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Chronique YA : Young blood

Une prestigieuse école d’élite pour vampires bien nés qui cache bien des secrets…

Young Blood est un roman YA fraichement sorti en librairie le 4 mai 2023 aux éditions Nathan. L’ouvrage est écrit par Sasha Laurens, dont c’est le premier ouvrage à paraître en France.

Bienvenue à Harcote School, où la crème de la crème vampirique se forme

Dans le monde imaginé par Sasha Lauren, il y a une chose importante et intéressante à savoir : il y a deux sortes de vampires. Ceux qui ont été transformés en vampire de façon « traditionnelle » telle qu’on la connaît dans la culture populaire, avec une bonne morsure. Et il y a les Youngblood, une nouvelle génération de vampires qui eux sont nés par voie naturelle, comme les humains. Ils sont rares, mais assez nombreux pour intégrer une école regroupant des centaines d’élèves.

Les Youngblood sont ce qu’ont de plus précieux les vampires, la nouvelle génération vampirique, car il est presque impossible de boire du sang humain sans prendre de risque désormais. Depuis l’arrivée d’un virus mortel pour les vampires, le DFC (Dysfonctionnement des facteurs de la coagulation) qui tue les vampires sans possibilité d’y réchapper. C’est ainsi que le sang synthétique nommé Héma est arrivé sur le marché, créé par une grande entreprise vampirique, CasTech.

La grande différence entre les Youngblood et les vampires d’avant, c’est qu’ils grandissent, passent par l’enfance puis l’adolescence avant de devenir adultes et de ne plus vieillir. Ils sont immortels, tout comme les autres vampires.

C’est dans ce monde difficile que vit la jeune Kat, une Youngblood qui est très loin de faire partie de l’élite. Elle est certes une vampire, mais elle travaille pour se payer à elle et à sa mère des doses d’héma (sang synthétique garanti sang DFC). Mais l’héma est de plus en plus cher et elle a de plus en plus de mal à s’en sortir. Sa seule échappatoire, obtenir une bourse dans la prestigieuse école vampirique Harcote School. Et chose incroyable, elle va la décrocher, et y aller, même si ça mère refuse catégoriquement qu’elle se mélange avec l’élite vampirique pour d’obscures raisons.

C’est ainsi que Kat va découvrir le monde des riches vampires, la démesure, la haine, les préjugés… et son ex-meilleure amie à qui elle n’a plus reparlé depuis des années.

Un univers bien pensé et intéressant, mais…

Le plus réussit dans ce roman pour les 14/15 ans, c’est la réflexion économique et sociétale que l’autrice a su créer au travers de son univers. Même si cela reste assez facile et manichéen, elle a au moins le mérite de s’attaquer à des sujets de fonds qui font ce que sont les États-Unis aujourd’hui. Il vous suffit de remplacer l’héma de son roman vampirique par n’importe quel produit pharmaceutique pour comprendre qu’elle dénonce l’accès inégalitaire à tous aux soins.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, j’étais assez emballée au début, mais plus l’histoire avance et plus on sait déjà ce qu’il va se passer. Ce n’est pas cousu de fil blanc, mais pas loin. Comme il y a assez peu de personnages, on sait assez vite qui rempli tel rôle et qui se cache derrière certains mystères. C’est dommage, cela dessert le propos intelligent du roman derrière une couche de vernis assez manichéenne.

Autre point intéressant mais pas assez bien exploité pour moi : il y a des personnages LGBTQIA+, mais ils donnent l’impression d’être là pour mettre en avant un mouvement qui a le vent en poupe dans les romans plus que par envie de normaliser les couples lesbiens ou gays. C’est dommage car il y avait de quoi faire quelque chose de bien plus percutant sans tomber dans cet écueil.

En somme, l’univers de Young Blood est intéressant, mais sa construction, son intrigue et ses personnages n’arrivent pas à sortir d’un schéma narratif déjà vu et revu. Cela n’est pas gênant quand les personnages ont de la profondeur, mais ici, ce n’est pas le cas. L’essai n’est donc pas transformé, c’est du déjà lu…

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Chronique ado : Mon beau grimoire

Il ne fait pas bon harceler une jeune fille qui n’a rien à perdre… surtout quand elle décide de se lancer dans la magie noire pour se venger…

Chrysostome Gourio est un auteur français qui écrit pour la jeunesse et les ados mais aussi les adultes. On lui doit notamment Rufus le fantôme (Sarbacane, Pépix), Wilma la vampire (Sarbacane, Pépix) ou encore La brigade des chasseurs d’ombres (Sarbacane, Exprim’). Mon beau grimoire est paru en 2021 dans la très bonne collection d’horreur pour les 14 ans et plus chez Casterman : Hanté.

