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Chronique YA : Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?

Mon plus gros coup de coeur de l’année 2023 en jeunesse, c’est CE LIVRE ! (mais comme je mets du temps à publier mes chroniques, vous ne le savez que maintenant…)

Nous ne sommes qu’au mois de juin lorsque j’écris ces lignes, je prends donc le risque de mentir en disant que c’est mon roman préféré de 2023 pour la tranche des 11/14 ans. Mais ce roman est d’une telle finesse que je résiste pas à l’excitation de dire que c’est déjà mon favori !


L’ouvrage est paru initialement chez Hélium en 2011, il vient tout juste de sortir chez Le livre de Poche Jeunesse, soit 12 ans après sa sortie en grand format. La preuve qu’il faut parfois garder espoir sur une sortie poche. C’est justement grâce à sa parution en poche que j’ai pu mettre la main dessus et le découvrir. En grand format, l’ouvrage avait été vendu à 10 000 exemplaires en France, un véritable succès !

Dear George Clooney a été traduit avec talent et amour par Valérie Le Plouhinec, et ça se sent à chaque mot de chaque phrase !

Si vous ne connaissez pas encore Susin Nielsen, sachez qu’elle a écrit quantité d’autres ouvrages : On est tous faits de molécules (Hélium), Les optimistes meurent en premier (Hélium), Partis sans laisser d’adresse (Hélium)… Ils ont tous l’air bien !

La « routine » d’une vie bouleversée

Violette Gustafon est une adolescente dont les parents sont divorcés. Sauf que la situation est difficile à accepter pour elle, d’autant plus que son père a refait sa vie. Violette maintenant deux petites demi-sœurs jumelles en plus de sa petite sœur, et ça, c’est très dur à encaisser. Surtout quand elle voit sa mère tenter par tous les moyens de retrouver un homme dans sa vie, quitte à tomber sur les pires cas possibles : le bizarre chelou, le radin, ou encore celui qui n’aime pas les enfants.

Mais cette fois, Violette a idée lumineuse, il y a bien un homme en effet qui remplit tous ses critères d’exigeance en terme de futur père adoptif, et cette personne c’est le parfait et sexy George Clooney. Il n’y a plus qu’à le contacter et le convaincre d’épouser sa mère ! Facile.

Du l’humour subtil pour panser ses blessures

Le génie de Susin Nielsen réside dans la façon dont Violette gère les choses avec un humour qu’on peux qualifier de monstre. Oui, elle est revancharde et elle en veut à la terre entière alors faire manger des crottes de chats à ses demi-sœurs lui paraît un juste vengeance. Préparer des questionnaires très invasifs pour les petits amis de sa mère aussi fait partie de son rôle de grande sœur, du moins le croit-elle.
Mais ce qui est réellement génial, c’est que l’autrice réussit à parler de sujets complexes au niveau des sentiments tout en les rendant légitimes. On comprend la colère de Violette, son sentiment de perte et d’injustice, sa peur de voir sa mère retomber amoureuse et être à nouveau trahie… Tout cela est magnifiquement mis en mot par Susin Nielsen, bien mieux que tout ce que je pourrais vous dire.

Et surtout, toutes ces problématiques mentionnées plus hauts sont traitées avec un humour incroyable. C’est là la plus grande qualité de ce roman : réussir à tout faire passer par le biais d’un humour grinçant et de haute volée. C’est à la fois subtil et énorme, drôle et parfois atterrant de bêtises, et ça fonctionne !

C’est le genre de roman qu’on a envie de lire pour rire du quotidien et de ses problèmes, et pas besoin d’avoir des parents divorcés pour apprécier ce roman très juste sur les ressentis des ados et préados.

A découvrir dès l’âge de 12/13 ans, puis sans aucune restriction ! Je déclare ce roman d’utilité publique pour redonner sourire et bonne humeur à toute personne qui le lira ! Pour moi, c’est un sans faute, je le mets ex-aequo sur le podium avec La troisième vengeance de Robert Poutifard de Jean-Claude Mourlevat. Ces deux romans mélangent humour et émotions le tout avec un talent fou qui les rend accessibles à tous sans se cantonner à la jeunesse.

