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Chronique : Black Rain – Saison 1 – Episodes 1 et 2

Black Rain 01Welcome, to the « real » world.

Premier tome d’une série young-adult à la croisée entre le thriller psychologique et le cyberpunk, Black Rain revisite le genre « réalité virtuelle » avec une foule de références cinématographiques, musicales et littéraires.

Chris Debien, son auteur, n’en est pas à son premier roman. Il s’était déjà essayé à l’écriture de roman pour les jeunes entre 12 et 15 ans avec la très bonne série de fantasy les Chroniques de Kheradön (malheureusement épuisée maintenant). Il a également écrit un cycle de fantasy pour un public plus adulte : Le cycle de Lahm, chez J’ai Lu.

L’Inside, thérapie révolutionnaire pour jeunes personnes déséquilibrées

Adam est un adolescent comme les autres, son seul problème c’est qu’il entend des voix. Trois. Il vit dans un centre pour les jeunes qui comme lui ont un problème psychologique grave. Quand il est dans l’Inside, Adam s’évade, il oublie presque ses voix. Il y fait ce qu’il veut. Il peut courir dans les immenses rues créées par l’intelligence artificielle, aller dans les immenses buildings et même aller dans « La Zone Aveugle », un endroit caché de l’Inside où il ne peut pas être tracé par le Professeur.

Et dans cette Zone Aveugle, Adam y va avec son meilleur ami Vince. Ils y ont un secret : ils sont en train de réaliser leur rêve… écrire l’une des meilleures histoires de tous les temps.

Et c’est lors d’une de ces escapades dans la « Zone Aveugle » qu’Adam et Vince se retrouver face à un danger inconnu dans l’Inside. Eux qui pensaient être en sécurité vont craindre pour leur vie… et leur santé mentale, du moins ce qu’il en reste. Et puis il y a cette pluie noire qui s’abat dur l’Inside, comme pour les prévenir du pire…

Un roman aux fortes influences cyberpunk

Pour ceux qui ne sont pas familiers des réalités virtuelles et autres technologies futuristes alliant l’homme à la machine, Black Rain est une introduction très accessible au genre cyberpunk. Cette branche de la science-fiction est spécialisée dans les monde ultra-technologique ou rien ne se fait sans un ordinateur ou des IA (intelligence artificielle) et où les êtres humains peuvent « se brancher » à un terminal leur permettant d’entrer dans une réalité virtuelle (ex : le film Matrix).

Les figures du genre telles que Mel Gibson et Philip K Dick ne sont pas loin, et Chris Debien n’hésite d’ailleurs pas à citer Dick pour l’une de ses célèbres phrases : « La réalité n’est qu’un point de vue », phrase d’autant plus percutante aux vues des problèmes de visions et de voix récurent que vit Adam.

Ici, la réalité virtuelle créée par Chris Debien, l’Inside, a une particularité notable : elle sert à guérir des personnes atteintes de maladies mentales… comment ? Vous le saurez bien assez tôt…

La première partie du roman est la plus déroutante, car ont ne sait pas où l’on a atterri. Violent et cruel, l’Inside ne vous laissera aucun répit. Le rythme est soutenu, et ont suit les deux protagonistes sans n’avoir aucune idée de là où l’on veut nous emmener. Une expérience en demi-teinte qui ne séduira pas forcément immédiatement.

Il vous faudra attendre le second « épisode » pour comprendre tous les éléments du premier. Une fois tous les éléments imbriqués, le tableau final est sinistre et surtout laisse le lecteur impatient d’en savoir plus sur le fameux organisme qui s’occupe des jeunes malades, et surtout, dans quel but…

Une série qui emprunte sans réserve les codes de la cinématographie

Black Rain est un roman très déroutant au premier abord. Truffé de références littéraires,  musicales, et cinématographiques, le lecteur doit s’accrocher dès le début dans cet univers très dense.

Chris Debien ne cesse d’emprunter au cinéma de nombreux éléments de son histoire. Mais c’est également la mise en forme du livre qui en fait une continuité au monde de l’image. On ne parle pas ici d’un premier tome divisé en deux parties, mais d’une saison 1 et de l’épisode un et deux. De plus, les deux premier « épisodes » ont droit à une bande-annonce comme toute série digne de ce nom. Cette bande-annonce se traduisant en fait par cinq planches de bande-dessinée.

