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Chronique : Tout ce qu’on ne s’est jamais dit

Un roman déroutant aux allures de thriller et de roman de société dans les Etats-Unis des années 70. L’histoire d’une famille qui éclate suite à un drame terrible…

Paru originellement chez Sonatine, Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est sorti en poche chez Pocket en mars 2017. A l’entre-deux en termes d’ambiance et de genre, ce roman est le premier de Celeste Ng sorti en France. Le roman a reçu le Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs.

1977, aux Etats-Unis, dans une famille qui semble parfaite…

La famille Lee réunit tous les attributs de la perfection. Une petite maison proprette, un couple aimant, des enfants parfaits… dont Lydia, une adolescente de 16 ans qui a tout pour réussir. Douée à l’école, d’une beauté parfaite, gentille… du moins an apparence. La disparition de Lydia va ébranler les certitudes quant à sa supposée perfection. Etait-elle vraiment heureuse ? Est-elle partie ? Morte ? Enlevée ? Nul ne le sait. Mais, le verni qui recouvre le portrait de Lydia et de sa famille va peu à peu s’écailler…

Un roman captivant où chaque détail compte et se révèle beau

Avant de découvrir les nombreuses facettes de Lydia, nous découvrons le couple atypique que forment ses parents à l’époque. En effet, James est d’origine chinoise mais né américain tandis que Marylin est américaine. Dans les années 60, ce genre d’unions était encore très mal vues… C’est ainsi que l’on découvre les nombreux obstacles qu’ils ont eus à traverser avant de pouvoir s’aimer. Mais ils n’échappent jamais à quelques remarques, même quand on revient dans le présent.

Lydia supportait-elle aussi ce genre de remarques ? Était-elle exclue de la bonne société américaine malgré ses résultats brillants ? Ou y a-t-il autre chose de pire encore derrière sa disparition ?

La disparition de Lydia est un drame, surtout quand on sait quel avenir brillant l’attendait. Ses parents avaient de très grands projets pour elle, notamment dans les sciences. Pourquoi pas la médecine ? Ou la physique ? Toutes les portes allaient s’ouvrir pour elle, la travailleuse et intelligente Lydia. Ses parents sont tellement obnubilés par sa réussite future qu’ils en oublient qu’ils ont deux autres enfants… De quoi être en mal de reconnaissance pour le frère et la sœur de Lydia.

Toutes les pistes nous sont ici contées, expliquées, mais attention, ce roman n’est pas un polar ! La partie « roman de société » y est très importante et la réponse finale n’est pas une fin en soit. C’est d’ailleurs pour cela que Pocket ne l’a pas classé dans sa collection polar, mais en littérature.

Ce roman est donc un magnifique portrait de la société américaine des années 60/70 qui nous remet en contexte le pays et sa philosophie de l’époque. Au travers de cette famille métissée qui traverse un drame, ce sont les Etats-Unis, qui nous sont décrits autrement. On découvre également la genèse d’une famille dont chaque membre est attachant et vrai. Céleste Ng possède un talent formidable pour camper ses personnages dont l’humanité et les faiblesses sont d’un réalisme bluffant.

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Tout ce qu’on ne sait jamais dit est ainsi un roman magnifique, beau, et d’une tristesse infinie… Mais qu’il faut lire absolument pour son ambiance unique ! C’est un concentré d’émotions et de poésie à l’échelle d’un roman mené de main de maitre.

Chronique : Le dernier message de Sandrine Madison

Le dernier message de Sandrine MadisonAuscultation d’un couple en plein délitement

Paru en poche en mai 2015 aux éditions Points dans la collection Roman Noir, Le dernier message de Sandrine Madison est écrit par Thomas H. Cook.
Vous connaissez peut-être l’auteur, très prolifique dans le domaine du roman policier : L’étrange destin de Katherine Carr, Les ombres du passé, Les feuilles mortes, La preuve de sang… et ceci n’est qu’une courte liste de son œuvre.

Suicide ou meurtre ?

Le postulat de départ est simple : Sandrine Madison a été retrouvée morte par son mari. Mais une question est sur toutes les lèvres : s’agit-il d’un suicide ou son mari s’est-il débarrassé d’elle ? Toute la ville de Coburn est en émoi suite à cette question.

En effet, le couple Madison, tous deux professeurs à l’Université de Coburn semblait comme tous les autres, avec ses hauts et ses bas… Mais durant le procès de Samuel, la suspicion apparaît, l’accumulation de signes lui portant préjudice n’étant pas en sa faveur…

Alors, Sandrine est-elle une victime de son pernicieux et cynique mari ? Ou a-t-elle décidé d’en finir pour d’obscures raisons ? De quoi parlait le dernier mot qu’elle a laissé avant de disparaître ? Le procès va tenter de mettre en lumière ces très nombreuses zones d’ombres.

Un procès pour intrigue

Le roman correspond en réalité aux dix jours du procès de Samuel Madison, le tout étant narré de son point de vue. Toutes ses hypothèses et pensées vous seront ainsi livrées (ou presque). Mais surtout, de très nombreuses réminiscences de Samuel parsèment le procès de façon parfois chaotique.

Beaucoup de réflexions et d’interprétations de la part de notre narrateur, certaines apportant une potentielle nouvelle piste concernant la disparition de sa femme, d’autre le faisant tourner en rond, le torturant. Mais avant tout, il ne faut pas oublier que Sandrine et Sam Madison sont des Universitaire, et souvent leurs phrases et allusions on beaucoup plus de symboliques cachées que pour le commun des mortels. Références historiques et littéraires, histoire de la mort de Cléopâtre… Sam, en intellectuel élitiste qu’il est se met à décortiquer chaque phrase de sa femme décédée, espérant y trouver la réponse à toutes ses questions.

