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Chronique : La Faucheuse – Tome 1

Ce roman destiné aux adolescents n’est ni plus ni moins qu’une révélation. Neal Shusterman nous avait déjà habitué à d’excellents romans, mais avec La Faucheuse il atteint son paroxysme. Tout est mythique dans ce livre : l’intrigue, le système imaginé, les personnages, les répliques… UN GRAND MOMENT DE LA LITTÉRATURE DE L’IMAGINAIRE (ados, ou non).

Neal Shusterman est un auteur que j’adore depuis de très nombreuses années. Sa saga Les fragmentés avait été pour moi une révélation. C’était beau, fort, marquant… Je ne pensais pas que cet auteur réussirait à réitérer l’exploit, et c’est pourtant ce qu’il a fait avec La Faucheuse

Le glanage, une nouvelle façon de mourir pour remplacer la mort naturelle

L’homme a défié la nature. Il ne peut plus mourir, se rajeunissant régulièrement. Les grands-parents ont à nouveau des enfants, parfois en même temps que les leurs, devenus grands. La technologie a supplanté tous les problèmes liés à la mortalité. Le suicide n’existe plus, les accidents mortels non plus… l’homme a éradiqué la mort.

Mais ce bénéfice incroyable pour l’humanité a ses travers : la population mondiale est bien trop importante du point de vue des ressources. La planète à ses limites, et malgré la gestion parfaite de l’IA surpuissante qu’est le Thunderhead, il est nécessaire de limiter la population humaine. Le concept de mort n’existant plus, il y a désormais le glanage.

Seuls les Faucheurs sont habilités à glaner. Pour se faire, ils doivent respecter de nombreux quotas, être totalement impartiaux, ne jamais pencher vers quelque idéal que ce soit…

Un exercice difficile, c’est pour cela que le recrutement des faucheurs est extrêmement pointu. Comme vous allez le voir pour Citra et Rowen, deux adolescents qui n’ont rien demandé et qui n’ont absolument pas souhaité être apprenti-Faucheurs : ça tombe bien, c’est le premier critère pour en devenir un. Mais il n’y a qu’une seule place de Faucheur à prendre… Et si ils prenaient goût à leur apprentissage ?

Une TUERIE

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire La Faucheuse. Ce roman est d’une telle densité, d’une telle intelligence, que les superlatifs manquent. C’est fin, malin, les dialogues sont d’une justesse inouïe…

Et dès le début, on est pris par la scène d’ouverture. Elle est d’une sobriété et d’une violence extrêmement percutante. C’est paradoxal, mais c’est l’image exacte que m’ont donnée les premières pages de ce roman totalement inclassable.

Les deux apprentis-faucheurs, Citra et Rowan sont géniaux. Extrêmement attachants, terriblement influençables et pourtant si déterminés, ils sont un concentré de fragilité et de force.  Chacune de leurs réflexions, buts, sont terriblement humains, même dans les pires situations. Mais il y a encore mieux qu’eux : Maître Faraday. Sa droiture et son dévouement pour son travail en fait un modèle pour ses pairs. Il manie les armes tout comme sa langue avec dextérité… C’est l’un de mes personnages préférés.

Tout au long de ce roman de plus de 500 pages (que l’on ne voit pas défiler), nous découvrons les différent « types » de Faucheurs, et comment donner la mort peut devenir un art… Certains y excellent, d’autres n’y voient qu’un moyen d’assouvir des travers malsain. Car les Faucheurs ont un code d’honneur, et il est très intéressant. Vous aurez tout le roman pour découvrir les différents « courants de pensées » des Faucheurs.

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Mélangeant philosophie, réflexion, action, suspense, La Faucheuse est un roman qui détonne à tous les niveaux. Parfait pour ceux qui souhaitent s’attacher comme jamais à des personnages charismatiques que l’on a envie de suivre jusqu’à la mort…

Chronique : Je t’ai rêvé

Un roman young-adult touchant ayant pour thème un sujet aussi intéressant qu’important et méconnu : la schizophrénie

Je t’ai rêvé est un roman phénomène : très attendu en France par la blogosphère et grâce au bouche à oreille, il s’agit du premier ouvrage de Francesca Zappia. Le roman a d’ailleurs été remarqué et porté par John Green.