Le plaisir de lecture est décuplé quand on devine à quoi fait référence tel ou tel élément du livre. Ainsi, on passe du film allemand Run Lola Run (Cours Lola Cours en France) au manga Ghost in the Shell tout en ayant en même temps de très nombreuses références musicales, en particulier dans la branche Metal du Rock (Evanescence, Rammstein, Symphony X…).

En somme, c’est un vrai jeu que de trouver l’œuvre d’origine. A vous de découvrir également les références parfois moins évidentes…

En somme Black Rain est un livre original qui plaira certainement à des adolescents dès l’âge de 15 ans. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par la première partie (dont le but est bien de nous perdre dans l’Inside) pour pouvoir apprécier la seconde. Très noir, ce roman ne laisse aucune place aux bons sentiments et nous montre le plus vil de l’homme…

Un tome introductif qui je l’espère laisse présager du meilleur par la suite… à bientôt pour le prochain épisode.

Chronique documentaire : L’encyclopédie du fantastique

L'encyclopédie du fantastiqueUn ouvrage de référence sur le fantastique sous toutes ses formes

 Jacques Baudou est un spécialiste des littératures de l’imaginaire. Il est membre du jury du festival des Imaginales et a notamment écrit un Que Sais-je sur la fantasy ainsi qu’une Encyclopédie de la fantasy aux éditions Fetjaine en 2009.

Et en octobre 2011, Jacques Baudou vient de publier l’encyclopédie du fantastique également aux éditions Fetjaine, véritable mine d’or illustrée et très documentée indispensable à tout amateur des littératures de l’imaginaire.

Quand le surnaturel s’invite à table

Jacques Baudou se propose ici de nous faire découvrir le fantastique à ses origines les plus lointaines, en passant par les mythes et légendes, les superstitions jusqu’à nos jours avec des auteurs et films contemporains.

Découpé en sept grandes parties, on découvre les origines littéraires du genre sous toutes ses formes : le mythe des vampires, les loups-garous, les monstres tel la créature de Frankenstein… mais bien loin de nous parler uniquement de ce que nous connaissons déjà, Jacques Baudou va plus loin en nous faisant découvrir des textes obscurs et souvent méconnus.

Ainsi pour Bram Stocker, même si il s’agit de l’auteur ayant eu le prestige de populariser le mythe vampirique, il est loin d’être le premier à en parler.

Les légendes et croyances populaires ayant déjà contribué à la création de cet être décrit comme « un homme mort dont le corps n’est pas soumis à la décomposition tant qu’il se protège de la lumière du jour, et qui sort de ses cachettes la nuit pour aller sucer le sang des vivants ».

Vous trouverez également des dossiers sur l’imaginaire du monde entier, Amérique du sud, Allemagne, Italie, Russie etc. Mais ce qui rend cette encyclopédie aussi complète, c’est le fait d’avoir croisé culture littéraire et cinématographique au fil des époques.

 Le tout étant agrémenté de plus de plusieurs centaines d’illustrations de tous types : photographies, captures de films, couvertures, lithogravures, peintures… la mise en page du livre est très travaillée, motifs décoratifs, fond différent à chaque double page… la consultation de cet ouvrage est plaisante à tous points de vues.

La culture encyclopédique de Jacques Baudou est tout simplement incroyable, aussi bien sur le plan historique que sur les plus récentes œuvres de l’imaginaire. Cette Encyclopédie du fantastique fait partie des références durables et indispensable à tout passionné et connaisseur du genre mais aussi pour les néophytes ayant soif de découvertes !

Cet article a été rédigé pour le site ActuSF.

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Actualité éditoriale : Les aventures d’Alexia Tarabotti en manga aux Etats-Unis.

SOULLESS Manga 01Une nouvelle étonnante et plaisante à la fois : la série du protectorat de l’ombrelle, un cycle steampunk se déroulant à l’époque victorienne écrit par Gail Carriger ,va être adapté en manga aux Etats-Unis.

