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Chronique : [Kokoro]

kokoroUn livre différent à lire, à appréhender et à apprécier qui nous conte l’histoire d’une famille à travers des mots simples du quotidien… au Japon.

Delphine Roux est une auteur française dont l’univers est fortement lié au pays du Soleil Levant, comme le montrent ses ouvrages : Les petits sentiers d’Obaasan ou encore Bonne nuit, Tsuki san !. [Kokoro] est son tout premier roman.

[kemuri, fumée]

Voici l’histoire courte mais touchante d’un frère et d’une sœur : Koichi et Seki. Traumatisés par la disparition de leurs parents lors d’un incendie, chacun a depuis fait sa vie avec plus ou moins de réussite. Mais cela n’efface en rien la blessure qu’ils portent au fond d’eux… Cela peut-il changer ? Et si oui, comment s’émanciper de cette douleur continuelle qui donne l’impression de subir sa vie plutôt que de la vivre ?

[monogatari, histoire]

Triste, belle et étrange, [Kokoro] est une histoire qui prend son sens après l’avoir entièrement terminé, et en y repensant par la suite. Chaque chapitre (qui fait moins d’une page à chaque fois) est présenté par un mot japonais, accompagné de sa traduction. Ces mots sont ancrés dans le quotidien, nous montrent les choses simples de la vie et leur possible complexité pour les protagistes terrassés par la douleur.

Koichi n’a jamais vraiment fait son deuil, tandis que Seki, elle, semble vivre vite sa vie pour oublier son passé…

L’extrême brièveté des chapitres aide à s’imprégner de chaque mot présenté. Comme si on se devait de penser à son importance quotidienne. Qu’il s’agisse du vent (kaze), d’une fenêtre (mado), de maquillage (kesyou), tout est pensé, réfléchi.

Au début de la lecture, on pense découvrir un ensemble décousu de définitions, mais peu à peu, le tout se relie pour former une mélancolique et belle histoire.

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A conseiller à ceux qui aiment déjà le Japon, ses effluves, et son esprit. Ce court roman étant loin d’être conventionnel, certains resterons sur leur faim, mais ceux qui sont habitué à cet « esprit japonais » sauront que la fin d’une histoire au Japon n’en est pas vraiment une…

Quoi qu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’un beau et doux récit, [Kokoro] pourrait bien faire flancher votre cœur à sa lecture. Petit conseil : ne le lisez pas d’une traite. Savourez plutôt quelques pages par jour, pas plus, sous peine de ne pas saisir toute sa poésie, et sa douce magnificence…

Seule petite remarque, je trouve l’ouvrage un peu cher pour ses 115 pages : il est à 12,50€.

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : La drôle d’évasion

La drôle d'évasionVous saurez tout sur les évadés d’Alcatraz après cette lecture animée !

Si vous avez toujours voulu tout savoir sur les évadés d’Alcatraz, et que vous croyez dur comme fer qu’ils ne sont pas morts durant leur fuite, ce roman est pour vous. Dans ce Pépix (collection de romans jeunesse de Sarbacane) nous découvrons l’étonnant Zach, fasciné depuis toujours par Alcatraz et ses célèbres évadés…

La prison dont nul ne s’est jamais évadé…

San Francisco, de nos jours. Le jeune Zach est en vacances avec sa famille dans « la ville sur la baie » et a déjà tout prévu. Il a réussi à « convaincre » ses parents de passer les vacances dans la région et il est maintenant en passe de réussir a aller dans Alcatraz…

Son projet : reproduire l’évasion légendaire de Frank Lee Morris, de John William Anglin et son frère Clarence. Mais pour se faire, il va falloir déjouer la surveillance de son père et rester sur l’îlot après la fermeture, donc se jouer des gardiens !

En effet, Zach est absolument persuadé que les trois évadés ne sont pas morts de leur évasion et qu’ils ont vécu de beaux et longs jours… mais encore faut-il le prouver…

Action et humour garantis

L’écriture vive et entrainante de Séverine Vidal, oups pardon, de Zac ne laisse pas de place à l’ennui. C’est que le jeune garçon a une foule d’idées toutes plus farfelues les unes que les autres pour parvenir à ses fins.

En grand fan des évadés d’Alcatraz, il connait toutes leurs astuces, mais en a prévu de nouvelles… C’est sur un rythme débridé que l’on part pour l’aventure, la VRAIE. Les jeunes lecteurs et lectrices devraient donc se passionner pour cette histoire originale qui ne manque pas souffle. Et puis, il y a un peu de fantastique dans tout ça… car Zach va mystérieusement voyager dans le temps ! Tout cela sans oublier quelques bonnes petites réparties par-ci, par-là….

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C’est donc un roman sympathique auquel nous avons ici affaire. Il devrait plaire à des lecteurs entre 8 et 10 ans environ. Ce n’est pas mon roman Pépix favori entre tous, mais il est tout de même en bonne place ! A lire pour découvrir San Francisco et sa légendaire prison… et oui, les bandits font rêver, quel que soit l’âge du lecteur !

Chronique : La Fournaise – Tome 1 – Enfermé

La fournaise 1 - EnferméL’Enfer existe, mais il est plus près que vous ne le croyez… bienvenue dans la Fournaise, la prison qui vous garanti de ne pas succomber naturellement !

Paru en 2013, Enfermé est le premier de la pentalogie pour adolescents La Fournaise. Son auteur, Alexander Gordon Smith, est d’origine anglaise et a été présenté par Bookzone comme le Stephen King des adolescents. Et effectivement, il se peut que vous ayez quelques doux frissons durant la lecture de ce cycle haut en couleurs…

Une prison qui s’alimente de voyous, de meurtriers… et d’innocents.