Les trois K, ou l’horreur du harcèlement personnifiée

La jeune Perséphone a un lieu d’habitation peu commun, sa maison est au beau milieu d’un cimetierre. A cause de cela seulement, elle est harcelée. Certains de ses camarades la prénomment « la sorcière », lui jettent des mots atroces à la figure. Perséphone n’en peut plus d’être une victime. Alors quand on lui propose de devenir actrice de son destin et de se venger par le biais de la magie noire, elle n’hésite pas. Quel qu’en soit le prix. Et il est terriblement lourd…

Parfait pour qui aime les histoires qui finissent mal

Vous aimez les fins pas toutes roses ? Les héros et antihéros qui en bavent ? Les contes de la crypte font partie de vos pulps préférés ? Mon beau grimoire est fait pour vous. Il y a une telle violence latente dans ce roman que ça en fait peur… ça tombe plutôt bien puisque qu’on est dans une collection horrifique !

Le format très court de la collection Hanté fait encore une fois preuve d’efficacité. C’est rapide, terrible et conclu avec une efficacité redoutable. D’autant que l’auteur adore tout ce qui touche à la mort et à ses archétypes. Il a déjà mis en scène (pour des lecteurs beaucoup plus jeunes) quantité de personnages qui vont de pair avec les ténèbres… Mais ici, on s’adresse à des 14 ans et plus et ça se voit !

C’est sombre, glauque et il est difficile de définir une frontière nette entre le bien et le mal. Perséphone souffre, c’est indiscutable, mais cela lui donne-t-il le droit de faire souffrir ? Là est toute la question ! A réserver aux fans d’histoires horribles dignes des meilleurs Chair de poule, le contenu sensible en plus.

Chronique jeunesse : David Eliot – intégrale des deux tomes

Écrit neuf ans avant Harry Potter, cette duologie recèle tous les ingrédients qui ont très certainement inspiré J.K. Rowling pour les aventures de son célèbre jeune sorcier ! Un classique moins connu que Harry Potter à découvrir, plus sombre, plus osé et très créatif… découvrez les aventures de David Eliot !

Anthony Horrowitz est un auteur anglais à l’œuvre très importante. Ses ouvrages sont très régulièrement prescrits dans les écoles : L’île du crâne, La photo qui tue ou encore Le faucon malté étant devenus des classiques.

Pour ce qui est de L’île du crâne, il s’agit du premier tome de la série des David Eliot, qui en comprend deux au total. Cette courte série mélange magie noire, école aux moeurs étranges et professeurs qui le sont tout autant…

Encore renvoyé !

Le jeune David Eliot n’est pas dans une bonne situation quand nous faisons sa connaissance dans le premier tome. Il vient tout juste d’être renvoyé de sa dernière école en date, ses parents ne savent plus quoi faire de lui… Mais ils viennent de recevoir une mystérieuse lettre provenant d’une école dont ils n’ont jamais entendu l’existence : Groosham Grange. L’établissement se propose de prendre David comme élève, le tout avec des cours adaptés à un élève aussi indomptable et difficile que lui. Ainsi commence l’étrange aventure de David Eliot, septième fils d’un septième fils…

Entre similitudes et originalité

Quand j’ai lu les deux tomes de la série David Eliot, je n’ai pas pu m’empêcher de relever les très nombreuses similitudes entre ces romans et l’univers de Harry Potter. On ne peux pas parler de copie, ni d’hommage mais il est certain que J.K. Rowling a lu les romans d’Anthony Horrowitz.

Comment expliquer sinon cette école étrange et isolée qui donne des cours très mystérieux ? Voici une petite liste non exhaustive de tout ce que j’ai vu de similaire entre les deux univers, tout en sachant que les David Heliot sont paru neuf ans avant le premier tome de Harry Potter

  • Une lettre mystérieuse qui arrive de l’école
  • Un établissement étrange et isolé de tout et invisible de tous
  • Des parents atroces (oncle Vernon et tante Pétunia pour Potter)
  • Une tante qui se met à gonfler et grossir
  • Un professeur lycanthrope
  • Un membre du corps enseignant qui possède deux têtes pour un seul corps
  • Une plume pour écrire qui n’a pas besoin d’encre mais plutôt de sang
  • Un trio d’amis qui se serrent les coudes (une fille deux garçons)
  • Un système de point distingue les élèves pour leurs actions, comme avec les maisons chez Poudlard, mais à l’échelle individuelle.

Voilà pour les plus gros points communs entre les deux sagas. Lire David Eliot, c’est découvrir un univers bien plus sombre que celui de Harry Potter, mais aussi des personnages plus ambivalents et étranges. J’ai beaucoup aimé ce mystère qui plane autour de l’école tout au long du roman. Même si l’on se doute de quoi il est question, ce n’est que dans les vingt dernières pages que le héros découvre ce qu’est exactement Groosham Grange et ce qu’on y apprend réellement.