En France, c’est la collection R (chez Robert Laffont) qui l’a publié en 2015. Francesca Zappia a d’ores et déjà écrit un nouveau roman à paraître en mai 2017 aux Etats-Unis sous le titre : Eliza and her monsters. Gageons qu’il paraîtra en France un jour !

Une vie adolescente presque comme les autres

Alex est une adolescente fraîchement arrivée au lycée. Son objectif ? Se confronter à la vie normale pour éloigner la maladie… Mais est-ce seulement possible quand on est obligé de prendre en photo tout ce qui nous entoure et de vérifier qu’il ne s’agit pas de visions dues à la maladie ?

Un roman aussi touchant que déroutant

Au premier abord, Je t’ai rêvé est un roman très déstabilisant : on ne sait pas où nous emmène l’auteure, on ne comprend pas tout ce que nous raconte Alex, son passé nous étant que très peu exposé… Mais au fil des pages, on commence à comprendre les enjeux qu’il y a à être scolarisée pour cette adolescente dite instable et qui doit prendre des cachets pour rester dans la normalité.

Alex voit des choses que personne ne voit, anticipe des choses qui ne sont parfois que dans son esprit et nulle part ailleurs… Mais sa maladie est son secret, et elle va tout faire pour vivre normalement, suivre sa scolarité, se faire des amis… et des ennemis !

Je tiens à souligner que l’on est loin ici du roman classique américain qui se déroule sur un campus avec une héroïne en mal de reconnaissance. Ici, on est dans l’humain à 100%, dans le sentiment (sans la mièvrerie !), et dans une thématique totalement étonnante.

Non seulement Je t’ai rêvé est un magnifique roman sur l’adolescence, mais également sur la schizophrénie. On connaît très souvent le nom de cette maladie sans pour autant en comprendre les effets. Ici, tout nous est exprimé au travers des problèmes d’Alex et de sa persévérance…

Outre cette histoire de vie compliquée, c’est également une magnifique histoire d’amour – et d’enfance – qui nous est offerte. Loin d’être fleur bleue, on ne sait pas toujours vers ou (ou vers qui ?) on va, mais on savoure…

En lisant ce roman, vous passerez par toute une palette d’émotions : de la surprise à la haine pour certains personnages, de la joie à lire des scènes surréalistes et drôles pour d’autres. Tout y est, et c’est génial.

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Et ce n’est qu’à la fin que l’on comprend exactement où à voulu nous emmener Francesca Zappia. Le cheminement de son héroïne, ses errances, ses visions qui n’en sont pas toujours, ses théories du complot… Ce roman permet de voir autrement la maladie de façon générale et de voir le malade avant le mal qui l’atteint, et rien que pour cela, bravo !

A lire et à découvrir pour tous ceux qui veulent découvrir un roman atypique mêlant romance et adolescence de façon très intelligente et différente.

Chronique : La Sélection – Tome 3 – L’élue

Un troisième et dernier opus qui fonctionne bien, mais que l’on aurait voulu plus dense en termes de développements

On ne présente plus l’auteur américaine Kiera Cass, auteur de la saga à succès La Sélection. A la base, La Sélection était une trilogie, mais depuis, deux autres tomes sont sortis, faisant partie d’un second cycle se déroulant de nombreuses années plus tard. Des nouvelles autour de l’univers de La Sélection sont également parues, toujours dans la collection R sous le nom La Sélection – Histoires secrètes. Enfin, le 22 septembre 2016 est paru son tout dernier roman : La Sirène.

Une compétition âpre à son apogée

Elles ne sont plus très nombreuses à convoiter le cœur du Prince Maxon, et donc toutes proches du trône… America est de plus en plus hésitante quant à son avenir, son cœur, ses convictions… Car aimer Maxon, c’est également épouser les conviction de sa potentielle future belle-famille, mais America saura-t-elle convaincre et incarner tout cela ? Et en a-t-elle envie ? Voici enfin le dénouement que l’on attendait tant !

