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Chronique : La servante écarlate (The handmaid’s tale)

Une société où les femmes sont traitées en esclaves et n’ont que pour unique but que de satisfaire les pulsions des hommes ? C’est le futur effrayant imaginé par Margaret Atwood en 1985. Une véritable piqûre de rappel pour ne pas oublier les droits que les femmes ont acquis, mais qu’elles pourraient encore à tout moment perdre au prétexte d’un conflit, d’une crise… ou d’une élection.

Roman devenu culte dans son pays d’origine, mais également dans le monde entier, La servante écarlate est un texte de la canadienne Margaret Atwood. Elle a écrit quantité de romans, que je ne pourrais tous vous citer, mais en voici quelques-un qui me tentent : Le dernier homme, C’est le coeur qui lâche en dernier, Le tueur aveugle ou encore Captive. Et bien sûr, la suite de La servante écarlate : Les Testaments.
La servante écarlate était déjà un classique Outre-Atlantique bien avant son adaptation en série par HBO, mais cette dernière l’a révélée au monde entier. Avant cela, le texte était avant tout connu des fans d’anticipations et de dystopies. Maintenant, il est un véritable symbole, la tenue des fameuses « servantes » étant souvent réutilisée lors de manifestations pro-choix aux Etats-Unis. Preuve s’il en est que cette oeuvre a durablement marqué les esprits.

Plus terrifiant que le passé : le futur

Les femmes n’ont pas été gâtées par l’Histoire, mais ce que le futur de La servante écarlate leur réserve est bien pire… Fini la mise à l’écart, le « doux » machisme, les métiers de pouvoirs réservés aux hommes et arrachés par certaines femmes… Non, cette fois-ci la société américaine va prendre un virage terrible pour les femmes, les catégorisant par utilité : épouses, gestatrices, servantes… rien de plus. Tout à commencé avec les licenciement des femmes dans toutes les entreprises, puis peu à peu le totalitarisme s’est installé. Et désormais, dans chaque riche foyer, il y a une « servante », une femme qui sert de ventre pour la gestation d’un couple aisé. Mais la femme dudit couple n’est pas bien mieux lotie que la servante, à peine moins pire.

C’est dans cette version horrible et futuriste des Etats-Unis que vit Defred, servante dans une maisonnée respectable. Son but est d’enfanter pour le couple. Pour ce faire, elle est violée régulièrement par le mari pendant que la femme lui tient le haut du corps… Et c’est ce qu’il se passe dans toutes les maisons.

Le seul but de Defred est de fuir cette « république » et de retrouver sa famille éclatée. Mais peut-on fuir un régime totalitaire où le moindre de nos pas est surveillé ? Et où chaque femme est considéré comme une propriété ?

Terrifiant, passionnant, révoltant

Si ce roman a autant marché, c’est bien parce qu’il fait écho à quelque chose. Une crainte, un souffle qui éveille les consciences. Le monde dépeint par Margaret Atwood paraît lointain et irréel, mais je pense justement qu’il ne faut pas le voir de cette façon.
Cette lecture, que j’ai prise de plein fouet, me fait penser qu’il ne faut pas rester sur nos maigres acquis, cela d’autant plus quand on voit que les Etats-Unis ont révoqué l’arrêt Roe versus Wade pour laisser chaque état décider ou non de la légalité de l’avortement. Et ils sont très peu nombreux à vouloir encore l’autoriser… Ce contrôle du corps des femmes, c’est une partie de ce que dénonce Margaret Atwood dans ce terrible texte.

Et quand on voit l’actualité, il semble très visionnaire.

Lire La servante écarlate est important selon moi car il permet d’éveiller les consciences. Il montre le mécanisme incroyable qui se met à l’œuvre pour retourner les esprits, y compris les plus innocents. Car si cette république fonctionne, c’est grâce au bon vouloir de chacun et chacune… comment en est-on arrivé là ? C’est expliqué succinctement, par bribes grâce au travail d’un historien du futur. Nous n’avons pas toutes les réponses, mais c’est encore une fois passionnant.

