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Chronique jeunesse : L’écrivain abominable

Un auteur pour la jeunesse à succès est invité dans une école, d’après vous que va-t-il faire ? Parler de ses livres aux élèves ? Ou tenter de les kidnapper pour les emmener dans son étrange château ?

Très prolifique dans le domaine de la littérature jeunesse (et cela pour tous les âges), Anne-Gaëlle Balpe arrive avec son tout premier Pépix : L’écrivain abominable ! Et il est super, est-il besoin de le dire ? Les illustrations sont quant à elles assurées par Ronan Badel, également très (re)connu dans le monde de la jeunesse.

Un auteur irascible et détestable

C’est l’effervescence à l’école depuis quelques jours… le célèbre Roland Dale va venir dans la classe de Manolo pour parler de son œuvre ! Tous les camarades de classe de Manolo sont surexcités à cette idée, eux qui ont lu et adoré les livres de l’auteur à succès.

Sauf, que pour Manolo, la lecture ce n’est pas trop ça… En fait, il n’aime pas lire du tout même. Mais peut-être est-ce cela qui va le sauver car, quand Roland Dale arrive dans la classe, il est le seul à ne pas être subjugué, et même hypnotisé par l’horrible bonhomme… et ses plantes carnivores ! Mais qui est réellement Roland Dale ? Quel est le but de cette hypnose collective ?

Une idée originale menée avec dynamisme et humour… sans oublier une petite dose de frissons

Un Pépix qui fait rire ET un peu peur, c’est quand même sympa quand on a 8 ou 9 ans. Alors, si c’est ce que vous recherchez, ce livre sera parfait !

La première partie du roman est très mystérieuse, car on se demande quel est le but de Roland Dale, affublé qu’il est par deux plantes carnivores géantes. Et pour ajouter au suspense, d’autres éléments s’ajoutent à l’intrigue… mais je n’en dis pas plus.

J’ai trouvé ce Pépix très distrayant, vivant, drôle et surtout très original ! Et puis, le nom de cet auteur à succès, Roland Dale… ça ne vous dit rien ? Rien que pour le clin d’œil, j’ai trouvé ça génial. Ceux qui ont lu Sacrées Sorcières ou Matilda sauront…

L’idée de nous proposer un héros qui n’aime pas lire est franchement amusante quand on découvre que c’est justement ça qui va le sauver ! Et puis, un personnage de roman qui n’aime pas la lecture, c’est toujours cocasse.

Pour les illustrations, il faut avouer que Ronan Badel a fait très fort, notamment en ce qui concerne le méchant de cette histoire. Il est aussi moche que terrifiant (un peu comme la Sorcitresse de Joëlle Dreidemy) et correspond parfaitement à l’idée que l’on se fait de lui. C’est une réussite dans ce que la mocheté a de plus pur.

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Alors, si la question est « Est-ce que L’écrivain abominable est un bon roman pour la jeunesse ? », je suis dans l’obligation de vous dire oui ! Et ce n’est pas du tout parce qu’il y a deux plantes carnivores de la taille d’un homme prêtes à me dévorer par-dessus mon épaule…

Chronique : L’épouse de bois

L'épouse de boisEntre poésie, nature et féérie…dans les terres arides et hypnotiques de l’Arizona

Premier roman (et pour le moment le seul) de Terri Windling paru en France, l’épouse de bois était sorti en 2010 aux éditions les Moutons électriques dans la collection La bibliothèque Voltaïque avant de sortir en poche en juin dernier chez Le livre de poche.

Loin d’être uniquement écrivain et anthologiste, Terri Windling est aussi dessinatrice, peintre et directrice littéraire. Elle travaille également sur des ouvrages concernant la féérie en collaboration avec le couple Brian et Wendy Froud.

