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Chronique essai : En Amazonie

Un livre pour vous conforter de faire vos achats culturels en librairie indépendante… surtout que nous avons la chance d’avoir la loi Lang ! Une belle exception culturelle qui nous permet d’avoir un tissu de librairies dense et dynamique sur tout le territoire… Il ne manque plus que de meilleures remises aux libraire, et nous pourrons enfin vivre dignement de notre travail ! Car non, en dessous de 37%, c’est de la survie… alors qu’Amazon obtient 45%…

L’ouvrage est paru il y a longtemps maintenant (2013), mais malheureusement tout ce qui est traité dedans est encore d’actualité… Jean-Baptiste Malet est journaliste, il a fait croire qu’il était en recherche d’emploi pour être embauché par Amazon. Ce qu’il a découvert est encore pire que les nombreuses rumeurs qui courent sur la façon dont Jeff Bezos gère ses salariés… ou plutôt ses esclaves de façon légale.

Bienvenue dans le monde de l’optimisation à tout prix

Le temps c’est de l’argent, et Jeff Bezos en a fait plus qu’une citation mais un véritable fer de lance pour son entreprise. La moindre minute et même seconde de ses employés est tracée, pistée, mesurée et optimisée. Impossible pour eux de travailler à un rythme viable, ils sont chronométrés et comme la plupart sont des mouchoirs jetables en CDD… Faire miroiter un CDI les force à aller toujours plus vite et cela jusqu’à l’épuisement.
C’est ainsi qu’Amazon recrute de nouveau intérimaires tous frais et on recommence… Ce cycle dure depuis toujours chez Amazon et perdure encore. Surtout quand on sait que les entrepôts de l’entreprise s’installent dans des endroits où le taux de chômage est élevé et où les gens ne refusent pas un CDI potentiel même si les conditions sont terribles.

Le pire dans cette histoire, c’est qu’Amazon reçoit des aides pour créer ces fameux emplois (alors que la majorité des employés sont en CDD). Bref le montage financier de l’entreprise est diaboliquement efficace et laisse tous ceux qui ne sont pas assez dynamiques ou proactifs selon l’entreprise.

Et encore, je ne vous parle que de la face cachée de l’iceberg. Les salariés syndiqués subissent des pressions constantes, les salariés n’ont absolument pas le droit de se parler au risque de baisser leur productivité, sont régulièrement fouillés avant de quitter l’entrepôt… Ceux qui n’ont pas de permis ou de voiture doivent prendre un bus spécial envoyé par Amazon et il est payant… Magnifique, n’est-ce pas ?

En lisant cet ouvrage, vous découvrirez encore quantité d’autres choses sur l’entreprise qui a rendu Jeff Bezos millionnaire et lui permet en 2021 de voyager dans l’espace. Il pollue ainsi plus que des milliers d’êtres humains en seulement quelques secondes.
Mais le pire c’est que tout ce qui est dans cet ouvrage est encore pour la majorité encore d’actualité. Par ailleurs, Jean-Baptiste Malet n’est resté que quelques semaines avant de claquer la porte. Il n’a vu qu’une partie de ce qu’il se passe chez Amazon…

Pour creuser la question Amazon, je vous conseille vivement de découvrir également l’ouvrage Le monde selon Amazon de Benoît Berthelot, ou encore Contre Amazon deJorge Carrion pour avoir un point de vue plus récent sur la question. A lire pour éveiller les consciences !

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique essai scientifique : Le théorème d’hypocrite

L’un est un ancien statisticien de l’INSEE, doctorant à l’EHESS sur l’usage des mathématiques en théorie politique, l’autre est essayiste de métier. A eux deux, ils vont faire trembler le fondement de vos certitudes sur quantité de chiffres et calculs dits basiques, comme les pourcentages. Mais tout est affaire de perception, comme ils le démontrent dans cet ouvrage indispensable pour le développement de la pensée critique.

Les maths, le meilleur allié pour qui est factuel ?

