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Chronique : Elia, la passeuse d’âmes

Elia, la passeuse d'âmesUne toute nouvelle dystopie à la française 100% efficace !

Peut-être que le nom de Marie Vareille vous dira quelque chose et pour cause, elle a déjà écrit quelques petits succès de librairies. Je peux très bien me passer de toi est l’un d’entre eux, mais elle a également écrit : Ma vie, mon ex et autres calamités. Avec Elia la passeuse d’âmes, l’auteure française change radicalement de lectorat et de genre… et ça fonctionne extrêmement bien !

Programmée pour tuer… au service de la société

Elia est une jeune fille dont le travail a été programmé dès sa naissance : en effet, une anomalie génétique la cantonne au rôle de passeuse d’âmes, une tueuse. Les très rares personnes ayant le rôle de passeur ou passeuse d’âmes sont en effet immunisées aux émotions. Pas d’amour ou d’altruisme pour eux, ils sont donc parfait pour éliminer les personnes malades ou trop âgées pour remplir leur rôle au sein de la société.

Mais il se pourrait bien que la route toute tracée pour Elia soit menacée par une variable imprévue… Un jeune homme dont la mort programmée est absolument anormale…

Un roman décrivant une société futuriste et esclavagiste

Dans nombre de dystopies, les inégalités sont encore plus flagrantes dans le futur proposé que dans notre société actuelle. Ce roman ne faisant pas exception, nous découvrons un clivage extrême entre ceux de la ville – nantis, aisés, vivant dans des appartements de rêve – et ceux des mines, dans le grand froid, loin de toute ville, vivant sous terre et ayant à peine un matelas et une couverture pour ameublement et se tuant littéralement à la tache pour survivre.

Par malchance (ou chance ?), la jeune Elia va découvrir les deux strates les plus extrêmes de la société, et pas dans le bon sens… Elle qui vient de la ville va se retrouver obligée de s’exiler dans les mines, un lieu au l’espérance de vie est très limitée.

Pour être plus précis, la société où évolue Elia est divisée en trois classes : les Kornésiens (sa propre caste), les Askaris (sorte de marchands) et enfin, les Kornésiens (ceux qui « vivent » comme des moins que rien dans les mines).

…..

L’univers ainsi développé est simple, efficace, bien mené et parfaitement adapté à des lecteurs et lectrices dès l’âge de 13 ans. On attend donc la suite avec autant de curiosité que d’impatience, le dernier chapitre nous faisant réfléchir aux conséquences d’une simple « erreur » humaine pour l’avenir de l’humanité…

Enfin, c’est un ouvrage qui inculque de bonnes valeurs telles que l’amitié, l’entraide, la ténacité, le courage, et elles sont en tout temps nécessaires.

Notre dernier argument sera simple, il s’agit d’un roman français, alors aidons nos auteurs à développer leur imaginaire en les lisant et les partageant… et d’autant plus quand ils sont de qualité comme dans ce cas-ci !

Actualité éditoriale : Phobos, la nouvelle saga de Victor Dixen arrive dans la collection R en juin 2015

Phobos 1Peut-être connaissez l’auteur français Victor Dixen, Il a écrit de nombreux romans fantastiques à destinations des jeunes adultes. On peux notamment citer sa très bonne série Le cas Jack Spark (Pôle Fiction) ou encore le roman Animale (Gallimard Jeunesse), qui prend sa source dans les contes de fées.

En cette année 2015, Victor Dixen nous réserve une belle surprise avec une toute nouvelle série de sf nommée Phobos et dont le premier tome paraîtra en juin dans la Collection R (Robert Laffont). Pour voir de quoi il retourne, c’est dans le résumé de l’éditeur ci-dessous.

Pour les plus curieux, j’ai pu interviewer Victor Dixen sur l’univers de Phobos. C’est juste ici !

Quoi qu’il en soit, le nom de Victor Dixen en lui-même est déjà un gage de qualité (personnages extrêmement travaillés, écriture percutante), de même que celui de la collection. On ne demande plus qu’à le lire !

Quatrième de couverture :

Dans un futur proche. Le fonds d’investissement privé Atlas a racheté la Nasa avec l’intention affichée de relancer la conquête spatiale grâce au programme de téléréalité le plus ambitieux de tous les temps : le programme Genesis.

