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Chronique : Unremembered – Tome 1 – Inaccessible

Unremembered 1 - InaccessibleUne adolescente amnésique repêchée en pleine mer suite à un accident d’avion dont elle est la seule survivante… et une foule de questions à élucider…

Unremembered est le nom de la trilogie young-adult écrite par l’américaine Jessica Brody. Après des études d’économie et de français, l’auteur a travaillé quelques années avant de tout quitter pour vivre son rêve : l’écriture.

Jessica Brody n’en est pas à son premier roman et a déjà signe de nombreux ouvrages à destination des adolescents et des adultes. En France elle a déjà publié Confidentialité assurée (Pocket) ou encore En toute discrétion (Fleuve Noir). En ce qui concerne la trilogie Unremembered, les droits d’adaptation ont étés vendus et sont actuellement en cours d’exploitation pour un film. En France, le second tome, Inoubliable est prévu pour avril 2016, et le troisième, pour 2017.

Repêchée en pleine mer et le néant pour tout souvenir…

La jeune fille qui a été repêchée au beau milieu de l’océan est la seule survivante d’un crash aérien. Elle n’est pas sur le listing des passagers et ne se rappelle de rien : le néant, même son prénom lui est inconnu… et elle est introuvable sur les bases de données via ses empreintes pour le moment. Elle est belle et a des yeux d’un violet profond, c’est ainsi que le prénom de Violette lui est attribué. Mais le mystère autour d’elle reste entier…

Le monde entier veut en savoir plus sur Violette et son passé, d’autant que personne ne se manifeste pour qu’elle retrouve sa famille… Que s’est-il donc passé pour Violette ? D’où vient-elle ? Que faisait-elle au beau milieu dans l’océan ? Pourquoi les médecins veulent la garder en observation alors qu’elle semble aller très bien ? Qui est le mystérieux jeune homme qui lui rend visite à l’hôpital quand les infirmières sont ailleurs ? Les réponses risquent de vous surprendre, mais pas autant que Violette.

De bons ingrédients pour débuter une trilogie

Inaccessible est un premier tome qui si lit extrêmement rapidement tant les éléments se bousculent et s’enchaînent rapidement. Les chapitres sont courts, efficaces et leur conclusion donne envie de passer immédiatement au suivant.

Chaque nouveau chapitre apporte son petit lot de révélations et de questions encore plus nombreuses… En effet, notre héroïne montre des aptitudes de plus en plus inattendues au fil du temps, qu’elles soient physiques ou mentales, tout ce qu’elle accompli est exceptionnel.

Ainsi découvre-t-on peu à peu les origines de « Violette », ses motivations avant de perdre la mémoire, et une foule d’autres choses. Scientifiques aux projets fous, longs voyages et complots à l’échelle internationale… voilà une partie de ce qui vous attend. Les sciences en général sont omniprésentes (biologie, physique, mathématiques…), mais elles auraient pu être encore plus creusées pour plus de réalisme, car on reste au final très en surface sur de nombreux points.

Pour ceux qui ont l’habitude de lire des romans young-adult et fantastiques en général, l’intrigue et ses ficelles risquent d’être très rapidement comprises, mais cela ne retire rien à l’efficacité du récit.

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En somme, ce premier tome de la trilogie Unremembered est réussit. Aussi classique qu’efficace, il devrait faire mouche auprès des jeunes adultes car il réunit tous les ingrédients du succès. Une héroïne surdouée en tout mais amnésique, un beau ténébreux qui se cache dans ses souvenirs mais dont on ne connaît pas les motivations et une firme tentaculaire aux buts inavouables… que demander de plus ? A lire dès l’âge de 14 ans environ.

Chronique : Nous les menteurs

Nous les menteursUn roman puissant et haletant

Il vient tout juste de paraître aux éditions Gallimard Jeunesse et promet d’être un bel incontournable de cet été. Nous les menteurs est une nouveauté surprenante et difficile à classer qui se dévore littéralement.

Pour ce qui est de son auteur, E. Lockhart, vous la connaissez peut-être pour son œuvre plus axée jeunesse : Roby Oliver (4 tomes aux éditions Casterman). Avec Nous les menteurs, elle signe une belle incursion en territoire ado. Il s’agit d’un ouvrage unique, pas de suite, c’est promis !

Les Sinclair, privilégiés parmi les privilégiés

Ils sont riches, ils sont blonds, ils sont beaux et vivent tout l’été sur une île qui leur appartient : bienvenue chez les Sinclair. Cadence Sinclair Eastman est l’une des petites filles de cette grande famille. Elle va sur ses 17 ans, mais depuis l’été 15 (elle nomme ainsi les étés avec ses cousins et cousines nés la même année) Cadence n’a plus toute sa mémoire.

Elle s’est teint les cheveux, a des maux de tête qui la rendent si faible qu’elle reste allongée sur le carrelage de la salle de bain. Parfois même, elle a des nausées telles que sa journée entière est perdue. C’est ainsi depuis l’été 15 et ses mystérieux événements.