La sortie du premier tome est prévue pour le 1er mars aux éditions Yen Press, le second sortira en novembre de cette année et le troisième en juin 2013 (source : Yen Press). Le scénario est signé Gail Carriger et le dessin Rem. En attendant une hypothétique sortie française (tout dépend des ventes outre-Atlantique), vous pouvez déjà admirer la très belle couverture du manga, dans le plus pur style gothique, ainsi que les premières planches !

Pour voir la dizaine de planches disponibles en ligne, c’est ici : The Parasol Protectorate Facebook Page.

Chronique : La Dame en noir

La dame en noirVous ne croyez pas aux fantômes ? Ça va changer…

La Dame en noir de Susan Hill (the woman in black) est un classique incontournable de la littérature anglaise au même titre que ses ouvrages I’m the king of the castle (Je suis le maître du château, Albin Michel – livre désormais épuisé) ou encore the mist in the mirror (pas de traduction en France). Outre quelques romans fantastiques, Susan Hill est aussi très connue pour ses polars : Meurtres à Lafferton, Au risque des ténèbres, Où rodent les hommes
La parution de la dame en noir en France n’est pas anodine puisqu’elle coïncide avec la sortie sur grand écran de son adaptation cinématographique, le 14 mars prochain. Adaptation portée à l’écran par Daniel Radcliffe (Harry Potter) qui joue le rôle du personnage principal, Arthur Kipps (voir bande-annonce ci-dessous).

Dans la petite ville de Crythin Gifford…

Arthur Kipps, jeune notaire qui a l’avenir devant lui se voit investi d’une mission en dehors de Londres, il doit se rendre au plus vite dans la bourgade de Crythin Gifford afin de s’occuper de la succession d’une cliente décédée, Mme Alice Drablow. Elle n’a apparemment aucun légataire, aucune famille proche…
Arthur Kipps va donc devoir se rendre dans la maison de la défunte propriétaire afin de trouver des quelconques traces d’héritiers potentiel et doit estimer ses nombreux biens. Un travail bien simple en vérité, sauf quand le surnaturel s’invite et fait vivre à Arthur Kipps les pires frayeurs de sa vie…

Un roman noir, cruel et saisissant

Susan Hill de ménage pas son personnage, tout comme ses lecteurs d’ailleurs. L’ambiance oppressante et silencieuse de Crythin Gifford et de ses habitants n’est pas pour réconforter, bien au contraire.
Mais le pouvoir de persuasion du roman va plus loin que dans les descriptions du manoir d’Alice Drablow perdu au milieu des marais dans une brume continuelle. Les non-dits sont pires qu’une description élaborée, ainsi ont se retrouve complètement immergé avec Artur Kipps dans cette maison aux phénomènes angoissants.
La Dame en noir fait peur, et elle maudit ceux qui ont le malheur de s’intéresser de trop près au « Manoir du Marais » comme ont le nomme dans la région.
Pourquoi une telle haine ? De quoi ou qui cherche-t-elle à se venger ? Ces questions trouveront leur réponse sans pour autant nous faire bondir de surprise, l’intérêt de l’œuvre résidant plus dans son style et dans sa conclusion finale.

Alors la dame en noir est-il un bon roman ? Oui, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour sa qualité d’écriture (la traduction est de qualité), très fidèle au style des écrivains d’il y a plus d’une centaine d’années : Poe, Maupassant…
Ensuite, je sais que le rythme ne plaira pas à tous, ce dernier étant très lent dans le déroulement de l’intrigue, mais c’est justement cette lourdeur, cette épaisseur, qui fait que le moindre signe suspect d’activité paranormale soit sinistre aux yeux du lecteur.

A lire pour tous ceux qui veulent s’essayer à une histoire de fantôme dans une ambiance gothique et baroque. Le seul regret à avoir, c’est qu’il a fallu que l’œuvre soit portée sur grand écran pour être traduite en France.

Chronique : Le pacte des immortels – Tome 1

Le pacte des immortels 01Sur les traces d’adolescents pas si banals que ça…

Publié aux éditions Castelmore (collection de Bragelonne dédiée au public adolescent) en septembre dernier, Le pacte des immortels est le premier tome d’une série fantastique ayant pour thème de fond les demi-dieux.
L’auteur Eric Nylund n’en est pas à son premier coup d’essai et à notamment publié de nombreux romans pour la licence Halo, adaptation du jeu vidéo éponyme. Il a également écrit d’autres romans fantastiques, mais aucun n’a encore été traduit en France à ce jour.

