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Chronique : Méduse par Jessie Burton

Une réécriture féministe et passionnante du mythe de Persée et Méduse… bien différent du conte d’origine et qui fait réfléchir à nos souvenirs collectifs !

Jessie Burton est une autrice anglaise que j’affectionne depuis presque une dizaine d’années maintenant. La lecture de Miniaturiste a été pour moi une véritable révélation littéraire. Avec Méduse, elle s’essaye à un autre type de roman : la réécriture mythologique à destination des jeunes adultes.

Une fille isolée sur une île austère…

Méduse est une jeune fille dont la vie et celle de ses sœurs a basculé à cause des dieux et de leurs caprices. De leurs désirs et de leurs chantages pour obtenir d’elle ce qu’ils souhaitaient. Loin de la légende que l’on connait tous partiellement, Méduse n’est pas une abomination dont il faut trancher la tête. Non, c’est une fille qui a eu le malheur de se faire remarquer par sa beauté et qui en a payé le prix fort… de nombreuses fois.

Mais ici, Jessie Burton décide de donner la parole à cette presque femme qui fut onnie, oprimée et violentée. Que décidera de faire Méduse quand le beau Persée arrivera sur son île ?

Oser repenser les mythes

A l’image de l’essai De grandes dents de Lucile Novat qui se proposait de comprendre autrement le conte du Petit Chaperon Rouge, ici Jessie Burton essaie de déconstruire notre imaginaire. Dans notre culture collective, Méduse est une femme à la chevelure en têtes de serpents, elle est bestiale et dangereuse… La tuer serait un bienfait pour tous. Mais… et si Méduse n’était que la victime de la violence des hommes ? (encore une, oui). Et si elle n’était que le produit du pouvoir des hommes exercé sur les femmes ? C’est une injustice que tente de réparer Jessie Burton en remettant en lumière certains faits mythologiques et en réécrivant d’autres, pour enfin donner une voix à Méduse.

« Eh bien, je pense qu’il est moins difficile de s’entendre répéter qu’on est beau quand on est un garçon que quand on est une fille. Lorsque la beauté t’est atrribuée en tant que fille, elle devient d’une certaine façon l’essence de ton être. Elle évince tout ce que tu peux être d’autre. Alors que chez les garçons, elle ne prend jamais le pas sur ce que tu pourrais être par ailleurs« .

Cette mise en évidence de nombreuses injustices fait froid dans le dos et donne envie de relire attentivement nos contes et mythes, et pas la version expurgée s’il vous plaît. Non, il va nous falloir aller à la source des mythes fondateurs pour comprendre que ce que l’on sait est parfois erroné ou déformé.

Bien plus qu’une simple réécriture, ce texte de Jessie Burton est résolument féministe et incitera les plus curieux.ses à se plonger à la source de ces écrits qui font au quotidien notre culture. Pour moi ce roman est à mettre pile entre De grande dents et Résister à la culpabilisation de Mona Chollet. Le travail est immense, mais à force de curiosité et de partages, nous arriverons tracer une route différente…

« Ecoute Persée, crois-en quelqu’un qui sait de quoi il parle : parfois il ne suffit pas de se recroqueviller pour devenir la forme la plus petite, la plus minuscule qui soit. Alors, autant garder la taille que l’on est censé avoir.« 

Ainsi oui, c’est un coup de cœur, mais pas au sens littéraire de la chose. La lecture était très plaisante, mais c’est surtout son fond de soft power féministe qui m’a convaincue. A lire et faire lire dès l’âge de 14 ans environ.

Chronique YA : La trilogie Le chaos en marche

Paru en France en 2009, le premier tome de La Voix du couteau a lancé une série qui fut rapidement érigée au rang de classique contemporain. Patrick Ness est un auteur d’origine anglo-américaine qui a déjà quantité d’ouvrages à son actif. Il a notamment écrit Quelques minutes après minuit (basé sur les écrits préparatoires de Siobhan Dowd) qui fut adapté au cinéma. Il a également écrit Libération (2018) ou encore Burn en 2020 (PKJ).

