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Chronique Jeunesse : Quand le ciel gronde

Un roman touchant où un garçon en colère contre le monde entier va se lier d’amitié avec un gorille…

Paru le 8 avril dernier aux éditions Auzou, Quand le ciel gronde est un roman jeunesse historique qui s’adresse aux 11/13 ans environ. Son auteur, Phil Earle, s’est inspiré d’une histoire vraie qu’il a remaniée à sa façon. A la base, dans la vraie Histoire, il était question d’un Lion et d’un adulte.
Ici, les héros de cette histoire peu commune sont un gorille et et jeune garçon qui ont tous les deux perdus ce qu’il ont de plus cher…
Je ne pensais pas être touchée par ce genre de roman historique sur fond de Seconde Guerre mondiale, mais le talent de Phil Earle m’a séduite en très peu de pages…

L’histoire d’un jeune orphelin, comme des milliers d’autres

Joseph n’a rien d’exceptionnel. Il a perdu ses deux parents, sa grand-mère s’occupe de lui… jusqu’à ce qu’elle décide de l’envoyer chez une amie à Londres. Au plus près des conflits de la seconde guerre, certes, mais également sous la protection d’une amie de confiance. La grand-mère de Joseph n’arrive plus à tirer quoi que ce soit du garçon en constante rébellion. Mais Mrs F et son caractère sévère réussiront peut-être là où elle a échoué…

Inspiré d’une histoire vraie

Je n’aime pas les romans de guerre. Je n’ai jamais aimé ni été passionnée par tout ce qui touche à la guerre, que ce soit d’un point de vue littéraire ou cinématographique. Je n’arrive jamais à m’attacher ou à me prendre d’intérêt pour l’intrigue ou les personnages. Et pourtant… Quand le ciel gronde a réussit à me réconcilier avec ce sous-genre historique très exploité auquel je ne touche jamais.

Comment l’auteur a-t-il réussit ? Tout simplement grâce au fait qu’il avait des personnages réalistes et convaincants. Joseph en premier lieu bien sûr, mais également celui de Mrs F et du gorille Adonis bien sûr. Mais ce ne sont pas seulement les personnages principaux qui donnent corps à cette belle histoire, ce sont tous les autres qui gravitent autour d’eux. Et je pense que c’est en cela que Phil Earle a réussit.

L’intrigue est aussi simple qu’ultra efficace et on se prend rapidement de compassion pour Joseph, dont la moindre contrariété le fait devenir volcan. Il ne voit qu’une seule échappatoire à sa tristesse : la colère. Son vécu est évidement difficle, mais les explication de l’auteur nous font entre immédiatement en empathie avec lui.
Mais comment un jeune homme peut-il s’approcher d’un gorille durant la seconde guerre ? Comment même une amitié peut-elle naître ? Je ne vous en dirait pas plus à ce sujet, mais la vraie histoire qui se cache derrière le roman est passionnante. A la base, il s’agissait d’un homme adulte censé surveiller un lion du zoo de Londres. Si la caga était détruite par les bombardements, il avait pour ordre de tuer l’animal, trop dangereux pour les londoniens.

Je ne saurais vous dire pourquoi cette histoire m’a touchée, mais elle fut pour moi un coup au coeur. La façon dont peu à peu Joseph apprivoise cet immense gorille (ou est-ce le gorille qui apprivoise le jeune homme en colère contre le monde ?), l’Histoire en toile de fond, la danse des personnages tous interdépendants… C’est une réussite à tous points de vue.

Ce roman pourra plaire à quantité de personnes pour plein de raisons différentes : pour la partie Historique, pour ceux qui se passionnent pour les animaux, pour ceux qui aiment les belles histoires… C’est un superbe texte à découvrir dès l’âge de 11 ans puis sans limite d’âge. Quand un roman est bon il n’y a pas d’âge à recommander !

Chronique album jeunesse : Petit Elliot dans la grande ville

Une nouvelle série pour les enfants dès l’âge de trois ans autour de l’entraide et l’amitié… bienvenue à New York, et suivez le guide !

Les éditions Casterman ont acquis les droits d’une très belle série d’albums jeunesse d’origine américaine : Petit Elliot (Little Elliot en langue originale).

Son auteur, Mike Curato, a fait des études d’illustration et exercé le métier de graphiste-designer. Cet album est son tout premier, il vit à Brooklyn, d’où certainement le choix du lieu où se déroule l’histoire de Petit Elliot !

N’est-il pas trop trop choupi ?

Un éléphant trop mignon… mais également trop petit

Comme son nom l’indique, Petit Elliot est minuscule. Tout est compliqué pour lui : faire les courses (personne ne le remarque), prendre les transports (il craint qu’on le bouscule on qu’on l’écrase), faire le ménage (il doit empiler des tas de choses pour atteindre tous ses meubles).

