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Chronique Jeunesse : Le Club de l’Ours Polaire – Tome 1 – Stella et les mondes gelés

Enfin un roman jeunesse qui me faire, sourire, rêver, m’évader ! Partez à l’aventure avec Le club de l’Ours Polaire, vous ne serez pas déçu.e.s…

Paru chez Gallimard Jeunesse en 2018, le premier tome du Club de l’Ours Polaire a bénéficié d’un fabuleux bouche à oreille… C’est ainsi qu’il fut l’un des succès de l’année dans les rayons jeunesse de nombreuses librairies ! Le second tome est quant à lui paru en juin 2019 en France… Le troisième opus est d’ores et déjà sorti en V.O. mais il faudra être patients pour le lire chez nous car Gallimard Jeunesse n’a pas encore annoncé sa sortie…

Un roman enlevé, et empli d’une imagination débordante

Nous voici partis pour une expédition un peu folle où les filles n’ont pas le droit de participer car c’est dans le règlement du Club de l’Ours polaire depuis toujours… Mais le père de Stella Flocus Pearl va faire pencher la balance en sa faveur !

C’est ainsi que la jeune fille accompagne son père pour une aventure haute en couleurs sous le signe de la magie, de l’amitié et du danger… Un combo gagnant mais risqué quand on sait ce qui attend nos héros…

La créativité d’un monde enchanteur au service d’une histoire captivante !

Si vous aimez les univers à la Harry Potter ou Gardiens des Cités Perdues, cette série est pour vous. On y retrouve les qualités extraordinaires d’un très bon roman jeunesse : un soupçon de magie, des inventions un peu folles, des créatures étranges et de furieuses bonnes idées.

Une fois lancé, impossible de lâcher ce premier tome à l’efficacité redoutable. Même les personnage détestables… ont les adore. Et surtout, Alex Bell a su insuffler de la vie à son univers. C’est magique, tout fonctionne et en même temps on s’évade en peu de pages. Elle a réussit à concocter un mélange de choses mignonnes (je pense aux Compagnons Polaires qui accompagnent Stella et qui donnent constamment le sourire) et créatives !

Et surtout, elle a su créer un univers mêlant magie et aventure qui sans être complexe sait être assez dense pour accaparer son lecteur. Tout fonctionne, de la guilde des explorateurs (composée de quatre factions à découvrir : L’ours polaire, le Chat de la Jungle, le Calmar Géant et le Chacal Doré, à l’image des maisons de Poudlard) avec chacune son règlement en passant pour une mythologie poussée.

Il y a même quelques références à certains contes de fées disséminées dans le roman, ce qui le rend encore plus plaisant selon moi !

Pour une fois qu’il est possible de lire un roman jeunesse sans trouver qu’il est trop classique ou une pâle copie d’un autre, c’est assez rare pour s’y intéresser.

En somme, si vous n’êtes pas encore allé chez votre libraire pour découvrir cette merveille, il est grand temps… Surtout que le premier tome est paru en Folio Junior, donc à prix assez réduit. Vous ne serez pas déçus, je vous en fait la promesse. Adapté dès l’âge de 9 ans pour ceux qui lisent déjà beaucoup, sinon dans l’idéal 10 ans.

Chronique manga : Arbos Anima – Tome 1

arbos-anima-1Un manga qui fait honneur aux sciences botaniques !

Kachou Ashimoto, l’auteure d’Arbos Anima n’en est pas à son premier coup d’essai, en effet, elle avait précédemment sorti en France la série de mangas Cagaster, aux éditions Glénat (6 tomes, série terminée).

Avec sa nouvelle série Arbos Anima, toujours chez Glénat, Kachou Ashimoto nous propose de découvrir le quotidien d’un surdoué des plantes : Noah. Il possède le pouvoir très spécial et unique de « lire » les plantes ainsi que leur passé…

Le monde des plantes au 19ème siècle

Plantes rares, trafics en tous genre, il était facile pour certains de se faire beaucoup d’argent avec des plantes rares ou des fleurs extrêmement recherchée. En tant que chasseur de plante, le jeune Noah est considéré comme un véritable surdoué. Il peut débusquer les spécimens les plus extraordinaires. Mais son don attire aussi bien de riches notables que des pirates et autres spéculateurs désireux de se faire de l’argent facile… Mais Noah met une chose au-dessus de toute autre, certes il respecte et fait tout pour satisfaire ses clients, mais le bien-être des plantes est fondamental pour lui…

Un manga sympathique, mais au démarrage un peu long

Bien que la trame de l’histoire soit assez simple, on a du mal à rentrer vraiment dans l’intrigue car on ne comprend pas franchement où veut nous emmener l’auteure dans ce premier tome. L’installation des personnages et de leurs caractères prend un peu de temps, sans que l’on ne s’attache particulièrement à l’un d’eux. L’intrigue reste ainsi un peu brouillonne, les enjeux restent flous, et le tout ne nous permet pas de bien cerner les protagonistes.