Une idée originale jamais lue auparavant

Imaginez un monde où toutes les pensées qui vous traversent l’esprit volent dans les airs et parviennent jusqu’à vos voisins, vos amis, les passants… tout le monde. On appelle cela le Bruit. C’est dans ce monde déstabilisant que vit le jeune Todd Hewitt. Il a treize ans et il est le dernier « enfant » du village de Prentissville, toutes les femmes et les enfants ayant disparus il y a longtemps. Il ne le sait pas encore, mais son destin va basculer : dans cette bourgade où vivent exclusivement des hommes qui entendent toutes les pensées des uns et des autres, difficile de garder un secret. C’est pourtant ce que Todd va devoir faire si il tient à préserver les apparences…

Une dystopie passionnante

Le premier tome du Chaos en marche est terriblement original : un monde au fonctionnement unique causé par le Bruit. Un jeune héros dépassé par ses découvertes et qui grandit malgré lui à force d’enchainer les erreurs de jugement. On retrouve dans La voix du couteau tous les éléments de la dystopie young-adult : un héros/narrateur jeune, un monde hostile aux subtilités nombreuses que l’on découvre peu à peu de façon glaçante et une quête de vérité, de justice.

Todd est un héros intéressant, mais ce n’est au final par le plus passionnant des personnages de cette trilogie pour moi. Je ne vous en dis pas plus par risque de vous gâcher une bonne partie de l’intrigue. Cependant, pour moi Todd n’est pas le plus original des héros dans ses actions ou sa façon de penser les choses. Il est courageux, certes, mais est un peu trop centré sur sa petite personne, même dans des moments terribles. Mais Patrick Ness sait faire évoluer ce héros ordinaire pour le rendre plus crédible et moins « pur ».

Non, le plus intéressant dans cette trilogie, c’est la façon qu’a Patrick Ness de manipuler les actes de certains personnages pour les rendre ambigus. Il arrive à complexifier ce qui paraît aux abords simple. Ici, rien n’est manichéen même si ça y ressemble au début. Plus on avance dans la trilogie plus les frontières entre bien et mal se mélangent jusqu’à se dissoudre… Et je pense que c’est justement cela le message de Patrick Ness : jusqu’à quel point peut-on faire du mal en ayant des buts louables ? Une guerre est-elle bonne juste parce qu’elle est censée sauver plus de vies que de morts causées ?

Il y a énormément de réflexions sur la justice, l’égalité et la liberté. Le second tome fut pour moi le meilleur, car on voit peu à peu ce que de belles paroles peuvent faire comme tort. Comment avance doucement la perte des libertés sans même qu’on s’en rende compte tant c’est pernicieux. C’est malheureusement d’actualité dans certains pays actuellement (ça fait écho à ce qui se déroule en Afghanistan par certains aspects, ça fait froid dans le dos).

A partir du second tome, on change de style de narration, basculant entre plusieurs narrateurs. Le changement à lieu à chaque nouveau chapitre et nous permet d’en apprendre beaucoup plus sur certains aspect de la vie à Nouveau Monde (nom de la planète).

Pour ce qui est du troisième opus, il est pour moi moins passionnant car je n’y ait pas retrouvé l’originalité des deux précédents ouvrages. La narration change de voix à chaque chapitre comme dans le second tome, mais ce n’est pas suffisant pour tenir le lecteur. L’histoire devient beaucoup plus classique avec un fond guerrier qui va persister tout au long du roman. C’est dommage d’avoir perdu cette flamme originale et de basculer dans un final beaucoup plus classique… Cela m’a quelque peu laissée sur ma faim car j’attendais quelque chose de bouleversant. A tel point que je n’ai pas su être franchement touchée par certaines scènes car trop prévisibles…


Il fallait bien évidemment que Patrick Ness trouve une conclusion à cette trilogie. Tout ce que je sais, c’est que les deux premiers tomes ne sont que successions d’action de révélations fracassantes. Le troisième tome sert à boucler le tout de façon réussie mais un peu trop convenue et précipitée à mon goût.