Une mort inexpliquée

Tout commence à Tucson, dans l’Arizona à la frontière du Mexique, où le célèbre (et fictif) poète Davis Cooper vient de trouver la mort dans d’étranges circonstances. C’est ainsi que l’auteure Maggie Black hérite bien malgré elle de la maison de l’écrivain, qu’elle n’avait connu que de façon épistolaire… elle décide alors de s’atteler à une tâche titanesque : réaliser la biographie de cet homme qui a été son père spirituel.

S’installer dans la dernière demeure du poète deviens donc une évidence pour Maggie pour s’imprégner de la façon de penser de Cooper avant qu’il ne quitte cette terre de façon si abrupte.

brian froud 01Un roman fantastique aux échos réalistes

Beaucoup des éléments qui constituent L’épouse de bois sont réels ou tout du moins très inspirés de la vie de l’auteure. Terri Windling vit entre l’Angleterre et Tucson (dans l’Arizona), tout comme le personnage central du roman : Maggie Black.

Et tout comme son personnage, l’auteur entretien un lien très fort avec les arts aussi bien littéraires que visuels.  L’illustrateur féérique Brian Froud, (ami de Terri Windling dans la vraie vie), trouve lui aussi sa place dans cette fresque placée entre nature et imaginaire. Cette relation fusionnelle qu’entretien ici l’homme avec la nature est d’une importance capitale pour apprécier l’œuvre dans son entier.

Une autre vision de la fantasy

L’épouse de bois est typiquement le genre de roman qui redonne un souffle de vie au genre de la fantasy. Bien loin des quêtes épiques et des créatures mythiques, on entre dans un univers feutré, mystérieux empli d’une beauté bien souvent silencieuse.

Cette vision d’une fantasy naturaliste fait penser au roman de Robin Hobb, Le dieu dans l’ombre, également centré sur la beauté de la nature, sa façon de nous envouter et de nous amener à croire en des créatures évanescentes, fuyantes mais également dangereuses…

Autant le dire tout de suite, l’intrigue de la mort de Davis Cooper passe très vite au second plan, car la raison d’être de ce roman, ce sont ses descriptions foisonnantes de paysages mythiques, de collines rougeoyantes sous le soleil du soir… et on est servis, une fois l’épouse de bois terminée, les grands espaces désertiques décrits tout le long sont comme un appel des sirènes… Le rythme d’écriture est donc assez lent (parfois trop), mais on passe vite outre pour laisser place à une rêverie continuelle.

L’épouse de bois n’est pas un roman de suspense, ni même un roman de fantasy comme on l’entend habituellement, mais il est de la trempe de ceux qui marquent durablement les esprits. Espérons que cette première incursion dans le monde féérique de Terri Windling donne envie aux éditeurs français de nous offrir d’autres occasions de la découvrir.

7.5/10

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Misery

MiseryVoici le premier livre de Stephen King que j’ai lu : et je n’ai pas été déçue. Nommé également le maître de l’horreur, Stephen King a un palmarès exceptionnel à son actif : Shining, Simetierre, La Tour Sombre, Le fléau… tous sont incontournables et beaucoup ont été adaptés au cinéma.

Misery nous emmène tout de suite dans le contexte, sans perte de temps, c’est direct, incisif, précis… et aussi horrible. C’est pourquoi il est très difficile de décrocher une fois que l’on a commencé ce livre, chaque page est un supplice pour le personnage principal, et aussi un peu pour nous, mais on ne peut s’empêcher d’être fasciné par l’horreur, omniprésente. Le pire c’est de se dire que ça se trouve, ya des personnes qui aiment tellement un écrivain qu’elle seraient capable de lui faire ça ! C’est d’autant plus horrible que c’est tout à fait plausible.

J’ai aussi eu la chance de voir le film qui est extrêmement fidèle au livre et je peux vous dire qu’il y a un moment dont vous vous souviendrai tout particulièrement, je vous en fait la promesse. Vous savez, le passage où Paul Sheldon se fait briser les jambes à la masse… c’est vraiment choquant, je crois qu’on imagine pas aussi pire que ce que l’on voit dans le film. En tout cas, les deux sont géniaux. Bonne lecture ou visionnage ! C’est à lire et à voir…