Alors, oui, c’est une dystopie mais La servante écarlate est avant-tout un ouvrage politique qui met en garde. Il illustre à quel point la soumission à l’autorité peut lentement glisser vers une forme de dictature. Alors, lisez La servante écarlate au moins pour son côté sf/anticipation réussit, mais aussi et surtout pour ce qu’il dénonce. Ce n’est pas arrivé, mais ça pourrait… L’actualité internationale nous le rappelle chaque jour (Trump vient d’être réélu au moment où paraît cet article, et quand je l’ai rédigé il y a plus d’un an, je ne pensais jamais écrire ces lignes…).

Ces livres que je n’ai pas réussi à terminer #3

Parfois, on est persuadé que l’on va a adorer un livre. Il correspond à notre style de lecture, il appartient à un genre que l’on apprécie particulièrement… Et pourtant, rien à faire, ça ne prend pas. Cela arrive, la preuve en image avec une dystopie et du steampunk qui avait tout pour me plaire !

Water Knife – Paolo Bacigalupi – Au diable Vauvert

Il s’agit du second roman de Paolo Bacigalupi que je lis, mais Water Knife n’a pas su me convaincre malgré un thème fort. L’eau est devenue une denrée si rare qu’elle en devient un motif pour tuer et faire la guerre (comme c’est déjà le cas dans certains endroits du monde…).

C’est dans ce contexte post-apocalyptique que l’on suit Angel Velasquez, à la fois espionne, détective et un peu mercenaire… elle vient de couper l’eau qui assure la survie de Las Vegas.

C’est ainsi que débute l’ouvrage, qui mélange géopolitique (un peu brouillonne pour moi) et post-apocalyptique…

L’idée de base est très bien, l’ambiance âpre du roman également, malheureusement, j’ai trouvé le déroulement de l’histoire trop dense et pas assez expliqué. De plus, on s’y perd un peu avec les nombreux termes empruntés à l’anglais et à l’espagnol sans comprendre tous les tenants et aboutissants, ce qui démotive un peu…

Et surtout, le rythme du roman, assez lent, a fini d’achever ma motivation. J’ai stoppé ma lecture au bout d’un tiers d’efforts. A regrets.

La chute de la maison aux flèches d’Argent – Aliette De Bodard – Pocket SF

Ils sont rares les dans lesquels j’ai du mal à m’immerger, ne serait-ce qu’un peu… Mais avec La chute de la Maison aux flèches d’Argent, ce fut le désenchantement total. Cela faisait très longtemps que ce livre me faisait de l’œil, et j’avais déjà un plaisir anticipé à le découvrir…

Quelle ne fut pas ma déception quand je vis que je n’arrivais pas du tout à m’imprégner de l’univers ! 

Pour l’histoire, nous sommes dans un Paris alternatif où la magie règne et où différentes Maisons se partagent âprement la moindre parcelle de pouvoir et de territoire. Pour le genre, il est assez unique puisqu’on navigue entre la Fantasy historique et urbaine tout en ajoutant du  post-apocalyptique. Bref, ça avait absolument tout pour me plaire !

Tout débute par la chute d’un « ange », sa venue va exacerber les tensions, notamment entre la Maison aux flèches d’Argent et la Maison Aubépine. On comprend peu à peu que de nombreux enjeux entourent sa présence car il est doté d’une puissance phénoménale.

Mais là où le bât blesse, c’est que l’on ne comprend que peu ces fameux enjeux. On nous parle de pays et de régions dont on ne connait que le nom, rien d’autre… Les personnages se confondent au fil des pages, on ne sait plus qui est qui et qui souhaite quoi… Difficile dans ce cas là de comprendre tous les tenants et aboutissants de l’intrigue. D’autant que le système magique de l’univers n’est que très peu décrit…

Au final, c’est un véritable sac de nœuds dont on ne ressort pas indemne. La lecture devient vite très laborieuse et déplaisante. J’ai ainsi abandonné le roman à sa presque moitié. Sans regrets.

Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part – Sabrina Philippe – Eyrolles

Quand j’ai commencé cet ouvrage je savais pertinemment que ce n’était pas mon type de lecture habituel. Mais il faut essayer, on peut être surpris parfois… Mais au final, j’ai été totalement hermétique à l’histoire. Mélange entre roman, coaching, récit de vie (le roman est très autobiographique) religion et ésotérisme c’est un peu trop fourre-tout.