Dans le second tome, David est pleinement intégré et fait même partie des meilleurs élèves de l’établissement. Bientôt, nous saurons qui remportera le Graal Maudit, la plus haute distinction de l’école. Mais quelque chose se trame et tente de faire saboter la remise du prix….

J’ai énormément aimé l’esprit de cette série fantastique. Elle est vraiment sombre et ose des choses que je n’aurais pas cru lire en jeunesse que ce soit dans l’intrigue ou les dialogues. C’est savoureux d’humour noir, l’intrigue est bien construite et surtout l’ambiance est parfaite ! Très inquiétante dans le premier tome, elle réussit à changer peu à peu, se réchauffe tout en gardant une part menaçante… Impossible à décrire, mais c’est savoureux !

Je ne puis que vous conseiller de découvrir cette courte série pour quantité de raisons. Vous aurez à découvrir un imaginaire atypique et bien dosé qui sait appuyer sur la fibre effrayante quand il le faut. Les dialogues sont excellents, la dynamique de l’histoire parfaite pour que ça se dévore… Et surtout, ça étoffe la culture générale et fait réfléchir aux sources (nombreuses) de l’inspiration de J.K. Rowling : Poudlard et Grossham Grange sont très certainement des établissements magiques cousins, l’un étant beaucoup plus tordu et étrange que l’autre, mais cousins tout de même. Dès 10 ans.

Chronique YA : D.R.U.G.S.

Quand l’addiction médicamenteuse détruit des vies et des familles entières. Un roman YA à charge qui dénonce un tabou américain au travers d’un prisme original… Et si l’Oxycodone, la Ritaline, le Sibutral et tant d’autres substances médicamenteuses addictives étaient en réalité des sortes de dieux dont le but est de vous entraîner dans les bas-fonds ?

On ne présente plus Neal Shusterman, l’auteur d’une de mes sagas YA favorites (La Faucheuse) et auteur d’une œuvre atypique et inclassable autant qu’elle est sombre. Son dernier roman en date D.R.U.G.S., coécrit avec son fils Jarrod n’y échappe pas. Encore une fois c’est malin, et ça dénonce au passage un des plus grands scandales sanitaires des U.S.A. qui a toujours cours actuellement… l’abus de médicaments qui conduit à de terribles addictions.

David Joy, autre auteur américain en a fait l’un des sujets principaux de son livre Nos vies en flammes ainsi qu’un article journalistique dans la revue America. Nombreuses sont les personnalité publiques à dénoncer ce fait de société qui reste à l’heure d’aujourd’hui grandement impuni pour les coupables qui se frottent les mains…

Mais je digresse, D.R.U.G.S. est donc un roman pour ados, oui, il dénonce un drame de société typiquement américain, mais d’une façon si originale que l’on ne peux qu’être captivé par l’histoire d’Isaac et de sa sœur Ivy.

Deux vies vie au destin encore incertain, mais sous de bons auspices

Isaac est un jeune homme plein d’ambition. Il est bon élève à l’école, mais il est clairement dépendant de ses performances sportives s’il veut pouvoir intégrer l’université de ses rêves. Sa soeur Ivy quant à elle serait bonne élève si elle n’avait pas de troubles de l’attention qui la font constamment papillonner. Elle a bien des médicaments, mais ne les prends jamais. Elle préfère trainer avec ses amis peu recommandables qui fument et qui boivent à longueur de temps…

Mais un jour, leur destin va basculer. Isaac a un accident lors d’un match et se voit contraint de prendre des antidouleurs puissants pour supporter les séquelles de sa blessure. Quant à Ivy, elle décide de reprendre sa vie en main et de tout faire pour réussir ses études. Elle reprend donc son médicament contre les troubles de l’attention… Et peu à peu, chacun va s’enfoncer dans la douce moiteur de l’engourdissement médicamenteux. La dose normal ne va plus leur suffire, et l’addiction se profile… Vont-ils s’en rendre compte avant qu’il ne soit trop tard ? Ou leur entourage ?

Un roman brillant à dévorer comme un polar

Évidemment, la première chose que l’on a envie de savoir, c’est si Ivy et Isaac vont s’en sortir. Mais il y a encore plus important, c’est comment ? Par quels moyens ? C’est là qu’entre en jeu le génie des Shusterman : les médicaments et drogues de notre monde ne sont pas que des substances, ce sont des dieux qui n’ont qu’un seul but, qu’on les déifie jusqu’à la mort. Qu’on les honore en les (sur)consommant. Qu’on aime qu’eux pour toujours et à jamais, même si on doit tout y laisser.

