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Chronique Jeunesse : Sacrées Sorcières

Sacrées SorcièresEt si sans le savoir vous viviez près d’une sorcière ? Attention à vous ! Le danger est partout…

Roald Dahl est sans conteste l’auteur jeunesse qui aura le plus fait rêver de nombreuses générations d’enfants. Tous ses romans sont cultes. Il en a écrit plusieurs dizaines pour les enfants tous âges confondus, mais également à destination des adultes.

Avant d’être l’auteur à l’imagination folle que nous connaissons, Roald Dahl a été aviateur, pour la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est lorsqu’on lui a demandé de coucher sur le papier son expérience d’aviateur qu’il s’est rendu compte qu’il aimait écrire. A partir de là, c’est le début d’un succès jamais démenti : Matilda, Charlie et la chocolaterie, Kiss Kiss, Escadrille 80, La potion magique de Georges Bouillon, Mieux vaut en rire…. Tout ça c’est lui !

Méfiez-vous des gentilles dames portant des gants qui vous proposent des bonbons…

Vous ne le savez peut-être pas, mais les sorcières sont partout. Absolument partout. Elles sont semblables à nous, ont un travail, font leurs courses… et éliminent quotidiennement les enfants. En effet, les enfants sont la pire plaie possible pour les sorcières. Ils sont bruyants, ils puent le caca de chiens pour elles… bref, ils sont absolument repoussants. Ainsi, tous les moyens sont bons pour s’en débarrasser aussi efficacement que rapidement. Et oui, les sorcières n’ont absolument aucun scrupule et ignorent ce que signifie le mot amour ou pitié, ainsi usent-elles allègrement de potions, formules et autres solutions expéditives en matière de disparitions d’enfant.

C’est ainsi que notre jeune héros orphelin (âgé environ d’une dizaine d’années) découvre le monde des sorcières à travers les connaissances encyclopédiques de sa grand-mère. Et oui, son aïeule n’est pas seulement une personne drôle, enjouée et maline, elle est également… chasseuse de sorcières.

Elle connaît tout des astuces de ces dernières pour ne pas être démasquées : gants, perruques et autres stratagèmes esthétiques sont de mise… et son savoir en la matière va s’avérer extrêmement utile pour la suite de cette histoire !

Sacrées Sorcières insideUn humour omniprésent et une histoire captivante

Dès les premières lignes décrivant les sorcières et leur mode de vie, on est immédiatement plongé dans cette Angleterre où la magie est à la frontière de notre monde. Enfants transposés dans des tableaux ou encore transformés en marsouin, tout est possible !

Très rapidement, on comprend que nos deux héros épatants vont avoir du fil à retordre avec toutes ces sorcières qui fourmillent… mais sans compter sur un heureux hasard qui pourrait changer la donne.

Roald Dahl possède ce talent rare et appréciable de créer une histoire envoûtante à la fois très sérieuse et très drôle. En effet, notre héros a beau avoir perdu ses deux parents, l’auteur réussi à aborder le sujet sans jamais tomber dans le misérabilisme. Au contraire, le jeune narrateur va se trouver une nouvelle raison de vivre à travers le pistage des sorcières…

Enfin, un livre de Roald Dahl ne serait pas complet sans une énorme dose d’humour et d’imagination. Sacrées Sorcières ne fait pas exception ! C’est malin, fin et ça se lit indéfiniment. A découvrir dès l’âge de 9-10 ans environ pour baigner dans un univers enchanteur et inépuisable d’inventivité… Lire des romans de Roald Dahl, c’est faire grandir les enfants et leur offrir de beaux souvenirs de lecture…

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Chronique : 120 Journées

120 JournéesUn roman extrêmement dérangeant et malgré tout hypnotique, toujours à l’entre-deux mondes, où insensé et logique se croisent

Jérôme Noirez est un auteur français désormais connu et reconnu sur la scène de l’imaginaire. Il a notamment signé : Le Diapason des Mots et des Misères (Griffe d’encre/J’ai Lu), Féérie pour les ténèbres (Nestiveqnen/Le Bélial), ou encore Fleurs de dragon (Gulf Stream/J’ai Lu). Pour la rentrée littéraire, c’est aux éditions Calmann-lévy que paraît son nouveau roman, dans la collection ambivalente Interstices.

Huit collégiens arrachés à leur existence par une étrange institution

Silling. C’est le nom de ce lieu qui ne se situe pas, qui s’énonce seulement. Et c’est à Silling que se trouvent les huit collégiens mystérieusement enlevés.
Pourquoi ? Par qui ? Ces questions, tout le monde se les poses, sauf peut-être Duclos. Un ancien animateur radio qui reçoit depuis peu des chèques pour conter tout les dix jours des histoires étranges et horrifiques à des mystérieux « pensionnaires »… ceux de Silling.
Conteur de métier, ses histoires ne sont pas de celles où l’on s’évade et où l’on s’épanouit. Le registre des récits de Duclos est plus sombre, plus informe aussi. Toujours à la limite entre réel et étrange, entre hasard malheureux et destin funeste… ses histoires fascinent autant qu’elles laissent mal à l’aise.
Tout au long du récit, notre seul œil sur le monde est celui de Duclos, et parfois aussi celui de sa fille, Ninon.