Ainsi la trilogie du Chaos en marche est une réussite malgré quelques inégalités de qualité au fil des tomes. Il faut la lire pour découvrir un univers d’une originalité redoutable, une dystopie sombre et cruelle jamais faite auparavant. La série est lisible dès l’âge de 14/15 ans environ et sera tout à fait lisible par des adultes férus de sf et de suspense. D’ailleurs, Gallimard a sorti la trilogie à la fois chez Gallimard Jeunesse/Pôle Fiction et FolioSF, preuve en est que le public pour cette œuvre est large. Belle découverte à vous.

Chronique : Izana

Un roman fantastique qui nous vient tout droit du Japon !

Initialement paru sous forme de manga aux éditions Ki-oon sous le titre Kasane la voleuse de visage, l’œuvre de Daruma Matsuura est parue en 2017 en roman sous le titre Izana, la voleuse de visages. Le manga compte actuellement 11 tomes en France, mais la série est toujours en cours au Japon.

En ce qui concerne le roman paru chez Lumen, il s’agit d’un one-shot, vous avez donc une histoire complète.

L’histoire d’une tragédie au fin fond de la campagne japonaise

Née sous les mauvais auspices, à peine venue au monde, aussitôt condamnée à mort. Bienvenue dans un petit village perdu dans ce que je Japon a de plus rural. C’est ici qu’est née Izana, une petite fille qui pour son malheur est née en étant affublée d’une laideur extrême. Cette monstruosité physique la condamne immédiatement à la mort, tout cela à cause d’une légende extrêmement prégnante dans le village… Si elle reste en vie, elle apportera le malheur sur le village tout entier. Heureusement, la petite va être prise en pitié par une âme charitable et sera protégée pendant de longues années…

C’est ainsi qu’Izana survécu à son destin funeste, et qu’elle vécu cloîtrée durant plus d’une décennie… avant de comprendre qu’il y a un extérieur qui grouille de vie. Un dehors où les gens sortent, se rencontrent, s’aiment. Tandis qu’elle doit rester enfermée pour toujours à cause de sa laideur…

Mais et si la légende qui la condamnait avait une part de vérité ? Et si Izana possédait en elle le pouvoir de renverser elle-même son destin ? Et si la vengeance était à portée de main pour faire payer à tous cette injustice ?

Un roman aux thèmes intéressant mais qui manque de rythme…

Même si l’idée de base d’Izana est fort intéressante, sa mise en œuvre est beaucoup plus laborieuse. Le rythme y est très lent, mais surtout il ne se passe guère de choses avant les deux bons tiers du roman.

Il faut toutefois avouer que l’ambiance extrême en huis-clos est très bien faite, notamment les moments avec Chigusa, la seule personne à protéger Izana depuis sa naissance. Ces moments – peu nombreux – sont touchants.

Comme son héroïne, nous sommes enfermés dans une maison du village, puis une grotte… On comprend la rancœur qui habite Izana, cela la dévore peu à peu. Cette mise en scène est tout à fait justifiée, mais ce qui est le moins intéressant c’est la longueur du texte. Le temps qu’elle met à réaliser de nombreuses choses est long…

Ce n’est qu’aux trois quarts du roman qu’Izana découvre son « pouvoir » lié à une mystérieuse couleur…

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Ainsi, Izana est un roman aux thèmes intéressants, mais qui malheureusement n’a pas eu de réelle prise sur moi. Trop lent, une conclusion trop hâtive, cette histoire n’a pas su me capter… dommage car en général j’adore la littérature nippone. Pour les curieux, c’est à découvrir dès l’âge de 14/15 ans.

Chronique Jeunesse : Mes animaux zombies – Tome 1 – Le retour du hamster affamé

Mes animaux zombies 1Une amulette qui réveille les animaux morts du quartier ? Trop coooooool !