Ainsi, vous n’aurez pas seulement les narrations du point de vue d’Isaac et Ivy, mais également celles de ROXY (comprendre Oxycodone) et d’Addison (ici Adderall). Et à partir de là, rien ne va plus. Impossible de prédir ce qu’il va pouvoir se passer pour l’un ou l’autre, d’autant que Roxy est un personnage très versatile et passionnant, elle n’a pas l’air si dangereuse, juste perdue.

J’ai adoré ce roman du début à la fin. Pour son sujet si délicat, pour ses personnages criants de vérités, pour son originalité dans la façon de dénoncé un système gangrené qui lasse ce genre de choses arriver quotidiennement.

J’ai adoré aussi les messages cachés à chaque début de chapitre. Il y a à chaque fois des lettres en gras, elle disent autre chose que ce qu’annonce le chapitre. C’est très malin, et peu à peu, ce double-sens va prendre une ampleur à faire froid dans le dos. Bravo pour ce coup de génie.

Ainsi, oui, D.R.U.G.S. est un véritable coup de cœur, une belle claque littéraire. Le sujet n’est pas aussi accrocheur que dans la Faucheuse, et pourtant, on touche encore une fois aux mêmes thématiques : la vie, la mort, le pouvoir… des thématiques si chères à Neal Shusterman. C’est pour moi une réussite totale que ce roman, que je vous conseille de découvrir (et de faire découvrir) dès l’âge de 15 ans.

Chronique ado : Le contrat Dorian Gray

Et si vous pouviez-vivre jusqu’à vos soixante-dix ans tout en gardant la force et la beauté de vos vingt ans ? Signeriez-vous le Contrat Dorian Gray ?

Paru le 8 juin 2022 en librairie, Le contrat Dorian Gray est une dystopie française parue chez Milan. L’intrigue nous offre à découvrir une société où il est possible de garder ses 20 ans… jusqu’à la mort. Mais la contrepartie pour signer le Contrat Dorian Gray pose question à une minorité de libres penseurs.

Ne jamais ouvrir sa porte aux inconnus

Le contrat Dorian Gray est simple, vous pouvez choisir de le signer ou non. Si vous le faites, vous gardez l’apparence et les capacités physique de vos vingt ans jusqu’à vos soixante-dix ans.
Une fois que vous atteignez les soixante-dix ans, vous mourez. Vous tombez en poussière en à peine une minute. Mais vous aurez eu une vie bien remplie, et surtout vous aurez été utile à la société jusqu’au bout.

On le lui a dit maintes et maintes fois, mais Morane n’en a cure…. Il ne faut pas qu’elle ouvre la porte de la maison, sous aucun prétexte. Pourtant, c’est ce qu’elle va faire en recueillant une jeune femme de son âge, blessée et poursuivie par des inconnus. Ouvrir cette porte va avoir des répercussion terribles sur la vie calme et tranquille de Morane, qui vivait à l’écart de la société. C’est le début pour elle d’une course contre la montre et contre un groupuscule qui semble penser qu’elle a la solution pour prolonger le Contrat Dorian Gray. Mais est-ce vraiment le cas ?

Un roman haletant, vraiment ?

J’étais fort emballée lors de la sortie de l’ouvrage car je suis très friande de dystopies, d’autant que ça faisait longtemps que je n’en avait pas lue une. Ce roman étant un gros enjeu des éditions Milan, j’ai foncé tête baissée dans l’ouvrage, malgré la couverture que je ne trouve guère engageante.

Règle 12 : Les seules personnes qui pourront avoir accès à des soins médicaux seront les enfants avant leur traitement, et uniquement si leur état de santé laisse supposer qu’ils seront au meilleur de leur forme lorsqu’ils atteindront l’âge de vingt ans.

Et malheureusement, j’ai été déçue. Là où le roman est présenté comme haletant, on a surtout une suite de courses-poursuites parsemées de quelques révélations. Lesdites révélations étant pour la plus grande part assez prévisibles…

La société imaginée par l’autrice a beau se tenir, elle manque de corps. Ce fameux contrat Dorian Gray que certains tentent à tout prix de prolonger est un postulat intéressant, mais j’ai trouvé la mise en oeuvre laborieuse. Tout la société est basée sur ce contrat que l’écrasante majorité de la population a signé, mais il manque une articulation fluide à tout cela.
Oui, certains en veulent toujours plus, mais ça n’a rien d’extraordinaire que de découvrir cela. On parle de corruption, mais c’est assez peu développé malheureusement. Et surtout, c’est très manichéen… J’ai trouvé que tout cela manquait de subtilité. Dans le même genre, mais en beaucoup mieux selon moi, j’ai trouvé La déclaration bien plus puissant.