Chronique jeunesse : Les mésaventures d’Émilien – Tome 1 – Baby-sitter blues

Marie-Aude Murail est une autrice de talent à la production absolument vertigineuse… et qui plus est de qualité, chose rare. Elle a écrit beaucoup d’ouvrages dont beaucoup sont devenus des classiques dans le paysage de la littérature jeunesse : Oh boy ! La série Sauveur & Fils, Simple, L’assassin est au collège, Miss Charity… et Baby-sitter blues !
Vous l’aurez compris, Marie-Aude Murail est une référence incontournable dès que l’on parle de littérature jeunesse et ado. Et parmi ces nombreuses références, il y a Baby-sitters blues… un classique paru en 1988 et qui a maintenant un charme désuet et une verve folle.

Tout commence par un magnétoscope…

Émilien veut ABSOLUMENT un magnétoscope, mais ce n’est pas sa mère qui pourra le lui payer (du moins pas entièrement). Une seule solution : faire du baby-sitting. Et c’est ainsi que commence l’histoire d’Émilien qui va devoir disséminer quelques petits mensonges pour commencer à garder des bébés. Et même si c’est très laborieux au début, le jeune homme va commencer à s’attacher à ces enfants qu’il va peu à peu connaître et aimer !

Une histoire touchante et génialement drôle

En très peu de pages, on est tout de suite transporté par l’histoire d’Émilien. Le jeune homme est extrêmement drôle et créatif quand il s’agit pour lui de parvenir à ses fins (garder plein d’enfants pour acheter le plus vite possible le fameux magnétoscope). Les petits mensonges qu’il sème derrière lui sont drôles et vont l’amener à certaines situations très drôles.
Mais surtout, on voit son évolution. Ce qui était au début un moyen relativement facile de se faire de l’argent de poche va devenir pour lui une véritable passion. Émilien va se mettre à dévorer les livres de puériculture, à se passionner pour chaque enfant qu’il garde et les aimer comme s’il était de leur famille. C’est extrêmement beau de voir l’évolution de cet ado qui faisait ce petit boulot pour avoir son magnétoscope évoluer et se découvrir un amour véritable pour les enfants.

Mais Baby-sitter blues, ce n’est pas que cette histoire. Il y a celle d’autres personnages qui entrent en collision avec celle d’Émilien, certaines pour donner de belles choses, d’autres dont il lui faudra se méfier… Tout est très abouti et malin dans ce roman qui saura faire sourire ses lecteurs. Il faut avouer qu’Émilien est très attachant, fort drôle et même son impertinence vous fera sourire. En tout cas, pour moi ce fut un coup de foudre littéraire pour ce personnage.

« A ce qu’il paraît (ma mémoire est très imprécise sur cette période, je suis obligé de faire confiance à des témoins), à ce qu’il paraît, je ne voulais jamais m’endormir le soir, quand j’avais deux mois. Je souffrais de coliques atroces. Personnellement, je ne me souviens de rien. Mais ma mère m’a certifié qu’elle me chantait pendant des heures cette poétique petite berceuse :

« Qui a vu dans la rue le petit ver de terre,
Qui a vu dans la nue le p’tit ver tout n
u ?

J’aime autant vous prévenir qu’il n’y a pas de réponse à cette question. »

Je ne saurais que trop vous conseiller ce roman destiné à la jeunesse, il est original, drôle et vous fera passer un excellent moment ! Et j’aime ce petit décalage dans le temps avec Émilien qui rêve d’un magnétoscope, le nec plus ultra de l’époque en somme. A découvrir dès l’âge de 11/12 ans environ.

Chronique Jeunesse : Les intraterrestres

Ils sont mignons/laids, ils ont un langage incompréhensible/génial et adorent les chaussettes qui puent/sentent la fleur…

Manu Causse est un auteur français qui écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Il a déjà écrit (pour ne citer qu’eux) : Le pire concert de l’histoire du rock, Les fils de George, L’eau des rêves

Avec Les Intraterrestres, Manu Causse fait son entrée dans la super collection jeunesse de Talents Hauts : Zazou !

Enfermé dans les vestiaires la veille des vacances !

