultipliés… C’est en effet un plus, mais le moins, c’est que quand ils rentrent dans leur famille au Groenland, ils sont tiraillés entre deux cultures, deux modes de vie totalement différents. Cela en fait des étrangers à leur propre culture qui pour certains n’arrivent pas à trouver leur voie entre leurs racines et un Danemark qui veut les faire changer afin d’en faire de « vrais » danois…

Imaqa est donc bien plus qu’un roman drôle et rafraîchissant, c’est également un texte qui analyse une situation sociale complexe, fascinante et méconnue.
Je ne sais pas ce qu’il en est du Danemark d’aujourd’hui, soit cinquante ans après l’intrigue d’Imaqa, mais j’espère de tout cœur que le Groenland réussi à conserver coûte que coûte ses spécificités culturelles, sa langue et sa richesse.

En somme, Imaqa est un magnifique texte à la fois drôle et profond. Il vous offrira un dépaysement total dans une culture totalement méconnue et fascinante. Cet ouvrage est peut-être l’occasion d’ouvrir la porte à la littérature groenlandaise (et danoise) qui a de nombreuses voix à faire entendre.

Chronique : Coeur de loup

Un roman aux élans de liberté et d’aventure à savourer !

Katherine Rundell est une auteure Anglaise, elle a eu la chance de grandir au Zimbabwe, à Bruxelles, et à Londres. Elle a également été nommée pour la Médaille Carnegie. En France, nous la connaissons pour deux romans : Le ciel nous appartient (Les Grandes Personnes/Folio Junior) et tout récemment, Cœur de loup chez Gallimard Jeunesse.

Avec ce nouveau roman, Katherine Rundell nous offre une aventure naviguant entre Histoire et merveilleux avec pour toile de fond la Russie des tsars… et son âpreté.

Un univers glacé et merveilleux

Le monde quotidien de Féodora est bien loin de celui des autres enfants et adolescents. Là où certains jouent dans la neige, s’amusent, ou aident leurs parents, Féodora elle, ensauvage des loups avec sa mère, maître-loup de métier.

En Russie, posséder des loups est considéré comme un marqueur de noblesse. Mais comme il s’agit d’animaux sauvages, il arrive régulièrement que certains mordent ou se rebellent contre leur domestication forcée. Ils sont alors abandonnés aux soins de la mère de Féodora, qui s’occupe d’ensauvager les loups, dans un coin isolé de Russie. Car on ne tue jamais un loup, cela apporte un immense malheur… Mais le travail si particulier de Féodora et de sa mère est mis en danger par l’armée du tsar et la folie de son chef.

C’est le début d’une magnifique quête pour Féodora : rébellion, courage, férocité et persévérance, Féo va devoir se surpasser et se découvrir pour libérer sa mère du joug de l’armée du Tsar…

Une belle histoire comme on les aime

Avec Cœur de loup, vous retrouverez tout ce qui fait qu’un ouvrage jeunesse peut être mémorable aux yeux d’un jeune lecteur. Des héros charismatiques, une histoire originale aux élans mystérieux et dangereux, une intrigue efficace et bien menée, et des sentiments poignants qui accaparent le lecteur.

Et surtout, la Russie dépeinte comme elle l’est par Katherine Rundell est une ode à la beauté glacée des forêts de Sibérie, à la liberté, et à l’amour.

Plus qu’un récit d’aventure, c’est un chant de rébellion qui souffle dans ce roman. Ne vous laissez jamais faire, et battez-vous pour vos convictions, voilà l’un des messages de ce récit. Le second grand message étant certainement d’être aussi bon que possible avec ceux qui nous entourent, qu’ils soient humains ou animaux…

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Si vous recherchez une belle histoire pour les jeunes lecteurs entre 10 et 13 ans environ, Cœur de loup est un très bon ouvrage. Son histoire est originale, les illustrations dont est parsemé le récit sont superbes, merci à Emmanuelle Ghez pour cela.

Mention spéciale également pour l’illustration de couverture, le touché pelliculé et doux de l’ouvrage, et le titre argenté. Ce livre est un bijou, à tous points de vue.