Une enfance d’un ennui…mortel

Fiona et Eliot, jumeaux, sont deux adolescents comme les autres ou presque. Ils n’ont jamais connu leurs parents et vivent avec leur grand-mère et leur arrière grand-mère dans une atmosphère des plus pesantes. Sans cesse sollicités par leur grand-mère, leur vie se partage entre un petit boulot dans une pizzeria et des cours à domicile extrêmement exigeants.
De plus, leur vie est régie par de nombreuses règles « stupides » : interdiction d’écouter de la musique ou de toucher à un instrument. Pas de produits d’hygiène extravagants. Pas de dés, interdiction de lire des livres traitant de choses imaginaires…etc.
Fade, leur vie l’est certainement. Sans aucune place à la spontanéité également. Mais les choses vont changer à partir du jour de leur quinzième anniversaire… ils vont enfin découvrir la raison d’une telle protection, les ayant poussé à n’avoir aucun ami ou goût de leur âge.

C’est ainsi que leur famille qu’ils croyaient disparue va ressurgir, ils vont ainsi découvrir qu’ils sont les descendants d’une lignée très particulière, et pour cause, elle est immortelle. Mais en plus de cela, il semblerait qu’une seconde famille veuille prouver ses liens de sang avec les jumeaux… de nombreuses interrogations et conflits en perspective.

Une aventure sympathique qui en rappellera d’autres

Pour le premier tome d’une nouvelle série, Le pacte des immortel est très agréable, même si l’on reste dans du déjà-vu. On ne peut s’empêcher de voir un léger écho à la série jeunesse Percy Jackson pour la découverte par les héros de leurs ascendants surnaturels, mais avec ici un côté un peu plus mature, plus adolescent dans les problématiques.

La première partie du livre est selon moi la plus intéressante. L’atmosphère feutrée dans laquelle évoluent nos deux personnages principaux est tout à fait particulière et privilégiée pour le lecteur. On ressent même cette envie de la laisser intacte, de ne pas voir tous ces bouleversement entrer dans leur vie, et dans notre lecture.

La seconde partie quand à elle est beaucoup plus rythmée, laissant les pièces se mettre en place. A la fois révélatrice mais aussi plus classique, on retrouve ce que l’on a déjà pu voir dans de nombreux ouvrages avec les fameuses épreuves du feu que doivent surmonter les héros pour prouver leur valeur.
La mythologie a dans ce roman une place de choix car de nombreuses références y sont faites, (grecque et médiévale particulièrement) plus ou moins explicitement. D’ailleurs, certaines interdictions incompréhensibles de la grand-mère trouvent leurs explications dans cette seconde partie.

En conclusion ce premier tome est appréciable mais laisse encore beaucoup de points obscurs à éclairer (peut-être trop ?), en particulier en ce qui concerne « l’autre famille » qui revendique aussi les liens de parentés avec les jumeaux. On en sait très peu sur leurs motivations ainsi que sur le fameux Pacte…

Affaire à suivre de très près avec le second tome de la série qui sortira le 9 mars 2012 et s’intitulera Arrêt de mort. Saluons au passage la très jolie couverture de l’ouvrage signée Miguel Coimbra.

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Chronique : Créatures

creaturesUne incursion en Italie où la mythologie se mêle à la vie d’une ado d’aujourd’hui…

Publié en juin 2011 chez Plon Jeunesse, Créatures est le dernier ouvrage en date du français Florian Ferrier. Il a notamment écrit quelques romans pour adolescents dans la collection Karactères aux éditions Seuil mais est surtout connu pour son œuvre bd destinée à la jeunesse et coécrite avec sa femme : Hôtel Etrange.

De calmes vacances en Italie… ou presque

Une famille française décide de passer ses vacances en Italie, composée des deux parents et de deux sœurs on ne peu plus différentes : Marie et Olympe.
Marie est tout ce que doit incarner une parfaite jeune fille : belle, à la pointe de la mode, cultivée et bonne en classe. Olympe, elle fait un pâle figure à côté d’elle : mal dans sa peau et renfermée, elle est en conflit permanent avec Marie, cette dernière n’arrêtant jamais de la diminuer.

