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Chronique : Vinegar Girl

Un roman merveilleux au message fort, un énorme coup de cœur…

Anne Tyler est une autrice américaine à l’œuvre considérable. Elle a notamment écrit Une bobine de fil bleue, Leçons de conduite, ou encore La danse du temps. Vinegar Girl est initialement paru aux éditions Phébus avec de sortir en poche chez 10/18.

L’histoire d’une jeune femme passionnée et indépendante

Kate est la fille du Dr Battista, un scientifique plongé corps et âme dans son travail depuis de nombreuses années. Ce dernier est suppléé dans ses recherches par son assistant Pyotr, une aide aussi précieuse qu’indispensable qui va devoir partir si il ne trouve pas une solution pour renouveler son visa…
Et c’est là qu’une idée « géniale » vient à l’esprit du Dr Battista, et si il demandait à sa fille Kate de se marier avec Pyotr ? Juste le temps de voir ses recherches aboutir, bien sûr. Mais il y a un obstacle de taille : Kate. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle digère très mal la demande de son père et la refuse en bloc.
C’est alors que Pyotr va tenter à sa façon maladroite de convaincre Kate… peine perdue ?

Magnifique, drôle, frais, une lecture inoubliable !

Pour ceux qui connaissent bien l’œuvre de Shakespeare (ce qui n’est pas mon cas), sachez que Vinegar Girl est une réécriture contemporaine de La mégère apprivoisée de William Shakespeare. Je vous rassure, pas besoin d’avoir lu la pièce pour savourer pleinement ce roman.

Entrer dans cette histoire est facile, et une fois dedans, on ne la lâche plus ! Le résumé peut sembler fleur bleue, mais l’intrigue de Vinegar Girl et son message sont beaucoup plus profonds qu’on peut le croire au premier abord.

Pour moi ce fut une véritable révélation. Je ne vous déflorerais pas l’histoire, mais sachez que le message final est génial. Beau, empli de positivisme sans tomber dans le feel-good niais. C’est d’ailleurs tout le contraire.

L’une de mes choses favorites dans ce roman, outre son histoire et son message, ce sont ses dialogues savoureux. Drôles, plein d’esprit, ils enchantent le texte…

« Vous êtes une femme très indépendante et vous avez des cheveux qui évitent les coiffeurs et vous ressemblez à une danseuse.

N’en faites pas trop.

Une danseuse de flamingo.

Ah, de flamenco »

Ci-dessus, un petit extrait des nombreux dialogues entre Kate et Pyotr. Ils vous feront sourire, peut-être même rire, qui sait ? Cela n’a pas du être facile à traduire pour Cyrielle Ayakatsikas, la traductrice car Pyotr fait quantité de fautes. Il use des expressions parfois n’importe comment, se trompe de mot, de contexte… Ce qui le rend aussi drôle que terriblement attachant. Surtout quand on sait à quel point il est doué dans son domaine, le voir si maladroit est étonnant !

Pour toutes ces raisons et quantité d’autres encore, je vous conseille vivement de découvrir Vinegar Girl. C’est une belle lecture, originale, drôle et mémorable… Foncez, vous ne le regretterez pas !

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Chronique : Un si petit oiseau

Un roman extraordinaire à découvrir, il vous mettra les nerfs à fleur de peau et vous fera vibrer comme rarement… c’est ma promesse.

Marie Pavlenko est une autrice française dont j’adore l’œuvre depuis ses débuts avec Le livre de Saskia (trois tomes chez Scrinéo et Pocket). Depuis, ses romans ont changé, gagné en maturité, en beauté, en profondeur… Comme on a déjà pu le voir avec le merveilleux Je suis ton soleil (Flammarion).

Un si petit oiseau est sorti en janvier 2019 chez Flammarion, et au moment où je rédige cette chronique, je viens de terminer la dernière page il y a quelques minutes à peine. Je voulais garder vivant mon ressenti sur ce livre exceptionnel.