L’idée de créer une intrigue autour des plantes est cependant excellente, mais reste à savoir si la mise en œuvre sera assez efficace pour passionner le lecteur. En effet, la cible de ce shônen commence vers les 11 ans, mais je ne suis pas certaine que le sujet les intéresse franchement. Il y a beau avoir des pirates et des trafiquants en tous genres, cela ne suffira pas nécessairement à créer un sentiment d’addiction à cette nouvelle série.

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Affaire à suivre donc avec le second tome de la série qui vient tout juste de paraître en octobre 2016, car il est difficile de juger de la qualité d’un manga à la lecture de son premier opus… D’un point de vue graphique, Arbos Anima est un joli manga, et les dessins des fameuses plantes en particulier sont très détaillés.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Calixte

CalixteUn planet opera plaisant à découvrir

Paru en novembre 2014 aux éditions du Net, Calixte est un court roman de SF écrit par Dominique Marie. L’humanité y découvre une planète habitable semblable à la terre en toutes choses… ou presque.

L’humanité n’est pas nécessairement l’espèce dominante

C’est en tout cas ce que l’on découvre très rapidement dans Calixte. En effet, la planète découverte par le vaisseau Calixte est extrêmement ressemblante à notre belle planète bleue : on y trouve des loups, des corbeaux et… des humains !

Mais cette grande découverte qui ouvre un champ d’hypothèses incroyables recèle un côté moins reluisant… Les hommes découverts durant cette expédition sont loin du niveau d’intellect des hommes de la Terre et semblent être traités comme du bétail. Parqués, déplacés au gré des besoins des loups et des corbeaux, les humains ne semblent même pas doués de libre arbitre… ont-ils ne serait-ce qu’une conscience propre ?

Que vont faire de cette information les scientifiques de l’expédition ? L’humanité de la Terre doit-elle agir ou laisser cet ordre naturel ?

Le jour où l’homme découvre qu’il n’est pas le maître de l’univers

Difficile à croire et pourtant, il existe une planète où les animaux dominent l’homme sur tous les plans : physique, moral et intellectuel. Ainsi débute une nouvelle ère pour les hommes des deux planètes. Car personne sur Terre ne se résout à laisser ses semblables dans les conditions décrites par l’expédition…

Politique, déontologie, sociologie, théologie et une foule d’autres sciences sont ici abordées. Calixte est ce que l’on peut ainsi appeler un planet opera. En effet, nous y découvrons une planète ainsi que sa faune, sa flore, son écosystème…

Et si vous vous demandez pour les personnages ont tous des noms composés étranges tels que Dana-Scott ou Yacine-Dominique, c’est l’astucieuse idée de l’auteur pour illustrer la mondialisation à tous les niveaux dans le futur. De même, il n’y a plus que trois langues en usage sur la Terre du futur dépeinte par Dominique Marie. Et pour ce qui est des entreprises, là aussi, la mondialisation a fait son œuvre… mais est-ce réellement pour le mieux ?

Plaisant, Calixte a beau être rapide à lire, il n’en est pas nécessairement aisé. En effet, la fin abrupte vous obligera peut-être à relire certains passages ou à mettre en perspective quelques lignes de texte.

Calixte n’est pas un texte donné « clés en main », et c’est tout aussi bien comme cela. Cette lecture apporte une réelle réflexion une fois le récit terminé. On ne peut s’empêcher d’y repenser et de prendre plaisir à « décrypter » les intentions de l’auteur dans ses nombreux non-dits (rien d’insurmontable je vous rassure).

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Dominique Marie signe ici un récit de sf abordable et intéressant que l’on aurait aimé découvrir encore plus en profondeur tant l’écriture nous emporte facilement. Cette étrange planète n’a pas dévoilé tous ses secrets potentiels, et c’est avec un peu de regret que l’on quitte son univers. Le futur de l’humanité (ainsi que certains de ses travers) est très bien décrit et semble surtout plausible, c’est ce qui rend le tout si intéressant.