Titouan est un garçon intelligent, doué, passionné par la saga de bd Junior Jones de l’espace. Pendant la période scolaire, il est dans un pensionnat à l’allure affreuse. Les gens qui s’en occupent font tout pour réduire les coûts, ils n’aiment même pas les enfants et font tout pour en faire le moins possible…

S’il n’y avait que cela, le quotidien serait à peu près supportable pour Titouan. Mais il est un véritable souffre-douleur pour l’un de ses « camarades » : Cédric Ceinture… Après s’être fait volé sa collection complète des Junior Jones, voici que Cédric l’enferme volontairement dans les vestiaires puants de l’école ! Et cela, juste avant les vacances de Noël… Comment va-t-il faire pour manger ? Pour tenir par ce froid pendant deux semaines ?

C’est là que Titouan va découvrir une chose merveilleuse et insoupçonnée dans les vestiaires, plus particulièrement dans le coin des chaussettes sales… un passage mécanogalactique ! Mais il va également faire la rencontre des terribles petits intraterrestres !

Un roman jeunesse efficace et plaisant

Pour les jeunes lecteurs dès l’âge de 8/9 ans, Les intraterrestres devrait tenir toutes ses promesses !

Ces étranges petits monstres, bien qu’assez inquiétants, sont également très drôles. Leur langage n’est d’ailleurs pas sans faire penser à celui des minions ! Des phrases hachées, des mots collés, des sonorités bien spéciales. Je vous laisse juge, mais j’ai trouvé cela très bien fait, on ne tombe pas du tout dans l’imitation. Manu Causse a su créer ses propres petits monstres, et ils sont réussis :

  • Antandukékchoz, Cruz !
  • Antanduhossi, Purux !
  • Z’onfilondécamp’, Crux ?
  • Passur, Purux.
  • Z’onfilondécamp’fissa. Vienzavecmoi !

L’aventure que va vivre Titouan est ainsi drôle et prenante. On se laisse facilement entrainer dans l’étrange trou mécanogalactique et l’univers des intraterrestres. Ils sont amusants, attachants malgré leurs intentions belliqueuses et marquent par leurs drôles de manies. Ils détestent les choses qui fonctionnent par paires et les choses qui sentent bon, par exemple.

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En somme, Les intraterrestres est un bon roman jeunesse, peut-être un tout petit peu trop introductif ? Une suite est d’ailleurs sortie et s’intitule Les intraterrestres – La Venzanche pour ceux qui voudraient creuser l’univers des auteurs !

Chronique : Brexit Romance

Le nouveau Clémentine Beauvais est arrivé… et il est totalement crazy !

Comment parler d’un sujet aussi brulant d’actualité qu’est le Brexit (malgré plus de deux ans après le référendum, beaucoup de choses sont encore en tractations et en réflexions…) tout en mêlant humour et style déjanté ? Il n’y a que Clémentine Beauvais qui aurait pu réussir ce tour, elle, l’autrice française la plus Britannique ! Elle vit et travaille à York en tant que maître de conférence, elle traduit également de nombreux ouvrages, et aussi ce qui nous intéresse ici, elle écrit.

On luit doit déjà quelques pépites dans le monde de l’édition pour la jeunesse avec notamment : Les petites reines (bientôt adapté au cinéma et déjà au théâtre), Songe à la douceur (une réécriture en vers libres d’Eugène Onéguine de Pouchkine, rien que ça !) ou encore Comme des images (l’un de ses premiers romans, une véritable claque).

Avec Brexit Romance, elle nous propose un roman aux apparences légères, mais qui revêt de nombreuses réflexions sur notre époque et ses changements (sociaux, économiques…).

Mariage pluvieux…

Le Brexit a beau avoir été voté par la majorité des Britanniques, ils sont nombreux à vouloir se rebeller à face à cet état de fait. C’est ainsi que Justine, anglaise jusqu’au bout des ongles, décide de créer Brexit Romance (officieusement) alias Mariage Pluvieux (officiellement). Le but caché de cette entreprise ? Marier des anglais à des français qui ne se connaissent pas afin qu’ils ne perdent pas leur passeport Européen. Bref, un pur mariage blanc. Pourquoi cela ? Pour moult raisons, et la première étant : parce que. Pour le plaisir de savoir que l’on peux partir où on veux quand on veux, ou travailler ailleurs qu’en Angleterre… Cette liberté a été enlevée à tous les anglais quand le Brexit est arrivé.

