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Chronique : Comment se passe ton été ?

Un très bon recueil de nouvelles qui nous viennent tout droit de Corée. Un très bon ouvrage, parfait pour se familiariser avec cette littérature unique et marquante à bien des égards…

Kim Ae-ran est une romancière sud-coréenne, six de ses romans sont déjà parus en France, la majorité étant parue aux éditions Decrescenzo (spécialisées dans la traduction d’ouvrages exclusivement coréens).

Elle a ainsi écrit : Cours papa, cours !, Ma vie dans la supérette, Ma vie palpitante, Coktail sugar et autres nouvelles de Corée

Quatre nouvelles inclassables et marquantes

Des univers très différents avec un point commun : une atmosphère délétère, lourde, unique. Dans ces quatre histoires, vous découvrirez un bel échantillon de la littérature coréenne. Entre pureté et atmosphères de fin du monde, voici de quoi vous faire un bel avis sur cette littérature venue d’ailleurs…

Je vous propose ici de découvrir chaque nouvelle autour d’une mini-chronique dédiée ci-dessous.

Les Goliath aquatiques :

La Corée (mai cela aurait pu être n’importe quel autre pays) ne semble plus exister dans ce terrible paysage de fin du monde : « Le pays tout entier était en travaux avant la catastrophe ». Un fils et sa mère habitent un immeuble délabré qui peu à peu se vide de ses habitants… Ils ne veulent pas partir, l’emprunt qui a permis d’acheter l’appartement vient d’être payé après des années de privation. Mais pourront-ils rester ? Les jours passent et le tableau s’assombrit de plus en plus dans une ambiance de mort et de pourriture.

Cette nouvelle a beau être très sombre, elle est superbe. Très triste, mais percutante. En quelques phrases à peine, c’est tout un paysage, des visages, des émotions qui nous apparaissent. Les goliaths aquatiques est un titre étrange, mais il trouve son explication en fin d’ouvrage. J’ai adoré cette nouvelle, avec ses facettes désespérées et sa conclusion très ouverte. Il y a des scènes absolument mémorables qui en font une histoire très forte.

Comment se passe ton été ? :

Cette nouvelle a beau donner son titre au livre, elle est pour moi l’une des moins marquantes de ce recueil. Tout débute quand une jeune femme est contactée par son seonbae (camarade d’université plus âgé), avec qui elle n’a pas discuté depuis deux ans. Mais en ce jour spécial où elle doit se rendre à l’enterrement d’un ami, elle n’est pas disponible. Elle est cependant d’un naturel très gentil et ne peut refuser face à l’insistance de son seonbae et décide de le voir avant de partir à l’enterrement.

C’est une histoire curieuse que celle-ci. Elle est assez triste car cette jeune femme qui ne sait pas dire non s’embringue dans des situations impossibles pour faire plaisir aux autres. Elle est attachante et innocente, on ne peut pas s’empêcher d’avoir de la compassion pour elle…

Les insectes :

Tout simplement la meilleure nouvelle du recueil ! Terriblement réaliste (et effrayante), on se plonge dans l’histoire de ce couple qui attend un enfant en quelques lignes à peine. On retrouve l’ambiance de délitement et de fin du monde que l’on avait dans Les Goliath aquatiques. Mais cette fois-ci, outre l’isolement, nous avons affaire à des insectes. Pernicieux, mais extrêmement nombreux, ils vont rendre impossible la vie du couple.

On ne voit qu’eux comme personnages, rendant l’atmosphère d’isolement encore plus terrible, glaçante. Peu à peu, on découvre que les insectes prennent de plus en plus de place dans l’appartement, et dans l’esprit de la jeune femme en particulier.

Impossible de vous en dire plus à propos de cette nouvelle, mais elle est absolument géniale pour qui aime les histoires sombres… Et la conclusion en est magistrale, on a vraiment l’image finale en tête, c’est très réussit.