Mais malgré tout, Petit Elliot savoure les moindres petits plaisirs de la vie, et il lui sourit à chaque instant… Et c’est ce trait de caractère très positif va aider petit Elliot à toujours positiver et continuer et surtout… aider encore plus petit que soi !

Au fil des pages, on suit le quotidien calme et adorable de Petit Elliot dans la belle ville de New York.

Une petite merveille de graphisme

D’une douceur incroyable, magnifiquement illustré, l’histoire de Mike Curato est extrêmement touchante… D’un charme à la fois désuet et merveilleux, on ne peut que tomber amoureux de Petit Elliot. 

Petit Elliot est trop petit pour qu’on le remarque à la boulangerie, une petite souris est affamée dans un parc de New York… Leur amitié pourrait-elle changer la donne ?

Si vous souhaitez découvrir (et faire découvrir) le New York des années 20 ou 30, cet album est parfait pour se faire.

Et surtout, il est parfait pour illustrer aux enfants qu’il y a toujours plus petit que soi, et que l’aider et bien… c’est bon pour le karma ! (et l’estomac).

A découvrir dès l’âge de 3 ans pour s’émerveiller, découvrir, aimer… Retenez bien le nom de ce nouveau petit personnage, il fera chavirer nombre de petits cœurs d’enfants…du moins je l’espère !

En très peu de coups de crayons, avec un certain minimalisme, Mike Curato nous attendrit avec une émotion à vif.
L’histoire de Petit Elliot est avant tout une très belle leçon de vie et d’amitié qui s’appréciera à tout âge.

Chronique : Le vide de nos cœurs

La recherche d’un partenaire de suicide peut-elle amener à autre chose qu’un terrible passage à l’acte ?

Premier roman de l’américaine Jasmine Warga, Le vide de nos cœurs est paru chez Hugo Roman en 2015. En mars 2018 paraîtra son tout nouveau roman, toujours chez le même éditeur : Là où je me suis retrouvée.

Jasmine Warga a été professeure de sciences pour les élèves en difficulté avant de se tourner définitivement vers l’écriture young-adult, en particulier dans le genre de la romance.

L’envie de mettre en terme à sa propre existence

Aysel est une ado qui va mal. Elle a l’impression d’être une pièce rapportée dans sa famille où vivent joyeusement sa mère, son beau-père et ses demi-frères et sœurs… C’est encore pire maintenant que son père biologique est en prison pour meurtre. Son nom de famille est connu à des kilomètres alentour, tout le monde sait ce qu’a fait son père… Et la plus grande crainte d’Aysel, c’est que le sang et les pulsions de son père coulent également dans ses veines.

Aysel refuse d’être un monstre criminel comme son père. Sa décision est donc prise, elle va en finir. Mais pour cela, il lui faut un partenaire de suicide car elle a peur de ne pas passer le cap seule et de se débiner au dernier moment…

Un roman aussi touchant qu’inattendu

L’idée de base de ce roman est surprenante, mais tiens la route. Au gré de ses aléas sur le net, Aysel tombe sur le site Smooth Passages, dédié au suicide. C’est très glauque, mais le ton du roman ne l’est pas le moins du monde ! C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de FrozenRobot, un jeune homme qui vit à quelques kilomètres de chez elle, et qui lui aussi veut en finir.

Difficile au début de s’apprivoiser quand on sait quel est le but de ces deux là. Le suicide est un acte très intimiste, et le concept même de compagnon de suicide pour accomplir l’acte est paradoxal. Peu à peu, ils s’obligent à se connaître, à s’apprivoiser, à décider du lieu de la fin, à apprendre comment l’autre fonctionne…

Mais où commence la démarche de suicide et où se trouvent les balbutiements d’une histoire d’amour ? Car ils ont beau faire comme si de rien était, leur relation devient de plus en plus ambigüe.

Le vide de nos cœurs est un beau roman pour ados. Il parle de la souffrance, de la sensation de ne pas se sentir à sa place dans sa famille (cela arrive à nombre d’ados), des regrets, des erreurs des autres membres de sa famille et comment les dissocier de soi-même.

L’histoire a beau avoir des facettes prévisibles, cette lecture est superbe. Les deux personnages principaux que sont Aysel et Roman sont extrêmement touchants dans leurs faiblesses. Il y a tout même quelques petits rebondissements en cours de route…

……

Une chose est sûre, c’est le genre de roman-doudou que l’on affectionne lire. On voit les personnages se démener et être bringuebalés par la vie, puis peu à peu, ils la prennent eux-mêmes en main. Malgré un sujet difficile, on arrive à rire et à positiver au final, ce qui n’était clairement pas évident en début de partie.

Donc, si vous cherchez un roman qui évolue peu à peu tout comme ses personnages, c’est l’histoire parfaite. A découvrir dès l’âge de 15 ans minimum.

Chronique album jeunesse : Où est mon étoile ?