La seule chose que j’ai trouvé intéressante et qui aurait pu être creusée plus amplement, c’est le traitement que la société réserve à ceux qui n’ont pas signé le contrat. Ils sont totalement mis à l’écart et traités comme des pestiférés. La vieillesse fait peur, elle est même perçue comme contagieuse… Une extension malsaine de ce que notre société prône déjà : la beauté et la jeunesse, toujours, tout le temps. Pas de place pour quoi que ce soit d’autre.

Ainsi donc, Le contrat Dorian Gray pourra peut-être plaire à celleux qui n’ont lu que très peu de dystopies, pour les autres, passez votre chemin. C’est trop peu élaboré pour convaincre des lecteurs assidus… Dès 13 ans environ.

Règle 35 : Une fois leur contrat signé, les nouveaux Dorian Gray seront entièrement responsables de leurs actes. Un couvre-feu sera instauré pour la sécurité des jeune qui n’ont pas encore reçu le traitement, afin de les protéger d’éventuels individus malintentionnés.

Règle 103 : Ceux qui refuseront de signer le contrat devront apprendre à se débrouiller par leurs propres moyens. Il leur sera aussi demandé de ne pas imposer la vision de leurs physiques défaillants au reste de la société.

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Chronique Jeunesse : Frisby et le secret de Nimh

Un des grands classiques de la littérature jeunesse anglo-saxonne à découvrir pour tout fan de fantasy animalière !

Paru initialement en 1971, Frisby et le secret de Nimh fait partie de ces grands classiques américains destinés à la jeunesse. Ils sont méconnus en France, voir totalement oubliés, mais ce sont de véritables monuments dans leur pays d’origine (États-Unis ou Royaume-Unis).

Dans cette famille des grands oubliés en France mais indispensables dans la culture populaire anglo-saxonne il y a par exemple : La toile de Charlotte (Charlotte’s web), Les chapardeurs (The borrowers), L’indien du placard (The indian in the cupboard)… et tant d’autres ! C’est une culture indispensable à avoir et à découvrir quand on aime la littérature jeunesse, et cela d’autant plus si vous êtes professionnel.le du livre. Mais c’est également une culture longue à acquérir, d’autant plus que la plupart des ouvrages mentionnés sont épuisés en France. Mais c’est passionnant de découvrir ces classiques qui ont été les premières pierres de ce qu’est la littérature jeunesse aujourd’hui. Il faut bien se l’avouer, les œuvres anglo-saxonnes ont énormément forgé les ouvrages d’aujourd’hui, quelle que soit leur origine.

Une souris qui va vivre une épopée incroyable…

Mme Frisby est une maman souris qui a beaucoup de soucis à gérer au quotidien. Elle a quatre souriceaux encore très dépendants d’elle, et quand l’un deux tombe malade, c’est encore plus dur. Timothy est si faible qu’il ne peut plus bouger, et le moindre effort l’essouffle à un tel point que sa vie est en danger. Pire encore, la famille de Mme Frisby n’a pas de remède, et leur maison est en passe d’être détruite.


C’est ainsi que débute la quête de Mme Frisby pour sauver son foyer et ses enfants à tout prix…

… à l’échelle d’un champ

Érigé au rang d’incontournable de la littérature jeunesse, il était pour moi indispensable de découvrir ce roman. Mais je dois avouer avoir eu une pointe de déception à cette lecture… Je ne peux pas vous raconter toute l’histoire, mais dans les très grandes lignes, Frisby et le secret de Nimh est en fait un simple déménagement. Semé d’embûches et de problèmes, mais un déménagement tout de même. Certes les valeurs véhiculées par ce roman sont louables, on y parle entraide, courage, abnégation… mais cela n’a rien d’extraordinaire, surtout en jeunesse.

J’ai ainsi trouvé que l’histoire en elle-même n’était pas aussi géniale que je l’espérais d’un incontournable de la jeunesse. Peut-être cette différence de perception est-elle aussi culturelle ? Quoi qu’il en soit, l’ouvrage n’a jamais été traité comme un classique ou un livre de fonds en France, et de mon point de vue, c’est assez compréhensible. Par contre, aux États-Unis, Frisby et le secret de Nimh a eu droit à plusieurs suites ! Preuve en est du succès dans son pays d’origine.

Même si Frisby et le secret de Nimh n’est pas un coup de cœur, c’était une lecture agréable, et elle saura plaire je pense aux enfants qui aiment la fantasy animalière. Sympathique, facile à lire et véhiculant de belles valeurs tout au long de l’intrigue. Mais cela s’arrête là ! A découvrir dès 9/10 ans.

Chronique jeunesse : La fille qui parlait ours

Un magnifique roman aux allures de conte initiatique aux accents slaves. Et si le bonheur était au bout de notre nez plutôt qu’au fin fond de la forêt ?

