Archives du mot-clé esprits

Chronique bd : 109 rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Parue initialement en 2019, la série de bd 109 rue des soupirs est une série de bd pour la jeunesse scénarisée par Mr Tan (rien d’autre que le créateur et illustrateur de Mortelle Adèle) et dessinée par Yomgui Dumont (La brigade des cauchemars, qui a remporté le Prix des lycéens d’Angoulême).

109 rue des soupirs est une bd qui a eu son petit succès, l’éditeur Casterman y croit beaucoup, et a décidé de refaire toutes les couvertures de la série. Ainsi, j’ai pu découvrir l’ancienne édition ! Les nouvelles versions seront en couleur à l’intérieur (et non plus en bichromie) et les couvertures beaucoup plus distinguables. Dans l’ancienne version elles étaient toutes les mêmes, et seule les couleurs changeaient. Dans la nouvelle version elles sont toutes différentes et beaucoup plus colorées.

Une nouvelle maison pour une nouvelle vie

Le jeune Elliott déménage au 109 rue des soupirs avec ses parents, et très vite c’est le désenchantement. Il pensait que ce nouveau lieu de vie allait changer les mauvaises habitudes prises par ses parents, mais il n’en est rien. Au lieu d’être présents pour leur fils dans cette nouvelle étape de leur vie, ils le quittent précipitamment car débordés de travail.
C’est ainsi qu’Elliott se retrouve seul avec des monceaux de cartons de déménagements à ouvrir… Et des fantômes pas très ravis d’être dérangés dans leur immortelle tranquillité…

Parfait pour les fans d’histoires surnaturelles pas trop flippantes

Dans le genre bd facile à lire et dans un format un peu plus grand qu’un BD Kids, 109 rue des soupirs est sympathique. L’histoire de cet enfant totalement délaissé par ses parents et cajôlé par des fantômes est assez originale. J’ai passé un agréable moment à cette lecture, même si ce n’est pas un coup de coeur.

Ainsi, c’est la lecture idéale pour les enfants entre 8 et 11 ans qui aiment le fantastique et l’humour dans une ambiance à la Ghostbusters ! Ce gigantesque manoir à l’allure gothique est un théâtre parfait pour quantité d’aventures surnaturelles…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique : Karasu Kids – Tomes 1, 2, 3

Une série de romans pour la jeunesse qui se propose de faire découvrir le Japon autrement

La série des Karasu Kids est parue chez Larousse en juin 2022. Son but ? Faire découvrir la culture nippone aux plus jeunes au travers des aventures d’un groupe d’enfants. Cela commence comme une enquête et se transforme en quête pour empêcher l’éveil de monstres mythiques et millénaires…

Aymeric Jeanson est l’auteur de cette petite série de romans. Il également éditeur et se passionne également pour la bd, ce qui explique les quelques planches de type manga que l’on retrouve dans les romans Karasu Kids.

Auren, l’illustrateur, est nourri depuis toujours par la pop culture japonaise, et cela se voit dans son œuvre. C’est lui qui a créé tout l’univers graphique des Karasu Kids.

Tout commence à Hokkaido

Bienvenue sur l’île d’Hokkaido, où vont se dérouler d’étranges événements qui vont bouleverser la vie de quatre enfants. Mais au début de cette histoire, ils ne se connaissent pas vraiment, et pour d’autres ne s’apprécient guère. Mais par la force des choses, la petite équipe va devenir Les Karasu Kids, un quatuor d’enfants qui vont tenter de sauver la vie qu’ils connaissent. En effet, des esprits ancestraux sont à l’œuvre, et ils sont fort mécontents. Ce que l’on pense être une catastrophe écologique est en réalité la manifestation de ces créatures millénaires. C’est là qu’interviennent les Karasu Kids !

Une lecture qui m’a peu emballée

J’ai lu premier tome de la saga avec une légère curiosité, mais je demandais clairement à être convaincue. Moi qui adore le Japon et sa culture et qui suis libraire jeunesse, cette série avait tout sur le papier pour m’emballer. Et pourtant, ça n’a pas pris. J’ai insisté en lisant entièrement le second tome, qui ne m’a pas plus séduite. J’ai alors entamé le troisième opus, et me suis arrêtée au premier tiers du roman : à quoi bon acharner si l’on n’aime pas ?