Phobos 2Six filles et six garçons âgés de 17 à 20 ans ont ainsi été sélectionnés pour établir la première colonie humaine sur Mars. Ils sont en pleine santé, assoiffés d’aventures, parfaitement entraînés pour la mission qui les attend. Ils effectueront en aller simple les six mois de voyage à destination de Phobos, la lune de Mars. Avec un objectif : trouver le partenaire avec qui enfanter, sous l’oeil inquisiteur des caméras qui filment le vaisseau 24 heures sur 24.

Ainsi commence un show d’une ampleur jamais vue. Six prétendantes. Six prétendants. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. La nouvelle saga-thriller de Victor Dixen, lauréat du Grand Prix de l’imaginaire en 2010 et 2014.

Phobos 2 définitivePour ceux qui ont déjà pu lire ce premier tome, un peu de patience, même si la suite arrive très rapidement je trouve (et c’est tant mieux). Rendez-vous le 12 novembre 2015 pour le second opus, avec encore une fois une très belle couverture très… aérienne !

L’image ci-dessus (la bleue avec le couple) était l’un des projets de couverture pour le second tome, mais c’est finalement l’image ci-contre qui a eu la préférence de l’éditeur.

Actualité éditoriale : électrogène, la nouvelle collection pour ado de Gulf Stream qui va détonner !

BrainlessLes éditions Nantaises Gulf Stream se lancent dans une toute nouvelle aventure éditoriale en lançant la collection Électrogène. Hétérogène, électrique et érogène, voici les adjectifs qu’a choisi l’éditeur pour présenter cette collection qui semble pour le moins atypique et contrastée.

Électrogène sera subdivisée en différentes sous catégories : fantastique, historique, etc… et s’adressera à des lecteurs de 15 ans et plus.

Pour le moment, deux ouvrages sont annoncés par l’éditeur avec Brainless de Jérôme Noirez et Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet. Ces deux auteurs sont des habitués du catalogue Gulf Stream et nous promettent des textes de qualité. Ci-dessous, les présentation des deux ouvrages par l’éditeur.

Brainless de Jérôme Noirez (parution le 21 mai 2015):

Jason, adolescent médiocre surnommé Brainless, habite Vermillion, petite ville du Dakota du Sud où la jeunesse s’ennuie. Tous les jours, Brainless se fait une injection de formol, pour ne pas pourrir. Depuis qu’il est mort, étouffé par une ingestion massive de maïs, les deux hémisphères de son cerveau peinent à communiquer. Son estomac ne digère que de la viande crue. Il a cessé de dormir et de respirer. En dehors de cela, son quotidien n’a pas beaucoup changé depuis qu’il est atteint du SCJH – le syndrome de coma homéostasique juvénile, une nouvelle maladie touchant les adolescents, de plus en plus répandue aux États- Unis – depuis qu’il est un zombie, autrement dit. Il lui arrive seulement, de temps à autres, de se deman­der quel goût a le cerveau humain. Mais parmi ses camarades de classe, certains ont des projets bien plus macabres.

Là où tombent les angesLà où tombent les anges de Charlotte Bousquet :

Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêves, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement, Lili la délurée et la douce clémence sont là pour la soutenir. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes…

Amitié. Loyauté. Liberté. Le destin de trois femmes de la fin de la Belle Époque au début des Années Folles.

Chronique : La Boîte

La boîteDe l’action à foison, une écriture mouvementée qui nous entraîne dans une course folle… la boîte, ça déboite !

Petit dernier de l’auteur Anne-Gaëlle Balpe, La boîte est paru aux éditions Sarbacane dans la très bonne collection pour ados Exprim’.

Très prolifique, l’auteur a plus d’une vingtaine d’ouvrage à son actif, et cela pour tous les âges et dans tous les formats. Albums jeunesse, livres pour ados, recueil de nouvelles… elle fait de tout !

Avec La boîte, préparez-vous à vous lancer sans réserves dans une affaire qui va être pour le moins accidentée…

Une simple boîte source d’une foule de tracas

Tout commence avec une boîte toute simple, posée là sur un banc. Malt est Jen zonent comme à leur habitude dans leur ville de toujours, Edens. Plongée dans une misère sociale et culturelle profonde, la ville semble réunir les pires cas humains possibles. Alors quand le couple d’adolescents tombe sur cette boîte contenant un billet de 20€ c’est jour de fête.