On y suit une femme qui est lasse de tout et n’a envie de rien, elle déménage et va faire dans un café une rencontre qui va bouleverser sa vie. Elle va rencontrer son âme sœur, un amour qui traverse les siècles. Ils se sont déjà connus par le passé, et ils se retrouvent enfin.

Je suis très sceptique quant à ce mélange de fiction/roman/témoignage qui nous raconte que la vie est faite de destins et que notre âme sœur nous attend quelque part. Ce n’est pas uniquement un roman, il y a un message sous-jacent qui se veut fort, puissant, presque christique.

C’est du développement personnel avant un roman tant on a l’impression qu’on nous fait la leçon entre les lignes avec des punchlines à méditer… J’ai trouvé ça empli de lieux communs et beaucoup trop imprégné de religion. Très peu pour moi.

Le secret de l’inventeur – Tome 1 – Andrea Cremer – Lumen

Le steampunk est un genre que j’affectionne tout particulièrement. Son univers est si riche, il est une telle source d’inspiration dans tant d’œuvres (cinéma, romans, bd, films, jeux-vidéos…) que c’est toujours un plaisir de se plonger dans un roman qui prend sa source dans ce genre littéraire.

Alors, quand j’ai vu que l’autrice de Nightshade (dont j’avais apprécié le premier tome) sortait enfin sa fameuse série steampunk (dont elle m’avait parlé il y a de cela des années lors d’une interview) j’ai été ravie ! Surtout que ce sont les éditions Lumen qui ont acquis les droits de sa série, et que cet éditeur fait un tel travail que tout ce qu’ils publient est choyé, sélectionné avec soin. C’est donc avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture du Secret de l’inventeur. Mais au bout d’une centaine de pages, je n’arrivait toujours pas à saisir les enjeux de l’histoire, ses personnages me paraissaient peu charismatiques, ils m’échappaient. Impossible de m’attacher à l’un d’eux ainsi qu’à leur parcours…

J’avoue avoir été déçue d’être déçue, justement. J’avais tellement d’attentes autour de cet ouvrage que j’aurais aimé de tout mon cœur l’apprécier. C’est pour cela que je me dis que je réessayerai certainement de lire Le secret de l’inventeur. Je ne lui ai peut-être pas donné la chance qu’il aurait dû avoir… Ce n’est donc que partie remise !

Chronique : La mémoire des couleurs

Chronique Cinéma : The Darkest Minds

The Darkest Minds

Un bon moment à passer, mais pas de souvenir à en garder…

The Darkest Minds est le nom du film adapté directement de la saga du même nom écrite par Alexandra Bracken. En France, les ouvrages sont parus initialement chez La Martinière Jeunesse il y a 5 ans, puis chez  Le livre de poche sous le titre Les Insoumis. Mais qu’en est-il de cette adaptation cinématographique ? Est-elle à la hauteur de l’ouvrage ? Oui… et non. Explications.

Une dystopie assez classique mais plaisante

Le monde tel qu’on le connaît a changé depuis qu’un étrange mal a décimé 90% de la population âgée entre 0 et 15 ans. Ceux qui ont survécu ont vu leur vie changer à jamais, car le virus les a doté de pouvoirs psychiques phénoménaux.

Certains excellent dans tout ce qui touche aux calculs, d’autres sont plus dangereux et peuvent vous  manipuler à leur guise (vous pousser au suicide malgré vous par exemple), d’autres encore maîtrisent l’électricité et certains, beaucoup plus dangereux, le feu…

Et ces pouvoirs font peur à tous ceux qui n’en ont pas. Les enfants sont ainsi tous parqués dans des immenses prisons. Esclaves, où aucune humanité n’a survécu… c’est dans l’un de ces centre que vit Ruby, une jeune fille aux pouvoirs psychiques très développés. Tant développés qu’elle se fait peur à elle-même…

The Darkest Minds

Mais pas suffisant pour être transporté par l’adaptation cinématographique…

Le livre en lui même était sympathique, et ont peut dire la même chose du film. On passe un bon moment, mais on est loin d’être transporté… Je me souviens encore quand j’avais été voir Divergente, je m’étais littéralement pris une claque, tant au niveau visuel que musical. Or, dans Darkest Minds, tout est correct, mais rien n’est remarquable.