C’est ce que l’on pourrait se dire : j’aime les chiffres, je suis factuel.le. Ou encore : Les chiffres de mentent jamais ! Oui, mais ceux qui les emploient les manipulent avec un art digne de la prestidigitation. Ainsi, une inflation monstrueuse peux passer pour une légère augmentation. Ou encore la façon dont on calcule une moyenne… la moyenne arithmétique est désavantageuse ? Pas de problème, utilisons la moyenne géométrique !
Tout est donc bien affaire de perception, de recul et de questionnements dès qu’on nous parle de chiffres, qu’on nous présente un joli graphique ou autre…

Passionnant de bout en bout

Les deux auteurs nous offrent une plongée fascinante dans l’histoire des nombres et leur manipulation ainsi que la façon de les percevoir sous leur meilleur jour. C’est terrible, parfois très dérangeant, mais toujours passionnant. J’ai appris énormément de choses grâce à cet essai, et ça m’a d’ailleurs donné envie de creuser encore plus le sujet. Il y a en effet quantité d’ouvrages pour développer son esprit critique, celui-ci en est un. Mais justement pour avoir du recul, il faut je pense en lire plusieurs, les compulser, y réfléchir et en discuter avec notre entourage.

On parle ainsi dans cet ouvrage aussi bien de Pythagore et ses merveilleuses avancées dans les mathématiques que des IA qui prédisent les crimes. Ca semble merveilleux à première vue : un logiciel qui vous dit où et quand il y a le plus de chances qu’un crime se produise ! Oui, mais… l’IA est aussi maline que très manipulable. Et cet outil qui permet à la base de déceler les crimes va peu à peu se transformer en véritable bombe politique pour qui veut s’en servir à mauvais escient. En effet, l’IA va creuser encore plus les inégalité en fonction des quartiers et des surveillances policières. Je ne peux pas développer tout cela dans cet article mais ce fait gênant a déjà été rapporté, notamment par le Youtubeur spécialisé en mouvement des foules : Fouloscopie. Deux sources valent mieux qu’une, n’est-ce pas ?

Il y a tellement d’autres sujets dans cet ouvrage qu’il est impossible de les lister, mais parmi les plus intéressants, on trouve : La manipulation des tests de CO² émis par les voitures Wolswagen, Les pyramides de Ponzi, les moyennes harmoniques, le taux de parité de pouvoir d’achat et plein d’autres choses.

En somme, cet ouvrage est parfait pour qui veut explorer les nombres et leurs manipulations. Les auteurs aident ainsi à y voir un peu plus clair dans ce monde gouverné par les chiffres qui se joue de nous à chaque instant. Ils conseillent et citent d’ailleurs d’autres ouvrages sur le sujet : La gouvernance par les nombres d’Alain Supiot. Ou encore Algorythmes, la bombe à retardement de Cathy O’Neil.

Chronique essai : Dernières nouvelles de la science

Connaissez vous « Les éditos carrés » sur France Inter ? Il s’agit de l’émission scientifique animée par Mathieu Vidard. Et, si comme moi vous n’écoutez pas beaucoup la radio, il se propose avec ce livre de nous faire (re)découvrir en version papier ses émissions, mises à jour et retravaillées pour l’occasion. Au programme, des découvertes à faire dans tous les domaines possibles et imaginables… Seul problème ? On a envie de creuser tous les sujets que Mathieu Vidard évoque et de se renseigner à fond sur chacun d’entre eux !

Un petit recueil de découvertes majeures et infos scientifiques

Clairement, cet ouvrage n’est pas fait pour être lu de façon linéaire, je pense qu’il faut plus le parcourir, le feuilleter. Son format est agréable à découvrir ainsi chaque sujet est traité très brièvement (entre une et trois pages) mais efficacement. Charge à vous ensuite de vous renseigner plus amplement sur un sujet précis !