Des tergiversations en grand nombre qui desservent l’intrigue

Ce troisième tome devait être celui du dénouement, celui où la géopolitique de ces pays du futur nous serait expliquée. Mais au final, les motivations de chacun restent encore bien trop floues. De nombreux secrets entourent encore les attentats menés par certains activistes durant la Sélection.

Cependant, quand il s’agit de politique, America devient un personnage brillant, plein de verve. Elle est tout simplement lumineuse. On l’admire pour ce qu’elle est en train de devenir et qui pourrait changer la donne aux yeux du public… pour la famille royale, c’est autre chose !

Malheureusement, ces épisodes de réflexion ne sont pas assez nombreux pour rendre L’élue captivant. Le reste du roman se perd en hésitations, errements amoureux… C’est un peu trop long et prévisible pour rendre le tout aussi efficace que les deux premiers tomes.

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Trop de questions en suspens, un final relativement prévisible, L’élue offre une conclusion qui satisfera surtout la partie romance de l’intrigue. Pour ce qui est de la partie sociale et politique, on peut supposer que les nouveaux tomes parus depuis apportent leur lot de réponse ? Affaire à suivre car il faut avouer une chose, La Sélection est une saga extrêmement captivante, et son côté fleur bleue ne déplaît pas !

Interview de Victor Dixen pour sa saga Phobos

Phobos

Bonjour Victor, peux-tu te présenter aux lecteurs de La Bibliothèque de Glow ?

Victor Dixen : Je suis romancier et noctambule – la nuit est mon territoire d’inspiration, mon pays pour ainsi dire.

Phobos 1Comment est née la première idée de Phobos ?

Victor Dixen : L’effervescence de ces dernières années autour de la conquête spatiale en général et de Mars en particulier me fascine. Pour la première fois depuis que l’homme a marché sur la Lune, un autre monde est à portée de main humaine. Cela fait rêver – surtout la nuit, quand on regarde les étoiles.

Quelle était-elle ?

Victor Dixen : La première idée était très simple : la technologie actuelle permet de partir pour Mars, mais pas d’en revenir. Le rêve est donc en aller simple, sans espoir de retour – même s’il vire au cauchemar…

Combien de temps entre cette toute première idée et le résultat final ?

Victor Dixen : Une année, avec beaucoup de recherche sur l’astronomie et la technologie spatiale, pour donner à cette histoire toutes les couleurs de la réalité : le monde de Phobos, c’est déjà le nôtre.

Phobos 2 définitiveT’es-tu inspiré du projet Mars One et/ou du projet Mars 500 pour la psychologie de tes personnages ainsi que leur histoire ?

Victor Dixen : Plusieurs projets privés proposent en effet de prendre en charge la conquête de Mars, dont ces deux-là. Ils ont été moins médiatisés en France qu’à l’étranger. Reste que des dizaines de milliers de personnes ont postulé pour partir en aller simple. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à partir en abandonnant tout derrière lui ? Comment prend-on une telle décision ? Et surtout, qu’espère-t-on trouver à l’arrivée ? Ces questions sont au cœur de mon roman, et de chacun des passagers du Cupido.

Certaines télé-réalité t’ont-elles inspirées également ?

Victor Dixen : Je ne suis pas moi-même un gros consommateur de télé-réalité, mais même sans regarder ces émissions nous baignons dans la mise en scène permanente du réel et du soi. C’est le paradigme de notre époque, depuis les réseaux sociaux jusqu’aux selfies : il est impossible d’y échapper. Dans Phobos, j’ai poussé le curseur un peu plus loin – mais si peu !

Phobos origines

Comment ton texte est-il arrivé entre les mains de Glenn Tavennec ? (ndlr : responsable de la collection R)

Victor Dixen : J’ai pensé à la collection R en commençant à écrire Phobos, car ce roman me paraissait pouvoir s’y insérer parfaitement. Je connaissais Glenn et lorsque je lui ai parlé de cette histoire il a été emballé, ainsi que Constance et Fabrice avec qui il travaille.