Mais Justine n’est pas la seule protagoniste de cette histoire… Il y a également Marguerite, française, orpheline, qui a réussi à se hisser dans les plus hautes sphères grâce à sa sublime voix de soprano. Elle va à Londres pour une journée à l’occasion d’une représentation, accompagnée de Pierre, son professeur. Ils sont liés depuis tant d’années qu’une complicité unique s’est nouée entre eux, mais il n’est aucunement question de romance.

Ce qui importe ici, c’est comment Clémentine Beauvais va réussir à lier tout ce beau monde alors qu’ils n’ont rien en commun. Justine est une pure pragmatique, Marguerite une rêveuse, Kamenev est loin d’être un comique, et un certain Cosmo qui fait partie de l’élite anglaise va interférer avec les vies de tout le monde… mais comment ?

Mariage heureux ? 

Si vous avez envie d’un roman léger et drôle, Brexit Romance est fait pour vous. Plus que son histoire, c’est avant tout sa forme qui surprend et plaît. En effet, rempli d’anecdotes culturelles sur l’Angleterre, Brexit Romance vous offrira un dépaysement total !

Et surtout, Clémentine Beauvais est une artiste quand il s’agit de donner vie à des dialogues (cf photo ci-jointe).

Autre fait vraiment plaisant, elle traduit littéralement quantité d’expressions en français, car tous les personnages parlent en anglais. Ce qui donne « Enfer sanglant ! » pour « Bloody hell !« , ou encore pour « bullshit » dont je vous laisse découvrir la merveilleuse traduction littérale…

En ce qui concerne le cœur de l’intrigue, on passe un très bon moment, même si j’ai trouvé un peu longues les cinquante dernières pages.

On ne lit clairement pas Brexit Romance pour son intrigue, mais pour son ambiance délurée et un peu vaudeville. C’est une bouffée d’air frais, car pour moi ce roman a toute sa place aussi bien chez les ados dès 15 ans, que chez les adultes.

Il y a des références pour tous les âges, d’Instagram et Amazon en passant par la politique (on croise même Marine Le Pen lors d’une soirée) sans oublier pas mal de références culturelles, c’est un délice.

On appréciera également les très nombreuses références à Alice au Pays des Merveilles « Mais tout le monde est fou ici ! » ou encore le match de croquet en pleine campagne anglaise qui n’est pas sans rappeler une scène mythique du roman de Lewis Carroll…

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Alors, qu’attendez-vous pour militer vous aussi contre le Brexit ? Cherchez un anglais ou une anglaise grâce à l’application Brexit Romance et mariez-vous avec des lamas pour faire de belles photos (au cas ou l’immigration vérifierait…).

Vous l’aurez compris, Brexit Romance fait partie des incontournables de cette Rentrée Littéraire 2018 !

Chronique : Agatha Raisin – Tome 2 – Remède de cheval

Une suite tout aussi fraiche et sympathique que le premier opus !

Agatha Raisin est une série 100% British qui vous fera passer un excellent moment de lecture. Si vous aimez les romans frais, drôles, aux personnages mémorables et attachants, vous êtes parfaitement tombés.

En France, il y a déjà dix tomes de parus, tous aux éditions Albin Michel. Mais en Angleterre, il y a déjà vingt-huit ouvrages de parus !

Un vétérinaire au charme fou

Enfin, après un premier tome très mouvementé, Agatha Raisin est bien installée au calme dans son petit cottage de Carsely, avec ses deux chats. Mais bien qu’elle soit enfin dans les conditions idéales pour se reposer et vaquer à ses occupations Agatha va soulever un nouveau lièvre… comment ? qui ? pourquoi ? Impossible de tout vous raconter, mais il est question d’un vétérinaire mort par accident et d’une Agatha toujours un peu trop curieuse… Alors, qu’en est-il vraiment ? Elle et son beau voisin James Lacey décident de tirer ça au clair !

Un second tome tout aussi drôle et délicieux

Une chose est certaine, ceux qui étaient tombés sous le charme de La quiche fatale seront tout aussi conquis par Remède de cheval. On a beau avoir les même genres de ficelles, c’est avec grand plaisir que l’on découvre cette nouvelle aventure d’Agatha Raisin !