Ainsi, vous pourrez découvrir pêle-mèle des sujets tels que :

  • D’où proviennent les bruits des os de nos mains que l’on fait craquer ? Spoiler, ce ne sont réellement les os qui craquent.
  • La greffe fécale n’est pas sexy mais elle existe et a commencer à sauver des microbiotes de souris… alors ce sera peut-être le tour de l’homme bientôt ?
  • Notre peau est reliée directement à nos émotions et la science le prouve
  • Les éponges étaient de vraies éponges avant d’être des éponges (vous suivez ?)
  • La sexualité des canard est terrible, pire qu’un champ de bataille
  • Notre cerveau a la capacité de se régénérer, y compris passé l’adolescence (dans une certaine mesure)
  • Vous pouvez parrainez un coucou pour les sauver de l’extinction et les suivre en direct grâce à une balise GPS

Comme vous pouvez le constater, ils sont extrêmement variés, et surtout passionnants. Il est clair qu’il y a quantité de sujets que je n’aurais jamais songé à découvrir ou creuser si je n’avais pas lu cet ouvrage. Et maintenant, j’ai mis tellement d’onglets dans l’ouvrage que je ne sais pas comment je vais trouver le temps de tout explorer ! Mais c’est justement ça les sciences, des sujets intarissables, une passion inépuisable et quand on a fini de se renseigner sur l’un, on a en trouvé dix autres…

Dernières nouvelles de la science est ainsi un parfait petit ouvrage (de presque 400 pages tout de même !) pour emmagasiner quantité de connaissances. Certaines très sérieuses, d’autres qui pourront vous servir à briller lors d’un repas (pourquoi pas après tout ?), toutes ont en commun le sérieux avec lequel Mathieu Vidard a investigué avant d’en parler. Alors, belle découverte !

GENRE : Sciences
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique essai : Le docteur Frankenstein et autres secrets de l’Histoire – 125 mystères et énigmes

Un recueil d’anecdotes historiques qui se proposent de nous révéler quelques mystères et secrets bien gardés de notre passé…

Philippe Delorme est un écrivain, mais également un historien et un journaliste. Il a été grand reporter à Point de Vue et est actuellement chroniqueur pour Valeurs Actuelles. Il a écrit de nombreuses biographies de grandes figures de l’Histoire : Philippe d’Édimbourg (Texto), Histoire des Reines de France (Pygmalion), Théories folles de l’Histoire (Presses de la cité).

Le vrai docteur Frankenstein a paru en juin 2023 aux éditions du Cerf.

Une page, une anecdote historique

Est-ce vraiment la Seine qui traverse la capitale française ? Peux-t-on recréer le goût d’un breuvage inventé il y a des siècles grâce à la chimie ? Où est le trésor des Templiers et les rumeurs qui l’entourent sont-elles vraies ?
Philippe Delorme se propose de faire la lumière sur des événements plus ou moins connus de l’Histoire…

A réserver aux passionnés d’Histoire aux bases solides

Malgré un titre et une couverture très attrayantes, ne vous méprenez pas : cet ouvrage est vraiment destiné aux passionnés d’Histoire ainsi qu’a celles et ceux qui ont de solides connaissances. En effet, n’étant pas une férue d’Histoire, quantité de personnages cités dans l’ouvrage de m’ont absolument pas parlés : Philippe 1er, Abélard, Eric II, Constantin XI… nombre de figures historiques sont citées tout au long de cet ouvrage aux anecdotes foisonnantes.

Cependant, il est très difficile de s’immerger dans ces faits et légendes quand on ne connaît pas de façon assez poussée l’Histoire. Ici, il vous faudra une culture historique assez solide pour profiter pleinement de cet ouvrage. En le commençant, j’étais enthousiaste et pensait apprendre quantité de choses. Ce fut en partie le cas, mais les informations intéressantes sont noyées par le trop-plein de noms cités parfois à la chaine, rendant le tout fort illisible.

Ainsi, je pense que cet ouvrage s’adresse principalement aux férus et passionnés d’Histoire. Les novices tels que moi y trouverons parfois leur conte, mais pas assez souvent à mon goût. Le titre est quelque peu décalé par rapport au contenu, car il donne l’impression que l’ouvrage s’adresse à un public populaire, or il n’en est rien. Malgré une maquette et une couverture efficaces, il y a un écart entre l’offre graphique et le contenu factuel de l’ouvrage.
En effet, c’est typiquement le genre de livre que j’adore : des infos étranges sur des mystères du passé. Des anecdotes passionnantes sur l’Histoire et ses grandes figures ou des lieux de légende… Cependant, pour en profiter pleinement, il faut avoir une très solide culture historique dont je suis pour ma part dénuée, ce qui m’a empêchée de profiter pleinement de l’ouvrage.