Une vie fauchée en plein vol…

Abi a presque 20 ans, elle est passionnée par les animaux, sait déjà qu’elle veut devenir vétérinaire. Son avenir est beau, lumineux et lui appartient.

Mais il y a cette voiture qui grille un stop, son bras qui était accoudé à l’extérieur, et le choc. Violent. Dans la brume de ses souvenirs, Abi se souvient de façon parcellaire des événements, mais l’absence cruelle de son bras est là pour se rappeler à elle, quotidiennement.

Adieu les rêves de vétérinaire, pour un tel métier on a besoin de ses deux bras, c’est un fait. Adieu la bande de copains avec qui elle faisait tout, l’accident les a éloignés, la gêne s’est installée. La honte aussi…

Adieu la vie normale et heureuse pour Abi… A moins qu’elle ne réussisse à l’apprivoiser différemment ? Mais comment ?

Sublime, drôle dans le dramatique, du génie

Merci Marie Pavlenko pour ce moment de lecture merveilleux. Il y a tant de justesse et de beauté dans chaque ligne qu’il m’est impossible d’en parler avec mes mots. Lisez ce livre, tout simplement.

On y découvre la résilience d’Abi, son humour intrépide même si elle a parfois envie de baisser le bras…

« La vie est une salope, mon beignet »

Mais c’est aussi grâce à Cendrars qu’Abi va découvrir qu’elle n’est pas seule. Il a vécu la Première Guerre Mondiale, y a perdu un bras et il est devenu Blaise Cendrars. Il a même écrit un roman intitulé La main coupée. Et quantité de ses autres œuvres font référence à ce membre manquant, perdu.

Comment découvre-t-elle Cendrars ? Grâce à un expéditeur inconnu qui lui envoie des écrits de l’auteur. Mais à chaque choix d’ouvrage, ça fait mouche dans le cœur d’Abi.

« La fauvette pitchou – presque un Pokémon »

Un si petit oiseau est une ode à la beauté de la vie, aux petits bonheurs du quotidien… Il parle également beaucoup d’ornithologie (science des oiseaux) et d’éthologie (science du comportement des animaux), des domaines fascinants. Et justement, c’est ce qui va aider Abi à avancer… Quand vous aurez fini l’ouvrage, vous n’aurez qu’une seule envie : dévorer tous les ouvrages du scientifique Frans de Waal (grand spécialiste de l’éthologie). Je ne saurais d’ailleurs que trop vous conseiller l’excellent Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre les animaux ? (Babel).

« Des passereaux s’agitaient dans le bouleau d’en face. Un rouge-gorge et des mésanges, mais de tailles et de plumages différents. Une grosse pie est venue se poser et ils se sont tous enfuis, on aurait dit des petits suppositoires avec des ailes ».

Une jolie mésange bleue.

Et si vous n’êtes pas un caillou moussu, il y a de grandes chances pour que vous versiez une petite larmichette à la fin. Trop-plein d’émotions, c’est normal, surtout quand on lit ce livre en peu de temps. Tout est concentré, pur, dévastateur.

Et chaque personnage y est à sa place (j’ai adoré la tante génial et folle d’Abi), ceux qu’on aime tout comme ceux pour qui on a de l’antipathie… vous verrez. Son roman est un roman vrai, salutaire.  

PS : Marie Pavlenko nous conseille en fin d’ouvrage une merveilleuse musique, qui pour elle incarne parfaitement le personnage d’Abi. Il s’agit de Fonder, par Secret of elements. Et il est vrai que cette musique est sublime, et que peu à peu elle se révèle et gagne en puissance… comme Abi.