A lire pour s’initier au planet opera sans se perdre dans une multitude de variables et personnages. C’est juste parfait pour débuter dans ce sous-genre de la sf !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Reine du Fleuve

Reine du fleuveUne ode aux explorateurs naturalistes et à la nature sauvage qui entoure le mythique fleuve Amazone…

Écrit par Eva Ibbotson, Reine du Fleuve est un classique de la littérature jeunesse anglo-saxonne. L’ouvrage est paru en 2004 aux éditions Albin Michel, dans la collection jeunesse et ado Wiz. Outre-Atlantique, l’ouvrage a d’ailleurs reçu de nombreux prix prestigieux.

Eva Ibbotson a écrit une foule d’autres ouvrages destinés à la jeunesse : L’étoile de Kazan, Bienvenue à Griffstone, Le secret du quai 13, L’étang aux libellules… Chacune de ses nouveautés était un petit événement dans le domaine de la littérature jeunesse avant qu’Eva Ibbotson ne nous quitte en 2010 à l’âge de 85 ans.

Du pensionnat anglais à la jungle sauvage et mystérieuse du Brésil

Une histoire qui débute dans la bonne société anglaise du début du XXème siècle au cœur d’un pensionnat, c’est tentant. Mais quand on découvre que nous sommes en partance pour les contrées sauvages et exotiques du Brésil, au bord du fleuve Amazone, c’est une nouvelle dimension qui s’ouvre à nous et à Maia, héroïne charismatique de ce roman.

A peine ses parents décédés, la jeune Maia se retrouve « accueillie » par un côté très éloigné de la famille qu’elle ne connaissait pas… au Brésil. Alors qu’elle s’imagine déjà côtoyer les autochtones et découvrir la vie exotique du pays ainsi que sa faune et sa flore, rien ne va se dérouler comme elle l’imaginait.

Exilés au Brésil pour affaires, les Carter ne recueillent pas leur nièce par bonté d’âme, la pension qui leur est reversée pour son éducation en revanche motive au plus haut point son oncle et sa tante, qui vivent bien au-dessus de leurs moyens. Mais le portrait n’est pas encore complet si l’on ne parle pas des deux cousines de Maia : horribles, méchantes, égoïstes… elles n’ont vraiment rien pour elles et vont tout faire pour lui nuire.

C’est ainsi que l’avenir de la jeune demoiselle s’annonce très sombre, même si il y a un soupçon d’espoir en la personne de sa tutrice, Mademoiselle Milton.

Reine du fleuve VOUne très belle fresque historique mettant l’accent sur la Nature, la vraie

Ce roman d’Eva Ibbotson n’est pas un classique pour rien, on y trouve tous les éléments qui en font un superbe roman jeunesse. Une héroïne curieuse de tout et rebelle, de cruels beaux-parents, un pays sauvage qui ne demande qu’à être découvert, une amitié improbable qui se tisse…

On appréciera particulièrement la part belle qui est faite aux sciences sous toutes leurs formes : biologie, botanique, Histoire, sociologie, ethnologie… La tutrice de Maia est une femme moderne et folle de livres, quels que soient leurs sujets, c’est à travers elle que la jeune fille et nous-mêmes nourrissons notre fascination pour le fleuve Amazone et ses mystères.

Mélanger une intrigue dans le plus pur style anglais du début du XXème siècle à un récit d’aventures haut en couleurs en cœur même de l’Amazonie est à la fois audacieux et enchanteur. Tout ce que l’on espère, c’est de ne jamais quitter cette atmosphère idyllique et sauvage, entouré de Maia et de son ami indien.

La prose d’Eva Ibbotson est quant à elle captivante, efficace tout cela sans être dénuée de poésie, elle n’est toutefois jamais lourde. En somme, on rentre très rapidement dans l’intrigue sans jamais qu’elle s’essouffle. C’est un véritable mélange entre les récits saisissants de Mary Hooper et ceux touchants de Charles Dickens, tout cela sans jamais tomber dans le misérabilisme.

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Vous l’aurez aisément compris, Reine du fleuve est un véritable coup de cœur. Cette lecture a pour moi été une double révélation : celle d’une auteur de talent, et celle d’un lieu à une époque absolument fascinante. C’était l’époque où tout était encore possible pour les scientifiques, où des foules de découvertes restaient à faire… et ça fait tout simplement rêver.

A lire dès l’âge de 12 ans, sans limite d’âge.