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Chronique : Shadowland – Tome 1

shadowland-1Un thriller sur le fil du rasoir… absolument addictif et surprenant !

Il est paru en avril 2015 aux éditions Bayard, voici le premier tome de Shadowland, par Kate Brian. Dès les premières pages, son thriller sur le fil rempli son office : nous terrifier et nous faire nous sentir en danger, où que l’on soit…

De nationalité américaine, Kate Brian n’en est pas à sa première publication, on lui doit notamment la série Campus ou encore la saga Privilège, très ancrées dans le réel. Avec Shadowland, elle s’essaye à un autre type d’écriture et quitte les potins, apparences et cruautés du monde universitaire de ses deux précédentes séries.

Une adolescente victime d’un dangereux prédateur…

Tout commence avec Rory, une ado ordinaire. Ni sublime ni laide, elle est juste normale, avec son charme particulier. Sauf que… sa façon d’être, son odeur, ont attiré un pervers sexuel. Et il fait partie de son entourage proche puisqu’il s’agit de Steven Nell, son professeur de maths. Mais bien entendu, Steven Nell n’est pas à présenter en tant que professeur, mais plutôt comme l’un des pires criminels en série des États-Unis… son palmarès est aussi terrible qu’impressionnant.

Alors, comment échapper à un tel danger, lui qui est loin d’en être à sa première victime ? Rory est en danger de mort, mais c’est également le cas de toute sa famille… Steven Nell ne laissant jamais de survivants, même si il n’a pas toujours porté ce nom… Attention, lecture sous tension garantie !

Une belle découverte dans la sphère du thriller young-adult

Un bon et pur thriller mâtiné d’un peu fantastique, il n’y en a pas tant que cela de publiés en littérature ado, et Shadowland fait une belle exception à cette règle !

Alors, certes, la narration peut sembler parfois bancale et/ou abrupte, mais cela est justifié en fin de roman, heureusement. On ne gardera pas en mémoire le style de l’auteur, mais bien son intrigue parfaitement agencée et maline. Ainsi, c’est surtout l’ambiance qui prime dans ce type d’ouvrage, bien plus que la narration.

On retiendra donc comme côté extrêmement positif une narration accrocheuse, un style âpre et immédiat. Les chapitres s’enchainent, les mystères également, notamment autour de la bourgade où la famille de Rory trouve refuge, qui semble couver beaucoup de contradictions… pour mieux vous perdre et vous installer dans l’ambiance !

Dans la partie des carences du roman, on retiendra surtout des personnages hyper stéréotypés et caricaturaux…mais le tout réussit à fonctionner grâce à un final impressionnant.

Seul gros bémol qui n’arrive pas à passer d’un point de vue justification et scénario : l’une des actions du FBI vis-à-vis de la protection de la famille de Rory… L’auteur n’a pas assez réfléchi à l’après.

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Shadowland est donc un bon thriller qui a su nous surprendre malgré quelques côtés trop artificiels. C’est assez intriguant pour nous donner une très grande envie de lire la suite à paraître au début du mois de novembre prochain : Pour toujours. A découvrir pour se faire peur : dès 14 ans.

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Chronique : Les Monstres

Les monstres                Detroit : ses habitants, ses artistes, ses écoles, ses flics… et son tueur en série.

Lauren Beukes est une auteur d’origine Sud-Africaine. Considérée comme la toute nouvelle relève de Georges Orwell entre autres. Les Monstres, tout juste paru en juin 2015 aux Presses de la Cité dans la collection Sang d’Encre est ainsi son quatrième roman (tous parus chez le même éditeur). On lui doit ainsi Moxyland, Les Lumineuses et Zoo City (pour lequel elle a reçu le Prix Arthur C. Clarke en 2010). Elle travaille également régulièrement sur des scénarios de comics, dont un seul est paru en France pour le moment : Fairest – tome 2 – Le royaume caché.

Avec Les Monstres, Lauren Beukes nous plonge dans la ville de Detroit. Connue avant tout pour sa faillite et ses nombreuses affaires d’ordre politiques et sociales. Mais c’est également une ville pleine de vie, avec des gens vrais, qui ont une furieuse envie de s’en sortir…

Des monstres de bric et de brocs comme œuvre d’art

Detroit : un corps de petit garçon a été retrouvé… enfin, un corps, façon de parler. En effet, il n’y en a que la moitié… le haut du garçon étant collé à un postérieur de faon. C’est ainsi que l’une des enquêtes les plus malsaines et les plus retorses va occuper l’esprit de l’inspectrice Versado… Cela à un tel point qu’elle en oubliera ses devoirs de mère et que le tout aura une influence certaine sur l’enquête à venir…

Bienvenue à Détroit, un lieu plein de vie où la mort est sur toutes les lèvres depuis le terrible événement… et si ce petit garçon/biche n’était que l’œuvre introductive d’un malade aux dessins bien plus grands ?

Sombre comme on adore, glauque comme on aime

Ça fait du bien de lire un ouvrage où les ténèbres et la déviance ne sont pas retenues. Où l’ambiance prime sur l’histoire par certains aspects. Où le mystère s’épaissit quand il semble être dévoilé. Lauren Beukes dit elle-même qu’il s’agit de son ouvrage le plus réussit, et on veut bien la croire, tant Les Monstres est fluide et attrayant.

L’objet même de l’histoire n’est pas de retrouver le tueur, dont on découvre le point de vue régulièrement au travers des chapitres. Non, l’objet de l’histoire, ce sont plutôt tous ces morceaux de vies et de vécu qui s’amoncellent pour donner un roman policier très axé sur la part d’obscur de chacun. De l’ado normale en passant par la flic ou le pseudo-journaliste, tout le monde a quelque chose à se reprocher. Et n’importe qui peut tomber dans la déchéance.

Les monstres VOUn récit réaliste sur fond de réseaux sociaux et leurs travers…

Plus on avance dans l’intrigue et plus on se rend compte à quel point les réseaux sociaux (et autres plateformes d’échanges) prennent une place importante. D’outils de recherche et de communication, ils peuvent devenir des menaces à différentes échelles.

Cela est d’autant plus inquiétant que c’est totalement réaliste et possible. La lecture de ce roman risque de vous empêcher de dormir si vous avez des adolescents tant tout est affreusement plausible.

L’impression d’authentique que donne le roman n’est pas uniquement due à la plausibilité des actes, mais à celle de ses personnages. En effet, Lauren Beukes s’est rendue a Detroit pendant près d’une semaine et a rencontré de nombreuses personne à l’histoire parfois incroyable… et les a insérés dans son récit. Et quand on sait ça, il n’y a pas mieux pour croire s’immerger encore plus aisément dans l’histoire. Bien entendu, tout n’est pas uniquement inspiré de faits réels et certaines scènes sont d’ailleurs à l’entre-deux…

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Les Monstres est ainsi un très bon roman policier avec une bonne dose de noirceur et une toute petite touche de fantastique vers les ultimes pages. Il est parfait pour ceux qui se lassent du style classique qu’offre le polar. Ici vous avez affaire à un roman noir et corsé, non dénué de poésie et d’onirisme… C’est appréciable.

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