Mais le comportement d’Olympe va changer à la suite d’un terrible tremblement de terre. Elle va se retrouver des mètres sous terre, seule avec pour seule compagnie une jeune fille étrange et évanescente et une sorte de cercueil très étrange… qu’elle va ouvrir malencontreusement, poussée par une force invisible. Elle libère ainsi une créature terrible et tombée dans l’oubli depuis des siècles : un animus.
Une course poursuite commence alors entre Olympe, la créature et la police italienne qui a de nombreuses questions à poser à l’adolescente…

Un scénario par trop classique

L’idée de base de ce roman était assez originale : la découverte d’une créature mystérieuse et terrifiante qui poursuit un but périlleux pour les humains ; mélange d’historique et de fantastique… mais le rendu est au final assez décevant.

La difficulté majeure de ce roman réside dans son intrigue au ficelage un peu trop prévisible.
L’intrigue est intéressante, mais pas captivante : il manque à l’univers de cette histoire le « truc » qui la rendrait originale. Un univers plus développé aurait certainement été un plus.

D’autre part, l’archétype de la jeune adolescente mal dans sa peau qui va se découvrir des pouvoirs surnaturels à un goût de déjà-vu qui ne passe pas à la lecture. Le problème étant que tous les personnages ont des traits de caractères trop forcés, ils sont par conséquent assez peu crédibles. Dommage.
La « créature » personnage tout de même central, qui donne son titre au roman reste au final bien mystérieuse, mais après tout, il s’agit d’une orientation crédible. En dire peu dessus est un choix qui se respecte, même si je trouve qu’il aurait été intéressant d’en savoir plus, en particulier au niveau de sa relation ambigüe avec l’héroïne, Olympe.

En somme, Créatures n’est pas un mauvais roman mais il se laisse vite oublier…

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Chronique : Bartiméus – L’anneau de Salomon

bartimeus 04Retour avec le djinn Bartiméus du temps de sa prime jeunesse…

La saga de Bartiméus de Jonathan Stroud est à la base une trilogie qui se déroule au XIXème siècle, dans une Angleterre victorienne différente de celle que nous avons connue, car la magie y est prépondérante et non dissimulée au commun des mortels. Mais par la suite, l’auteur écrivit L’anneau de Salomon : une préquelle se déroulant 3000 ans avant la trilogie éponyme. On y retrouve le malicieux et agaçant djinn pour des aventures du temps de « sa jeunesse » quand il était au service d’un des mages du roi Salomon, à Jérusalem, une  des villes les plus importantes du monde à cette époque.
La lecture de ce « quatrième volet » qui s’ajoute n’empêche en rien la découverte de la série, ce dernier étant complètement indépendant des autres, libre au lecteur potentiel de choisir son époque.

De la fantasy aux temps anciens

Arabie, Jérusalem, dans le grandiose palais de Salomon se trouve Bartiméus, invoqué par un des magiciens du roi afin de rendre de multiples services à ce dernier. Mais comme tout démon digne de ce nom, Bartiméus fait tout pour déformer les instructions de son maître à son avantage, jusqu’à ce qu’il… le dévore. Mais le roi ne goûte pas du tout la plaisanterie du démon et le soumet pour correction à son plus puissant et dangereux mage : Khaba.
Ce qui n’empêchera pas Bartiméus d’en faire des siennes jusqu’à risquer son essence (équivalent de la vie pour un humain) pour préserver son « honneur ».