Mais alors, qu’est-ce qui pour moi a pêché dans cette nouvelle série de romans ? J’ai du mal à le définir précisément. Il y a de l’aventure, on en apprend (un peu) sur le Japon et sa culture, en particulier sur ses mythes et créatures issues de l’imaginaire. Les chapitres sont courts, il y a quelques illustrations, ce qui est parfait pour les 9/10 ans.

J’ai eu un mal fou à m’attacher aux personnages et à les apprécier, d’ailleurs je n’ai jamais vraiment réussit, sinon je n’aurais pas abandonné ce troisième tome. J’ai trouvé leurs dialogues parfois trop « scolaires », répondants à une problématique, mais sans qu’on croie en l’existence de ces personnages. En un mot, pour moi, ils manquaient d’âme. C’est d’autant plus dommage quand on voit que le duo qui a créé la série et passionnée par le Japon. Mais pour moi, il manque un liant, un élément qui aurait fait basculer l’histoire vers quelque chose de plus vivant, plus entrainant.

L’idée d’insérer quelques pages de type manga dans les romans est très sympathique, à tel point que je trouve dommage qu’il n’y ait pas eu plus de planches. On en retrouve entre six et sept par roman alors que ça aurait pu être un vrai argument si il y en avait eu plus.

L’une des choses qui m’a plus cependant, c’est ce mélange entre fantastique et écologie. Je m’explique, les créatures ancestrales qui sont réveillées le sont par des perturbations d’ordre écologique. Ainsi, Les Karasu Kids deviennent des protecteurs de l’environnement en luttant contre les méfaits de ces créatures (qui ne sont pas nécessairement mauvaises et qui subissent l’activité humaine). Cet aspect de la série et bien amené et m’a bien plu.

Ainsi, je ne saurais pas dire exactement ce qui m’a déplu personnellement dans cette saga, mais elle est pour moi totalement dispensable. Cela ne remet pas en question le travail et la passion des auteurs pour le Japon, bien entendu. C’est simplement que je n’y ait pas trouvé mon compte et que je trouve qu’il y a mieux pour cette tranche d’âge. sur la même thématique : Yôkai de Thibault Vermot chez Sarbacane, par exemple. Ou encore Le jeu d’Hiroki d’Eric Senabre chez Didier Jeunesse sont des romans parfaits pour découvrir de façon distrayante le Japon et sa culture incroyablement dense.

Chronique Jeunesse : Cassidy Blake – Tome 1 – Chasseuse de fantômes

Une nouvelle série fantastique à destination des jeunes lecteurs férus de légendes et de mystères… sans oublier une bonne dose de frissons !

Premier tome d’une trilogie, Cassidy Blake chasseuse de fantômes est paru en début d’année 2020 aux éditions Lumen.

C’est l’occasion pour les plus jeunes de découvrir son autrice talentueuse : Victoria Schwab. Elle a écrit pour les plus grands la trilogie Shades of Magic (excellente), ainsi que la série en deux tomes Vicious. Tous ses ouvrages sont disponibles chez Lumen.

Les éditions Lumen avaient d’ailleurs réalisé un magnifique kit de presse pour le lancement de cette nouvelle saga fantastique : kit à découvrir ICI.

Ne jamais traverser le voile…

Cassidy a une particularité, depuis qu’elle a failli se noyer elle voit des choses que personne d’autre qu’elle ne remarque. Et surtout… son presque passage vers l’autre monde lui a fait gagner un ami en la personne de Jacob. Personne ne le voit, il semble être une sorte d’esprit ou de fantôme qui ne lâche pas Cassidy d’une seule semaine.

Elle ne croise jamais d’autres esprits à hormis Jacob… jusqu’au jour où le travail de ses parents les oblignet à déménager au pays des fantômes : L’Ecosse !

Voici venu le temps des questionnements et des dangers pour Cassidy et Jacob. Le voile entre les mondes semble être beaucoup plus fin dans cette région du monde…

Efficace bien que fort classique

Ce premier tome de série est fort sympathique et regorge de bonnes idées. L’action est rapide, les mystères s’épaississent assez rapidement pour ne pas laisser le jeune lecteur s’ennuyer… Et le tout fonctionne à la perfection.

Et surtout, on en apprend beaucoup sur l’Écosse et ses nombreuses légendes… plus certaines créées par Victoria Schwab, comme la Corneille Ecarlate (pour en savoir plus rendez-vous sur l’article dédié à l’univers du roman).