Plus que pour l’intrigue, c’est surtout pour les personnages et l’ambiance que l’on a envie de connaître l’histoire. Agatha est totalement accro à James Lacey, mais lui semble totalement indifférent… cela va-t-il durer ? Et puis, il y a bien entendu l’affaire de ce vétérinaire décédé brutalement suite à une mauvaise manipulation… Sans oublier tous ces détails et autres personnages qui font de la saga ce qu’elle est : captivante et drôle à tous points de vue.

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En somme, ce second tome confirme la réussite de cette série de livres. Attention toutefois à ne pas lire les Agatha Raisin à la suite, car ils peuvent paraître assez redondants. Le mieux est d’en espacer les lectures pour en conserver toute la saveur (et ne pas les dévorer très vite ! C’est comme une gourmandise sucrée ces livres). Bref, c’est la parfaite lecture doudou/cocooning pour qui veut passer un merveilleux et doux moment de lecture !

La série de romans Agatha Raisin :

  • Tome 1 – La quiche fatale
  • Tome 2 – Remède de cheval
  • Tome 3 – Pas de pot pour la jardinière
  • Tome 4 – Randonnée mortelle
  • Tome 5 – Pour le meilleur et pour le pire
  • Tome 6 – Vacances tous risques
  • Tome 7 – A la claire fontaine
  • Tome 8 – Coiffeur pour dames
  • Tome 9 – Sale temps pour les sorcières
  • Tome 10 – Panique au manoir
  • Tome 11 – L’enfer de l’amour
  • Tome 12 – Crime et déluge
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Chronique Jeunesse : Le journal de Gurty – Tome 3 – Marrons à gogo

Gurty is back ! Toujours aussi génial et déjanté, voici le troisième volume de ses aventures avec Fleur, Tête de Fesses et l’écureuil qui fait « hi hi » 

Largement chroniqué sur le blog, vous connaissez peut-être Bertrand Santini ? C’est un de mes auteurs pour la jeunesse favoris. On lui doit notamment : Le Yark (traduit de part le monde !), Hugo de la Nuit, et dernièrement est paru Miss Pook et les enfants de la lune.

Marrons à gogo est le troisième tome des aventures de Gurty, paru en septembre 2017, toujours chez Sarbacane dans la collection Pépix. Un nouveau tome est d’ailleurs prévu pour avril 2018.

Une nouvelle aventure signée Gurty

« Sous le pseudonyme de Bertrand Santini, Gurty a écrit et illustré ce livre elle-même. Fait remarquable, c’est la première fois dans l’histoire de la littérature qu’un ouvrage est entièrement rédigé par un chien ».

Et encore une fois, vous n’êtes pas prêts pour ce qui va tomber dessus !

Toujours aussi drôle et frais

Difficile d’être constant en termes de qualité quand on écrit une série. Et pourtant, Bertand Santini y arrive ! Après un premier opus excellentissime, un second très sympathique, le troisième est phénoménal.

Plusieurs scènes y sont aussi mythiques que géniale, dignes du « pipi arc-en-ciel » du premier tome ! (seuls les vrais savent).

Ce troisième tome réunit son lot de surprises, coups tordus et facéties. Vous découvrirez cette fois encore des scènes épiques et mémorables. Le coup de la citrouille coincée ou de l’ectoplasme de l’écureuil qui fait « hi hi » sont supers.

On croise même au détour d’un chapitre les créatures de Max et le Maximonstres ! (comment est-ce possible ? Il n’y a qu’en le lisant que vous saurez…).

Il y a un chapitre très différent de tous les autres qui  m’a marquée. Je pense qu’il est assez personnel car il détonne par rapport aux autres chapitres et à l’écriture de Gurty. Son titre : Bang ! Il a lieu durant le 1er novembre dans le journal de la petite chienne. Il s’agit donc de la Toussaint, et je pense qu’il y a une symbolique touchante derrière ce très court chapitre de deux pages seulement qui a des allures de poème… Il parle de la douleur des animaux quand ils perdent un être cher à cause des chasseurs…

En dehors de cet interlude qui détonne (mais ne déplait pas), tout le reste est d’un ton guilleret, vif, et drôle !

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Alors Gurty est-elle toujours aussi drôle ? Oui c’est certain. Il ne vous reste plus qu’à découvrir par vous-même ce troisième tome. C’est une fois encore une valeur sûre à proposer à tous les enfants entre 7 et 9 ans !