 As-tu pu participer aux différentes étapes de réalisation de la couverture ?

Victor Dixen : J’essaye toujours de participer à l’élaboration des couvertures de mes livres, du choix de l’artiste à celui de la composition, car je considère que c’est comme l’affiche d’un film, le sourire d’un visage : le premier point de contact avec les futurs lecteurs.

En combien de tomes as-tu prévu cette saga ?

Victor Dixen : Phobos comportera 3 tomes… (mise à jour : il en comporté 4 au final + un préquel) si le programme Genesis ne m’élimine pas avant que j’aie eu le temps de dévoiler toute la vérité ! (ndlr : Le troisième tome de Phobos est à paraître pour le 24 novembre 2016).

Ma collection des quatre tomes de la saga Phobos, en effet, depuis l’interview il y a eu les fameux trois tomes d’écrits, et même un quatrième ! Il existe également un préquel avec Phobos Origines
AUTEUR :
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TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : Phobos, la nouvelle saga de Victor Dixen arrive dans la collection R en juin 2015

Phobos 1Peut-être connaissez l’auteur français Victor Dixen, Il a écrit de nombreux romans fantastiques à destinations des jeunes adultes. On peux notamment citer sa très bonne série Le cas Jack Spark (Pôle Fiction) ou encore le roman Animale (Gallimard Jeunesse), qui prend sa source dans les contes de fées.

En cette année 2015, Victor Dixen nous réserve une belle surprise avec une toute nouvelle série de sf nommée Phobos et dont le premier tome paraîtra en juin dans la Collection R (Robert Laffont). Pour voir de quoi il retourne, c’est dans le résumé de l’éditeur ci-dessous.

Pour les plus curieux, j’ai pu interviewer Victor Dixen sur l’univers de Phobos. C’est juste ici !

Quoi qu’il en soit, le nom de Victor Dixen en lui-même est déjà un gage de qualité (personnages extrêmement travaillés, écriture percutante), de même que celui de la collection. On ne demande plus qu’à le lire !

Quatrième de couverture :

Dans un futur proche. Le fonds d’investissement privé Atlas a racheté la Nasa avec l’intention affichée de relancer la conquête spatiale grâce au programme de téléréalité le plus ambitieux de tous les temps : le programme Genesis.

Phobos 2Six filles et six garçons âgés de 17 à 20 ans ont ainsi été sélectionnés pour établir la première colonie humaine sur Mars. Ils sont en pleine santé, assoiffés d’aventures, parfaitement entraînés pour la mission qui les attend. Ils effectueront en aller simple les six mois de voyage à destination de Phobos, la lune de Mars. Avec un objectif : trouver le partenaire avec qui enfanter, sous l’oeil inquisiteur des caméras qui filment le vaisseau 24 heures sur 24.

Ainsi commence un show d’une ampleur jamais vue. Six prétendantes. Six prétendants. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. La nouvelle saga-thriller de Victor Dixen, lauréat du Grand Prix de l’imaginaire en 2010 et 2014.

Phobos 2 définitivePour ceux qui ont déjà pu lire ce premier tome, un peu de patience, même si la suite arrive très rapidement je trouve (et c’est tant mieux). Rendez-vous le 12 novembre 2015 pour le second opus, avec encore une fois une très belle couverture très… aérienne !

L’image ci-dessus (la bleue avec le couple) était l’un des projets de couverture pour le second tome, mais c’est finalement l’image ci-contre qui a eu la préférence de l’éditeur.

Chronique : Phænix – Tome 1 – Les cendres de l’oubli

Phaenix 01Un triangle amoureux sur fond de musicalité et de mythologie…

Carina Rozenfeld est une auteure française dont les écrits ont toujours un lien avec le fantastique. Elle a notamment écrit la trilogie Les portes de Doregon (L’Atalante Jeunesse), Les clés de Babel (Syros) et La Quête des livres-monde (L’Atalante Jeunesse). Elle écrit également régulièrement des scénarios de dessins animés pour la jeunesse.
Publiée dans la collection R (collection destinée aux ados de Robert Laffont), sa nouvelle série Phænix comptera deux tomes et reprend de façon contemporaine le mythe d’Eros et Psychée.