Paru en début d’année 2022, ce roman initiatique est le second de l’autrice anglaise Sophie Anderson à paraître en France. Le premier, La maison qui parcourait le monde s’inspirait déjà des mythes et légendes slaves pour servir son intrigue. Ici encore, on retrouve un mélange de contes et traditions des pays de l’Est, de même qu’une magie étrange et belle tout à la fois…

Comment vivre avec des pattes d’ours ?

La jeune Yanka s’est toujours questionnée sur ses origines. Elle n’a ni père ni mère, mais une femme qui a décidé de la recueillir quand elle était encore tout bébé. Mais malgré tout cet amour prodigué au fil des années, Yanka sent comme un trou dans sa poitrine.

Où sont ses parents ? Pourquoi l’ont-ils abandonnée ? D’où vient-elle ? Et où est son véritable foyer ?

Elle s’est toujours sentie à part à cause de son passé inconnu. Même au village, elle a peu d’amis et subit parfois moqueries et remarques sur sa différence. En effet Yanka est grande et forte, c’est d’ailleurs de là qu’elle tient son surnom : Yanka l’ourse.

Mais le jour où elle se réveille avec des pattes d’ours à la place des pieds, elle décide de partir en quête de ses origines véritables. Peu importe la réponse, tout sera mieux que l’ignorance…

Magnifique et onirique

Ce roman fait partie des textes que l’on lit lentement. Non pas parce qu’il est complexe (ce n’est d’ailleurs pas le cas) mais parce que chaque page apporte son lot de messages et de beauté. Tout y est une de à la nature et ses merveilles, au partage, à l’amour… Et quantité d’autres choses qui rendent la vie plus belle. Résumer cet ouvrage est impossible, mais je peux vous parler de la sensation qu’il m’a laissée une fois terminé.

J’ai trouvé qu’une fois cette lecture achevée, j’étais complète. Qu’un message important était passé entre mes mains, mais qu’il me fallait un temps considérable pour l’intégrer. C’est un sentiment diffus mais prégnant, un roman marquant au message fort, mais qui infuse lentement dans celui qui le lit…

Je pense que tout le monde pourrait lire ce roman destiné à la jeunesse et y trouverait son compte. Toutes les épreuves que traverse Yanka peuvent s’adapter à celles de la vie quotidienne. Mais chaque problème ayant sa solution, Yanka trouve la force de lutter contre l’adversité. Et je pense que lire cet ouvrage peut donner quelques clés à ceux qui pourraient se sentir bloqués dans leur vie.

Tout est extrêmement métaphorique dans ce roman, j’y ait souvent perçu différents degrés de compréhension, et c’est ce qui le rend si beau…

Lire ce roman, c’est se plonger dans une aventure onirique d’une poésie infinie. Chaque légende créé par Sophie Anderson apporte son lot de réflexion et d’introspection, mais également d’aventure. On y découvre par ailleurs des personnages joyeux au charisme indéniable… Mention spéciale au furet Moustache et à la maison, deux des personnalités les plus fortes de l’œuvre selon moi. La maison ne parle pas, mais elle a un merveilleux caractère qui la rend extrêmement attachante. Et Moustache… c’est le coup de foudre absolu !

Pour moi, les meilleurs romans sont ceux aux messages ancrés dans la trame de fond, et clairement La fille qui parlait ours en fait partie. Et si en plus il y a une maison à pattes de poule dans l’histoire, c’est le coup de cœur garanti ! Je n’ai pas lu le précédent roman de l’autrice, mais clairement j’ai très envie de m’y plonger.


Alors, si vous avez envie de rêve et d’aventure, de légendes et de regrets mêlés, vous êtes au bon endroit. C’est beau et sublime et ça se découvre dès l’âge de 11 ans. Mais le message de ce roman peu se découvrir à tout âge…

Chronique Jeunesse : Le club du Calmar Géant – Tome 1 – L’incroyable équipage du poisson-globe

Découvrez les aventures incroyables d’imagination d’une jeune demi-sirène et de ses amis !

Premier tome d’une nouvelle série pour la jeunesse, L’incroyable équipage du poisson-globe nous fait découvrir les secrets et les aventures du Club du Calmar Géant ! Nous avions découvert il y a quelques années celles du Club de l’ours polaire dans le grand nord, place maintenant aux fonds marins…

Alex Bell est une autrice pour la jeunesse à l’œuvre encore ténue, mais déjà bien reconnue par les lecteurs. Elle écrit également des romans horrifiques pour les adultes, dans un autre style.

Un peuple et son continent qui disparaissent sans laisser de traces

Il se passe des choses étranges et inquiétantes depuis quelque temps, des continents entiers, des villes dans leur totalité disparaissent. Ils ne sont pas rayés de la carte mais plutôt comme évaporés. On sait qui est derrière tout cela, mais personne n’a la possibilité de lutter contre… Mais quand la mystérieuse organisation décide de s’en prendre au Club du Calmar Géant, la jeune apprentie mécanicienne Ursula décide de faire ses preuves.