Petite précision, il n’est pas nécessaire de lire les livres dans l’ordre pour les apprécier (il y a un petit fil rouge, mais rien de crucial… c’est en lien avec l’IMC de cette pauvre Fleur…).

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Chronique roman jeunesse : La carotte se prend le choux

Une série d’enquêtes pour la jeunesse ayant pour protagonistes des légumes… le tout agrémenté de dialogues extrêmement florissants !

Emmanuel Trédez est un auteur français spécialisé dans la littérature jeunesse. La série En avant foot, Hercule, attention, travaux !, Qui veut le cœur d’Artie Show ?, tout cela, c’est lui !

Avec les romans Le hibou n’est pas manchot et La carotte se prend le chou, les éditions nous proposent de (re)découvrir ses romans.

Paru initialement en 2008, La carotte se prend le chou s’offre un nouveau design de couverture beaucoup plus sexy que précédemment. C’est l’occasion de se lancer dans cette nouvelle lecture !

Quatre enquêtes vitaminées d’Achille Carotte

Tout est dit dans cette petite phrase d’accroche apposée sur la couverture. Nous suivons le détective Belge de renom Achille Carotte : cereal killer, disparitions, légumes apeurés (et pas en purée), suivez des enquêtes totalement débridées et bourrées de jeux de mots !

Une série d’histoires efficaces et sympathiques

Adaptées à des jeunes lecteurs dès l’âge de 9-10 ans environ (l’éditeur dit 8 ans, mais je trouve qu’il y a trop de texte et de jeux de mots pour la bonne compréhension d’un lecteur de cet âge…), les enquêtes d’Achille Carotte sont aussi drôles qu’efficaces.

En effet, on entre immédiatement dans le vif du sujet : meurtre d’un citron, histoire d’amour interdite entre deux légumes de type différent… les affaires s’enchainent pour Achille, mais elles ne ressemblent pas !

Pourquoi j’aime ? Parce que l’auteur fait preuve d’une belle créativité dans son écriture. Les jeux de mots sont légion, et lire les histoires à haute voix ajoute à leur efficacité humoristique !

« Zamais un mot plus haut que l’autre, zamais un zeste déplacé ! » dit Louison le Citron…

« Quand Achille raccrocha, il savait qu’il tenait le bambou »

« Willy le Kiwi était épuisé. Peut-être à cause de sa rhubarbe de trois jours… »

Je continue ou vous commencez à cerner l’esprit de ce recueil d’enquêtes ? En somme, ce roman jeunesse est tout simplement à découvrir d’urgence par les enfants. Ceux qui aiment les enquêtes et l’humour seront servis, ceux qui aiment l’originalité également… Bref, cette découverte du monde d’Emmanuel Trédez est une véritable petite réussite.

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Pour ceux qui ont aimé ce roman, n’oubliez pas qu’il y a également dans la même collection Le hibou n’est pas manchot. Tout aussi efficace et bourré d’humour !

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Chronique : Agatha Raisin – Tome 1 – La quiche fatale

Le premier tome d’une série soooo British et craquante !

La quiche fatale est l’étrange titre du premier tome de la saga anglaise Agatha Raisin. Le premier d’une très longue série ! En France, nous avons pour le moment six tomes de parus chez Albin Michel, mais en VO, il y en a bien plus.

Pour les futurs moments de détente et de rires, vous pouvez ainsi remercier M.C. Beaton, l’auteure et créatrice de cette saga à l’héroïne curieuse et gaffeuse. Impossible de ne pas tomber sous le charme d’Agatha Raisin… je vais vous dire pourquoi !

Un besoin de calme et campagne après une vie active éreintante

C’est décidé pour Agatha Raisin : elle quitte Londres pour la campagne anglaise. Adieu l’agence de presse très cotée qu’elle a créé, les rendez-vous en chaîne, les coups de fils incessants, les dîners professionnels… Non, maintenant, c’est une vie calme et tranquille qui attend Agatha Raisin. C’est ainsi qu’elle prend une retraite anticipée et se trouve un adorable petit cottage dans un village reculé du pays, dans les Cotswolds.

Parfait… pour mourir d’ennui ! Ou mourir tout court… Comme va très vite le constater Agatha Raisin.