Un quotidien parsemé de petites touches d’étrange…

Anaïa Heche viens de quitter Paris pour le sud de la France… une nouvelle vie s’annonce pour elle. Ses parents viennent de reprendre la maison familiale à la suite de la disparition de ses grands-parents. La reprise de la maison familiale implique non seulement un déménagement pour Anaïa, mais aussi un changement profond de mode de vie.
Ainsi la jeune fille va-t-elle faire la rencontre de nouvelles têtes. Elle va retrouver une amie d’enfance, se nouer d’amitié avec un garçon aussi beau que Chris Hemsworth (acteur qui joue le rôle de Thor) et en rencontrer un autre aussi désagréable que mystérieux et attirant…

En parallèle à cette nouvelle vie, Anaïa voit sa vie se parsemer de petites touches subtiles de surnaturel peuplé des rêves étranges, et de grains de beauté mystérieux…

Une atmosphère unique, ou musicalité et sensualité se nouent…

Anaïa a la particularité d’être une violoncelliste de grand talent, son art va ainsi l’amener à intégrer un groupe de rock composé d’amis de la fac. Et c’est dans ce groupe que joue également le sombre Eidan : taciturne, secret, mais aussi fascinant, Anaïa ne sait que penser du jeune homme… d’autant que son opposé sur tous les plans, le très beau Enry est également très attirant.

Petit à petit, les affinités se créées, se développent et la musique aidant, Anaïa va s’épanouir en découvrant une nouvelle façon d’aimer son art. En effet, avant de rencontrer Eidan, Anaïa n’avait jamais songé à faire autre chose que de la musique classique, cantonnée qu’elle était à son art dans sa version la plus traditionnelle.
C’est ainsi que l’on découvre la magie simple et extraordinaire de la musique à travers des chansons telles que : I’m in here et Breathe Me de Sia, ou encore You are mine de Mute Math. Les descriptions des chansons sont d’une justesse rare, les sentiments de magnificence et d’amour trouvant leur place naturellement.
Le ressenti de la narratrice, et par extension de l’auteure (qui a fait pendant de longues années de la musique) sur certains morceaux est transposé avec passion, de quoi donner envie de découvrir ces magnifiques morceaux si ça n’est pas déjà le cas (Il y a d’ailleurs une playlist de chansons et musiques citées à la fin de l’ouvrage, à écouter ans modération durant la lecture !).

En conclusion, le triangle amoureux qui nous est décrit dans Phænix a beau être très classique, il est efficace grâce à son ambiance et son atmosphère feutrée. Carina Rozenfeld use encore une fois de sa plume à la fois lyrique et efficace pour nous transporter vers d’autres mondes, parfois très proches du notre…

8/10

Pour les petits curieux qui trouveraient la couverture magnifique et qui voudraient en savoir plus, la photographie est signée par le photographe français Olivier Valsecchi et est tirée d’une série de tirages s’intitulant très justement Dust.

Interview : Rencontre avec Glenn Tavennec, créateur de la nouvelle collection pour adolescents : « R ».

   collection-r logo mini02Il est toujours intéressant de se positionner du point de vue de l’éditeur, notamment lorsqu’on assiste à la naissance d’une nouvelle collection. « R » est né officiellement en janvier dernier, lors de la sortie de son premier titre, La couleur de l’âme des anges, de Sophie-Audouin Mamikonian. Mais ce que l’on ne voit pas, c’est tout ce qui se déroule en amont. Du choix de la couverture en passant par l’achat de droits et les corrections des manuscrits, le travail d’éditeur est loin d’être de tout repos.

Glenn Tavennec a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions le temps d’une rencontre, et de nous illustrer à quel point le travail d’éditeur est un métier de passionné… et d’acharné.

Glenn Tavennec02Comment la création de la collection R s’est-elle faite ?