Ainsi, le tout fonctionne parfaitement, même si c’est un peu trop classique. Le déroulé en devient par certains aspects assez mécanique. Victoria Schwab réussit toutefois à tirer son épingle du jeu, mais je la trouve bien meilleure sur la tranche d’âge des 14/16 ans que sur celle des 11/13 ans.

Malgré tout, ce premier tome m’a plu, et quand j’ai vu que le second opus se déroulerait à Paris, j’avoue avoir eu très envie de le lire !

C’est donc avec curiosité mais sans impatience que j’attends de lire le second tome des aventures de Cassidy Blake. En espérant que l’autrice saura s’approprier un peu plus cet univers entre fantômes et magie obscure… Si elle réussit, cela ne sera plus juste une saga sympathique, mais bien plus !

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique jeunesse : Le bureau des fantômes – Tome 1 – Black Moor

Des spectres, des fantômes qui envahissent la terre, et des centaines de missions à accomplir pour les esprits qui souhaitent partir à l’aventure !

Black Moor est le nom du premier tome de la série jeunesse Le Bureau des Fantômes, qui vient tout juste de paraître aux éditions du Rocher.

Sous le nom méconnu de Fanny Gordon se cachent en réalité deux autrices jeunesse de renom : Pascale Perrier et Véronique Delamarre Bellégo.

Un lac aux esprits, et des âmes en partance…

Le Lac est l’endroit incontournable où passe tout individu venant de quitter la terre. Son esprit se dilue dans le Lac, lavé de tous ses souvenirs avant de partir vers le Pont… Que se passe-t-il après ? Nul ne le sait, car nous allons suivre deux spectrus : Tim et Mo. Ils viennent de mourir, mais ils ne sont pas entraînés vers le mystérieux Pont… et vont à la place intégrer le bureau des Fantômes.

Ils deviennent ainsi agents spectrus avec une mission simple : ramener les esprits des morts égarés sur terre pour les diriger vers le Lac afin qu’ils partent en paix. Mais les difficultés s’amoncellent, tout particulièrement en Ecosse où semble sévir un grand nombre de fantômes qui souhaitent tout sauf partir vers le Lac…

Une aventure qui tient la route et fonctionne même à merveille !

Parfait pour initier les jeunes lecteurs au fantastique et plus particulièrement à l’univers des esprits sans trop miser sur le côté effrayant, Le Bureau des fantômes s’adresse aux 9/11 ans. Ce premier tome se concentre avant tout sur le côté aventure et la façon ludique dont les missions de Tim et Mo sont résolues. Et ça fonctionne fort bien, puisque on a très envie de savoir comment fonctionne ce monde caché aux yeux des humains.

Le système de fonctionnement du bureau est simple, efficace et motive fortement ses spectrus (avec un système de points pour chaque esprit ramené au Lac). Plus les spectrus ont des points, plus ils récoltent des étoiles qui vont se placer… sur leur corps ! Quand un spectrus a beaucoup d’expérience, les étoiles forment une sorte de tatouage correspondant à la personnalité profonde du spectrus… Autant dire qu’on a hâte de voir se former les étoiles de Tim et Mo !

Enfin, l’histoire a beau posséder un déroulement très classique, elle nous réserve quelques belles petites surprises… notamment sur la fin qui laissera ses lecteurs très étonnés. Et surtout… ça donne fortement envie de découvrir la suite (qui n’est pas encore annoncée, donc patience…). On sent que Tim et Mo n’ont pas fini de dévoiler leurs atouts (qu’ils ignorent eux-mêmes) et qu’ils ont encore de belles aventures devant eux…

 

Ainsi ce début de série se présente sous les meilleurs auspices avec une intrigue accrocheuse, une aventure qui donne envie de s’y plonger immédiatement… Tout fonctionne à merveille, alors à quand la suite ?

Chronique : La menace

Un roman qui réunit tous les éléments pour créer une atmosphère angoissante : une maison isolée potentiellement hantée, un mariage tout neuf, et un beau-fils qui a d’étranges visions morbides. Le décor est planté.

S.K. Tremayne est un auteur de nationalité anglaise. En France, nous le connaissons pour son précédent roman, qui avait connu un succès non négligeable : Le doute. Avec La menace, S.K. Tremayne récidive dans le genre haletant et mystérieux sur fond de drame familial. L’ouvrage est paru le 2 mars dernier aux Presses de la Cité.

