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Chronique YA : Sombres citrouilles

Un roman noir et très sombre qui dénonce les secrets de famille qui pourrissent durant des décennies…

Dans le monde de la littérature jeunesse, Malika Ferdjoukh est une figure incontournable. Elle écrit aussi bien pour les primaires que pour les adolescents (ses romans ados se lisent aussi avec plaisir quand on est grand !).
C’est une autrice que j’ai découvert sur le tard, mais dont je dévore gentiment l’oeuvre petit à petit. Ici, avec Sombres citrouilles, je ne savais pas à quoi m’attendre, ce roman a de quoi surprendre à tous points de vue.

Si vous ne connaissez pas encore ou très peu les romans de Malika Ferdjoukh, laissez vous tenter par Le club de la pluie ou encore Les quatre soeurs pour commencer doucettement. Une fois que vous êtes ferré, Sombres citrouilles sera tout indiqué.

Un anniversaire à ne pas louper

Aujourd’hui, c’est la l’anniversaire du grand-père, figure emblématique et patriarcale de la famille Coudrier. Impossible et interdit de manquer l’événnement sous peine de représailles, notamment de la part de Mamigrand. C’est ainsi que peu à peu, tous les membres de la famille Coudrier arrivent sur le domaine, les enfants, les petits-enfants… tous forment une famille éclectique et étrange, déjà fortement marquée par le deuil. Plus encore qu’il n’y paraît.
Alors quand un corps est retrouvé parmi les cirtrouilles du jardin par les marmots, c’est le début d’un mystère qui va aller en s’épaississant…

Sombre à souhait, noir comme rarement

J’ai adoré ce roman polyphonique et happant mettant en scène des enfants issus d’une famille bourgeoise rurale. On y découvre l’ambiance si particulière et délétère des secrets de famille, des choses inavouables, des petits arrangements… et quantité d’autre choses.
Au travers du rages d’Hermès, Madeleine, d’Annette, Colin-Six ans, et quantité d’autres personnages qui gravitent, vous allez découvrir la véritable histoire. Celle que la famille Coudrier ne voudrait pas que vous connaissiez. Celle que les petits-enfants eux-mêmes ignorent, mais que vous lecteurs vous allez découvrir.

C’est extrêmement sombre, j’insiste sur ce point car au travers de ce polar intimiste et famillial, Malika Ferdjoukh dénonce. Elle dénonce la bien-pensance, l’amour sacrifié sur l’autel du qu’en diras-t-on, le racisme de ces bonnes familles rurales blanches et qui entendent bien le rester. C’est terrible de cruauté tout en étant pour moi extrêmement réaliste.

L’autrice a su dépeindre avec talent les portraits de ces deux grand-parents taiseux aux nombreux secrets. Et l’image de la grand-mère affectueuse va vite se fissurer, de même que celle du grand-père gentil et discret…

Lire Sombres citrouilles, c’est être à l’image de ces enfants et voir nos certitudes voler en éclats.

Ainsi, pour ceux et celles qui aiment les romans noirs, les mystère insolubles en apparence et les personnages incroyables de réalisme, vous êtes à la bonne porte. Entrez donc dans le cercle restreint des Coudrier, en tentez de vous y faire accepter, pour le meilleur et pour le pire… Dès 14/15 ans.

Chronique : L’histoire de mes dents

Un roman de la rentrée littéraire 2017 étrange, et carrément loufoque qui m’a laissée dubitative…

Second roman de Valeria Luiselli à paraître en France, L’histoire de mes dents est édité aux éditions de l’Olivier. Outre-Atlantique, le roman a été un véritable succès éditorial. Elle a déjà écrit le roman Des êtres sans gravité, paru en France chez Actes Sud en 2013.

« Le meilleur commissaire-priseur du monde »

Ce roman, c’est l’histoire d’une vie, celle de Gustavo Sanchez, le meilleur commissaire-priseur au monde comme il le dit lui-même. Vous découvrirez son parcours de vie, de son premier travail à la fin de sa vie pas comme les autres.

Pourquoi un titre aussi nébuleux que L’histoire de mes dents ? Tout cela a un lien avec l’activité hautement rentable de Gustavo Sanchez car… il a acheté ses dents ! Ce ne sont pas les siennes à l’origine, mais celles de Marilyn Monroe. Mais qu’a-t-il fait de ses vraies dents ? Il ambitionne d’en faire l’objet d’une collection pour des enchères folles…

Un roman très déstabilisant

Autant le dire tout de suite : je n’ai pas su apprécier l’histoire et le personnage de Gustavo Sanchez. Ce roman est trop fou, hors de la logique et incohérent (certes, volontairement), trop empli de références, je n’ai pas réussit à passer un bon moment de lecture. J’ai eu le sentiment de perdre mon temps et de lire un empilement d’anecdotes sans aucun lien entre elles.

Pourquoi narrer l’histoire d’un commissaire-priseur qui veut vendre ses dents pour faire le « coup du siècle » ? C’est un mystère… Gustavo Sanchez est un personnage égoïste, fantasque, qui ne recule devant rien si cela sert son intérêt. J’avoue être restée assez consternée par cette lecture et ne sais guère ce que tant de lecteurs ont su apprécier dedans.

Seule chose intéressante qui selon moi aurait dû être mentionnée en début de roman, l’auteure a écrit le roman avec l’aide d’ouvriers. A la base, son ouvrage est issu d’une commande où elle devait écrire une œuvre de fonction à partir d’une sélection d’objets pour une galerie d’art. Elle ne les a pas rencontrés directement, mais a réussit à tisser un lien profond avec eux qui lui a permis d’écrire ce livre. Ainsi, nombre des anecdotes de L’histoire de mes dents sont issues de leurs propres histoires !

Je trouve le contexte de création du roman bien plus intéressant que le roman lui-même au final… Ou peut-être aurais-je été plus intéressée par l’histoire étrange et fantasque de Gustavo Sanchez si j’avais su ses origines…

……

L’histoire de mes dents est le premier ouvrage de la rentrée littéraire 2017 que j’ai lu, et j’avoue qu’il ma laissé un sentiment de déception et d’inachevé. Dommage… mais je suis certaine qu’il trouvera son public étant donné le succès qu’a eu Valeria Luiselli grâce à ce livre Outre-Atlantique !

TRANCHE d´ÂGE :