Ça vient de débarquer en mars 2015 aux éditions Bayard Jeunesse et c’est juste super sympathique : Mes animaux zombies de Sam Hay est la nouvelle série des 8/10 ans !

Les deux premiers tomes de la saga sont parus simultanément avec pour héros un hamster dans le premier tome, et un chat dans le second.

Un tonton archéologue, c’est super, jusqu’à ce qu’il nous offre un truc étrange…

… et c’est ce qui va arriver à Joe, notre jeune héros au grand cœur. Il vient de recevoir une étrange amulette et depuis, rien ne va plus.

En effet, il aurait mieux fait ne pas souhaiter avoir un animal de compagnie, car depuis peu Joe a quelques ennuis en la personne de Boulette. Qui est donc Boulette, me direz-vous ? Il s’agit tout simplement d’un hamster du quartier, décédé et revenu d’entre les morts pour mettre au point quelques petites choses avant de partir définitivement.

En effet, il a été aspiré par mégarde par la mère de son jeune propriétaire… et a été remplacé immédiatement par un autre hamster pour cacher le « crime » !

Il y a du travail en perspective, seul problème, Joe n’a pas très envie d’être dérangé par divers animaux morts-vivants, d’autant plus qu’ils ne sentent pas très bon… Et qu’il est le seul à les voir !

Un hamster caractériel pour « héros »

Pour ce premier tome, nous découvrons ainsi le petit Boulette, un hamster mort mais à l’appétit toujours présent et très dérangeant. En effet, le stress affecte énormément Boulette. Tellement, qu’il boulotte tout ce qu’il croise sur son chemin : lacets de chaussures, et même repas du directeur de l’école de Joe, rien ne l’arrête.

Cet appétit sans fin devient un réel problème pour Joe, qui se voit obligé de rattraper les bêtises du petit hamster zombie. D’autant qu’en plus de manger tout le temps, Boulette n’a pas un comportement très arrangeant… Capricieux, intenable, fatiguant : difficile pour Joe d’assurer que la quête de vérité de Boulette s’accomplisse.

Ce premier tome de la série Mes animaux zombies est très engageant par de nombreux points : écriture fluide et orale dont la lecture est facile, humour omniprésent, petits dessins qui parsèment l’histoire. Le tout est très sympathique et peux donner l’envie de lire à tous les profils de lecteurs, de ceux qui aiment déjà la lecture à ceux qui n’ont pas encore trouvé de livre qui leur plaît.

Le côté « animaux morts-vivants » est bien entendu très tentant pour les enfants, et je ne peux qu’approuver cette série hautement distractive. Elle prône ne bonnes valeurs tout en jouant énormément sur le thème de l’humour.

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En conclusion, cette nouvelle petite série pour la jeunesse démarre très bien. C’est amusant, distrayant et parfait pour commencer à lire des ouvrages plus gros quand on est un jeune lecteur et que l’on commence à prendre confiance. Il y a du texte, mais les images sont encore très présentes, c’est juste parfait. Dès 8 ans environ.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Carrie

Carrie poche ancienDiabolique et efficace : quand la cruauté des autres amène à la pire des extrémités… le surnaturel en plus !

Carrie est le tout premier roman écrit par Stephen King, il fut publié en 1974, il y a déjà 40 ans ! Devenu aussi bien incontournable sur la scène littéraire qu’au cinéma, Carrie bénéficie en cette année 2014 d’une médiatisation toute particulière avec la sortie d’un remake du film de De Palma.

Pour l’anecdote, sachez que l’ouvrage a bien failli ne jamais paraître : Stephen King avait jeté le manuscrit de Carrie, mais c’est sa femme qui l’a récupéré et l’a lu, poussant ensuite son mari à tenter de le publier. Depuis, Stephen King est devenu le maître incontesté de l’horreur, et nombre de ses romans ont étés par la suite adaptés au cinéma.