Depuis quelques années avec l’explosion de la série Uglies chez Pocket Jeunesse (Glenn Tavennec a travaillé plus de 7 ans en tant qu’éditeur chez Pocket Jeunesse), je me suis posé la question du public, il n’y avait pas de collection pour ados, c’était soit en adulte soit en Jeunesse… Alors, pour quel public est-ce ?
Nous sommes dans une époque du tout divertissement ; mais pas forcément dénué de fond, si des livres comme Uglies, Hunger Games ou encore Promise arrivent à toucher un autre âge et un public si large. On assiste à de plus en plus d’échanges de lectures au sein d’une même famille. Les parents lisent maintenant les livres de leur ados, soit par curiosité, soit pour en connaître le contenu.
Harry Potter, puis Twilight ont touchés et fédéré. Les familles se partagent de nombreux ouvrages entre eux. On assiste à la naissance d’une littérature pour tous, sans clivages.

Je me dis que c’est d’avantage par le plaisir que l’on peut pousser les gens hors de leur univers. J’ai commencé à lire avec Tolkien, et ce fut pour moi la découverte d’une autre littérature. Il faut également arrêter de dire que les ados ne lisent plus. Les ados lisent ! Nous n’avons jamais eu autant de lecteur ados depuis les deux dernières décennies.

Créer R, c’est aussi lutter contre ce sentiment d’injustice qui fait que la littérature ado est considérée parfois comme une non-littérature, uniquement « pour les jeunes ». Casser le tabou et les frontières est aussi une des raisons d’être de cette collection. Je ne voulais pas créer cette collection chez un éditeur jeunesse, je souhaitais marquer une réelle différence.

La couleur de l'âme des anges 01 miniLa fille de braises et de ronces 01 mini

Est-ce vous qui êtes venu vers l’éditeur ou l’inverse ?

Le contexte de la création de R se résume en un seul mot : dingue.
Après sept ans chez Pocket et un passage éclair chez le Seuil/La Martinière, j’ai demandé un rendez-vous avec le PDG de Robert Laffont, Mr Leonello Brandolini. Il m’a reçu dans les dix jours et après une heure de conversation et plus d’une quarantaine de pages de power point, l’affaire fut conclue, R allait naître (c’était en novembre 2010).

Concrètement, la collection R fut commencée en janvier 2011. Un an pour créer une collection, c’est très court, et une joyeuse traversée du désert, mais également le bonheur de faire quelque chose de différent.

A force de surproduire des ouvrages vaches à lait, on ne s’en sort plus. Un éditeur se doit de faire un réel travail sur les textes qu’il publie, et ce par respect pour les lecteurs. J’ai gardé mes traducteurs, ayant construit avec eux une relation de confiance, il en est de même avec les auteurs anglo-saxons et leurs traducteurs. Certains perdent de leur force en anglais, il faut donc les adapter, c’est un réel travail. On accompagne le livre jusqu’au bout, à la publication.
Le but étant d’offrir une littérature qui donne à voir et à rêver.

Sur les quatre ouvrages sortis pour le moment, deux sont des dystopies, est-ce un hasard ou souhaitez vous orienter vos publications sur ce genre bien particulier qui marche actuellement extrêmement bien avec Hunger Games ?

Je n’aime pas vraiment le terme « dystopie », trop marketing, je préfère le mot anticipation. Une anticipation que ne serait pas négative n’en serait pas une. Sinon ce serait une utopie. Ce genre littéraire est un véritable phénomène anglais dont ont doit les bases à Margaret Atwood, c’est elle qui en parlait avant tout le monde avec son roman La servante écarlate.

Pourquoi de si noires anticipations donc ? Car c’est quelque chose que nous sommes déjà en train de proposer à notre jeunesse : une dystopie. Ce que j’ai choisi d’éditer, ce sont des livres qui s’inscrivent sur une réflexion sur la société.
Les adolescents sont dans une période de leur vie où tout est possible, un véritable carrefour s’offre à eux, ces ouvrages leur permettent de se poser des questions sur leur avenir : Comment rêver mon quotidien ? Me projeter ? Aller de l’avant ?

Comment procédez-vous au choix de vos futures parutions ?