Trente ans :

Encore une histoire étrange me direz-vous, où l’on suit une femme qui a été « recrutée » par une entreprise très peu scrupuleuse qui n’a pas des salariés mais plutôt des esclaves… La construction de cette nouvelle est intéressante car on voit peu à peu le piège se refermer, c’est terrible (mais génial).

Encore une fois, la conclusion est fort bien trouvée, toujours aussi sombre, mais c’est justement cela qui est intéressant…

……

En somme, pour qui ne connaît pas la littérature coréenne et n’a pas envie d’un roman complet, un recueil de nouvelles peut être une parfaite entrée en matière. Par contre, il faut aimer les histoires à l’ambiance délétère (comme c’est souvent le cas dans les œuvre coréennes).  Personnellement, j’adore, d’autant qu’elles sont très réussies.

Chronique jeunesse : Le hibou n’est pas manchot

Quatre histoires policière bourrées d’humour et d’oiseaux, à découvrir dès l’âge de 9-10 ans !

Souvenez-vous, nous avions déjà parlé du roman La carotte se prend le chou, du même auteur, aux éditions Nathan. Emmanuel Trédez revient avec le même concept : 4 histoires déjantées, mais cette fois-ci on quitte le monde des légumes pour celui des… volatiles !
Alors, est-ce que ça marche toujours aussi bien ? Oui !

Archie Duc, un enquêteur à la pointe de l’observation

Dans ce nouveau petit recueil de nouvelles policières, vous ferez la connaissance qu’est le fin limier Archie Duc. Aidé en cela par un apprenti poussin perspicace, et toute une petite équipe efficace, Archie Duc va mettre à mal les meurtriers et voleurs dans les différentes affaires qui lui tomberont sur le coin du bec !

« Au nom de l’oie, je vous arrête ! »

Comme le titre de cette seconde partie de chronique vous l’illustre bien, Le hibou n’est pas manchot est encore une fois un roman où les jeux de mots fleurissent. Les jeunes lecteurs vont devoir s’accrocher pour suivre, et c’est tant mieux ! Il ne faudrait pas que tout leur tombe tout cuit dans le bec non plus, si ?

Une lecture dynamique, enlevée et maligne, voici donc les maître mots de ce petit ouvrage de presque 150 pages. Le tout est parsemé de quelques illustrations très parlantes (et souvent comiques) qui animeront à merveille le tout.

On retrouve les mêmes ressorts comiques que dans le roman précédent (il n’y a pas d’ordre à respecter, les personnages sont d’ailleurs tous différents). De même, les intrigues, sont aussi simples qu’efficaces.
Bref, c’est le genre de roman parfait pour les enfants qui aiment peut-être déjà lire (ou non !), et qui souhaitent d’essayer à quelque chose de différent et d’un peu inclassable. A découvrir dès l’âge de 9 ans minimum, ce sera parfait.

Espérons maintenant que les éditions Nathan rééditeront les autres romans qu’avait écrits Emmanuel Trédez dans la même veine, je suis très curieuse de les découvrir…

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Chronique : Des hommes sans femmes

Un recueil de nouvelles signé Haruki Murakami… et comme toujours, une franche réussite pour qui aime cet auteur et son univers.

Les éditions Belfond viennent de publier le tout nouvel ouvrage de Haruki Murakami il y a quelques jours à peine. L’auteur japonais est de retour avec non pas un roman, mais un recueil de nouvelles.

Le format de la nouvelle est un bon moyen de découvrir un auteur, surtout quand on sait que Haruki Murakami n’en est pas à son premier coup d’essai. Il avait précédemment écrit Saules aveugles, femme endormie, ou encore Les attaques de la boulangerie (une de mes nouvelles favorites), Sommeil (une de ses nouvelles les plus étranges…) et L’étrange bibliothèque.

Avec Des hommes sans femmes, ce regroupement de textes nous parle d’hommes très différents dont le point commun est de ne pas vivre avec une femme, bien qu’ils les côtoient tous de façon très distinctes.