J’y ait cependant trouvé quelques faits et énigmes intéressants, notamment avec l’histoire de cette société américaine, la Dogfish Head qui a réussit à reproduire des boissons crées il y a des siècles grâce à la science. L’alliance des chercheurs et de l’archéologie ont ainsi permis de reproduire des boissons prisées des temps anciens en analysant les fonds de vases néolithiques. C’est le genre d’anecdote que je trouve géniale ! Et qui nécessite pas une culture poussive de l’Histoire.

Pour conclure, cet ouvrage semblait attirant mais ne m’a pas plu car trop difficile d’accès pour moi. Cependant, il faut souligner la beauté de la maquette et la belle fabrication de l’ouvrage. Comme vous pouvez le constater sur les photos d’intérieur, les pages sont intégralement noires et le texte est en blanc, cela donnant une odeur étrange mais pas désagréable à l’ouvrage…
Parfait pour les grands amateurs d’Histoire, mais pour les autres, ce sera plus délicat.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique essai : Avortée – Une histoire intime de l’IVG

Un ouvrage percutant et indispensable sur un sujet qui ne devrait plus être tabou : l’avortement

Pauline Harmange est une autrice et une essayiste française, elle s’est fait remarquer à la parution de son premier ouvrage : Moi, les hommes je les déteste. Un ouvrage au titre qui a assez dérangé pour risquer l’interdiction… en France. Ladite tentative d’interdiction du texte ayant créé un effet Streisand, l’ouvrage a bénéficié d’une surmédiatisation involontaire et a été traduit dans quantité de langues !

Aujourd’hui, Pauline Harmange s’attaque à un autre sujet : l’avortement. Elle-même en a vécu un, et elle explique le difficile cheminement qui l’a amené à ce choix.

Un essai extrêmement court et passionnant

Je ne vais pas tenter de vous faire une chronique d’un essai aussi intime et personnel que celui-ci, où l’autrice nous ouvre son cœur, et même ses entrailles. Le but n’est pas de vous dire que c’est génial ou non. Non, j’avais juste envie de parler de l’existence de cet essai que j’ai trouvé brillant, intelligent et sans jugement.

Il faudrait qu’il y ait beaucoup plus d’ouvrages de ce type : des essais qui ne donnent pas de réponses mais offrent la possibilité à ses lecteurs.ices de réfléchir, s’interroger, dialoguer.

Je n’imagine pas le courage qu’il a fallut à Pauline Harmange pour écrire sur un sujet aussi personnel et avec autant de clarté. Tout est clair, concis, développé et extrêmement factuel. Elle nous énonce des faits, et son sentiment face à ces faits. Ce qu’elle a vécu est évidemment en première ligne, car son essai est avant-tout un témoignage. Cependant, elle laisse une très grande place à la réflexion tout au long de son texte.

Avortée est très court, même pas cent pages, mais il est d’une intensité telle qu’il se lit d’une traite. Premièrement car on a envie de savoir comment son parcours s’est déroulé, ensuite pour en apprendre plus sur la politique d’avortement dans le monde. C’est ainsi que l’on découvre qu’en France, le délai de trois mois est franchement court, obligeant certaines à contourner la loi et à prendre des risques pour leur santé…

Si vous n’avez jamais lu d’ouvrage de Pauline Harmange, je ne vous conseillerais Avortée que si le sujet vous intéresse ou vous questionne. Sinon, je vous suggère de commencer par Moi, les hommes je les déteste. L’autrice a toujours le don de mélanger sa propre expérience pour la mettre en miroir avec notre société et ses écueils. Et comme elle fait toujours cela de façon percutante, je l’adore. Quoi qu’il en soit, faites-vous votre propre avis !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique essai : Lettre à Dennis Rodman, bouffon de la dictature nord-coréenne

Paru en 2015 aux éditions Les échappés (issues de Charlie Hebdo), ce court opuscule nous fait découvrir la face cachée des « paillettes » que la Corée du Nord essaye désespérément de nous lancer aux yeux. Bien entendu tout le monde est au courant qu’il s’agit d’une dictature, que les Nord-coréens ne mangent pas à leur faim et que leur vie est constamment menacée…