Outre ceci, dans le royaume de Khaba se trouve la jeune Asmira, servante dévouée prête à risquer sa vie pour sauver son royaume et sa reine. Et c’est bien ce qu’elle va devoir faire sous peu, car le roi Salomon demande au royaume une rançon d’encens tous les ans (l’encens est le bien le plus précieux du pays) contre sa protection, sinon…Khaba sera rasé.
C’est ainsi qu’Asmira  va faire le long voyage de Khaba à Jérusalem avec pour mission de dérober l’anneau tant convoité de Salomon. Mais c’était sans compter sur sa rencontre avec Bartiméus…

Conflis d’intérêts et révélations en cascade, vous voilà prévenus. Et bienvenue dans le monde de Bartiméus…

Un retour aux sources des plus plaisants…

Encore une fois dans ces nouvelles aventures, l’humour mordant et cynique de Bartiméus fait mouche. On se retrouve à esquisser de nombreux sourires face aux annotations (nombreuses) du djinn quand il s’agit de son chapitre dédié. Une présence forte, des phrases incisives et un soupçon d’humanité font ce démon un être hors-norme, même pour ses semblables (folios, djinns ou encore afrits).

Chaque chapitre est dédié à un personnage en particulier : écrit à la première personne pour Bartiméus ; et raconté d’un point de vue extérieur non omniscient pour Asmira. On retrouve ainsi la même sorte de chapitrage que pour Nathaniel et Bartiméus dans la trilogie.

Un des points les plus positifs de cette série réside dans la capacité de l’auteur à trouver de l’humanité au fond de personnages parfois improbables. Plus fort que l’intrigue qui passe au rang secondaire, c’est le travail autour des personnages qui est le plus appréciable.

Seul bémol, il faut avouer qu’il n’y a pas de renouvellement de l’intrigue face aux précédents opus de la série, mais ont se laisse toutefois facilement embringué par le scénario simple et efficace du roman. On peu presque parler d’une transposition de la trilogie en un seul tome et dans une autre époque.
Petite note : Au début du livre, vous trouverez une explication de la hiérarchisation des démons et de leurs attributions. Une présentation utile pour les nouveaux lecteurs et les anciens également. La carte de la région est aussi un petite plus nécessaire et appréciable.

Pour conclure sur cet opus en un seul tome. Le mélange d’Histoire revisitée avec un pan de fantasy en plus est tout à fait génial. On en redemande, avec pourquoi pas encore une autre époque et une intrigue un peu plus neuve ?
Les nouveaux lecteurs auront de quoi être conquis, les fans seront quand à eux ravis de retrouver le démon à la langue bien pendue. Un roman qui fait passer du bon temps en somme.

Chronique : La couleur de l’âme des anges

La couleur de l'âme des anges 01Un récit brillant, envoûtant et surprenant à tout point de vue.

Premier roman pour adolescents écrit par Sophie Audouin-Mamikonian, l’auteur de la célèbre série jeunesse Tara Duncan, La couleur de l’âme des anges est également le premier titre de la collection R. Cette nouvelle collection créée par Robert Laffont est dirigée par Glenn Tavennec, ce dernier ayant fait ses armes chez Pocket pendant plus de six ans.

Un monde parallèle au nôtre : celui des anges

New York, de nos jours. Nous suivons les pas de Jeremy, jeune prodige du monde la finance. Il à l’ avenir devant lui, l’argent, l’ambition sauf… qu’il vient de mourir dès la première page, décapité au katana par un fou. Quelques secondes plus tard, hébété, il voit son corps sans tête à ses pieds… Jeremy vient de pénétrer malgré lui dans le monde des anges, et c’est un univers haut en couleurs et en découvertes qui s’ouvre à lui…

Dès les premières pages l’écriture concise et percutante nous accapare et un nombre incalculable de questions dégringolent sur Jeremy et sur nous, lecteurs. Pourquoi a-t-il été tué ? Quel est donc cet univers parallèle qui s’ouvre à nos perceptions ? Comment Jeremy va-t-il gérer tous ces événements (son meurtre, son nouvel état…etc) ?
A peine arrivé dans ce que l’on peu appeler « le monde des anges », Jeremy se voit expliquer les règles de base par un ange très vieux qui résume en peu de mots les principes fondamentaux et fascinants de cet univers pour le moins déstabilisant.

Le monde des anges regroupe tous les êtres humains morts depuis la nuit des temps, soit environ plus de 80 milliards d’êtres humains ! Mais cette énorme population n’interfère pas avec le monde dit des « vivants », ils vivent dans les mêmes villes qu’eux, peuvent suivre tous leurs faits et gestes, mais ne font que traverser toutes les matières et personnes. Les anges sont sur un autre plan de réalité.