Des tranches de vies touchantes et pour certaines mémorables

« Ce que je veux aborder avec ce recueil ? En un mot, l’isolement et ses conséquences émotionnelles. Des hommes sans femmes en est l’illustration concrète. C’est le titre qui m’a d’abord saisi – bien sûr, le recueil éponyme d’Hemingway n’y est pas étranger -, et les histoires ont suivi. Chacune de ces histoires est venue en résonance du titre. Pourquoi Des hommes sans femmes ? Je n’en sais rien. D’une façon ou d’une autre, ce titre s’est enraciné dans mon esprit, comme une graine déposée dans un champ par le hasard du vent. »

Cette présentation de l’ouvrage par Haruki Murakami lui-même explique parfaitement ses intentions et les façons dont s’articulent les nouvelles. Tout est dans ces quelques lignes.

Dans ce recueil, ce sont ainsi sept nouvelles très différentes qui vous attendent. Certaines étranges, d’autres d’une tristesse infinies, mais avec un cœur commun : le trou béant laissé par l’absence des femmes.

L’une de celles qui m’a le plus plu est sans conteste Shéhérazade. De cette femme qui raconte certains épisodes de sa vie à son amant, on ne sait que le peu qu’elle nous donne. Elle dit qu’elle fut une lamproie dans une vie antérieure, mais aussi que dans son adolescence, c’était une Voleuse d’amour. Ses différentes histoires ont un pouvoir fascinant sur nous lecteur, et on meurt d’envie d’en savoir plus sur cette femme étrange et son amant, qui semblent réunis par un mystérieux commanditaire. Le fait que le mystère plane de bout en bout dans cette nouvelle nous laisse un sentiment diffus de plaisir et d’insatisfaction mêlée, c’est juste parfait.

L’autre nouvelle qui a su me marquer est celle de ce chirurgien esthétique qui a toujours vécu entouré de nombreuses amantes : Un organe indépendant. Son histoire est belle, triste, et d’une simplicité rare. C’est percutant et d’une mélancolie inouïe, comme seuls les japonais en ont le secret…

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Chaque histoire courte est ainsi une incursion dans le cœur des hommes, si dépendants et amoureux des femmes (certains l’ignoreront toute leur vie dans certaines de ces histoires). L’écriture de Haruki Murakami réussit encore une fois à nous captiver avec des mots simples et une ambiance si particulière. C’est une réussite, et c’est à découvrir que vous soyez ou non adepte du format de la nouvelle, tout simplement pour (re)découvrir un auteur qui n’a pas fini de fasciner et de plaire par sa sobriété et son talent.

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Chronique : Les neiges de l’éternel

Les neiges de l'éternelUn premier roman qui s’inspire du Japon et de l’univers de la fantasy… un savoureux mélange

Paru aux éditions ActuSF en août 2015, Les neiges de l’éternel est un premier roman de fantasy ancré dans un univers typiquement japonais inspiré de l’Époque Edo. Il s’agit du premier roman de l’auteur française Claire Krust, et elle signe ici une très belle entrée dans le monde de l’imaginaire…

Cinq histoires qui n’en font qu’une

Bienvenue dans un univers qui s’inspire fortement du Japon ancien et de ses traditions. Voici l’histoire de cinq vies qui se croisent, se découvrent, s’entrelacent, mais également l’histoire d’une famille qui se délite. L’histoire de cette lignée nous suit tout au long des cinq nouvelles formant Les neiges de l’éternel.

Tout débute avec Yuki et son frère Akira, extrêmement souffrant. Il a beau être bien né, issu de la noblesse, il est tout aussi démuni que n’importe qui face à la maladie. Aucun remède n’a jusque là réussit à le soigner… C’est ainsi que Yuki décide de tenter le tout pour le tout en fuyant le domaine familial et en allant par-delà le monde connu pour elle… Trouvera-t-elle le remède qui sauvera son frère alors qu’elle n’a jamais rien connu que le confort et une vie douce de noble ?