PPS : Il y a un petit bout du XVIIème arrondissement dans ce roman, notamment la station de Métro Villiers. Et en croisant l’autrice par hasard, elle m’a dit que la librairie dont elle parlait dans ce roman, c’est celle où je travaille ! Il s’agit de la Librairie Fontaine Villiers. Et ça me fait super plaisir de découvrir ce lien inattendu entre mon travail et le livre…

Chronique : My dilema is you – Tome 1 & 2

A la découverte d’un des grands succès de la plate-forme Wattpad : My Dilemma is you. Trois tomes. Quinze millions de lecteurs. Qu’en est-il donc ?

Écrite par l’italienne d’origine moldave Cristina Chiperi, My dilemma is you est une trilogie de romance prenant place sous le soleil de Miami.

Si vous ne connaissez pas encore cette auteure, sachez qu’elle a rencontré un succès phénoménal avec la trilogie My Dilemma is You avec plus de 15 millions de lecteurs sur Wattpad, c’est un véritable phénomène. Mais alors, est-ce aussi bien que ça en a l’air ou est-ce simplement un bel achat de droits pour s’accaparer un lectorat potentiel énorme ?

Par ailleurs, un tout nouveau roman de Cristina Chiperi vient de paraître chez PKJ : I still love you. Un roman indépendant qui n’a rien à voir avec My Dilemma is You.

Un déménagement = un cataclysme dans une vie d’ado

Chris avait tout pour être heureuse à Los Angeles : deux amis extraordinaires pour qui elle aurait tout fait, un lycée où elle se sentait bien, une maison agréable… Mais tout cela va être balayé en quelques semaines à cause d’un déménagement. En effet, le père de Chris vient d’être muté à Miami, et ça n’enchante pas du Chris, qui a tout à perdre dans la manœuvre… mais qui n’a pas le choix !

Voici le début d’une nouvelle vie pour Chris et sa famille, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle va être très riche en émotions…

Une vie stéréotypée au possible au service d’une intrigue qui l’est tout autant

Avant de développer plus cette chronique, je tiens à préciser que j’apprécie la romance quand elle est bien faite. Je ne fais donc aucun reproche au genre lui-même mais bien à son utilisation ici par l’auteure.

Tout d’abord, les personnages. Ils sont tous hautement stéréotypés. Chris est évidemment la petite nouvelle, mais elle réussit en quelques jours à peine à connaître tous les mecs populaires du lycée. Chose que d’autres filles qui sont là depuis des années n’ont jamais réussit à faire… Pourquoi pas, mais c’est hautement improbable.

Parmi ces personnages, il y a la grande méchante : Susan, la petite amie de Cameron. N comprend très rapidement que Susan a décidé de faire de la vie de Chris un enfer. Pourquoi ? Parce qu’elle la considère comme une menace pour son couple. Elle fait donc tout pour éloigner Chris et la martyriser au passage. C’est bien trop manichéen, mais passons…

Il y a également le personnage de Matt, le petit copain que Chris va avoir au bout de quelques semaines à Miami. Il a l’air gentil, mais perd ses moyens dès qu’il s’agit pour elle de se lier d’amitié avec certains garçons… Mais même si Chris veut être indépendante et choisir elle-même ses amis, elle capitule en restant en couple avec Matt et subissant ses crises régulières… S’ensuit un nombre impressionnant de rupture/rabibochage entre Chris et Matt…

Ah, et j’allais oublier Lexy. LA journaliste des potins du campus. Au courant de tout avant tout le monde, elle a le rôle de la paparazzi qui n’a aucune empathie pour qui que ce soit. Ce qui compte pour elle, c’est d’avoir un scoop, et cela à n’importe quel prix.

Ils sont également bien trop familiers les uns envers les autres. Cameron rentre dans la chambre de Chris par la fenêtre à l’improviste comme si de rien n’était. Chris dors dans le lit de Cameron par mégarde… Mais qui peut dormir dans le lit de quelqu’un par mégarde ? Et plusieurs fois en plus ! Et sans aucune arrière pensée, cela se fait en toute innocence à chaque fois…

Ceci n’est qu’un extrait des nombreux exemples qui peuvent illustrer mes dires. Pour résumer sur les personnages, ils sont peu crédibles, stéréotypés et soit tous gentils soit très méchants. Et surtout, ils ont souvent des réactions totalement disproportionnées. Le tout les rend donc peu crédibles et encore moins attachants.