La couleur de l’âme des hommes, explications

Première règle chez les anges : se nourrir des humains, mais pas au sens propre. En fait, ce sont les sentiments humains qui nourrissent les anges en dégageant de « La Brume ». Selon leurs sentiments, elle peut être rouge pour la colère, bleue pour le bonheur, violet clair pour le bonheur…etc. Et surtout, au fil du temps un ange devient de la couleur de la Brume qu’il mange : ainsi un ange rouge est un être qui s’est nourri de Brume rouge durant de longues années, et ses sentiments sont plus tournés vers la violence que pour un ange bleu, qui lui se nourrit de sentiments positifs.
D’où le titre du roman autour duquel tourne toute l’intrigue, cette fameuse couleur d’âme détermine les penchants de chacun, mais aussi son âge (plus la couleur de l’ange est foncée, plus celui-ci est âgé).

Vous l’aurez compris, l’univers développé par Sophie Audouin-Mamikonian est loin d’être effleuré, chaque nouveau chapitre nous fait découvrir les très nombreuses et fascinantes subtilités de son univers. A la fois original, magique, mais aussi effroyable par certains aspects.

Une méditation sur le bien et le mal, une réflexion sur la notion de moralité

Outre l’intrigue extrêmement remarquable, la question de la moralité et du libre arbitre est ici prépondérante.
Peut-on jouer avec les sentiments des autres en toute impunité ? Jusqu’où peut-on considérer que nous sommes libres ? Où s’arrête le bien, où commence le mal ? Et par extension, peut-on faire du mal pour engendrer du bien à une plus grande échelle ?

Au travers de l’histoire de Jeremy, c’est donc de nombreuses questions d’ordre moral qui sont ainsi soulevées, sans jamais donner la « bonne » réponse, si il y en a une. C’est une approche intéressante et un moment de réflexion que nous offre ici l’auteur, à nous de nous faire notre propre avis sur ces principes…

Des personnages hauts en couleurs

Bien que Jeremy soit le personnage principal, d’autres individus ont eux aussi une place de choix dans l’intrigue, laissant le lecteur dans le flou le plus total quand à leur importance.
La psychologie de chacun est assez ambivalente, trompeuse, donnant une vision parfois biaisée de l’histoire, ce qui ne fait qu’ajouter au suspense et à l’angoisse qui va crescendo dans l’histoire. Et franchement, c’est appréciable de ne pas toujours savoir où l’on veut nous emmener.

Il y a tout de même un petit point noir à cette chronique concernant les caractères de certains personnages. Ils sont parfois « sur-joués », trop emplis de bons sentiments au point que ça en devient ruisselant d’amour et de bonté. Hormis ce défaut, La couleur de l’âme des anges fait un quasi sans faute.

Vous l’aurez compris, cet ouvrage est une très belle surprise de début d’année. Mêlant intelligemment suspense, psychologie, sciences et amour… A lire dès l’âge de 15 ans, pas avant pour cause de scènes assez sensuelles tout de même.

Chronique bd Jeunesse : La balade de Yaya – tome 3 – Le cirque

La balade de Yaya 03Pour de nouvelles aventures… bien loin de Shangaï.

Paru en novembre dernier, voici le troisième tome de la série la balade de Yaya, qui en comptera 9 au total. Jean-Marie Omont est toujours au scénario, et Golo Zhao au dessin.

Au revoir Shangaï… bonjour l’aventure !

A la fin du second tome, Yaya et Tuduo ont malheureusement dû quitter la ville de Shangaï plus vite que prévu. C’est ainsi qu’avec rien d’autre sur eux que leurs propres vêtements, les jeunes enfants vont se retrouver dans la roulotte d’un cirque itinérant : le petit cirque de Fuzhou. Livrés à eux-mêmes, ils vont être « adoptés » par les gens du cirque avec lesquels ils vont finir par instaurer une relation de confiance.
Mais tout ne peux pas être aussi simple, et Yaya et Tuduo ont encore beaucoup d’épreuves (outre la guerre déchirant le pays) à surmonter… dont certains fantômes du passé…

Toujours aussi plaisant et efficace

Le troisième tome de la série poursuit efficacement une intrigue basée sur la rencontre de nos protagonistes principaux avec de nouveaux personnages.
Les sentiments humains sont toujours au cœur de l’histoire, ce sont d’ailleurs eux qui font de la balade de Yaya une telle suite de péripéties et d’aventures.