L’histoire de Yuki fait débuter celle de tous les autres : Shota le tout jeune garçon, Sayuri la courtisane, Takeshi le curieux ou encore Seimei, le fils d’un guérisseur. A travers le temps et les frontières, voici récit.

Une plume d’une douce et âpre maîtrise…

La toute première chose que l’on remarque en lisant ne serait-ce que les premières lignes des Neiges de l’éternel, c’est l’écriture de Claire Krust. D’une belle maîtrise, incisive, et même parfois d’une douce cruauté, sa plume est tout simplement délectable !

« Il aurait pu, maintenant que l’adolescent s’était endormi, s’infiltrer insidieusement au sein de ses songes et lui ronger l’esprit. Il aurait pu susciter d’horribles cauchemars glacés plus cruels qu’un hiver au froid mortel. Il aurait pu, d’une simple pensée, hanter à jamais les pensées de Takeshi d’ombres mouvantes et imperceptibles dont il n’aurait jamais compris l’origine. Il aurait pu, aussi, lui révéler purement et simplement que, où qu’il soit, il pouvait désormais lui imposer ce genre de souffrance sans le moindre effort »

Les cinq histoires qui s’articulent entre elles sont quant à elles bien ficelées et très prenantes. Ma préférée était celle de la douce Sayuri, courtisane de métier. Son histoire est aussi surprenante que belle… et terriblement mélancolique. C’est selon moi l’une des meilleures avec la première nouvelle, nous contant l’histoire de Yuki et de son frère Akira.

Chacune à leur façon, elles nous content l’histoire d’une lignée qui se perd peu à peu dans l’étrange et la folie. On n’échappe également pas aux légendes nippones concernant les esprits et les fantômes, il aurait même pu avoir encore plus d’imaginaire que cela n’aurait pas été déplaisant !

Seul bémol selon moi, l’une des histoires n’apporte pas de réelle dimension à l’ensemble de l’intrigue, ce qui est un peu dommage. Pour le reste, le tout fonctionne efficacement.

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En somme, si vous souhaitez passer un très bon moment dans un univers à la fois beau, glacial, et cruel, vous êtes au bon endroit ! Fans de Japon, d’Histoire et de légendes, laissez-vous donc séduire par l’univers de Claire Krust et sa passion pour le Pays du Soleil Levant… on a hâte de voir ce que donnera son œuvre dans le futur !

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Chronique : D.Gray-Man reverse – Volume 1

D Gray-man reverse 1Un recueil de nouvelles à réserver aux fans ultimes de la saga

Gray-Man est une série de mangas créé par Katsura Hoshino traitant d’exorcistes et de leur combat continuel contre des démons, les akumas. Il s’agit d’un shônen fantastique aux inspirations à la fois gothiques et steampunk où l’on suit les aventures d’un jeune exorciste : Allen Walker.

En France tout comme au Japon, il y a pour le moment 24 tomes publiés. Par ailleurs, une série animée du même nom a été créée.

En 2012 et 2013, les éditions Glénat, fortes du succès de la saga, décident d’éditer les D. Fray-Man reverse, deux recueils de nouvelles qui complètent l’histoire de certains personnages et permettent de les découvrir sous un nouveau jour.

 Trois nouvelles pour approfondir le passé d’Allen et des autres personnages

Dans ce premier volume de D. Gray-Man reverse, vous retrouvez trois textes : Le voyage d’un clerc, Le village de la sorcière et Bak Chan Capriccio.

Ces trois histoires permettent d’en savoir plus sur le passé d’Allen et son arrivée en Angleterre, Yû Kanda et l’un de ses combats contre les akumas et enfin sur Bak Chan.

Les fans de la série ont de grandes chances d’avoir vu l’animé en plus d’avoir lu les mangas, et c’est là que le bât blesse. En effet, deux de ces nouvelles sont déjà présentes dans la série animée, les lire sous forme de nouvelle n’apporte ainsi que peu d’intérêt.