Et quand peu après on leur propose 10 000€ contre service, il devient difficile de refuser une telle somme… Malt et Jen vont tout tenter pour goûter ne serait-ce qu’un court moment à une vie dorée. Quels que soient les risques.

Rythme effréné et deals glauques au rendez-vous

Bien que le récit commence avec insouciance qui frise l’inconscience, nos deux ados vont vite en baver dans tous les sens du terme. Des plus beaux quartiers de la capitale nommée Concorde aux pires lieux de perdition du Pays d’Olan, il n’y a aucun répit pour personne. Ça part dans tous les sens et ça empire au fil des pages, bref, on est aussi paumé que les « héros » de cette histoire de fous.

Dans certains romans réussis, il arrive que l’on croise des personnages que l’on adore maudire, haïr… c’est le cas avec Jen, amoureuse de tout ce qui brille, elle est superficielle au possible. Son rapport à l’argent la rend irrationnelle et détestable. Tout est disproportionné chez elle : ses réactions égoïstes, ses sautes d’humeur… bref, elle est aussi réaliste que

Ecrit par Mal lui-même, le récit qu’il fait de ses agissements est très vivant et parfois très drôle, y compris dans des situations critiques. Certaines de ses formulations sont étranges, mais ceux qui sauront lire entre les lignes comprendrons peut-être avant que le temps des révélations n’arrive. En tout cas, il est possible de se faire sa propre idée du scénario avant sa conclusion, et ça, c’est plaisant.

Il est à noter un élément original concernant l’ouvrage : le lieu de l’intrigue. En effet, le Pays d’Olan n’existe pas, de même que les villes citées tout au long de l’intrigue. Quand on voit la pauvreté et la misère qui sévissent dans les endroits décrits, on peut comprendre que l’auteur n’ait pas voulu situer dans le réel son intrigue. Personne ne voudrait reconnaître sa ville dans les lieus de perdition mentionnés.

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Ainsi, La boîte est un excellent roman d’action qui tourne à 100 à l’heure. Ses dialogues sont vivants, bien trouvés et percutants. Son intrigue est efficace et entre immédiatement dans le vif… En bref, c’est un excellent roman pour ados (dès 14 ans) avec des côtés glauques que j’adore.  À quand un autre récit se déroulant dans le même univers avec une prose tout aussi efficace ? Si l’auteur nous entend…

Enfin, je souhaiterais ajouter une petite mention spéciale à la couverture que je trouve très accrocheuse et totalement détonante comparé à la production littéraire actuelle.

Chronique : Personne ne te sauvera

Personne ne te sauveraOubliez tout ce que vous croyez savoir sur les vampires et leurs prétendus pouvoirs…

Fabrice Colin est un auteur réputé dans le monde de l’imaginaire français. Il a notamment écrit la  série Les vampires de Londres, la série Les Petits Monstres, Arcadia, ou encore Bal de givre à New York.

Fabrice Colin fait aussi partie des fondateurs de la maison d’édition Super 8 – créée en 2014  – spécialisée dans les thrillers et la littérature de l’imaginaire.

Son roman Personne ne te sauvera est tout d’abord sorti en poche, dans la collection scolaire Etonnantissimes chez Flammarion en 2012. L’ouvrage a ensuite été réédité dans la collection grand-format Tribal, destinée aux adolescents et toujours chez Flammarion.

Manon, adolescente, et peut-être déjà sa vie derrière elle

Quand on a 17 ans et que l’on découvre que l’on a un anévrisme qui peut nous faire mourir d’un instant à l’autre, impossible de prendre les choses avec philosophie. La décision de Manon est prise : plutôt que de se faire opérer et risquer sa vie sur une table d’opération, elle décide de dépenser l’intégralité de ses économies pour fuguer… à Las Vegas.

Elle qui a vu de nombreuses photos de ses parents dans la ville mythique située en plein désert a ressenti un mystérieux besoin de « retour aux sources ». Ses errances et ses rencontres dans Las Vegas vont être pour le moins surprenantes, en particulier quand Manon croisera la route de Dorian, un homme qui donne un spectacle où il raconte sa soi-disant vie de vampire… Et si Dorian était réellement ce qu’il prétend être durant sa représentation ?