Nous quittons la ville de Shangaï pour partir à la rencontre de la Chine beaucoup plus rurale, plus humaine également (où l’entraide est un moyen évident pour survivre). Il est très plaisant de voir ces beaux paysages tout en couleurs défiler sous nos yeux. Qu’ils soient de nuit ou sous la pluie, Golo Zhao arrive toujours à faire ressortir la beauté d’un paysage ou d’une ville.
De plus, de nouveaux personnages vont faire leur entrée dans l’histoire, dont certains très attachants…

L’intrigue avance peu, même si l’on apprécie un peu plus à chaque page l’étonnante et indéfectible loyauté de Tuduo envers une Yaya on ne peu plus têtue.
Honnêtement, on aurait apprécié un peu plus d’action dans ce troisième tome qui nous donne la légère impression de tourner un peu en rond. Mais il s’agit avant tout d’un ouvrage pour la jeunesse, alors je pense que le public auquel cet ouvrage est destiné y trouvera son compte d’aventure et de suspense.

Un bon troisième tome en somme, mais qui s’essouffle légèrement selon moi. Affaire à suivre quoi qu’il arrive avec le quatrième tome de la série qui sortira le 17 février 2012 avec un titre fort mystérieux : L’île.

7/10

Chronique bd Jeunesse : La balade de Yaya – tome 2 – La prisonnière

La balade de Yaya 02L’aventure de nos deux héros à Shangaï continue, pour le meilleur…et pour le pire…

Second tome de la série pour la jeunesse écrite par un scénariste français (Jean-Marie Omont) et dessinée par un artiste chinois (Golo Zhao), la balade de Yaya se poursuit là où nous avions laissés nos deux jeunes protagonistes, bien mal en point…

Prisonniers d’un exploiteur d’enfants…

Yaya a été faire prisonnière par le même exploiteur d’enfant qui tenait déjà Tuduo sous son joug. L’homme vil et cupide ne voit que des côtés positifs à la guerre… c’est l’occasion pour lui de « recruter » de nouveaux enfants perdus comme Yaya.
Mais le jeune duo n’a pas dit son dernier mot et va tout tenter pour retrouver les parents de Yaya, le dernier espoir pour la jeune fille pour retrouver sa vie d’avant et la seule échappatoire de Tuduo pour échapper à sa terrible situation…

La suite des aventures de Yaya et Tuduo

Encore une fois, ont se laisse totalement prendre par l’intrigue simple mais accaparante de la série. De malchances en mésaventures, les deux enfants n’ont pas fini de lutter pour accomplir leur quête.
Cette seconde partie se déroule toujours dans la ville de Shangaï, lieu où se trouve la maison de Yaya. On y découvre une ville remplie à la fois d’injustices criantes et de bonté.
Dans cette série, le côté humain passe avant tout. On y découvre aussi bien l’homme opportuniste que l’être qui donne sans rien attendre en retour. Et chaque nouvelle rencontre que font les enfants fait craindre pour leur sécurité, ne sachant jamais s’ils sont tombés sur une bonne personne ou non… en somme, une illustration très juste de la vie.

Notons tout de même la très légère pointe de fantastique que possède cette série : Yaya sait parler avec les animaux. Ce pouvoir étrange se révèlera fortement utile dans certaines situations périlleuses.

Enfin il convient de parler du graphisme de l’ouvrage. Le trait de Golo Zhao est toujours aussi réussi. Rendant ses personnages vivants, attachants.
Toujours aussi bien travaillées, les couleurs sont vivantes, éclatantes. Tantôt tristes et lugubres, tantôt lumineuses et pétillantes, les teintes qui dominent les différentes parties de l’ouvrage sont un magnifique reflet de l’histoire elle-même.

Ludique, intelligente, pétillante, ce second opus confirme ce que l’on pressentait déjà dans le premier tome… Yaya est une petite perle ! Prochaine chronique avec le troisième tome de la balade de Yaya aux éditions Fei : Le cirque.

8/10

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