L’écriture de ces nouvelles est bien traitée, mais les histoires en elles-mêmes n’apportent qu’un intérêt limité. La meilleure de ces trois nouvelles est selon moi Le village de la sorcière, c’est celle qui revêt le plus d’intérêt et qui permet de se pencher sur d’autres personnages qu’Allen. On y trouve un rythme, une action et une intrigue qui rendent le tout intéressant. Les deux autres textes sont beaucoup moins indispensables.

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En conclusion, ce premier tome de D. Gray-Man reverse est à réserver à des lecteurs fans de la série très avertis. Si vous avez vu l’animé, ce livre ne vous apportera aucune nouveauté car il reprend trait pour trait certains épisodes. Par contre, si vous n’avez lu que les mangas, cet ouvrage peux vous apporter un réel plus quant à la découverte du passé de quelques personnages sélectionnés.

Quoi qu’il en soit, ce livre est à réserver à des fans absolus car même si les histoires peuvent êtres inédites pour certains, elles ne méritent pas non plus que l’on s’y attardent très longuement.

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Chronique : L’homme bicentenaire

L'homme bicentenaireUn très bon recueil pour un retour aux sources des plus enthousiasmant

Isaac Asimov, scientifique et écrivain de science-fiction mondialement connu n’est plus à présenter. Il est surtout célèbre pour son cycle des Robots et ses « trois lois de la robotique » qu’il a inventées. Il a remporté de nombreuses fois des grands prix de science-fiction tels que le prix Locus, le prix Nebula, ou encore le prix Hugo.
L’homme bicentenaire ici présenté est une réédition parue chez Folio SF constitué de nouvelles aussi bien de nouvelles en rapport avec son univers des robots que des short-stories faites sur commande pour des magazines de science-fiction ou autres.

Nouvelles à chute et anticipation

Parmi les douze nouvelles au total que contient ce recueil, nous en retiendront quelques-unes en particulier pour le message qu’elles contiennent ainsi que leur poésie, leur beauté.
Toutes sont basées sur les fameuses trois lois de la Robotique crées par Isaac Asimov, mais chaque nouvelle a une façon bien a elle d’en user ou de les détourner avec art, rendant ces courtes histoires fascinantes et laissant au lecteur une seule envie : celle de les relire et d’y penser posément, d’imaginer toutes les possibilités que nous offre l’auteur.

Voici une liste des nouvelles les plus marquantes selon moi :

La vie et les œuvres de Multivac : Les hommes ont créés les robots et ne peuvent plus se passer d’eux, à tel point que la moindre de leur action nécessite l’autorisation d’un robot dès qu’elle sort du cadre normal. Multivac est la centrale des Robots, l’entité par laquelle tout passe aussi bien les ordres donnés aux robots que le fonctionnement d’équipements moins élaborés. Mais certains humains commencent à trouver cette « assistance » bien trop pesante et communiquent en secret pour parler de cette dictature en douceur des machines.

L’homme bicentenaire : Nouvelle incontournable de l’œuvre d’Asimov, elle a été adaptée au cinéma en 1999. Le problème soulevé par Asimov est très simple : qu’est-ce qui différencie un être humain d’un robot ? Est-ce que ce sont ses organes qui déterminent son humanité ? Son apparence ? Sa façon de penser ? Son niveau d’intelligence ? Ou autre chose encore ?
Un magnifique récite empli de beauté qui ne laissera pas indifférent.

Trombes d’eau : Très bien pensé, ce récit de qualité fait partie de ceux dont il faut en dire le moins possible afin de garder le mystère intact. Un huis clos des plus immersifs.

Isaac Asimov a également une vision des plus philosophique quand à l’homme et à ses motivations, ses aspirations. Certaines de ces nouvelles (Pour que tu t’y intéresses, L’homme bicentenaire) sont une façon de remettre en question l’homme lui-même et ce qui fait son statu d’homme dans la société.

