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Chronique : L’épreuve de l’ange

L'épreuve de l'angeUn Anne Rice peu convaincant…

Anne Rice est une auteur que l’on ne présente plus, grâce a ses écrits vampiriques contemporains. Elle a remit la légende des monstres aux dents longues d’actualité avec ses Chroniques des vampires comprenant notamment Entretien avec un vampire ou encore La reine des damnés. Elle a également écrit La saga des sorcières.

Avec la série en deux tomes Les Chansons du Séraphin, Anne Rice explore l’univers des anges… L’épreuve de l’ange est le second ouvrage. Son dernier roman en date sorti en France est Le Don du Loup, sorti aux éditions Michel Lafon en septembre dernier.

Voyage dans le Rome du XVIème siècle

A peine débarqué dans le monde de la Renaissance au bout de quelques dizaines de pages, il est difficile de s’immerger dans les problématiques du héros, Toby O’Dare (qui est un ancien tueur à gages). Ce dernier doit remplir la mission de Malchiah (son ange gardien) qui est d’innocenter un jeune homme soupçonné d’un des pires maux de l’époque : la sorcellerie.

Soupçons faussement orientés, histoires d’esprits… Toby va devoir élucider cette affaire sans se brûler les ailes…

Une aventure peu convaincante

L’immersion dans la belle ville de Rome à l’époque de la Renaissance a beau être bien faite, il est difficile d’accrocher à l’intrigue proposée. Simple et tirant sur des ficelles bien grosses, la surprise n’est pas au rendez-vous.

Les personnages manquent d’attraits et de charisme, le fil du roman se perd trop facilement… bref, ce second volume n’est pas convaincant.

En conclusion, cet ouvrage est une déception quand on sait de quoi est capable Anne Rice en terme de personnages crédibles et captivants. Les deux tomes constituant Les Chansons du Séraphin paraissent bien légers comparé à ses écrits précédents. Dommage, l’idée de traiter la thématique des anges était plaisante…

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Chronique : Venenum

Venenum

Plongez dans le mystère de la mort de Descartes…

Les circonstances de la mort de Descartes est un mystère non élucidé à ce jour. En effet, il ne serait pas mort d’une maladie, mais d’un empoisonnement, c’est du moins la théorie de l’allemand Theodor Ebert, dont les travaux n’ont pas étés traduits en France mais qui ont fait beaucoup de bruit Outre-Rhin.

Charlotte Bousquet une auteure très prolifique, elle a notamment écrit La peau des rêves (quatre tomes, série en cours, éditions Galapagos), Le dernier ours (Rageot Thriller), Cytheriae (Mnémos) ou encore Noire Lagune (Gulf Stream).

Charlotte Bousquet, philosophe de formation se propose ici de romancer cette théorie avec Venenum, paru aux éditions Gulf Stream, en nous emmenant sur les traces du philosophe… et de son apprentie Jana.

Un mort suspecte pour Jana

Recueillie et éduquée comme une demoiselle de bonne naissance, la jeune Jana doit beaucoup à son protecteur, René Descartes. Ce dernier venant de passer de l’autre côté, elle se décide à faire la lumière sur ce qu’elle considère comme une mort peu naturelle.

Mais ce dont Jana ne se doute pas, c’est de l’existence d’ennemis qui grandissent en nombre au fil de ses découvertes…

Une intrigue un peu trop brouillonne

L’intrigue a beau être simple, le lecteur se perd assez rapidement dans les méandres de liens pas toujours très clairs. On passe de ville en ville et d’indices en pistes parfois floues.

C’est dommage, car l’histoire est intéressante. Et surtout le personnage de Jana, franc, volontaire et téméraire, donne un beau portrait de jeune femme, comme sait si bien les faire Charlotte Bousquet.

On croise au fil de l’intrigue de nombreux clins d’œil, un à Vermeer, un autre à Cyrano de Bergerac (œuvre que l’auteure utilise comme référence dans son œuvre)…

Ainsi voyageons-nous à travers Amsterdam, Leyde, puis quelques tripots mal famés avant d’arriver à Paris.

Cette enquête, nous faisant découvrir en même temps que Jana les dangers inhérents à l’aventure nous permet également de voir la capitale française sous une autre perspective : glauque, sombre, la ville est loin de l’image de rêve… cette partie du roman est plaisante, bien que pas assez exploitée à mon goût.