Mais les choses n’évoluent que très lentement au sein des Clubs, et Ursula étant une jeune femme, elle ne peut pas s’inscrire en tant qu’exploratrice, son rêve de toujours… C’est donc sans l’aval du Club qu’elle va tenter de sauver ce qu peut l’être d’un péril immense !

De l’aventure puissance mille et une imagination frétillante !

Alex Bell est une autrice au talent incroyable. En très peu de pages, elle nous transporte dans son univers à l’imagination débordante dans lequel on se plonge avec délices. C’est redoutable d’éfficacité, très rapide à lire, et surtout original. Les quelques sublimes illustrations détaillées de Tomislav Tomic concourrent d’ailleurs à cette sensation de renouveau. Quand on lit beaucoup d’imaginaire, il n’est pas toujours facile de trouver de nouvelles séries captivantes à l’univers atypique. Ici, c’est une russité totale !

Encore une fois, Alex Bell prouve qu’elle a un talent monstre pour tout ce qui est de créer un univers qui lui est propre. Et cette fois, c’est dans les profondeurs maritimes que l’on découvre ses dernières idées originales : glaces pour respirer sous l’eau, ville perdue sous la mer, hôtel de luxe pour créatures de la mer, esprit de kraken… Ce ne sont pas les idées géniales qui manquent.

Et pour celleux qui n’auraient pas lu le cycle précédent avec Le Club de l’ours polaire, pas d’inquiétude, même si ce nouveau cycle est en la suite, il n’est pas indispensable de l’avoir lu !

Ainsi, encore une fois, c’est une réussite totale. Mais là où j’avais passé un bon moment avec le premier tome du Club de l’ours polaire, j’ai passé ici un merveilleux moment ! Peut-être que l’univers de la mer et de ses mystères englontis me séduit plus ? Ou peut-être est-ce le pouvoir charmeur des sirènes ? Quoi qu’il en soit, c’est un véritable coup de coeur à découvrir dès l’âge de 10 ans.

Chronique : Les héritiers de Brisaine Tome 1 & 2

Une incursion parfaite pour faire découvrir de la bonne fantasy francophone !

David Bry est un auteur français dont le crédo est l’imaginaire. Il écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Il fit une entrée remarquée en littérature avec son roman Que passe l’hiver aux éditions de L’homme sans nom en 2017 mais il écrit depuis plus d’une quinzaine d’années.

Depuis, il a écrit d’autres romans, tous concourant à asseoir son statut d’étoile montante de l’imaginaire : La princesse au visage de nuit (Pocket), Le garçon et la ville (Lynks), Le chant des géants (L’homme sans nom), la série jeunesse Les héritiers de Brisaine (trois tomes déjà parus chez Nathan).

Un royaume qui a perdu sa magie et ses créatures fantastiques….

Bienvenue dans le monde de Fabula, plus précisément dans la contrée de Trois-Dragons. C’est royaume relativement paisible, mais dont le passé récent est assez houleux. Guerre de pouvoir, vol d’un artéfact extrêmement puissant et disparition de la magie, voici les éléments clés de l’Histoire proche de Trois-Dragon et du royaume de Fabula.

C’est dans cette ville que vivent trois enfants qui ignorent encore leur destin : Aliénor, Grégoire et Enguerrand. Pour eux ainsi que pour tous les habitants du village, la magie est morte. Mais Brisaine, une vieille amie du trio va leur expliquer qu’il n’en est rien. Et que la brume qui s’échappe du Bois d’Ombres est liée à cette fameuse magie ténue qui subsiste.

Une nouvelle série jeunesse pour découvrir le genre fantasy

Si vous avez dans votre entourage des lecteurs entre 9 et 10 ans, cette série sera idéale pour eux. Il y a dans Les héritiers de Brisaine tous les codes de la fantasy avec des ressorts efficaces et bien utilisés. Mais David Bry réussit tout de même a créer quelques surprises dans cet univers créé de toutes pièces. Ses jeunes héros subissent des épreuves, mais ce sont surtout celles du quotidien qui les malmènent, en particulier le jeune Grégoire orphelin et serviteur au Château du seigneur Josserand.
L’aventure est quant à elle une véritable bouffée d’air frais et d’adrénaline pour le trio dont le quotidien n’est pas facile. Ils prennent des risques, mais savent que ce qu’ils font sert Brisaine et sa juste cause.

Pourquoi disais-je que cette série jeunesse est une parfaite introduction à la fantasy ? Tout simplement parce qu’on y retrouve une grande quête, des créatures fantastiques, de la magie et un destin incroyable semé d’embûches. Dans les deux premiers tomes, on découvre ainsi trolls, loups bicéphales, phénix, ondines et autres créatures fantastiques.
Lesdites créatures sont d’ailleurs toutes répertoriées dans le fabuleux grimoire que rempli peu à peu le jeune Grégoire, passionné de légendes et de lecture. Chacune a droit à son dessin et à un descriptif rapide en en fin d’ouvrage.