Tout cela sans parler du cadre lui-même qui est tout ce que le rêve américain apporte en préjugés : magnifiques villas avec piscine, plage de rêve, tous les gens y vivant étant parfaits et faisant soit du skate soit du surf, campus d’élite, soirées et fêtes nombreuses… On dirait que le roman entier est passé au travers d’un filtre Instagram pour le rendre plus beau, plus fun, plus génial.

Autre gros point noir selon moi, les nombreux concours de circonstances qui peu à peu rapprochent Chris et le beau Cameron. Ils sont tous d’heureux hasards bien trop énormes pour que l’on y croie réellement. Ça retire une part de magie à la romance que de voir aussi peu de délicatesse dans la mise en scène des événements.

Ainsi, Chris et Cameron se détestent au début du roman, mais peu à peu vont se rapprocher à force d’être fourrés ensemble malgré eux. Et sans oublier que leur petit.e ami.e respectif.ve font tout pour ne pas qu’ils se croisent car ils sentent toute la tension romantique qu’il il y a entre ces deux là… Admettons.

Quels sont donc ces concours de circonstances ? Pour commencer, la nouvelle meilleure amie de Chris n’est autre que la demi-sœur de Cameron, elle le voit donc souvent en allant chez elle. Ensuite, ils « réussissent » à se faire punir ensemble par un prof et doivent nettoyer le gymnase. Evidemment, le gymnase de l’école est un endroit qui ne capte pas. Et comme Chris est évidemment maladroite, elle réussit à s’enfermer par mégarde avec Cameron dans le cagibi. Et comme ça ne capte pas, ça dure un moment…

Tout cela sans oublier les nombreux jeux à boire et autres action ou vérité qui vont les « forcer » à s’embrasser. Bref, tout concoure de façon plus ou moins crédible à les mettre ensemble.

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Je ne peux pas tout vous raconter dans cette chronique, mais voilà mon ressenti sur les deux tomes de My Dilemma is You que j’ai lu. C’est une grosse déception, quoique pour être déçu il faut déjà avoir des attentes…

Dommage car PKJ est une maison d’édition qui globalement propose de bons textes, mais ici, on est clairement sur une manne financière apportée par le succès de la saga que sur un vrai choix éditorial.

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Mais plus que tout ce que je viens de citer plus haut, il y a vraiment une chose qui m’a choquée dans cette lecture. Il s’agit d’une révélation que l’on fait à la moitié du second tome, alors pour ceux qui ne veulent pas être spoilés (ou divulgachés pour ceux qui souhaitent franciser le terme), passez votre chemin. Pour les autres, voici.

Alors qu’elle se croyait vierge, Chris découvre qu’elle a déjà couché avec Cameron une première fois. Elle avait trop bu un soir, et elle était par un étrange concours de circonstance (encore un !) dans le lit de Cameron en train de dormir. Ce dernier, bien trop tenté par la situation a couché avec une Chris qui n’est absolument pas en pleine possession de ses moyens. Et le lendemain, Chris ne se rappelle absolument de RIEN. Et Cameron s’est bien entendu abstenu de lui dire ce qu’il s’était passé…

C’est ainsi que dans le second tome, on découvre que Chris a perdu sa virginité dans le premier ! Et que son petit ami, Cameron ne le lui a jamais dit. Il a attendu qu’elle se pose énormément de questions (elle se demande pourquoi elle n’a pas saigné lors de sa supposée première fois qui est en fait la seconde – encore un stéréotype à casser au passage, non, toutes les filles ne saignent pas lors de leur première fois !) pour lui avouer enfin que oui, ce n’était pas sa première fois. Et la réponse de Cameron est extraordinaire :