Parmi ses romans les plus connus on peut citer notamment : Misery, Jessie, La Ligne Verte ou encore Simetierre.

Harcelée depuis sa plus tendre enfance

Carrie White n’a jamais eu la vie tendre : entre sa mère fanatique religieuse qui voit le diable en tout acte et les enfants qui lui en font baver, elle n’a eu aucun répit. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant avec l’adolescence… Quand « le drame » est survenu, Carrie avait 17 ans, comme la plupart de ses camarades qui ont péri ce jour là… Mais que s’est-il passé lors du Bal de promotion pour causer une telle hécatombe ?

C’est ce que de nombreuses personnes vont s’employer à découvrir. Tout le monde sait que le personnage de Carrie White, son enfance, sa personnalité, ses antécédents, ses relations sociales (ou plutôt leur absence)… tout à concouru à sa lente chute jusqu’à l’apothéose meurtrière du Bal…

Écrit sous forme de collecte de témoignages post-drame et non pas sous la forme classique de roman, Carrie est un récit dérangeant pointant la cruauté extrême que peuvent avoir les adolescents entre eux… le tout sur fond de paranormal.

Recluse et désinformée : la meilleure association possible pour créer de la haine et de la rancœur

Tout commença par un événement somme toute courant et inéluctable pour une jeune femme : l’arrivée de ses règles. Mais Carrie ne savait pas ce que c’était, elle dont la mère ne lui avait jamais rien dit ni expliqué. La jeune fille pensait être en train de mourir. Cela se produisit dans les douches et toutes les filles de sa classe se moquèrent d’elle en lui jetant des tampons et des serviettes… Ainsi débuta l’accélération de la déchéance de Carrie… Ce terrible événement entraîna la punition de toutes les filles ayant participé à ce lynchage, et celles qui refuseraient la sanction se verraient privées de bal. C’est là qu’entre en jeu l’instigatrice du drame, le personnage le plus haïssable du récit : Chris. Cette dernière, bien que privée de bal n’en a pas fini avec Carrie et compte bien lui pourrir la vie jusqu’au bout… aidée en cela par Billy, son petit ami.

Carrie ancienne couvertureUne lente descente aux enfers…

Bien que Carrie soit un récit fantastique, il s’agit également d’une satire de notre société et de son fonctionnement. Plus particulièrement dans la culture américaine, car en France, nous n’avons pas de Bal de fin d’année et de Roi et de Reine du Bal. Cette culture est typique des États-Unis. Mais le fait d’être souffre douleur est malheureusement universel.

On découvre ainsi tous les archétypes qui font une école ou un campus : la nana bien fichue et populaire qui n’a peur de rien, sa meilleure amie qui la suit, les autres qui font pareil de peur de devenir elles aussi des têtes de Turc. Ces mécanismes sociaux sont rodés depuis des siècles, mais les voir en action par le biais de l’écriture de Stephen King fait froid dans le dos. Hormis la dose de surnaturel avec le gène TK (gène permettant à Carrie d’avoir ses pouvoirs), tous les éléments peuvent être réels… et c’est peut-être cela, le plus terrifiant dans l’histoire.

Carrie était le premier roman de Stephen King, et déjà, on y voit certaines idées qui seront utilisées dans ses futurs ouvrages. Je pense notamment à la demi-page décrivant la relation presque charnelle qu’entretien Billy avec sa voiture qui n’est pas sans faire penser à Christine.

Bien qu’il ne s’agisse pas de mon récit favori de l’auteur, Carrie est le roman qui l’a révélé, celui qui a lancé son extraordinaire carrière d’écrivain. Alors, oui, Carrie est un roman incontournable et vous le lirez certainement avec plaisir si vous aimez les ambiances de campus, de vengeance… le tout sur fond d’annihilation.

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Chronique : Le Pacte – Tome 1 – Vengeance

Le pacte 01Jusqu’où sont-elles prêtes à aller pour venger leur image bafouée ?