La première chose à savoir sur la Fournaise, c’est que l’on peut y entrer très facilement et à peu près pour n’importe quel motif. Si il n’y en a pas, ses gardiens en trouverons bien un qui valent la peine de vous y faire enfermer, pas d’inquiétude ! C’est d’ailleurs ce qui va arriver à Alex, injustement accusé de meurtre.

En effet, depuis les émeutes d’adolescents qui ont fait des centaines de morts en Angleterre, la Fournaise a été créée. Un endroit spécial pour ces jeunes sans foi ni loi. Un lieu où la mort et les travaux forcés sont leur quotidien, tout cela sans aucun espoir de fuite. Et pour cause, la Fournaise se trouve sous terre.

Pourquoi Alexander a-t-il été emmené de force dans cet endroit de mort ? Pourquoi ses gardiens portent-ils tous d’étranges masques à gaz ? Et pour quelle raison certains prisonniers sont-ils enlevés par les gardiens sans qu’on ne les revoie jamais ?

Une belle intrigue sous pression

Ce premier tome de La Fournaise réunit toutes les qualités requises pour emmener loin son lecteur : de l’action, beaucoup de questions… et un peu d’horreur !

Soyons clairs, vous aurez ici très peu de réponses à vos questions mais vous aurez droit à des combats clandestins sanglants, des complots, des menaces d’envoi au mitard et autres joyeusetés du monde de la prison.

Alex, le jeune antihéros de cette histoire est assez intéressant même si la plupart de ses réactions sont assez prévisibles. On le suit avec plaisir et appréhension mêlées tant sa situation est insupportable. Une cellule d’à peine quelques mètres carrés, des toilettes visibles par tous et des travaux forcés ça va encore… Le pire est de savoir que chaque nuit, n’importe lequel des prisonniers est susceptible d’être enlevé par les sanglants gardiens de la Fournaise… Dire que l’ambiance est sous tension constante est en deçà de la réalité, d’autant plus qu’il y a de nombreux gangs qui sévissent dans la prison, capables de tout, y compris à tuer !

Quant à savoir pourquoi la Fournaise a été construite, on a quelques débuts de réponses, mais il faut espérer que l’auteur nous donnera un peu plus d’infos dans le tome suivant…

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Alors est-ce que ce premier tome de La Fournaise fonctionne ? Est-il convaincant ? Tout à fait ! L’atmosphère brûlante à souhait de ce début de série est plaisante. On ne demande qu’à en savoir plus sur la Fournaise et ses malheureux occupants ! A découvrir dès l’âge de 14 ans, surtout si vous aimez les lieux austères voir horribles…. Sans oublier les aiguilles !

Chronique : L’appel de la forêt

L'appel de la foretUn magnifique retour aux sources en forme d’ode à la nature…

 Jack London est un écrivain de nationalité américaine au parcours atypique : son enfance se fit dans la misère, et dès l’âge de quinze ans, il touchera à toutes sortes de métiers. De pêcheur d’huîtres, à balayeur de jardins publics, en passant par chercheur d’or… ou encore par garde-côte, cette figure de la littérature était habitée par la passion des grands espaces et du voyage sous toutes ses formes. Jack London est décédé à l’âge de 40 ans.

De son œuvre, on peu citer les livres suivants : L’appel de la forêt, Croc-Blanc ou encore Martin Eden.

Sur les pas de Buck, un chien d’une force et d’une qualité rare…

L’appel de la forêt est avant tout l’histoire de Buck, un magnifique chien issu d’un croisement entre un saint-bernard et une chienne pure race écossaise. Buck réuni en lui meilleur des deux races pour offrir un prodigieux modèle canin, tout en force et en beauté.

Mais le quotidien banal de ce chien d’exception va se trouver transformé en aventure à travers les Etats-Unis à l’époque des chercheurs d’or lorsque le jardinier de son propriétaire va le voler pour le revendre à un éleveur de chiens de traineaux.

La lutte contre soi-même, les combats, les jeux de pouvoirs cruels entre chiens dominants et meutes, tout cela, Buck va le découvrir à ses dépends, au gré de nombreuses blessures. C’est ainsi que commence la magnifique aventure d’un chien qui va redécouvrir sa nature… sauvage.

l'appel de la foret (1)Le goût de l’aventure et des espaces infinis sublimés

D’un propriétaire peu recommandable à l’autre, Buck gagne en assurance, en prestance et en force. En faisant ses preuves faces aux autres chefs de meute, en menant de front les traineaux dans les endroits les plus dangereux de l’Alaska…

Là où il n’y avait au début qu’un beau chien de race bien entretenu et formaté par (et pour) l’homme, on aperçoit au fil des pages un animal qui découvre sa vraie nature.

Mais plus que l’histoire d’un animal seul face à la redécouverte de ses origines, L’appel de la forêt nous fait également partager l’amitié unique d’un animal et d’un homme. On sent entre les lignes la force du lien qui peut unir deux êtres totalement différents quand leur vie est en jeu.

Il n’est cependant pas question que de beaux sentiments dans ce roman qui se propose également de montrer les facettes sombres de l’Amérique du Nord. Cruauté, maltraitance, famine… Buck découvrira tous les aspects de l’homme avant de se découvrir lui-même, et de suivre sa voie.

L’appel de la forêt n’est pas un classique de la littérature pour rien : Jack London a su sublimer la nature et son âpreté grâce à une plume accessible et belle. Les grands espaces, les descriptions faites sur la nature que redécouvre avec émerveillement Buck, la forte empathie de l’auteur pour son personnage qui se transmet au lecteur avec aisance… tout concours à nous faire aimer cette ode à la nature. A lire pour s’émerveiller, et (re)découvrir l’intensité de la prose de London. Dès l’âge de 11 ans environ (5ème).

l'appel de la foret (3)

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