Vous avez dit sadique ?

Évidement, le titre de l’œuvre de Jérôme Noirez n’est pas sans rappeler une autre œuvre : celle du Marquis de Sade : Les cent-vingt journées de Sodome, œuvre controversée où des hommes font subir à d’autres êtres humains de nombreux sévices et tortures.
De nombreuses références parsèmes l’œuvre, outre les 120 jours, on retrouve certains personnage, mais aussi et surtout le lieu : Silling (Château de Silling dans le roman de Sade).
Quand on débarque dans le Silling de Jérôme Noirez, on ne sait à quoi s’attendre… des enfants enlevés n’augure jamais rien de bon. Mais il semblerait que leur disparition ait un autre but que de les torturer…

Sous la direction de quelques adultes dont un violeur en série récidiviste et une femme qui a commis un infanticide, les jeunes adolescents n’ont qu’à bien se tenir. Silling devient alors au fil des pages un endroit encore plus brumeux et évanescent dont le but flou devient carrément opaque. Une chose est sûre, dans 120 jours, ils seront libres, comme le leur indique le panneau lumineux qui décompte les jours…
Ces enfants enlevés on chacun des traits de caractères très développés par l’auteur, poussant certains des aspects les plus noirs de la psychologie humaine.

Jérôme Noirez explore ici l’image de l’enfance sous tous ses aspects. Quand l’enfant devient adulte sans passer par la phase adolescente, quand les adolescents restent trop enfantins, ou encore quand les adultes régressent ou ne grandissent jamais… beaucoup de cas de figure sont possibles.

Une écriture étrange à laquelle on s’habitue sans mal

La plume de Noirez dans 120 journées est à la fois simple et étrange. Son expression est faite de phrases courtes qui s’imprègnent facilement dans la mémoire.
Alors que les chapitres se déroulant à Silling sont fait par un narrateur omnipotent, ceux de l’extérieur son quasiment tous écrits par Duclos. Les passages avec ce dernier sont parmi les plus plaisants. Son expressivité, sa façon d’aimer sa fille Ninon (qu’il surnomme « sa crapote ») sont autant de choses à savourer. Son quotidien même en devient passionnant.
Quand à ses récits à la frontière du réel et d’autre chose, ils sont encore plus fascinants, hypnotiques et noirs, laissant également une place non négligeable à la répugnance.

Fascinant et dérangeant, ce sont mes mots à retenir pour 120 journées. Très difficile à décrire dans son ensemble, foncièrement malsain et étrange, cette œuvre mérite toutefois le détour pour son style narratif original de qualité, mais surtout pour son ambiance glauque très bien retranscrite. Cependant, âmes sensibles (comme c’est mon cas), abstenez-vous, certaines sont franchement dures à lire…
A l’image de la collection Interstices, ce roman de Jérôme Noirez nous laisse confus de ne pas savoir où s’arrête la réalité et ou commence le… reste.

Chronique réalisée pour le site ActuSF

Chronique Jeunesse : Les petits monstres – Tome 2– Le rire du vampire

Les Petits Monstres 02

Quand vampire ne rime pas, mais alors pas du tout avec rire… un second tome distrayant et sympathique.

Second tome des aventures des Petis Monstres, il peut toutefois se lire indépendamment du premier.
Nous retrouvons donc Cassandra, Valentin, Jack et Oliver pour de nouvelles aventures qui cette fois-ci ne sortent pas du manoir… car il s’agit d’une histoire de famille. Plus précisément de l’oncle acariâtre de Cassandra venu passer quelques jours au manoir Darkshire.

Un invité surprise pour les petits monstres

Cassandra vient de recevoir une lettre de ses parents comme quoi son oncle Karlov allait arriver sous peu au manoir…
A peine arrivé, l’oncle se plaint déjà de l’accueil et du manque cruel de café. Le comportement de l’oncle en plus d’être extrêmement étrange est en plus très désagréable.
Et quand les enfants se mettent à lui parler du spectacle humoristique qu’ils vont aller voir, ce dernier se renfrogne encore plus, si c’est possible.
Cet oncle les intrigue au plus haut point, et aussi les désolent, ils décident alors de prendre les choses en main afin de changer l’humeur du vampire taciturne au répliques bien senties et de découvrir son secret…

Un second tome réussit

Contrairement au précédent ouvrage, cet opus est une petite réussite qui permettra aux enfants de s’évader par la lecture. En effet, entre les répliques acerbes de l’oncle et les mystères qu’il entretien, les jeunes lecteurs seront servis.
L’histoire est sympathique, et les illustrations sont encore une fois à la hauteur.

Ce second tome est parfait pour les 7-9 ans, et fort heureusement peut se lire indépendamment du premier. Beaucoup moins moralisateur que le précédent, on découvre ici la facette « familiale » des petits monstres.
Alors si vous souhaiter faire découvrir à vos enfants une toute première lecture avec un peu d’éléments fantastiques, cet ouvrage sera sympathique pour eux.