Le pacte est une trilogie parue aux éditions Panini dans la collection Scarlett. Les auteurs de cette série pour ados sont toutes deux reconnues pour leur travail d’écrivain.

La première est Jenny Han, l’auteur de la série L’été où je suis devenue jolie (Wiz) qui fut un succès. La seconde est Siobhan Vivian, une auteur que nous ne connaissons en France que pour un seul roman, mais qui a su faire parler de lui : La liste (Nathan). Les deux auteurs se sont connues au lycée, à New York. Elles possèdent toutes deux un master en écriture créative. Le Pacte est leur premier travail à deux plumes.

A Jar Island, tout n’est pas aussi beau et calme qu’on pourrait le croire

Bienvenue sur une petite île : Jar Island. Il n’y a guère d’habitants en dehors de la période touristique, les gens qui y vivent de façon permanente se connaissent presque tous et sont pour la plus grande part très aisés financièrement… C’est ici que nous faisons la connaissance des trois narratrices du roman : Lillia, Mary et Kat. Toutes trois sont au lycée et elles ne le savent pas encore, mais elles vont conclure un marché qui les servira chacune tour à tour…

Lillia et Kat se connaissent mais ne se côtoient pas vraiment. Mary est quant à elle nouvelle sur le campus. Elle a tout fait pour terminer sa scolarité au lycée de Jar Island et n’y connaît personne… excepté une personne, et c’est pour elle qu’elle est venue.

La vengeance est un plat qui se mange froid

Par un concours de circonstances qui relève du hasard, les trois jeunes filles vont ainsi se venger ensemble de trois personnes. Certaines sont leurs propres amis, mais le pacte ayant été conclu, chacune aidera l’autre à réaliser sa revanche…

Une jeune fille harcelée depuis des années qui a du suivre de longues séances psychologiques pour s’accepter, une qui veut venger l’honneur de sa petite sœur et enfin une qui veut faire plonger celle qui sème des mensonges sur elle depuis trop longtemps. Voilà le portrait des trois jeunes filles qui ont conclu le pacte.

Mais que vont-elles faire ? Jusqu’où veulent-elles pousser leur vengeance pour se sentir enfin libérées ? Leurs actes seront-ils à la hauteur de ce qu’elles ont subit ou pire encore ?

Entre la chick-lit et le thriller

Vengeance est un premier tome qui se lit très rapidement (d’autant que le corps des mots y est très gros). Chaque chapitre est centré sur l’une des trois adolescentes et écrit de leur point de vue : nous y retrouvons leur quotidien, découvrons leurs amis ainsi que leur passé. Les liens qui apparaissent entre tous les personnages se densifient au fur et à mesure de l’intrigue, rendant sa dimension plus intéressante mais également plus complexe (il arrive parfois que l’on confonde certains personnages).

Tout la cruauté du monde de l’adolescence avec ses amitié qui se font et se défont est retranscrite avec réalisme. On y retrouve des dialogues piquants, des scènes de la vie quotidienne au lycée qui sont relativement réalistes… Le tout étant au final réussit.

Le mélange entre suspense et littérature très féminine (on y parle beaucoup vêtement, look et apparences) est bien dosé. Les auteurs on su rendre le tout intéressant sans tomber dans les écueils de la chick-lit et en montant peu à peu la tension… Il y a également une interrogation que l’on peut soulever après lecture du premier tome, bien que les éléments soient extrêmement ténus : y a-t-il du fantastique dans la série Le Pacte ? La réponse n’est pas encore ici.

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Alors que penser de ce premier tome ? Loin d’être introductif, il nous plonge rapidement dans l’action. Les héroïnes vengeresses ne sont pas toutes attachantes de la même manière, celle attirant le plus d’empathie étant selon moi Mary. Les deux autres sont plus dans le stéréotype de la jeune fille belle et méchante et se révèlent moins. Vengeance ainsi est un bon roman qui donne très envie de découvrir toutes les intrigues qui se trament sur Jar Island. En effet, on attend tout de même une montée en puissance sur tous les plans, même si le chapitre final est efficace. Affaire à suivre avec Mensonges, le second tome de la série.