Ces questions sont et resteront encore pour longtemps d’actualité. Et c’est aussi ce qui fait la popularité d’Isaac Asimov depuis aussi longtemps : sa capacité à soulever les questions éthiques et existentielles qui étaient pertinentes à l’époque et qui le sont toujours maintenant.
A lire et à relire sans modération !

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

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Chronique : Comme des fantômes

comme des fantomesUn faux ouvrage posthume sauvé des flammes…

Fabrice Colin, auteur français très prolifique (surtout dans le domaine fantastique) notamment connu pour ses romans adultes : Confessions d’un automate mangeur d’opium, Le syndrome Godzilla, et également pour ses romans jeunesse : la série Les étranges sœurs Wilcox, ou encore le Projet oXatan.

Comme des fantômes, précédemment publié aux éditions des Moutons Electriques, et maintenant publié en poche aux éditions Folio SF, est une compilation d’idées, de nouvelles, dont certaines épuisées, et fait aussi office de faux ouvrage posthume.

Dans le monde foisonnant et déconcertant de Fabrice Colin

Difficile de parler de ce recueil si abondant de nouvelles et dont chacune a son univers propre. On passe du steampunk, à l’histoire vampirique tout en faisant un détour par le fantastique et la fantasy urbaine. On croise aussi de courts textes ainsi que des dialogues, réels et fictifs, sur la vie passée de Fabrice Colin, ses relations avec les autres auteurs, les éditeurs.

Beaucoup de genres et de styles se confondent pour donner un recueil intéressant et surtout très hétéroclite. Nous n’allons évidemment pas traiter de toutes les nouvelles contenue dans ce livre, car elles sont très nombreuses (plus d’une vingtaine), mais uniquement de celles qui sont, selon moi, les plus marquantes et les plus appréciables.

Intervention forcée en milieu crépusculaire est sans doute la plus poétique des nouvelles, mais aussi la plus étrange. Le lecteur se retrouve plongé dans un monde mourant, pourrissant, coincé avec le personnage principal dans une pièce où s’affrontent du regard deux hommes inspirés des héros de Jules Verne. Etrange, direz-vous… et vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Passer la rivière sans toi, nouvelle aux échos féeriques très touchants séduira par son écriture intimiste. Elle nous raconte l’histoire d’une jeune femme vivant à New York qui a des ascendances féeriques. Tiraillée entre ses origines et le monde où elle a toujours vécu, la jeune femme trouvera un moyen de concilier (douloureusement) les deux. Magnifique.

Arnastapi, très belle nouvelle sur l’oubli et la maladie est aussi un beau clin d’œil à l’œuvre de Caroll, car la vieille Miss Liddell n’est autre qu’Alice, et son chat semant des sourires dans toute la pièce est bien plus qu’un simple matou… mais Miss Liddell a tout oublié, hormis certains épisodes de sa jeunesse.

Seul témoin de la longue descente d’Alice : le jeune homme qui la garde et qui prend soin d’elle et dont elle écorche en permanence le nom. L’écriture de cette nouvelle est simple, percutante, empreinte d’une triste et douce poésie.

« Je pose mes lèvres sur sa peau. J’ai l’impression d’embrasser un vieux livre ».

Vous l’aurez remarqué, ce recueil de nouvelles est rempli d’hommages à des classiques de la littérature, Alice au pays des merveilles, Jules Verne ou encore Peter Pan, Fabrice Colin se joue des codes et des références.

Mais vous trouverez aussi nombre de récits « originaux » tels que Retour aux affaires, une histoire de fantômes et d’arnaques bien tournée et d’autres histoires étranges dont une vampirique très réussie.

Alors, bien sûr, parmi la vingtaine de nouvelles que contient Comme des Fantômes, tout n’est pas bon à prendre, mais la majorité des écrits qui nous sont offerts ici sont plaisants et feront passer un très agréable moment à tout amateur de fantastique et de belle plume.