Mais dans cette guerre juridique et médiatique, leur fille Alexandria est également un personnage important, non pas prise à parti, mais véritable soutien moral pour son père. Il est selon moi dommage qu’elle soit aussi peu mise en valeur par l’auteur, mais Sam ne semble gère avoir autant de respect pour sa fille que pour sa superbe femme maintenant décédée.

Autre personnage notable, Morty, l’avocat de Sam. J’ai beaucoup aimé sa façon de gérer les jurés, sa façon de parler, son assurance… il est très amène à façon.

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L’intrigue de ce roman a beau être facile à suivre, elle n’est pas assez puissante. On comprend bien les enjeux et l’ambivalence de certains personnages, le doute étant partout. Mais cette perpétration de l’incertitude à ses limites… On tourne au final assez rapidement en rond, la psychologie de chacun est creusée encore et encore, mais ne nous amène pas à des révélations fracassantes. On comprend bien qu’il s’agit un récit policier se basant sur la psychologie des personnages et leur ambiguïté, mais cela ne suffit pas à ferrer durablement le lecteur. Cela rendant une lecture très étirée sur le dernier tiers du roman…

Un jeu de dupes à l’échelle d’un couple, voilà de quoi il s’agit. Nous vous laissons cependant libre de juger personnellement de l’issue du procès… qui peut rester ouverte à la réflexion.

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TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : David Creem – Tome 1 – La confrérie de l’invisible

David Creem 01Un début de série qui nous plonge dans l’univers étrange de la parapsychologie

Écrite par Richard Taleman, La confrérie de l’invisible est le premier opus d’une nouvelle série fantastique aux éditions J’ai Lu : David Creem. Vous ne connaissez pas Richard Taleman et vous pensez que c’est un petit nouveau dans le monde de l’écriture ? Détrompez-vous : sous ce mystérieux pseudonyme se cache le nom d’Olivier Descosse, un auteur appartenant à la Ligue de l’Imaginaire (qui regroupe entre autres Maxime Chattam, Henri Lœvenbruck ou encore Franck Tilliez).

On doit à Olivier Descosse des romans qui prennent leur source dans le suspense et le thriller, tels : La liste interdite, L’ordre noir ou encore Les enfants du néant. Avec sa série David Creem paraissant chez J’ai Lu dans la collection Semi-Poche Imaginaire, l’auteur se lance dans le surnaturel et le paranormal…

Une université Californienne aux matières étranges

Quand débute le roman, nous nous retrouvons à la période de la rentrée, où nous suivons David, très pressé de tout découvrir sur la parapsychologie et d’autres matières tout aussi inclassables. En effet, le jeune homme est persuadé d’avoir des capacités spéciales ne relevant pas du domaine tangible. Cette idée ne lui ait pas venue toute seule, il a été persuadé en cela par son grand-père disparu qui croyait dur comme fer aux pouvoir de son petit-fils.

C’est ainsi qu’une rentrée très spéciale et mouvementée s’annonce pour David, qui ne se doute pas encore de tout ce qui l’attend… Bienvenue dans le département de parapsychologie dirigé par l’éminent professeur Wiseman ayant des allures de grand sage.

C’est là que David espère pouvoir trouver les réponses à ses très nombreuses interrogations. Est-ce que ses cauchemars auraient un lien avec ses possibles pouvoirs paranormaux ? Et si oui, pourraient-ils l’aider à retrouver son grand-père que tout le monde pense mort ? David est persuadé qu’il n’a pas réellement disparu et qu’une entité maléfique est certainement en cause… les travaux secrets de son aïeul seraient-ils en rapport avec tous ces événements ?

Une présentation accrocheuse, et pourtant…

La présentation du roman ainsi que son apparence sont attractifs. Le visuel de couverture est parfaitement choisi, le blason présenté donnant une ambiance de campus et de société secrète… Personnellement, c’est ce qui a motivé ma lecture de l’ouvrage en plus de son résumé. Et pourtant, autant le contenant est beau, autant le contenu est beaucoup moins attrayant.

Premièrement au niveau des personnages : il apparait très rapidement que David est un individu assez plat. Sans réel charisme, cela ne donne pas spécialement envie de s’intéresser à lui et à ses problématiques De même, le personnage du jeune gosse de riche un peu déluré incarné en la personne de Robert ne convainc pas. Il y a également la jolie Alice et Louise, une jeune femme en fauteuil roulant.

La petite équipée va ainsi vivre des aventures hors du commun, la poussant à améliorer leurs capacités psychiques (et autres) très rapidement en un temps très court. L’entité mettant en danger David n’ayant pas l’air de faire dans la dentelle, ils sont tous potentiellement en péril…

C’est ainsi que commence la formation de ces étudiants un peu spéciaux. Les rendez-vous surnaturels s’enchaînent, la frontière entre science et mysticisme devenant ténue.

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David Creem 02Qu’apporte donc ce premier tome ? La conclusion est bien simple, peu de choses pour le moment. L’univers est développé, peut être trop, au détriment de l’intrigue qui semble pour le moment bien simple et sans réel ressort. De plus, le fait d’avoir des personnages enfermés dans des clichés empêche de se plonger sans bornes dans ce nouvel univers. Humour, références culturelles nombreuses, fantastique et campus américain, voici les éléments de base de la série, qui nous convainc pas pour le moment. Le second tome est à paraître le 22 octobre prochain sous le titre L’Entrevie.

A lire dès l’âge de 14 ans environ, sans limite d’âge.