« Si tu te rappelais comment ça s’est passé cette nuit là, tu serais heureuse ». Non, mais sérieusement ? Il faudrait presque qu’elle le remercie pour ça ? Alors, certes elle était consentante et n’a jamais dit non, mais Chris n’était clairement pas en pleine possession de ses moyens… Et surtout, le fait de lui cacher qu’ils ont couchés ensemble est bien une façon de maquiller l’acte lui-même, pourquoi faire ça si il n’y a pas culpabilité et que c’est mutuellement consenti ? D’autant qu’il le lui avoue uniquement parce qu’elle se pose des questions…

Alors, oui Chris s’énerve face à toutes ces révélations… mais elle lui pardonne toutefois très rapidement !

Cette scène est pour moi choquante car elle banalise l’acte en faisant croire de façon insidieuse (volontairement ou non) que les rapports sexuels sous l’influence de l’alcool, ben c’est pas grave. Et que si tu t’en rappelles pas, tant pis, mais que tu as franchement bien aimé sur le coup et que c’est ça qui compte, non ?

Personnellement, cela m’a mise hors de moi. Autant je n’avais pas aimé le premier tome mais si les lecteurs qui aiment y trouvent leur bonheur tant mieux. Mais dans ce second tome, c’est un message grave qui est adressé aux lecteurs. Et même si chacun est à même de se faire son propre avis sur la question, je trouve ça flippant qu’une telle scène soit publiée car ce qu’elle sous-entend une certaine banalité dans la façon dont les choses se sont produites. Le personnage de Chris passe l’éponge si facilement face à ça que s’en est sidérant.

Et comme tout est conté du point de vue de Cameron, qui était sobre, impossible de savoir si elle était d’accord, enthousiaste ou apathique.

Suis-je la seule à avoir perçu cette scène de façon aussi violente ? Je l’ignore, mais je tenais vraiment à en parler car je trouve que ce n’est pas le genre de chose à laisser passer. C’est trop important pour être banalisé, y compris dans un livre.

Chronique : Coup de foudre à Pékin

Une histoire d’amour touchante ayant pour toile de fond la Chine d’aujourd’hui

Peut-être connaissez-vous Chloé Cattelain, grande spécialiste de la Chine, sur laquelle elle a rédigé un mémoire et où elle a vécu.

Elle nous avait déjà fait le plaisir d’écrire le fabuleux roman Ma vie à la baguette, sur un ado franco-chinois. L’autrice de talent récidive avec cette fois-ci une adolescente française qui part vivre en Chine avec sa mère… et on s’y croirait.

Tout quitter pour aller vivre en Chine ? OUI !

Voici l’histoire de Clémence, une jeune française qui part vivre en Chine avec sa mère qui a été mutée. Et pour l’adolescente, c’est un rêve qui se réalise… Elle qui apprend le chinois depuis de nombreuses années va enfin pouvoir mettre en pratique ses acquis !

En parallèle, nous suivons le jeune Yonggui, un adolescent Chinois qui fait partie des meilleurs de sa classe et même de son école. Et rien ne pourra le distraire de son but : être le meilleur en tout pour s’assurer un avenir meilleur à lui et à sa famille…

Comment ces deux là vont-ils pouvoir se rencontrer et peut-être s’aimer ? Vous le saurez en plongeant à cœur perdu dans Coup de foudre à Pékin !

Une douceur de roman… 

Chloé Cattelain est pour moi une de mes autrice préférées en seulement deux romans. Pourquoi ? Car elle nous dépeint la Chine de manière unique et nous la fait aimer comme personne. Elle est si passionnée qu’elle ne peut que nous transmettre le « virus » de la Chine à travers des personnages vrais et sincères… Ainsi, après Ma vie à la baguette, ce second roman ado est une réussite.