Pour aller plus loin : Saviez-vous que le nom de S.K. Tremayne est en réalité le nom de plume de Sean Thomas, auteur et journaliste de métier ? Il écrit également sous le pseudo Tom Knox.

Une magnifique demeure au pied des mines, au cœur des Cornouailles

Rachel vient d’épouser David, un homme aussi séduisant et charismatique que riche. Son métier d’avocat lui permet de vivre extrêmement bien. C’est ainsi que Rachel emménage dans ce qui sera sa nouvelle demeure : un sublime manoir. Elle y vivra avec sa belle-mère, son beau-fils et une domestique. David, de par son métier très prenant, ne sera là que les week-ends, mais Rachel a de quoi s’occuper avec la restauration de la demeure…

Mais une sombre menace plane sur Rachel et Jamie, son beau-fils. L’ombre de Nina, la première épouse de David plane sur leur bien-être et celui de toute la maisonnée. Nina est morte dans d’étranges circonstances un soir de Noël, et il semblerait que toute la lumière n’ai pas été faite sur sa disparition… C’est ainsi que Rachel fouille le passé… qu’elle n’aurait peut-être jamais dû remuer.

Un roman sombre et anxiogène à l’ambiance efficace

La menace porte extrêmement bien son nom, encore mieux que le titre original du roman – The Fire child. L’ambiance de la nouvelle demeure de Rachel a tout pour créer un sentiment d’oppression : sa taille immense, son isolement, ses nombreuses pièces à restaurer qui peuvent avoir une allure glauque…

A cela s’ajoute l’étrange relation qui lie Rachel et son beau-fils, Jamie. Le petit garçon a de sombres visions, et plus le jour de Noël approche, plus ses prédictions sont terribles.

Vous pensez que c’est tout ? Et bien non. Il y a également le décor de fond : les Cornouailles. En effet, la maison est située en plein cœur de nombreux terrains d’exploitation miniers. Ces dernières recèlent en leur sein des centaines de morts, le métier de mineur étant mortellement dangereux. Mais ces mines recèlent également le corps de Nina, la première femme de David… C’est ainsi que tout concoure à une atmosphère extrêmement anxiogène, et à ce niveau là, ça fonctionne très bien.

Mais en ce qui concerne l’intrigue, j’ai été moins transportée et convaincue. Impossible d’éventer LE secret qui fait toute l’histoire, mais à sa découverte j’ai été quelque peu déçue. Je m’attendais à quelque chose de plus fort, de plus crédible. Or, la solution apportée par l’auteur est un peu trop hasardeuse… et statistiquement peu probable malgré sa tentative de justification. C’est dommage car le climat créé par S.K. Tremayne est mené de main de maitre.

……

Ainsi, c’est un avis mitigé pour La menace. La mécanique de l’intrigue est très bien menée. L’ambiance sombre à souhait est parfaite, mais la conclusion finale n’est pas à la hauteur du roman dans son ensemble. Dommage car c’est tout de même un bon page-turner, on meurt d’envie de connaître le dénouement de cette sombre histoire…

AUTEUR :
GENRE : Policier
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Shadow House – Tome 1 – La Rencontre

Et si ce qui nous hante pouvais nous piéger dans un manoir sombre, très sombre…

Paru en mars 2017, voici La Rencontre, le premier tome de la série horrifique Shadow House. En France, ce sont les éditions Hachette qui publient la saga. A l’écriture, nous découvrons Dan Poblocki, un auteur américain spécialisé dans les nouvelles horrifiques.

Des adolescents que tout oppose réunis dans l’horreur

Poppy est une jeune fille abandonnée à l’âge de 5 ans, elle vit dans un orphelinat… Elle voit une étrange fille dans le miroir depuis sa plus tendre enfance. Parfois, la fille du miroir lui donne d’étranges objet durant son sommeil…

Dylan et Dash sont deux jumeaux au caractère très différent, ils ne semblent pas avoir de réels problèmes sinon qu’ils se disputent systématiquement. Azuma est une jeune fille qui a perdu sa sœur dans une forêt, au Japon. Depuis, son souvenir la hante quotidiennement… Marcus quant à lui est un fou de musique. Fou à tel point qu’il entend dans sa tête une étrange mélodie depuis tout petit. Si on le prive de musique, c’est comme si on le coupait d’oxygène.