Mais il y a encore quantité de choses que l’on ignore sur ce pays si secret et Elise Fontenaille va se charger de nous en apprendre un peu plus… Quoi qu’il en soit, ça n’a pas l’air d’effrayer l’ex icône du basket Dennis Rodman…

Âmes sensibles, s’abstenir

Comment peut-on passer de l’ex-basketteur star Dennis Rodman à la Corée du Nord et cela sans transition ? C’est facile… il suffit de savoir que ce dernier a été invité en tant qu’ami par Kim Jong-un pour avoir le commencement d’un lien. Et c’est ainsi que l’amitié entre le basketteur et le dictateur Nord-Coréen grandit, la population s’affame et continue à mourir… Rien à signaler, tout va bien.


C’est indécent, vous trouvez ? Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg comme vous allez pouvoir vous en rendre compte au travers de la centaine de pages de l’ouvrage…

La dictature, c’est mal, oui mais encore ?

Bien entendu tout le monde sait que ce qui se passe en Corée du Nord est atroce, mais Elise Fontenaille a creusé pour nous le sujet afin que l’on soit encore plus conscient de ce qu’il se passe. Une chose est sûre, ce que vous apprendrez dans cet ouvrage risque bien de vous rester en mémoire.


La Corée du Nord a notamment parmi les meilleurs réseaux de hackers. Cela peut paraître incroyable quand on connaît le niveau technologique du pays, mais détrompez-vous. Le pays a su se doter des meilleurs technologies et des meilleurs hackers au monde pour parvenir à ses fins. Grâce à Kim Jung-un, le pays se modernise extrêmement vite (même si cela est réservé à une élite pendant que la population lambda travaille dans les champs et meurt dans les camps).
Kim Jung-un a ainsi réussit à paralyser la sortie d’un film qui lui déplaisait fortement : The Interview, où jouent Rogen et James Franco. Le film à l’humour potache lui a fortement déplu car le mettant en scène sous un jour très désavantageux. Mais il a fait l’erreur d’attirer justement la curiosité du public dessus par ses nombreux actes de hacking envers Sony. Le dictateur a fait pirater les mails des plus hauts responsables de l’entreprise ce qui a créé une énorme crise chez Sony…

Vous découvrirez aussi comment les témoignages des rares rescapés de Corée du Nord sont eux-même manipulés à cause d’une course à celui qui vendra le plus et passera le mieux dans les médias. Comment certains ont modifié leur vécu (déjà horrible) pour l’accentuer… Pas de jugement ici, l’autrice expliquant comment cette course au pire témoignage en est venue à exister, c’est sidérant et bien triste mais totalement compréhensif.

Mais ce qui m’a le plus choqué, c’est une partie de l’Histoire de la Corée qui date de la fin du XIXème siècle. Si vous ne connaissez pas la Reine Min (ce qui fut mon cas, je l’ai découverte ici) son histoire devrait vous intéresser. Elle est une figure incroyable qui a marqué son pays de part son destin tragique. Ce qu’elle a fait pour la Corée est incroyable, notamment en termes d’éducation et de culture des jeunes filles du pays… Avant que le Japon fomente une mission d’assassinat contre elle de la plus horrible des façons…

Tout cela et plus encore, voilà ce qui vous attend dans ce petit livre. Il faut le prendre comme une porte d’entrée dans la démarche de découvrir l’histoire d’un pays brisé et fracturé par les guerres et les dissensions depuis plus d’un demi-siècle. C’est passionnant bien que terrible, mais je suis partisane de voir les choses en face plutôt que de faire comme si elles n’existaient pas. Si vous avez le même point de vue que moi sur la question, cet ouvrage devrait intéresser et vous questionner. Passionnant.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Mon état d’esprit après la lecture de l’essai de Pauline Harmange « Moi les hommes, je les déteste »

Il ne s’agit pas ici d’une chronique à proprement parler, plutôt d’une proposition de lecture. J’ai découvert il y a peu Moi les hommes, je les déteste par le biais d’une amie qui m’a prêté son joli exemplaire paru initialement aux éditions Monstrograph. L’ouvrage est initialement publié à 450 exemplaires avant de connaître un énorme succès au niveau mondial (ouvrage maintenant disponible chez Seuil).