Cette chronique a été réalisée pour la site ActuSF

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Chronique Jeunesse : Coup de gigot et autres histoires à faire peur

Coup de gigotNouvelles à chutes et crimes masqués

Cette petite anthologie de courtes nouvelles publiée aux éditions Folio Junior a pour thème les apparences trompeuses, en particulier chez la gent féminine. Cet ouvrage est souvent prescrit dans les classes de collège.

Ce livre contient quatre nouvelles :

  •     Coup de gigot
  •     Tous les chemins mènent au ciel
  •     La logeuse
  •     William et Mary

Toutes ces nouvelles ont une particularité ; elles se concluent toutes par une chute, c’est-à-dire une conclusion en général inattendue et souvent surprenante pour le lecteur, en particulier pour les plus jeunes.

Coup de Gigot : cette première nouvelle est un prodige de cynisme, elle est tout simplement drôle est géniale.

Tout commence par une femme aimante qui attend impatiemment son mari… et tout fini en un crime sordide… la femme a tué son mari d’un coup de gigot, et va tout faire pour masquer son crime à la police… Plein d’humour noir, ce récit est un vrai régal !

Tous les chemins mènent au ciel : Encore une fois, c’est l’histoire d’une femme qui va faire quelque chose d’impensable, elle-même ne s’en croyait d’ailleurs pas capable avant de le faire… elle qui avait tout pour être heureuse, ou presque. Une nouvelle géniale et une chute qui l’est tout autant.

La logeuse : S’il y a bien une femme plus dangereuse que les précédentes, c’est bien celle-ci. Cette logeuse un peu particulière n’a eu que deux clients en trois ans, et le potentiel troisième client n’a pas l’air plus interloqué que ça de l’apprendre… une fin pleine de non-dits, à imaginer par le lecteur lui-même.

William et Mary : Sans doute la nouvelle la plus étrange du recueil, et la seule qui relève du genre fantastique. William et Mary nous conte l’histoire d’un mari qui veut dépasser les limites matérielles du corps humain pour devenir immortel… et qui va plus ou moins y parvenir…

En somme, ce recueil de nouvelles à faire froid dans le dos est un vrai régal, à lire sans modération que l’on soit jeune ou adulte, peu importe. Roald Dahl est et restera un grand auteur pour tous les genres et les âges.

9/10

Chronique : Eternelle Jeunesse

Eternelle JeunesseRecueil de nouvelles publié aux éditions Asgard, Eternelle Jeunesse regroupe une dizaine d’auteurs français de l’imaginaire prometteurs ou confirmés : ils avaient tous le même et unique thème à traiter, l’immortalité.

Cet assemblage de douze nouvelles très diverses nous fait croiser aussi bien de la fantasy que de l’anticipation ou encore du fantastique et de la mythologie.

Des univers riches et multiples

Difficile de parler d’un recueil de nouvelles quand il s’agit d’auteurs différents aux imaginaires qui le sont tout autant. Chaque nouvelle ayant son univers et son intérêt propre, nous ne parleront ici que de quelques-unes.

Parmi les nouvelles marquantes, on peu citer L’illusion noire qui se classe dans la catégorie de l’anticipation. Il y est question de notre société dans un avenir très proche, un homme aurait trouvé le moyen de sauvegarder informatiquement tout nos fais et gestes, notre façon d’être, nous rendant immortel… sur un ordinateur. Cette nouvelle est en fait un dialogue entre la petite-fille du créateur de ce système et la sauvegarde de son grand-père. Intelligente, incisive, et très critique, cette nouvelle critique une société qui commercialise le deuil ou l’absence de deuil. Son auteure, Julie Blanc, n’a que dix-sept ans et déjà beaucoup d’inspiration.

Avec la nouvelle Y a-t-il une vie après le lycée ?, on est confronté au fantastique avec deux adolescents qui se rejouent années après années les meilleures et pires scènes de leur vie. Touchante et terrible à la fois, il est difficile d’en raconter plus sans en raconter trop.