The Darkest Minds - extrait

Cependant, on ne peux pas reprocher au film de ne pas être fidèle au roman. Il a beau aller bien plus vite (difficile de condenser autant de pages en si peu de temps), notamment au début, où les conditions de détention de Ruby nous sont à peine décrites…

Là où le bât blesse le plus, c’est dans l’ensemble du film. Les effets spéciaux ont beau être réussis, ils ne cadrent pas avec la mise en scène qui manque parfois de dynamique. Quant à la musique associée, elle n’apporte aucune dimension au film. Là où une bande-originale est censée accompagner et faire gagner en profondeur à un film et donner des moments forts voir mémorables, ici rien de tout cela.

The Darkest Minds - extrait

Darkest Minds est donc une adaptation assez fidèle à l’ouvrage d’Alexandra Bracken, mais ne réussit pas à captiver réellement. Certaines ficelles sont un peu trop grosses. Cela n’en fait pas un mauvais film, mais il est certain que l’on est loin du coup de coeur. On retiendra que l’on a passé un moment agréable, mais pas inoubliable.

The Darkest Minds - extrait

Je vous laisse regarder la bande-annonce très réussie (avec pour le coup une musique très percutante !) ci-dessous :

Actualité éditoriale : La sublime communauté, une nouvelle dystopie publiée par Actes Sud Junior

Aujourd’hui, j’ai reçu à la librairie un communiqué de presse intriguant qui m’annonçait la parution d’un coup de cœur de la rentrée chez Actes Sud Junior. Il s’agit d’une dystopie à paraître le 4 octobre 2017 sous le titre La sublime communauté, écrite par Emmanuelle Han. Le premier tome s’intitulera Les Affamés.

Les éditions Actes Sud ont une très bonne collection de romans pour ados, en particulier dans le domaine des histoires réalistes. Mais quand il est question d’imaginaire, il faut avouer que l’on pense plus facilement au Rouergue, à Gallimard Jeunesse ou encore aux éditions Rageot pour les publications francophones…

Voir que c’était Actes Sud qui publiait cette dystopie engageante m’a vraiment intriguée. Je me dis, si ce sont eux qui publient un roman de ce genre littéraire, c’est qu’il doit être exceptionnel ! Et peut-être veulent-ils également se lancer dans l’imaginaire… ce serait une super idée, il me semble.

Et puis… j’ai aussi reçu le livre, donc je vais pouvoir vous en parler plus amplement très rapidement ! Je vous laisse vous abreuver de l’argumentaire de l’éditeur en attendant le 4 octobre prochain… Allez, courage, c’est pour bientôt.

Présentation de l’éditeur :

C’est la fin de notre ère.

Aux quatre coins d’une planète surpeuplée et en plein dévastation, six mystérieuses Portes apparaissent, ouvrant des brèches vers des mondes inconnus. En quête d’une terre promise, fuyant la misère et la mort, des flux d’hommes, de femmes et d’enfants désespérés, les « Affamés », se pressent aveuglément vers ces Six Mondes, ignorant tout à leur sujet.

Quels secrets renferment ces portes ? Que mal ronge les Affamés ? Quelle est la nature des Six Mondes ?

En ces temps de détresse où la violence et le chacun-pour-soi font rage, seul trois enfants pourront le découvrir. Tupà, Ekian et Ashoka ne se connaissent pas, ils vivent à des milliers de kilomètres de distance. Pourtant, leurs destins sont liés. De leur union dépendra le sort de la Sublime Communauté.

Chronique : La Sélection – Tome 3 – L’élue

Un troisième et dernier opus qui fonctionne bien, mais que l’on aurait voulu plus dense en termes de développements

On ne présente plus l’auteur américaine Kiera Cass, auteur de la saga à succès La Sélection. A la base, La Sélection était une trilogie, mais depuis, deux autres tomes sont sortis, faisant partie d’un second cycle se déroulant de nombreuses années plus tard. Des nouvelles autour de l’univers de La Sélection sont également parues, toujours dans la collection R sous le nom La Sélection – Histoires secrètes. Enfin, le 22 septembre 2016 est paru son tout dernier roman : La Sirène.