Personne dans la famille Sainclair n’a le droit de lui dire ce qu’il s’est passé. Il vaut mieux que les souvenirs se rappellent lentement à Cadence disent les médecins. Fragmentées, incohérentes, parfois brutales, les réminiscences de la jeune femme la déstabilisent… mais pour la mener vers quelle vérité ?

Un page-turner insoutenable

En effet, la première des qualités de ce roman est la rapidité avec laquelle on dévore son texte. C’est si bien décrit et mis en scène que la lecture en devient presque trop rapide… Je m’explique. Nous les menteurs est un roman qui joue sur le ressort de l’amnésie de sa narratrice, Cadence. Les faits s’imbriquent parfaitement, l’auteur semant toujours un soupçon d’indice, mais jamais assez pour nous laisser entièrement deviner les faits. Et justement, cette tension omniprésente nous fait littéralement dévorer son roman.

Mais alors, est-ce bien de le lire aussi vite ? Aussitôt lu aussitôt oublié ? Justement non. E. Lockhart réussit à semer tant de petites choses pernicieuses, cachées, obscures, qu’une seconde lecture devient incontournable.

Ce n’est que lors de cette seconde lecture que l’on aperçoit la vue d’ensemble, que l’on décode les gestes, les signes avant-coureurs de la révélation finale (au passage terriblement bien maquillée).

Personnellement, j’adore ces ambiances de roman. Un été qui se déroule dans un endroit paradisiaque (en particulier une île), avec pour personnages principaux de riches adolescents à qui tout réussit et va sourire, de lourds secrets en suspend… Cette présentation n’est d’ailleurs pas sans faire penser à une saga dans le même genre : la trilogie Le Pacte de Jenny Han et Siobhan Vivian, qui est également très bien tournée.

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Je ne puis donc que vous conseiller cette lecture qui a un pouvoir particulier, celui d’en discuter passionnément avec ceux qui l’auront lu ! Maintenant, il ne vous reste plus qu’à le lire, construire vos hypothèses… et le relire. A conseiller dès l’âge de 14 ans environ.

Nous les menteurs map

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique bd : La page blanche

PAGE BLANCHE - C1C4.inddUne bande-dessinée qui donne à réfléchir sur notre “belle” et grande société de consommation…

La page blanche est dessiné par Pénélope Bagieu, une artiste en vogue depuis quelques années grâce à ses livres humoristiques sur son quotidien ainsi que son blog du même nom : Ma vie est tout à fait fascinante. Au scénario, nous retrouvons Boulet, un auteur et illustrateur également bien connu, notamment pour ses Notes parues aux éditions Delcourt (le huitième tome est sorti en octobre 2013).

Avec La page blanche, c’est une collaboration inédite et originale qui nous est offerte avec son lot de rires et de réflexions…

Le néant sur un banc…

Notre histoire commence avec une jeune femme assise sur un banc. Quand elle sort de ses « pensées » et bien… il n’y a rien, c’est le néant. Elle est là, à côté du métro Montgallet sans rien savoir de son nom, de son travail ou même de son adresse. La quête d’identité commence, et elle va être bien différente de celles que l’on a déjà pu croiser dans la littérature…

Pour notre personnage amnésique, la moindre petite chose du quotidien devient compliquée : retrouver son appartement, savoir où elle travaille, qui sont ses amis, etc. Mais quand elle découvre qu’elle n’est qu’une jeune célibataire qui vit avec son chat et qu’elle n’a à priori aucun signe distinctif (que ce soit au niveau de ses goûts ou autres), c’est là que la difficile enquête autour d’elle-même débute.

D’une drôlerie pure !

Quand on voit tous les films que se fait dans sa petite tête Eloïse Pinson (et oui, c’est son nom), il y a beaucoup d’occasions de se marrer. Elle s’imagine espionne déchue, femme au cœur brisé pour « nom américain » (vous comprendrez après lecture !), et une foule de choses plus folles encore pour justifier sa perte de mémoire.

Le scénario de boulet est avant tout à saluer pour son humour très efficace et l’intrigue prenante qu’il a su instiller au lecteur dès la première page. Les dessins de Pénélope Bagieu finissent un beau travail qui sait donner vie et humanité à ses personnages tout en collant parfaitement au ton voulu par le duo : traiter d’un sujet de société qui touche beaucoup de monde sans le faire dans le misérabilisme.

Seul bémol, malgré cette belle recherche de soi et cette quête d’identité, la bd La page blanche a selon moi un défaut : une conclusion trop simple et un peu bâclée. On comprend le message qu’on voulu faire passer les auteurs : burn-out, pression de la société, perte d’épanouissement dans nos vies citadines… mais il reste tout de même un goût d’inachevé dans cet ouvrage qui au lieu d’être bien, aurait pu être excellent.

La page blanche inside

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