Rien ne semble les réunir, et pourtant, tous les cinq vont recevoir une étrange invitation à rejoindre le manoir de Larkspur. Mais ce qu’ils vont y découvrir est bien loin de leurs attentes…

Dans une ambiance parfaitement flippante…

Pour ce qui est de l’ambiance, Shadow House est parfait. Ceux qui ont entre 11 et 13 ans et qui souhaitent se faire peur devraient être satisfait de l’atmosphère rendue par le roman. Terrible manoir aux pièces changeantes, enfants masqués terrifiants, incendies qui démarrent et s’estompent d’eux-mêmes, indices étranges, voix…

En ce qui concerne l’intrigue… je suis beaucoup plus réservée. La Rencontre est un roman qui use de tous les codes possibles du roman d’horreur : manoir gigantesque, sombre, et isolé. Personnages ayant des visions étranges, un passé lourd… L’intrigue en elle-même est assez sombre, mais assez lente. On comprend vite que les cinq adolescents ont un point commun qui peut vite les rendre vulnérables.

Ce premier tome manque malgré tout de surprises. Pour ceux qui sont déjà familliers des films/séries/romans d’horreur, Shadow House ne revêt pas de caractère exceptionnel.

Le roman n’est d’ailleurs pas sans faire penser à la saga Miss Peregrine et les enfants particuliers avec ses nombreuses photos d’enfants étranges en noir et blanc…

…..

Alors, livre objet marketing (la fabrication de la couverture est originale) ou série de livres vraiment captivante ? Difficile à dire à la lecture de ce premier tome car on apprend très peu de choses. Seul les derniers chapitres révèlent une petite surprise, mais pas au point de trouver la lecture mémorable.

Affaire à suivre plus amplement à la sortie du second tome, mais j’avoue être quelque peu sceptique…

Chronique : Hugo de la Nuit

Un roman curieux et étrange qui sait captiver par son originalité et son écriture mordante…

Si le nom de Bertrand Santini ne vous dit rien, c’est l’occasion de découvrir un auteur, mais également une plume à la verve lyrique ! En tout cas, dans Hugo de la Nuit, c’est tout à fait le cas, mais l’auteur est également connu pour une autre œuvre, beaucoup plus enfantine : Le journal de Gurty.

Paru chez Grasset Jeunesse en avril 2016, Hugo de la nuit est un roman assez difficile à classer en termes d’âge du lectorat, mais une chose est certaine, c’est un beau roman ponctué d’audace à classer dans un univers gothique à la Tim Burton mais aussi inspiré de Shakespeare… et d’une foule d’autres choses ! Dans le même style, mais pour un public plus jeune, l’auteur a écrit L’étrange réveillon chez Grasset Jeunesse.

La mort signe-t-elle le début d’une toute nouvelle vie ?

Incroyable mais vrai, le héros de cette histoire commence par mourir avant que nous en fassions pleinement la connaissance. Les circonstances de son trépas restant très étranges et obscures… Tout ce que l’on sait, c’est qu’Hugo vient de mourir, mais qu’il n’a pas fini d’influer sur le monde des vivants : la propriété de ses parents est en danger, mais il n’y a pas que cela… ce qui se trouve sur la propriété elle-même est un danger…

Une histoire de fantômes, de famille et de trahisons

A découvrir dès l’âge de 13 ans environ, Hugo de la nuit est un roman que l’on peut qualifier d’atypique pour de nombreuses raisons : son écriture mordante qui ne laisse aucun répit au lecteur. Son vocabulaire plus travaillé que sur certains ouvrages destinés au même âge (et ça fait du bien diantre !), son univers très sombre assumé (on y parle meurtre, zombies, héritage et complot et autres choses bien sombres et tristes en toute impunité).

Au niveau de l’histoire, le lecteur sera forcément surpris car il y a peu de productions pour la  jeunesse qui proposent des romans autant hors des sentiers battus.

C’est sombre, très sombre, mais ça ne manque toutefois pas d’humour, même si celui-ci est parfois morbide à souhaits. C’est en cela que l’âge du lectorat est difficile à cerner. Je trouve que 12 ans, comme suggéré par l’éditeur, c’est un peu trop tôt. Alors que pour 14 ans, l’ouvrage commence à être trop « jeunesse », je le trouve donc idéal pour 13 ans environ, mais chaque lecteur est différent, il faut donc faire au cas par cas.