En somme, on retient finalement peu de choses de la lecture de ce roman qui est pour moi un rendez-vous manqué. Plaisant, mais malheureusement pas assez marquant, moi qui adore la plume de Charlotte Bousquet, je ne m’y suis pas retrouvée. Manque d’autres personnages forts peut-être ? Une succession d’événements et d’indices parfois trop rapide et pas assez développée ?

Au moins l’ouvrage a le mérite de nous faire découvrir un pan méconnu de notre histoire, et de découvrir la controverse qu’il y a autour de la disparition du père des Méditations Métaphysiques.

4/10

Chronique : Les poisons de Versailles

Les poisons de Versailles

Un roman historique qui nous fait découvrir une facette méconnue de l’histoire de France et de l’Espagne : La révolte des Angelets.

Ecrit par Guillemette Resplandy-Taï, les poisons de Versailles est un roman paru dans la collection Courants Noirs aux éditions Gulf Stream. Cette collection bien spécifique est dédiée aux romans policiers historiques.
Passionnée par la botanique et docteur en pharmacie, Guillemette Resplandy-Taï nous fait découvrir la cour du Roi-Soleil à travers la science des plantes et les relations qu’entretenaient la Catalogne et la France à cette époque… et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles étaient tendues : explications.

Quand intrigue policière se noue avec délice à réalité historique et art botanique

Agnès Sola-Massuch est une jeune femme qui a une situation enviable en apparence ; guérisseuse officielle de la reine, elle est devenue indispensable à cette dernière grâce à son érudition. Mais la mort s’invite à la cour du Roi Soleil, et Agnès est très rapidement dans la liste des suspects potentiels, sa connaissance des simples (plantes) et son origine catalane composant un dangereux portrait…
Les relations Catalogne-France à cette époque se sont envenimées lors de l’instauration de la gabelle (impôt sur le sel) en pays Catalan. Cet impôt a mené à la Révolte des Angelets, un épisode sanglant de l’histoire franco-espagnole. Agnès fait partie des victimes indirectes de cet impôt, et mystérieusement, des hommes liés à son terrible passé refont surface dans sa vie… alors quel est le lien avec la jeune catalane ? Son arrivée à la cour du roi est-elle un simple hasard ?

Un portrait immersif du Roi et de sa cour

Les poisons de Versailles est un roman historique à la qualité certaine et dont l’intrigue n’est pas prémâchée. Une fois les quelques faits historiques assimilés, on se familiarise très rapidement avec la trame du roman qui se déroule sur deux échelle ; une à sur le plan de deux pays en lutte, une autre à taille humaine qui se joue à la cour.
Ainsi se retrouve-t-on rapidement plongés dans la terrible histoire d’Agnès et de sa famille sur fond de conflits politiques.

Guillemette Resplandy-Taï nous fait profiter de sa science des plantes au gré de quelques occasions, chacune des interventions concernant les plantes est bienvenue est bien amenée, tellement que l’on aurait aimé en apprendre plus.

L’écriture est assurée tout le long du récit par Agnès. Son point de vue, tantôt innocent, tantôt incisif nous apporte un bel éclairage sur comment était la cour du Roi-Soleil, avec ses subtilités mais aussi ses vulgarités et ses excès. Les dialogues bien menés ajoutent également au réalisme du roman, tout comme les descriptions simples et précises des personnages. Alors qu’est-ce qui fait de ce livre un bon livre ? Son ambiance ? Son écriture ? Ses personnages ? Son intrigue ? Je ne saurais dire, mais le fait est que c’est un roman qui marche sur tous les plans.

Captivant, bien écrit et surtout bien construit, les poisons de Versailles est un livre où l’on ne ressent pas de temps mort. Les informations nouvelles s’enchaînant toujours très rapidement pour nous dresser un tableau encore plus large de l’intrigue… Alors à quand un autre roman ? A conseiller aux passionnés de l’époque de Louis XIV et aux amateurs de belles descriptions historiques, le tout avec une bonne intrigue bien construite. Dès l’âge de quatorze ans.

Le petit plus : A la fin de l’ouvrage, vous trouverez quelques pages destinées à approfondir vos connaissances historiques. Ainsi vous trouverez une explication de ce qu’étais la révolte des Angelets ainsi que la fête de l’Ours.

8/10