Une autre nouvelle qui laisse une impression durable, c’est celle du Livre du Musicien, où l’on a cette fois affaire de la plus pure fantasy. L’histoire est celle d’un jeune homme qui montre des aptitudes à la magie et qui va devenir l’apprenti d’un très grand magicien… mais ce dernier ne lui apprend quasiment rien, et son élève décide d’acquérir du pourvoir par ses propres moyens… Un très bon récit où l’on sent qu’à partir d’un certain moment tout bascule. Une intrigue qui monte crescendo jusqu’à son apogée, superbe. Son auteur, Julien d’Hem est en passe de finaliser son tout premier roman.

Eternelle jeunesse recèle donc de nouvelles de qualités que nous ne pouvons pas toutes raconter ici, mais parmi les nouvelles marquante on peut aussi citer : Sue 3 de Elodie Meste, ou encore Issu de la glaise de Jean Millemann.

Eternelle Jeunesse est donc un très bon recueil sur une thématique très intéressante, pourvu qu’il y en ait d’autres ! Cet article a été rédigé pour le site ActuSF.

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Chronique : Le landau du rat – Recueil de nouvelles

le landau du ratUn recueil de nouvelles déjantées à lire sous acide

Jacques Barbéri est un auteur français de SF qui a écrit nombres de romans, parmi les plus marquants : L’homme qui parlait aux araignées, Narcose, ou encore Le crépuscule des chimères. Un de ses auteurs de référence est Philip K. Dick.

Avec Le Landau du rat, Jacques Barberi signe un recueil de nouvelles folles, noires, et complètement hors contrôle. Cette anthologie a été réalisée par Richard Comballot, fan de la première heure (dès l’âge de dix-sept ans) et éditeur. Il fut l’un des premiers à « remarquer » l’auteur atypique et prometteur qu’était Barberi, et il lui a déjà consacré plusieurs dossiers dans la revue Bifrost ou encore Galaxies.

Cette intégrale est le deuxième recueil de nouvelles de Barberi publié chez La Volte, le premier était L’homme qui parlait aux araignées.

Des nouvelles à l’ambiance bien particulière

Lire du Barberi, c’est un peu retrouver la nostalgie que peuvent nous apporter les nouvelles de K. Dick ; et pour cause, les deux auteurs ont une chose en commun essentielle : ils se jouent de la réalité et des apparences pour muer le tout en un magma étrange, bizarre et souvent fascinant.

Parmi les nouvelles marquantes, on retiendra certainement Concordance des temps dans un lieu-dit, sorte d’Alice au pays des merveilles encore plus déjanté que l’original où l’on part en incursion dans un univers totalement psychédélique.

La grande oiseau, très belle romance sur fond d’impossible saura aussi marquer durablement les esprits par sa beauté, son atmosphère de nostalgie et d’amour mêlés.

Mais certaines des nouvelles ne relèvent pas du tout de la science-fiction, comme L’éternel retour, qui est une très courte nouvelle basée sur les souvenirs d’enfance, la nostalgie, la famille… magnifique et poignante avec une très belle chute.

Vous l’aurez compris, ce livre a de quoi contenter des goûts divers et variés en matière littéraire.

Une plume marquante et sublime

Rarement un texte a su toucher aussi bien celui qui le lit. Barberi a le don des mots, et il le montre à chaque instant. Que ce soit dans l’horreur ou la magnificence, ses phrases portent et font mouche pour atteindre le lecteur dans son âme, ou du moins dans son amour des belles phrases.

Parmi les nouvelles, vingt-sept au total (dont certaines co-écrites), vous en trouverez certainement une à votre goût.

Mélange subtil de violence, de paranoïa (et autres travers humains) et de poésie, Le Landau du rat séduira les fans de Dick, les fans de SF mais pas seulement : les amoureux de la langue française ne seront pas en reste avec ce beau recueil qui mérite une place dans toute bonne bibliothèque.

Cette chronique a été réalisée pour le site ActuSF

8/10

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