Tous les ouvrages publiés dans la collection R sont des coups de cœur de coups de cœur (voire, de coups de cœur). Je ne veux pas exploser le nombre de titres par an. Il ne faut pas se diluer dans du quantitatif. Les ados cherchent quelque chose qui soit différent. C’est encore plus de prise de risque pour moi et l’éditeur, mais c’est aussi plus excitant.
Je travaille d’abord avec F. Leroy qui doit atténuer mon enthousiasme ou le remonter ainsi qu’une équipe de lectrices rodées. Ensuite, il me faut convaincre le PDG de Robert Laffont, Leonello Brandolini.

Starters - tome 1La sélection mini

Allez-vous maintenir le rythme d’une parution par mois ?

Je vais toujours m’efforcer de garder ce rythme même si les suites de série impliqueront parfois plus. Suite de Starters, Le second et dernier tome de la couleur de l’âme des anges, la suite de la fille de braises et de ronces, etc…

Le graphisme des couvertures a une place de choix dans cette nouvelle collection, jusqu’à quel point décidez-vous de leur orientation ? Est-ce que toute traduction reprend nécessairement la couverture du pays d’origine ?

La couverture occupe bien plus qu’une grande place : l’impulsion d’achat se fait pratiquement au 3/4 au visuel. Il faut séduire et créer une histoire par le contact visuel, et surtout la quatrième de couverture ; ne pas trop en dire, mais aussi en dire assez pour interpeller le lecteur potentiel…
Les lecteurs sont toujours à la recherche de quelque chose de « plus nouveau ». Je suis le décideur sur les couvertures, je ne reprends pas nécessairement les couvertures étrangères. Les couvertures anglaises sont très universelles, parfois trop. L’idée est de mettre le livre à l’honneur et pas uniquement la tendance, c’est très important.
Par ex, pour Kaleb (sortie le 7 juin) et Phaenix (sortie en septembre) j’ai choisi vraiment de surprendre, de ne pas laisser indifférent, l’intérêt est de créer.

Night School 01 mini

Merci encore à Glenn Tavennec pour cette interview-conversation fort instructive d’un point de vue de libraire, mais également très intéressante pour les lecteurs, quels qu’ils soient. Nous n’avons plus qu’à espérer que cette nouvelle collection aura de beaux jours devant elle, ce qui semble pour le moment très bien parti, avec de beaux piliers en guise de base.

La naissance d’une collection, d’un éditeur (ou d’une librairie) étant toujours une heureuse nouvelle pour le monde de la culture.

Actualité éditoriale : R, la nouvelle collection de romans pour ados signée Robert Laffont

r de robert laffont

Cette année 2011 fut riche en parutions et en naissances de nouvelles collections dans le domaine de la littérature pour ados. Et pour le début 2012, ce sont les éditions Robert Laffont qui se lancent dans l’aventure avec une toute nouvelle collection dédiée aux quatorze ans et plus. Le nom cette nouvelle collection : « R » avec une signature prometteuse : « un nouveau souffle dans la littérature ado et jeunes adultes« .

La couleur de l'âme des anges 01 miniAlors, effectivement, les éditeurs vont dans le sens de la demande de livres pour ados qui explose actuellement, ils se précipitent tous dans la brèche en publiant beaucoup d’ouvrages, trop parfois, mais il s’agit des éditions Robert Laffont avec Glenn Tavennec comme directeur de collection (il a travaillé chez Pocket Jeunesse pendant plus de 6 ans), et c’est donc une nouvelle très positive et surtout intéressante. Très graphique, le logo annonce une collection à la fois épurée et très axée girly et fantastique.

Au programme pour cette prochaine année remplie de promesses, un nouveau roman signé Sophie Audouin-Mamikonian auteure des désormais célèbres romans jeunesse Tara-Duncan. Cette nouveauté se prénommera La couleur de l’âme des anges, et fera office de livre phare pour annoncer la toute nouvelle collection.

Parutions de la collection « R » chez Robert Laffont (cliquez sur le titre pour retrouver la chronique de l’ouvrage)

Au total, ce sont douze titres qui sont prévus par l’éditeur pour l’année 2012, affaire à suivre de très près donc !