GENRE : Non classé
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Saga de Sakari – Tome 1 – Banquises de feu

37528_BanquisesFeuCV.inddPremière série de Guillaume Lebeau, il n’en est tout de même pas à son premier livre ; c’est l’auteur du livre Iceland paru aux éditions Mango en 2007 qui montre déjà sa prédilection pour les ambiances nordiques.
Premier tome d’une trilogie glaciaire, Les banquises de feu nous conte l’histoire du peuple Thuléen qui lutte contre l’armée de guerriers et de sorciers noirs d’Ingvar, un homme fou de conquêtes.

Un dernier peuple à conquérir

Sakari et Kaspar sont de jeunes adolescents du peuple Thuléen, et chacun à sa manière veut défendre sa patrie, son identité. Kaspar est l’héritier du trône du royaume tandis que la jeune Sakari est sa meilleure amie et confidente mais aussi une jeune guerrière courageuse. Ils vont partir en quête d’un peuple mystérieux qui a la capacité de sauver leur cité… mais encore faut-il surmonter les épreuves qui y mènent.

Des personnages peu charismatiques et une histoire trop classique

Le problème majeur de ce livre est le cruel manque de profondeur des personnages. Ils ont un nom mais aucune personnalité marquante. Leur histoire, leurs problèmes, tout ce qui pourrait faire d’eux des personnages attachants n’est pas assez exploité. L’histoire quand à elle n’a rien de très original, ce qui est regrettable car l’idée de créer un monde de fantasy dans une ambiance glaciaire et hostile avait le mérite de sortir de l’ordinaire. Les éléments traditionnel de la quête et de ses héros est en marche… mais rien de nouveau à l’horizon…

Banquises de feu est donc un roman très moyen qui aurait pu être intéressant si son intrigue avait été plus recherchée. Le second tome verra le jour en octobre 2011 et le troisième début 2012.

 

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Chronique : L’épée des Ombres – Tome 1 – Le piège de glace blanche

epee des ombres 01 piege de glace blanche« Les Maleterres. Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver. »

Nous voici plongés dans un univers de fantasy qui a le mérite d’être original, (les mondes gelés étant peu exploités dans le genre), J.V. Jones va se surpasser tout le long de ce premier tome pour nous faire ressentir ce froid glacial, cruel et omniprésent qui régit les vies des tribus des Maleterres, mais aussi des villes fortifiées, plus au Sud.

Il m’est difficile de vous donner un réel avis sur ce livre car je le considère comme une grosse introduction de 400 pages. On passe d’un personnage à l’autre au fil des chapitres, ont découvre leur faiblesses, leur pouvoirs, mais l’intrigue en elle-même ne commence à apparaître qu’à la fin du livre, avec un lot de questions très nombreuses.

C’est ainsi que l’on se retrouve immergé dans le monde de J.V. Jones : tout commence par des descriptions des différents clans et peuplades des Maleterres : le clan Dhoone, le clan Budd et d’autres encore, tous en rivalité, même à l’intérieur de leur propre camp, où les fratricides, violences de toutes sortes sont devenues choses communes. Mais n’allez pas croire que dans les grandes villes du sud les gens sont plus civilisés que ces peuples… tout ces êtres humains sont mauvais (ou presque), tous se battent pour une parcelle de pouvoir et cela au dépend des autres, en particulier d’Ash, la fille adoptive de Penthero Iss, le haut seigneur d’une forteresse, qui ne comprend pas pourquoi elle est si choyée et menacée à la fois…

En conclusion, je vous conseille se livre ne serait-ce que pour la beauté de ces descriptions du monde glacial des Maleterre, car tout tourne autour de ce froid mortel. Aucune erreur n’est permise à ses habitants, une simple écorchure pouvant vite se transformer en quelque chose de beaucoup plus grave. Et même s’il faut avouer que j’ai eu beaucoup de mal à lire la première moitié du livre qui traînait un peu, cela en valait le coup, mais la lecture du second tome sera décisive pour convenir de façon certaine de la qualité de cette saga. Une chose est sûre en tout cas, J.V. Jones a laissé bien trop de portes ouvertes et de mystères pour que l’on puisse laisser tomber la saga au bout du premier tome !

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