Une compétition âpre à son apogée

Elles ne sont plus très nombreuses à convoiter le cœur du Prince Maxon, et donc toutes proches du trône… America est de plus en plus hésitante quant à son avenir, son cœur, ses convictions… Car aimer Maxon, c’est également épouser les conviction de sa potentielle future belle-famille, mais America saura-t-elle convaincre et incarner tout cela ? Et en a-t-elle envie ? Voici enfin le dénouement que l’on attendait tant !

Des tergiversations en grand nombre qui desservent l’intrigue

Ce troisième tome devait être celui du dénouement, celui où la géopolitique de ces pays du futur nous serait expliquée. Mais au final, les motivations de chacun restent encore bien trop floues. De nombreux secrets entourent encore les attentats menés par certains activistes durant la Sélection.

Cependant, quand il s’agit de politique, America devient un personnage brillant, plein de verve. Elle est tout simplement lumineuse. On l’admire pour ce qu’elle est en train de devenir et qui pourrait changer la donne aux yeux du public… pour la famille royale, c’est autre chose !

Malheureusement, ces épisodes de réflexion ne sont pas assez nombreux pour rendre L’élue captivant. Le reste du roman se perd en hésitations, errements amoureux… C’est un peu trop long et prévisible pour rendre le tout aussi efficace que les deux premiers tomes.

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Trop de questions en suspens, un final relativement prévisible, L’élue offre une conclusion qui satisfera surtout la partie romance de l’intrigue. Pour ce qui est de la partie sociale et politique, on peut supposer que les nouveaux tomes parus depuis apportent leur lot de réponse ? Affaire à suivre car il faut avouer une chose, La Sélection est une saga extrêmement captivante, et son côté fleur bleue ne déplaît pas !

Chronique : The Book of Ivy – Tome 2 – The Revolution of Ivy

the-book-of-ivy-2-the-revolution-of-ivySuite et fin d’une dystopie mélangeant exil, dictature, jeux de pouvoirs et survie…

Amy Engel est une auteur d’origine américaine. The Book of Ivy est sa première série de livres pour ados qui comprend deux tomes : The Book of Ivy et The Revolution of Ivy. L’histoire a beau être assez simple, elle fonctionne bien car elle est efficace.

Après les hautes sphères du pouvoir, l’exil

A la fin du premier tome, nous laissions Ivy sur une conclusion très dangereuse. Tout juste exilée de Westfall pour haute trahison, la jeune femme se doit de survivre malgré l’hiver qui approche. Mais cela s’annonce extrêmement difficile et dangereux car elle est du même côté de la barrière que des violeurs et des tueurs… Pourra-t-elle s’en sortir ? Quel nouveau but Ivy peut-elle se fixer dans ce monde de silence et de précarité ?

Un roman qui va droit au but

On appréciera l’efficacité qu’a réussit à mettre Amy Engel dans sa courte saga. Jamais de longueurs dans la narration, des dialogues précis, simples, efficaces. On comprend le succès de la saga tant elle se lit vite.

Les sentiments de la jeune femme sont à la fois simples à comprendre, et surtout, on les ressent au même titre qu’elle. On a peur pour sa vie et pour son intégrité physique, on craint le froid et la faim avec elle… On se prend également d’attachement pour le fameux couple Ivy/Bishop qui réussira à être développé de façon très intéressante malgré les obstacles au fil des pages !

La trame est ainsi très classique et on s’attend à pas mal de choses tout au long de ce roman qui se révèle assez prévisible, mais pas décevant. La seconde partie est celle qui réussit le plus à étonner le lecteur par ses enchainements de révélations… Nous faisons la découverte d’une ville de Westfall absolument transfigurée et traumatisée dont le déclencheur n’était autre… qu’Ivy !

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C’est donc une belle réflexion sur la politique, la société et ses diktats sous couvert de proposer un roman young-adult. En effet, la saga d’Ivy a beau proposer une duologie divertissante et efficace, elle pousse également à s’interroger et réfléchir. Ils posent également une question : une personne peut-elle tout changer ? A classer avec Hunger Games, Divergente, Dualed ou encore La Sélection.

On sent qu’Amy Engel n’en est qu’aux prémices de son œuvre, il faut donc la suivre de près !