« Dors bien, jus de fœtus caillé ! »

Voilà un petit aperçu des réparties bien senties qui fusent tout au long du livre. Personnellement, j’ai trouvé ça drôle, car totalement inattendu, et une histoire sortant des clichés fait toujours du bien, mais ce n’est pas facile à conseiller en librairie.

…..

Pour conclure, Hugo de la nuit est un roman à part dans le panel que nous offre la production jeunesse. On y trouve un terrible complot familial, des fantômes sympathiques et désuets, des zombies bien flippants, mais également une créativité qui fait du bien ! C’est sombre, parfois lugubre, et alors ? L’écriture pleine de vie de Bertrand Santini contrebalance ce sentiment, nous offrant une comédie à la fois terrible et unique !

Chronique : Les neiges de l’éternel

Les neiges de l'éternelUn premier roman qui s’inspire du Japon et de l’univers de la fantasy… un savoureux mélange

Paru aux éditions ActuSF en août 2015, Les neiges de l’éternel est un premier roman de fantasy ancré dans un univers typiquement japonais inspiré de l’Époque Edo. Il s’agit du premier roman de l’auteur française Claire Krust, et elle signe ici une très belle entrée dans le monde de l’imaginaire…

Cinq histoires qui n’en font qu’une

Bienvenue dans un univers qui s’inspire fortement du Japon ancien et de ses traditions. Voici l’histoire de cinq vies qui se croisent, se découvrent, s’entrelacent, mais également l’histoire d’une famille qui se délite. L’histoire de cette lignée nous suit tout au long des cinq nouvelles formant Les neiges de l’éternel.

Tout débute avec Yuki et son frère Akira, extrêmement souffrant. Il a beau être bien né, issu de la noblesse, il est tout aussi démuni que n’importe qui face à la maladie. Aucun remède n’a jusque là réussit à le soigner… C’est ainsi que Yuki décide de tenter le tout pour le tout en fuyant le domaine familial et en allant par-delà le monde connu pour elle… Trouvera-t-elle le remède qui sauvera son frère alors qu’elle n’a jamais rien connu que le confort et une vie douce de noble ?

L’histoire de Yuki fait débuter celle de tous les autres : Shota le tout jeune garçon, Sayuri la courtisane, Takeshi le curieux ou encore Seimei, le fils d’un guérisseur. A travers le temps et les frontières, voici récit.

Une plume d’une douce et âpre maîtrise…

La toute première chose que l’on remarque en lisant ne serait-ce que les premières lignes des Neiges de l’éternel, c’est l’écriture de Claire Krust. D’une belle maîtrise, incisive, et même parfois d’une douce cruauté, sa plume est tout simplement délectable !

« Il aurait pu, maintenant que l’adolescent s’était endormi, s’infiltrer insidieusement au sein de ses songes et lui ronger l’esprit. Il aurait pu susciter d’horribles cauchemars glacés plus cruels qu’un hiver au froid mortel. Il aurait pu, d’une simple pensée, hanter à jamais les pensées de Takeshi d’ombres mouvantes et imperceptibles dont il n’aurait jamais compris l’origine. Il aurait pu, aussi, lui révéler purement et simplement que, où qu’il soit, il pouvait désormais lui imposer ce genre de souffrance sans le moindre effort »

Les cinq histoires qui s’articulent entre elles sont quant à elles bien ficelées et très prenantes. Ma préférée était celle de la douce Sayuri, courtisane de métier. Son histoire est aussi surprenante que belle… et terriblement mélancolique. C’est selon moi l’une des meilleures avec la première nouvelle, nous contant l’histoire de Yuki et de son frère Akira.

Chacune à leur façon, elles nous content l’histoire d’une lignée qui se perd peu à peu dans l’étrange et la folie. On n’échappe également pas aux légendes nippones concernant les esprits et les fantômes, il aurait même pu avoir encore plus d’imaginaire que cela n’aurait pas été déplaisant !

Seul bémol selon moi, l’une des histoires n’apporte pas de réelle dimension à l’ensemble de l’intrigue, ce qui est un peu dommage. Pour le reste, le tout fonctionne efficacement.

 ….

En somme, si vous souhaitez passer un très bon moment dans un univers à la fois beau, glacial, et cruel, vous êtes au bon endroit ! Fans de Japon, d’Histoire et de légendes, laissez-vous donc séduire par l’univers de Claire Krust et sa passion pour le Pays du Soleil Levant… on a hâte de voir ce que donnera son œuvre dans le futur !

AUTEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,