Cette romance franco-chinoise fonctionne en tout cas à merveille (sans une once de guimauve), tant au niveau des deux protagonistes principaux qui sont très attachants, qu’au niveau narratif. L’humour est très présent, mais ça n’empêche pas Chloé Cattelain de traiter de sujets plus difficiles : le divorce, le côté très hermétique de la société chinoise, le travail à la chaine qui frise l’esclavage…

……..

Que dire de plus, sinon qu’il vous faut lire les livres de Chloé Cattelain, ce sont ce que j’appelle des livres-doudous. On s’y sent bien, on passe un excellent moment, et on n’a absolument pas envie des les quitter… A découvrir dès 13 ans environ.

Chronique : Zen City

Zen CityUne vie parfaite programmée pour vous

Grégoire Hervier est un écrivain français qui a pour le moment deux romans à son actif, son dernier est Zen City, paru en poche en mars 2013. Son autre récit est Scream Test, paru en 2006 aux éditions Le Diable Vauvert.

Ses récits sont souvent emprunts d’un regard critique sur notre société et son évolution constante en matière de technologies. Alors, jusqu’où êtes-vous prêts à être manipulé pour faire partie intégrante de la société 2.0 parfaite ?

Zen City : la ville parfaite nouvelle génération

Dominique Dubois est un homme à la vie fade, même son nom est confondant de banalité. S’il devait exister une personne représentant les statistiques moyenne du citoyen lambda, Dominique Dubois serait cette personne. Il est tellement dans la moyenne qu’il ne sort jamais du lot par une quelconque spécificité. Mais alors qu’il avait un travail lui donnant des satisfactions basiques mais bien réelles, Dominique Dubois va se faire licencier à cause d’une malheureuse erreur d’expéditeur concernant son sms.

Ce sera finalement un mal pour un bien, du moins dans un premier temps. Pour une fois dans sa vie, on lui offre l’opportunité de faire partie de quelque chose de grand, quelque chose que beaucoup de gens convoitent : faire partie de Zen City. C’est ainsi que Dominique Dubois découvre son tout nouveau travail dans une ville magnifique : criminalité au taux frisant le 0%, ultramoderne et pourtant proche de la nature ariégeoise, propre et belle… vivre dans un tel lieu est un rêve.

Ville high-tech où tout est simplifié : la consommation y règne en maître, mais de façon insidieuse… ainsi êtes-vous un acheteur consentant mais aveugle à Zen City, même quand on travaille dans le service marketing de la ville. Après tout, qu’y a-t-il de mal à voir son frigo se remplir tout seul en fonction de nos goûts ?

Zen City gfLa technologie RFID au service d’un marketing poussif

La clé de l’intrigue réside dans le pistage des habitants de Zen City. Tous ceux qui y vivent ont obligatoirement une puce RFID (Radio Identification ou Radio Frenquency Identification en anglais). Cette minuscule puce de la taille d’un grain de riz permet de suivre à la trace la personne qui en est dotée. Ainsi, il est aisé d’avoir encore plus de données en termes de consommation, d’habitudes, de comportements, tout cela alimentant la grosse machine marketing qu’est Zen City.

L’homme peut-il subir autant de pression sans devenir au bas mot dingue ? Grégoire Hervier nous propose ainsi un roman futuriste allié à un thriller le tout sans oublier une part d’humour. Le personnage de Dominique Dubois est aussi fascinant qu’insignifiant : il est le rouage qui montre ce que nous pouvons tous devenir comme lui. Manipulables, mais pas seulement…

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Zen City est un thriller futuriste à l’avenir dangereusement proche. Toutes ces études comportementales et marketing sont déjà bien en marche, Grégoire Hervier les a seulement réunies au sein d’une ville en y ajoutant une petite partie avant-gardiste. A lire d’urgence pour se faire peur et plonger dans un bon roman, tout simplement.