Chronique : L’élite – Tome 2 – Le Test

L'élite 02La suite des intrigues autour de Cia n’ont pas fini de nous surprendre, et le Test est bien loin d’être terminé…

Second tome de la trilogie dystopique L’élite, Sous surveillance est paru en février 2015 aux éditions Milan, dans la collection Macadam. Le premier tome de la saga avait forte impression sur le site, et lire la suite était quelque chose que j’attendais avec beaucoup d’impatience… Alors cette suite est-elle à la hauteur ? Vous allez le savoir à la suite de ces lignes…

L’Université de Tosu enfin à la portée de Cia

Après de nombreuses épreuves mortelles, des trahisons en nombre, des complots de grande ampleurs et autres coups tordus, Cia est enfin sélectionnée pour étudier à l’Université de Tosu. Mais ce qu’elle et ses futurs camarades de promos ignorent, c’est que le Test ne fini jamais vraiment… en effet, l’admission passée, une multitude d’examens visant à sélectionner encore les élèves sont à a venir. Certains sont pénalisants, mais d’autres sont encore et toujours… mortels.

Quand l’Université de Tosu et le gouvernement cesseront-ils les Tests afin d’améliorer le quotidien de leurs administrés ? La réponse à venir reste floue, et le pourquoi de tout cet écrémage par le haut encore plus…

Toujours efficace, toujours dans l’action

Joelle Charbonneau tire des ficelles similaires au premier opus de la saga, mais elles sont toujours efficaces malgré quelques petites redondances. Certaines surprises nous permettent de rester en haleine, et surtout l’échelle des complots mené s’avère être beaucoup plus étendue que ce que l’on croyait au premier abord… C’est à en faire froid dans le dos.

Pour faire simple sans trop développer, sachez juste que les jeux de pouvoirs se jouent là où on ne les attend pas…

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Ce second tome de la saga post-apocalyptique de Joelle Charbonneau est ainsi plaisant à lire et à découvrir. On adorera ces moments sur le fil quand les tests mortels se cachent là où on ne les attend pas.

C’est donc avec impatience que l’on attend la suite et fin de L’élite qui peut se hisser au rang des meilleures dystopies même si elle est beaucoup moins plébiscitée. Bref, c’est une belle découverte !

Chronique : Divergente – Tome 2

Divergent 2Suite d’une saga qui avait su nous rendre addictifs dès le premier tome !

Premier écrit de Veronica Roth, Divergent est une trilogie dystopique ultra efficace. L’histoire est centrée à l’échelle d’une ville, nous y suivons la jeune Tris, qui se trouve être une Divergente, elle n’entre pas dans les cases créés par cette société du futur…

Après un premier tome extrêmement surprenant et ingénieux, dire que la suite était à lire d’urgence est un doux euphémisme !

De retour dans un monde aux dangers multiples

A la fin du premier opus, nous laissions Tris et Quatre avec beaucoup de questionnements quant à leur avenir, mais également leur monde à changer… Mais cela va-t-il réellement se réaliser ou d’autres obstacles vont-ils se dresser devant Tris et ceux qui la suivent ?

Efficace, mais légèrement en deçà du premier opus

Veronica Roth nous fait à nouveau explorer son univers et le développe peu à peu. On retrouve ce qui avait tant plus dans le premier tome : le système des factions, les hautes technologies qui manipulent l’esprit et la perception et surtout deux héros forts que l’on désire suivre jusqu’au bout du monde !

Dans ce second tome, l’auteur reprend les éléments qui ont si bien fonctionné dans le précédent, mais cela fait qu’il y a peu de nouveautés au final. On reste toutefois pris par l’intrigue, dont on veut connaître tous les tenants et aboutissants. Il y a plus de lenteurs, et moins de révélations, mais certaines scènes restes toutefois mémorables et extrêmement sous tension.

Et surtout, l’auteur réussit à nous avoir avec quelques beaux twists parsemés ça et là dans l’intrigue. Il faut absolument saluer le dernier chapitre de l’ouvrage absolument grandiose et qui nous laisse vraiment pantois. On ne brule que d’une chose après cette lecture, se ruer sur l’ultime tome de la trilogie !