Où est mon étoile (1)Un album sur la perte et le deuil qui émeut jusqu’aux larmes…

Satoe Tone est une illustratrice d’origine japonaise, son travail a été très fortement remarqué grâce au prix de l’Illustration de Bologne qu’elle a remporté. Publiée chez Passepartout, Balivernes et maintenant Nobi-Nobi !, Satoe Tone est une auteur/illustratrice qui a le vent en poupe, et c’est loin d’être un effet de mode… Le voyage de Pippo, La fanfare des grenouilles, Doux rêves de moutons

Ses illustrations et son ton sont tout simplement parfaits et poignants, notamment pour l’album Où est mon étoile ?, dont nous allons vous parler ci-dessous…

Une petite souris qui recherche son étoile

Petite souris est emplie de chagrin, elle vient de perdre un ami auquel elle tenait énormément. Mais on raconte que les être chers se retrouvent tout en haut, dans le ciel, sous forme d’étoile, et qu’ils sont là pour nous protéger.

C’est ainsi que Petite souris part à la recherche de son étoile, pour tutoyer le ciel et revoir son ami qui lui manque tant… Alors elle part, traverse les océans, les mares, les étangs, grimpe les hautes herbes et va même jusqu’à la cime des arbres… Alors, va-t-elle trouver son étoile ?

Où est mon étoile (2)Tout comme Petite souris, j’ai pleuré

Un tel concentré de beauté et de tendresse nous parviennent dès les premières pages qu’il est difficile de ne pas s’émouvoir à cette lecture. La scène où l’on voit cette fameuse petite souris laisser couler ses larmes est d’une telle intensité que… j’ai moi-même pleuré à sa lecture.

C’est aussi beau que douloureux, aussi sublime qu’infiniment triste… et indispensable.

« J’avais à mes côtés un être qui comptait beaucoup pour moi.

Mes amis me disent qu’il n’est pas vraiment parti.

Qu’il s’est simplement changé en une belle étoile dorée pour me protéger.

Mon étoile, ma jolie étoile…

Où que tu sois, je pars te retrouver ! »

Où est mon étoile (5)C’est un merveilleux album tant au niveau du texte que des dessins pour parler du deuil et de la perte aux enfants. Le seul autre album pour la jeunesse qui avait réussit à m’émouvoir comme cela par le passé, c’était Au revoir Blaireau de Susan Varley.

D’une infinie poésie, cet album est à découvrir absolument, que l’on soit un adulte ou un enfant, il sait trouver les mots qu’il faut dans ces moments difficiles… Magnifique. A lire aux petits dès l’âge de 4 ans.

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EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Ne le dit à personne…

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Ne le dit à personne d’Harlan Coben, cela vous dit peut-être quelque chose ? Le livre a connu un succès considérable et a même été adapté en film. L’histoire est prenante dès la première page, mais s’essoufle sur un bon quart… La femme de David Beck, morte depuis 8 ans ressurgi dans un mail qui lui ai adressé, il la voit dans une vidéo en direct prouvant qu’elle est vivante ! En sois, le concept est intéressant, il est juste dommage que parfois l’histoire soit un peu trop irréaliste ou niaise.

Au moins vous ne serez pas en manque d’action : tout s’enchaîne, un homme qui a une petite vie bien tranquille depuis la perte de sa femme va faire l’impensable pour faire en sorte de le revoir. Il ne doutera pas une seule fois de la véracité de cette vidéo. La course effrénée pour la vérité débute, mais tout est contre David Beck la police, puis le FBI, mais aussi d’autres personnes… mais les questions que l’on se pose sont nombreuses et ne sont complète qu’à la dernière page… pourquoi Elisabeth a-t-elle été tuée il y a 8 ans ? Pourquoi ressurgit-elle maintenant ? mais surtout, pourquoi voulais t-on la tuer ? elle qui était une femme sans histoires à la vie douce et paisible, tout comme son mari…

Ce livre a des poins forts tels que certains passages vraiment chargés d’émotions qui m’ont beaucoup serré le coeur, comme l’arbre encoché chaque année par le couple où ls se rendent chaque année, uniquement pour célébrer leur premier baiser… mais aussi, le fait que l’on ne sais pas tout jusqu’à la fin alors que l’on crois tout savoir, la chute est excellente car en fait, la seule chose que l’on sait c’est que l’on ne sait rien. Mais il aussi des soucis de taille : une écriture assez « brute » sans réels passages de réelle beauté, ce qui encore plus dommage dans une histoire où il est question d’amour. Une trop grosse avalanche d’aventures », on se croirait dans une mauvaise version de Bilbo le Hobbit où tout nous tombe dessus sans dessus-dessous…

Conclusion, sujet intéressant mais histoire très peu mise en valeur par l’écriture et l’agencement du tout.

AUTEUR :
GENRE : Policier
TRANCHE d´ÂGE : ,