Et je ne vous ai pas encore parlé des très jolies illustrations de Noémie Chevalier, elles sont parfaites et habillent à merveille l’histoire de David Bry. Il n’y en a pas beaucoup, mais juste assez pour rassurer les enfants lecteurs qui ne veulent pas lire de trop gros livres le tout avec encore quelques images.

Ainsi, les deux premiers tomes de cette série de fantasy sont parfaits pour initier les jeunes lecteur.ices au genre. L’auteur use des codes habituels pour nous offrir une intrigue efficace et non dénuée d’intérêt. Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est la parfaite porte d’entrée pour faire découvrir d’autres choses par la suite… !

La saga Les héritiers de Brisaine n’est pas terminée, un troisième tome est paru et un quatrième est à paraître pour le mois de septembre 2022.

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Chronique YA : La nuit des reines

Il vient tout juste de paraître dans la collection ado des éditions Bayard, voici un roman d’Alex Bell (l’autrice de la géniale série du Club de l’Ours Polaire !). Elle revient ici avec un texte assez sombre destiné aux 14 ans et plus dans une Nouvelle-Orléans emplie de sombre magie… Pour une fois, c’est un one-shot, ce qui est rare.

Baton Noir, la ville-miroir de Baton Rouge, la magie obscure en plus…

Bienvenue dans la ville de Bâton Noir où la musique et la magie sont intimement mêlées, et où règne en maîtresse la reine Ivory Monette. Seule ombre au tableau, elle vient d’être sauvagement assassinée et son esprit compte bien assouvir sa vengeance sur le ou la responsable…


Mais comment la vie de Jude, jeune musicienne sans le sous peut-elle basculer à cause de ce meurtre dont il ignore toutes les intrigues souterraines ?

Une ambiance « typique », peut-être même un peu trop

Quand on pense à la Nouvelle-Orléans, il est vrai qu’on associe immédiatement certaines images-type dans notre esprit : la musique, le jazz, le vaudou, les cimetières hantés… Certes, c’est l’image que l’on s’en fait car connait peu, voir pas du tout la région/la culture… ce qui est mon cas. Mais malgré ma méconnaissance totale de la région dont s’inspire l’autrice ainsi que de ses croyances, j’ai trouvé l’ensemble du roman très stéréotypé. De plus, je m’attendais à quelque chose de sombre voir très sombre, or on se retrouve juste avec un roman à destination des ados avec de la magie dite noire, mais qui dans les faits ne l’est pas tant que cela.

L’autrice parle dans son roman de « legbas », des divinités qui jouent le rôle d’intermédiaire entre le monde des humains et celui des dieux, après quelques recherches j’ai découvert qu’il y a un Papa Legba dans la religion Vaudou. Il a la fonction d’intermédiaire également et équivaut à Saint-Pierre dans la religion catholique. Elle s’inspire donc directement de ce dernier, mais l’a remanié à sa façon pour créer sa propre mythologie.
Elle a également créé (du moins je n’ai pas trouvé d’équivalent direct) le Fossoyeur ou encore le baron Lukah (équivalent du Baron Samedi ? on peut le supposer).

Autre forme de magie intéressante : l’idée des talismans est très maline, dommage pour moi qu’elle n’ait pas été plus exploitée. Dans La nuit des reines, on découvre qu’il existe quantité de talismans, plus ou moins cher selon leur puissance, leur utilité. Par exemple, si vous possédez un talisman de beauté très puissant vous serez considérée comme l’une des femmes les plus belles de la création. Dès que vous l’enlevez d’un des plis de vos vêtements ou utilisé comme bijou, vous retrouvez votre physique naturel.

Les artifices sont nombreux à Bâton Noir, et l’autrice a su s’approprier et créer tout à la fois un univers intéressant. C’est pour cela que je trouve dommage qu’il ne soit pas davantage développé et expliqué. A cause de cela, on reste avant tout dans une suite d’actions qui s’enchainent sans jamais vraiment nous pousser à découvrir toute la mythologie pensée derrière. On reste sur une façade attirante, mais très friable car peu développée… dommage. Et encore plus dommage, l’intrigue est assez prévisible malgré une ambiance assez sombre.

En somme, ce roman d’Alex Bell est totalement dispensable… Il s’appuie sur de nombreux stéréotypes pour nous proposer un univers qui aurait pu être intéressant s’il avait été mieux développé. Quant à l’intrigue, elle est malheureusement assez commune malgré un écrin qui se veut original. Dès 14 ans pour celleux que ça intéresse malgré tout.