Divergent 2 VOCe second tome est ainsi celui de la transition. On voit bien que Veronica Roth essaye de nous amener tout doucement vers quelque chose qui sera autre, différent, surprenant. Ce second tome n’est ainsi pas le plus saisissant de la saga, mais il reste nécessaire et efficace malgre quelques lenteurs.

On découvre d’autres facettes de nos personnages fétiches, l’univers de Divergente se dévoile jusqu’à nous laisser des interrogations auxquelles on brule d’avoir les réponses de le troisième et dernier opus ! Bref, c’est un joli tour que nous joue ici Veronica Roth, qui manie parfaitement l’art du suspense…

Chronique : The book of Ivy – Tome 1

The Book of Ivy 1Dans un monde dévasté par la guerre nucléaire, les luttes de pouvoirs sévissent encore et toujours…

The Book of Ivy (le titre original a été conservé) vient de paraître en mars 2015 aux éditions Lumen. Il s’agit du premier tome d’une série qui en comportera deux au total. Il s’agit du tout premier roman de l’américaine Amy Engel.

Trahison est son maître mot depuis l’enfance…

Ivy est une adolescente prête à se marier. En réalité, elle est même obligée de se marier. Elle a l’âge requis pour prétendre à cet acte solennel et surtout, son nom de famille la désigne d’office pour être la femme du fils du Président. En effet, Ivy est une Westfall, une descendante du Fondateur tandis que son futur mari est un Lattimer, la lignée de ceux qui gouvernent. Leur union est censée concrétiser de manière forte la paix entre ces deux camps qui s’opposent depuis plusieurs décennies.

Depuis des années, tous les adolescents des deux communautés politiques en âge de se marier sont unis afin d’éviter les dissensions et créer une paix durable. Ces mariages n’ont rien à voir avec les sentiments et personne ne choisi avec qui il sera uni… le futur a fait régresser l’humanité en termes de liberté.

Mais Ivy est bien loin de ces considérations sentimentalistes : trois mois après son mariage, elle sait qu’elle devra tuer Bishop, son mari. Cet acte permettra à sa famille de reprendre enfin le pouvoir tant convoité…

Un futur en ruines bien dépeint, mais qui reste très classique

L’histoire de The Book of Ivy est une dystopie très classique dans sa façon de faire évoluer ses personnages. On sent que le mariage d’Ivy n’est pas celui auquel elle s’attendait. Bishop est attentionné, doux, sensible… tout le contraire de l’image que sa famille lui avait donné au fil des années. Elle qui pensait être dans le conflit, elle se retrouve bien déçue de ne pas avoir de matière pour le détester… En cela, la montée lente de sentiments nouveaux est bien retranscrite.

Peu à peu, on sent que les années de « formation » d’Ivy n’ont peut-être pas été aussi objectives qu’elle le pensait. En même temps, comment parler d’objectivité quand le sujet abordé est lié à un meurtre ?

Mais ces sentiments nouveaux ne sont pas franchement une surprise, non. Le plus intéressant reste l’univers et la société décrits. Amy Engel aborde des thèmes intéressants et toujours d’actualité : la peine de mort mais également les mariages arrangés (oui, ça existe encore). L’histoire met en relief ces deux problématiques de fond. Le roman ne prétend pas donner la réponse, mais ouvre des pistes : une femme qui refuse un mariage arrangé a-t-elle le droit à la même peine qu’un violeur et un tueur ? Dans le monde d’Ivy oui…

Ce besoin d’apporter une réflexion on le ressent, mais l’auteur ne va pas encore assez loin pour moi au final. On reste beaucoup trop centré sur l’histoire d’Ivy et de Bishop.

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En somme, The Book of Ivy est un roman young-adult sympathique mais qui manque d’effets de surprise car très (trop) classique. L’auteur aurait pu compenser cela par une description encore plus étoffée du monde dans lequel Ivy évolue. Mais soyons honnêtes, on a très envie de connaître la suite car les derniers chapitres soulèvent de nombreuses questions…

On ne sait pas encore si le nom d’Ivy (qui veut dire lierre en français) a une réelle signification d’ordre symbolique dans l’histoire, peut-être aurons-nous la réponse dans le second tome. La suite est prévue pour novembre 2015 aux Etats-Unis sous le titre The revolution of Ivy.