Elle a voulu me faire partager l’idée de sororité, de soutient que les femmes peuvent être les unes pour les autres. En effet, ça fait du bien de savoir que l’on peut s’accomplir sans avoir l’appui ou l’approbation des hommes quels qu’ils soient (connaissance, mari, père, frère, passant…). Et ça peut paraître bête, mais en lisant cet ouvrage je me suis sentie légitime dans ma colère, mon agacement vis-à-vis de certains comportements masculins.

Moi qui pensait que c’était uniquement chez moi qu’il y avait un « problème », que sur-réagissait beaucoup trop pour des choses dites minimes, et bien non. Et Pauline Harmange m’a montré que nous sommes légion à être comme ça. A ne pas trouver normal le ton paternaliste, les remarques légèrement déplacées mais difficiles à recadrer sous peine de passer pour une hystérique/chieuse/relou (rayer la mention inutile).

Ce livre m’a donc énormément parlé. Car en effet, en tant que femmes nous avons toutes à un moment ou un autre subit les violences des hommes. Elles sont parfois involontaires, elles sont même parfois le fruit d’une volonté de faire bien mais restent des violences.

Je me rappellerais toujours de cette remarque d’un client en librairie avec qui je discutait sciences. Je lui présentait un ouvrage de vulgarisation sur les mathématiques, que je trouves passionnantes (oui mathématique est un nom féminin, choquant n’est-ce pas ?) et il m’avait rétorqué : « Je suis mathématicien, c’est mon métier, alors continuez à lire vos livres et laissez les gens comme moi faire leur travail ». J’en fut scotchée, blessée. Cela s’est passé il y a longtemps maintenant mais je garde encore un souvenir amer de cette rencontre. Je n’ai rien répondu. Manque d’inspiration ou manque d’envie de répondre à un client malpoli ? Je ne sais pas, mais la colère a pris peu à peu la place de l’incompréhension.

Je suis passionnée de sciences depuis toujours, et même si je n’ai pas de diplôme, ma passion vaut quelque chose. Je vaut quelque chose. Je me suis sentie tellement rabaissée que c’est la honte qui a pris le pas sur tout le reste après cette « altercation ». Déjà que je ne me sens pas toujours légitime à aimer les sciences à cause de ce genre de réactions (déjà subies par le passé), c’est le genre de situation qui me fait regarder le sol. Et encore maintenant, je ne sais pas comment réagir face à cela. C’est si pernicieux et mesquin… jamais je ne me permettrais d’émettre un jugement sur la passion d’une personne ou sur sa légitimité. Bref, j’ai trouvé cela d’une extrême violence.

Je ne parle pas des autres violences subies dans ma vie de femme… Si ? Le mec en moto qui m’a palpé les fesses et s’est barré en accélérant, l’homme qui a commencé à se masturber devant moi dans le train et où personne n’a réagit même quand j’ai crié (souvenez-vous on est des hystériques, on sur-réagit…). Un autre homme qui a commencé à se frotter à moi dans la ligne 13, celui qui m’a tripotée et qu’on était tellement serrés qu’il était impossible de savoir qui c’était, celui qui m’a suivi jusque chez moi alors que j’habite à 25 min à pied de la gare… Et encore c’est uniquement ce dont je me rappelle.

Nous sommes toutes concernées, je ne connaît pas une seule femme qui n’aurait pas déjà eu des remarques ou des actes violents à son égard parce qu’elle est femme. Et on ne devrait pas se résigner ni utiliser la même violence que les hommes utilisent sur nous pour se défendre (nous en serions incapables) mais il est hors de question de laisser les choses se tasser quand ça nous arrive.

Alors, oui le titre est provocateur, mais en effet, il y a de quoi détester les hommes ou du moins avoir un fort sentiment de défiance à leur égard. Ce livre à allumé en moi une flamme dont j’ignorais l’existence. Il m’a permis de réaliser que j’ai le droit de ne pas vouloir côtoyer beaucoup d’hommes dans ma vie (et avoir un homme dans ma vie depuis de nombreuses années ne change rien à l’affaire). J’ai un cercle très restreint de connaissances masculines et ça me convient, et l’idée d’avoir des soutiens indéfectibles en des amies est très réconfortant. L’idée de Pauline Harmange est de nous montrer qu’on peut être heureuses sans vouloir vivre à travers eux. Ne pas attendre leur approbation, leur validation sur un quelconque choix que nous aurions fait. Et apprendre aux hommes qui le souhaitent comment mieux faire pour ne pas reproduire des millénaires de patriarcat…

Si vous voulez allumer vous aussi la flamme qui brûle en vous, lisez ce livre. Il est pour moi parfait afin d’en découvrir quantité d’autres sur le sujet. Une entrée en matière fracassante pour améliorer notre image de nous et s’émanciper dans la sororité.