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Actualité éditoriale : La bande-annonce de la Nuit des enfants rois (The Prodigies) enfin disponible !

The prodigiesAprès une annonce il y a plusieurs mois sur le blog, voici enfin la bande-annonce du film qui il faut l’avouer en jette énormément avec un choix de musique qui ajoute à la dimension extraordinaire de l’histoire. Pour savourez le trailer en attendant la sortie, c’est ci-dessous.

La musique que l’on entend dans la bande-annonce est issue d’un album de Muse. L’album est The Resistance et le titre de ce puissant morceau est Exogenesis : Symphony Part 1 [Overture].

Sortie du film le 25 Mai 2011 !


 

Chronique : Seul contre Tous

seul contre tousBienvenue dans le monde de la « justice » ou plutôt cette fois-ci de l’Injustice, qui amena à condamner un innocent à vingt-deux années de prisons en brisant au passage la vie de tous ses proches… Ainsi commence l’horrible lutte juridique et parfois peu orthodoxe (mais a-t-il vraiment le choix) de Danny Cartwright, un homme comme tout le monde hormis le fait qu’il se soit retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment et avec les mauvaises personnes…

Je dois avouer avoir été quelque peu sceptique car les thrillers ne sont pas vraiment mes lectures favorites mais j’ai bien vite changé d’avis quand je me suis rendue compte que j’en étais arrivée à plus d’une centaine de pages sans m’en rendre compte…

Eh oui, Jeffrey Archer a un réel don pour tenir son lecteur d’une poigne de fer (ou d’une plume ?), et plus on avance, plus le livre devient dur à poser ne serait-ce que pour un court moment. Tout est finement pensé, et même vous lecteur sûrement très rusé, vous ne pourrait qu’être surpris par ce roman riche en suspense jusqu’au bout, mais aussi bourré de culture et de références diverses très enrichissantes (eh oui, connaissiez-vous la renouée du Japon ?).

Pour conclure vous l’aurez compris, j’ai vraiment adoré ce pavé de presque 600 pages (tout de même)  qui se dévore. Voila une idée de policier/thriller pour ceux qui ne savaient pas quoi se mettre sous le dent pendant les vacances…

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Chronique : Millenium – Tome 2 – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

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Second tome de la trilogie Millenium, sachez qu’il est indispensable d’avoir lu le premier tome pour comprendre tout les enjeux de l’histoire, mais aussi les comportements des personnages.

On s’accroche plus que jamais à l’histoire, même si le livre met un peu de temps à démarrer : mais nécessaire pour planter le décor et l’ambiance de ce second livre. Le premier avait pour sujet une enquête de meurtre non élucidée, le second à pour fil rouge le commerce du sexe en Suède.

Une fois le décor planté, tout s’enchaine et le rythme devient effréné. Deux homicides ont étés commis, et une « chasse à l’homme » commence, parallèlement le journal Millénium se trouve en mauvaise posture (en particulier ce cher Super Blomkvist, qui se doit de mener l’enquête sur les meurtres ne serait-ce que pour des raisons morales ou pour une vengeance…) Tout cela sans qu’il y ait de pause jusqu’à la fin, qui n’en est pas une d’ailleurs et qui nous amène au troisième et dernier tome. Car même si les questions ne sont pas mises en lumière, il est clair que le lecteur les a en tête.

Pour conclure, je doit avouer que le livre est globalement bien et appréciable pour son suspense, mais que je préfère le premier tome que j’ai trouvé plus déroutant dans les découvertes faîtes par les personnages, ici les révélations sont tout autre, même si elles peuvent surprendre. J’attends maintenant de lire le troisième tome pour savoir si la Trilogie Millénium n’a pas été quelque peu victime de son succès, affaire à suivre…

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