En effet, l’événement du village qu’est le concours de quiches va être le théâtre d’un drame. La quiche d’Agatha Raisin va tuer l’un de ses voisins ! Mais ce n’est pas elle qui a fait cela… mais alors qui donc a empoisonné la quiche de notre héroïne cinquantenaire ?

Elle qui a déjà du mal à s’intégrer au village à cause de son mode de vie trop citadin et son franc-parler, son meurtre par quiche interposée va rendre l’ambiance glaciale…

Fun, déjanté, improbable… et tellement génial !

Entre Agatha Raisin et moi, ce fut un coup de foudre immédiat. Premièrement, pour les couvertures à la fois drôles et décalées. Deuxièmement à cause du ton léger et drôle du roman… On se plonge avec délices dans l’ambiance d’une petite ville du fin fond de l’Angleterre. Merveilleux.

Dans ce premier tome, on fait la connaissance de la plupart des personnages qui seront récurrents par la suite : le couple de vieux insupportable qui n’a rien et qui veux tout (et qui fait aussi office de commère), la voisine acariâtre, l’homme à femmes, la riche propriétaire, la femme du pasteur, le policier… etc.

Tous ont leurs petits travers, défauts agaçants ou autre… mais Agatha est la pire de tous ! Commère, curieuse, insupportable par moments, exigeante… elle a tous les défauts et plus encore. Et je crois que c’est pour ça que je l’aime. Elle est juste normale, drôle, et surtout elle ose.

Elle veut absolument savoir comment sa quiche a pu tuer l’un de ses voisins, mais ce qu’elle ne sait pas, c’est que ce n’est que sa première enquête ! En effet, elle est si curieuse que même quand ça ne la concerne pas, elle s’en mêle, parfois plus que la police…

D’ailleurs, en parler des forces de l’ordre, vous découvrirez le charmant Bill Wong, un personnage que j’ai trouvé très attachant. Il a un petit quelque chose qui donne envie de tout avouer (même si vous n’avez rien fait !).

……

Alors, ce premier tome est-il un coup de cœur ? Oui ! J’ai adoré les frasques/bêtises/répliques d’Agatha. Cette femme a beau avoir la cinquantaine passée, elle est plus jeune dans sa tête que beaucoup de « jeune ». Elle s’autorise tout, est créative, drôle… on ne peut que tomber sous son charme étrange et pimpant.

Est-ce que j’y retournerais ? Oui, d’autant qu’il y a déjà six tomes de la série parus en France chez Albin Michel et que ça n’est pas près de s’arrêter vu le succès…

PS : Agatha Raisin a été adapté en série télévisée en Angleterre. En France, c’est France 3 qui a diffusé les épisodes. J’ai trouvé que c’était une excellente adaptation des ouvrages de M.C. Beaton. Les scénarios diffèrent légèrement sur le développement des personnages, mais l’ambiance est bien retranscrite, c’est à découvrir.

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Chronique : Il y a un robot dans le jardin

Le roman « trop mignon » des éditions Super 8 qui vous fera passer un merveilleux moment entre humour débridé, et aventure…

Premier roman de l’anglaise Deborah Install, Il y a un robot dans le jardin est le titre mignon et sf de cette année… à ne manquer sous aucun prétexte ! L’ouvrage est paru en janvier 2017, chez les géniales et atypiques éditions Super 8, qui comme toujours réussissent à nous surprendre.

« Chéri, il y a un robot dans le jardin »

C’est ainsi que commence le roman : cette phrase incongrue va être le déclencheur d’un véritable changement de vie pour les habitants de la maison où se trouve ledit jardin… Et l’étrange robot qui y a élu domicile. Tout cabossé, bringuebalant par certains endroits, et fuitant même, le petit robot est bon pour la casse, du moins selon Amy.

Mais pour Ben, qui n’a jamais réussit à s’accomplir dans quoi que ce soit, la présence de ce petit robot va éveiller quelque chose en lui… Quitte à tout plaquer pour trouver quelqu’un à même de le réparer, et parcourir le monde!

Un road-trip génial et fou… si savoureux qu’il en est presque trop court ! 

Si vous ne devez lire qu’un seul roman mêlant humour et sf cette année, misez tout sur celui-là ! Tout y est mémorable et mythique. Du relationnel touchant et unique entre Ben et Tang le petit robot décrépit, en passant par les nombreux pépins qu’ils vont rencontrer, tout y est génial…

Pêle-mêle, vous découvrirez : un hôtel paumé un peu étrange, un savant fou, une île où il fait bon vivre… Vous voyagerez aux États-Unis, au Japon et sur des îles paradisiaques.