Chronique : L’art et la science dans Alien

Paru en 2019 aux éditions indépendantes La ville brûle, L’art et la science dans Alien est un ouvrage qui intrigue immédiatement.
Si vous aimez les sciences sous tous leurs aspects et que l’art étrange de H.R. Giger vous fascine, cet ouvrage pourrait bien être pour vous… Il est écrit collectivement par quatre auteurs spécialistes dans leur domaine :

Christopher Robinson est maître de conférence à l’école Polytechnique, il est spécialiste de la sf et du fantastique en littérature, art et cinéma.

Frédéric Landragin est directeur de recherche au CNRS. Il travaille en linguistique et dans ses applications informatiques.

Jean-Sébastien Steyer est quant à lui paléontologue au CNRS, il aime vulgariser les sciences par le biais des oeuvres de fiction.

Enfin, Roland Lehoucq est astrophysicien, il est spécialiste des relations entre sciences et scicne-fiction, il préside les Utopiales, un grand festival dédié à la sf qui a lieu à Nantes. Il a écrit quantité d’ouvrages de vulgarisation.

Un ouvrage à réserver aux fans ultimes d’Alien et de sciences…

Je suis une grande fan de la saga Alien (je parle des quatre volets d’origine uniquement) que je regarde très régulièrement, c’est à dire au moins une fois par an.
Et j’aime également beaucoup les sciences, sous toutes leurs formes… alors quand j’ai vu cet ouvrage arriver en librairie, mon intérêt était éveillé.

… mais est-ce suffisant ?

J’ai trouvé une bonne partie des interventions intéressantes, mais pas toujours bien mises en exergue par la saga Alien. Parfois il s’agit plus d’un prétexte que d’un vrai parallèle avec cette dernière selon moi.

On apprend cependant une foule de choses. Notamment, est-ce que le personnage d’Alien est vraiment crédible d’un point de vue biologique ? Qu’en est-il de la reine, créature qui n’apparaît pour la première fois que dans le quatrième volet étrange et merveilleux réalisé par Jean-Pierre Jeunet ?
Toutes les étapes de la vie et l’évolution d’un alien sont également disséquées : le facehugger, le chestbuster et enfin l’alien dans sa version finale.

C’est assez intéressant mais parfois on part dans des réflexions un peu trop techniques qui n’apportent pas nécessairement grand chose.

On appréciera les analyses de Roland Lehoucq qui checke la crédibilité de certains passages des films. Et il y a parfois de sacrées erreurs ! Cette facette est assez amusante à découvrir.

Autre pan intéressant de la saga qui est analysé : l’intelligence artificielle et le paradoxe entre Maman (IA du vaisseau dans le premier volet de la saga) et sa technologie très archaïque comparée aux droïdes qui ressemblent à s’y méprendre à des humains.

On découvre également à quel point la science du langage est extrêmement difficile à mettre en œuvre quand il s’agit d’intelligence artificielle. C’est l’un des plus grands défis que les scientifiques ont à relever dans les prochaines années (décennies ?). Ce pan des sciences que j’ignorais totalement est absolument fascinant.

Enfin, pour ceux qui aiment l’art étrange, dérangeant et malsain, on termine notre tour de la saga Alien par le monde de H.R. Giger, créateur « physique » de l’Alien. Jean-Sébastien Steyer nous conte la génèse de la création de l’Alien, qui existait déjà en mont de son œuvre…

En somme, cet ouvrage a des aspects fort intéressants même si il y a parfois des digressions qui nous font perdre un peu de vue l’essentiel. Il n’est pas indispensable et s’adressera aux fans ultimes de la saga Alien, pour les autres, je pense qu’il est dispensable !