Ce roman, c’est une véritable ode à l’aventure et à l’amitié ! C’est également un superbe ouvrage d’apprentissage où celui qui tire des leçons n’est pas forcément celui que l’on croit…

Chaque page se savoure, et chaque dialogue est génialement mis en scène par Deborah Install :

  •      « – Ben s’amuser ?
  • Oui, beaucoup. Merci. […]. Et toi, qu’est-ce que tu as fabriqué ?
  • Fabriqué ?
  • Qu’est-ce que tu as fait ? Tu as regardé la télévision tout le temps ?
  • Oui, sauf quand Tang téléphoner.
  • Pardon ?
  • Monsieur dans télé dire appeler. Alors Tang appeler.
  • Tu as appelé un jeu télévisé en direct ?
  • Oui.
  • Et le monsieur t’a répondu ?
  • Oui.
  • Et ?
  • Monsieur parler japonais. Tang pas comprendre. »

Et des échanges aussi absurdes/géniaux/incongrus de ce style, il y en a plein !

  • «  – Tu ne peux pas inventer un mot sans lui attribuer de signification.
  • Pourquoi ?
  • Comment ça, « pourquoi » ? C’est la règle du jeu !
  • Tang pas comprendre.
  • On dit : « Je ne comprends pas ».
  • Tang je ne comprends pas. »

On frise le génie avec des réparties comme ça, et surtout, c’est fou rire garanti, où que vous soyez en train de lire !

….

Il y a un robot dans le jardin, c’est un roman touchant et drôle à mettre entre toutes les mains. Puisque c’est la mode des feel good book, pourquoi n’y aurait-il pas un sous-genre en sf ? Ce roman en serait le digne représentant tant il est une merveille de positivisme et d’humour. C’est un énorme coup de cœur qui renouvelle une fois de plus ma confiance envers les éditions Super 8 !

Chronique jeunesse : Le hibou n’est pas manchot

Quatre histoires policière bourrées d’humour et d’oiseaux, à découvrir dès l’âge de 9-10 ans !

Souvenez-vous, nous avions déjà parlé du roman La carotte se prend le chou, du même auteur, aux éditions Nathan. Emmanuel Trédez revient avec le même concept : 4 histoires déjantées, mais cette fois-ci on quitte le monde des légumes pour celui des… volatiles !
Alors, est-ce que ça marche toujours aussi bien ? Oui !

Archie Duc, un enquêteur à la pointe de l’observation

Dans ce nouveau petit recueil de nouvelles policières, vous ferez la connaissance qu’est le fin limier Archie Duc. Aidé en cela par un apprenti poussin perspicace, et toute une petite équipe efficace, Archie Duc va mettre à mal les meurtriers et voleurs dans les différentes affaires qui lui tomberont sur le coin du bec !

« Au nom de l’oie, je vous arrête ! »

Comme le titre de cette seconde partie de chronique vous l’illustre bien, Le hibou n’est pas manchot est encore une fois un roman où les jeux de mots fleurissent. Les jeunes lecteurs vont devoir s’accrocher pour suivre, et c’est tant mieux ! Il ne faudrait pas que tout leur tombe tout cuit dans le bec non plus, si ?

Une lecture dynamique, enlevée et maligne, voici donc les maître mots de ce petit ouvrage de presque 150 pages. Le tout est parsemé de quelques illustrations très parlantes (et souvent comiques) qui animeront à merveille le tout.

On retrouve les mêmes ressorts comiques que dans le roman précédent (il n’y a pas d’ordre à respecter, les personnages sont d’ailleurs tous différents). De même, les intrigues, sont aussi simples qu’efficaces.
Bref, c’est le genre de roman parfait pour les enfants qui aiment peut-être déjà lire (ou non !), et qui souhaitent d’essayer à quelque chose de différent et d’un peu inclassable. A découvrir dès l’âge de 9 ans minimum, ce sera parfait.

Espérons maintenant que les éditions Nathan rééditeront les autres romans qu’avait écrits Emmanuel Trédez dans la même veine, je suis très curieuse de les découvrir…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,