Personne ne te sauvera scolaireLe mythe du vampire revu et corrigé par Fabrice Colin

Ici, la légende du vampire est esquissée et garde tout son ténébreux mystère. Le personnage de Dorian est fascinant et captivant, mais ne se livre jamais vraiment, au grand dam de Manon. Elle qui est atteinte d’un anévrisme, vous devez vous douter de l’intrigue de fond qui va être soulevée : Manon va-t-elle céder à l’attrait d’une possible vie éternelle ou risquer une courte vie sur le fil ?

Bien que les enjeux soient annoncés dès le début, ça n’est pas cela le plus important. Pour moi, tout réside dans l’ambiance si particulière de ce monde de la nuit dans la ville de Vegas. On a l’impression d’évoluer dans un monde parallèle au notre tant les gens et leurs comportements sont différents.

Du monde des vampires, vous saurez donc au final peu de choses tant Dorian est secret. On apprend cependant que le sang humain est plus une drogue qu’un réel moyen de sustentation pour eux, de même qu’ils ne sont pas vraiment immortels mais vivent plusieurs centaines d’années.

La narration est faite sous forme d’enregistrements audios réalisés par Manon tout le long du récit aux chapitres très courts. Le tout rend le récit très rapide à lire, et surtout vivant. Le roman fait à peine 150 pages en étant très aéré au niveau de sa typographie, on peut presque parler ici d’une longue nouvelle.

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Alors que penser de cet ouvrage étrange au goût doux-amer ? La conclusion de cette lecture est très positive, il s’agit d’un bon récit fantastique qui ne part pas dans de grandes intrigues. On découvre un imaginaire délicat très ancré sur des problèmes réels. L’immersion est plaisante, l’expérience agréable. Le texte est à la longueur parfaite pour nous laisser un petit goût d’inachevé qui n’est pas pour déplaire. Dès 14 ans.

Chronique ado : La brigade des fous – Tome 1 – Blackzone

La brigade des fous 01Une équipe complètement barrée pour faire front aux plus grands problèmes écologiques mondiaux

Blackzone est le premier tome de La brigade des fous, paru chez Rageot, dans la collection Thriller. La série est écrite par Philip Le Roy, un auteur déjà bien connu dans son domaine : le thriller.

Pour les adultes, il a notamment écrit les romans suivants, tous chez Points : La dernière arme, Le dernier testament ou encore, Couverture dangereuse.

Avec La brigade des fous, il s’essaye au roman pour adolescents.

Des adolescents en marge de tout

Tout commence avec un meurtre et un adolescent autiste qui semble violent et renfermé sur lui-même. Il a été trouvé près de son père tué. Est-ce lui le coupable ? Sa force surhumaine et son comportement semblent le désigner selon la police, mais c’était sans compter sur l’avis du Docteur Anton Sheffer… Notre jeune s’appelle Diego, et il vient d’être recruté par une mystérieuse association…

La brigades des fous est en marche : elle comprend six adolescents aux talents bien particuliers. Petit génie de l’informatique, jeune fille totalement désinhibée, une autre qui n’a peur de rien…

Ils ont étés rassemblés par le Docteur Sheffer au cours de ses travaux, et maintenant, ils vont passer à l’action. Le nom de leur première mission : Blackzone. Leur but ? Mettre à jour un immense trafic en allant dans le fief même du principal suspect. Ainsi commence l’aventure, qui ressemble fort à une mission suicide. En effet, comment six jeunes sans éxpérience sur le terrain vont-ils pouvoir se débrouiller face à des professionnels mafieux surentraînés ?

Un roman qui se lit comme on regarde un bon film d’action

Si vous aimez les romans où l’action démarre au quart de tour et où le rythme est soutenu, Blackzone sera un roman parfait. Aucun temps mort. Beaucoup de tension et de surprises.

Les adolescents sont des antihéros parfaits, et loin des stéréotypes que l’on aurait pensé pouvoir croiser. Ils sont complètement sur une autre planète, et ils s’en fichent. Leur réactions et répliques sont très souvent imprévisibles, tellement parfois qu’elles en deviennent drôles. Je pense notamment à Laurie, qui ne semble jamais avoir connu le sentiment de peur. Elle effraye tout le monde par son manque total de peur, la mort, la douleur, rien de tout cela ne la fait sourciller, bien au contraire : ça la fascine.

Sans vous en dire trop, sachez que leur mission, bien élaborée au départ va devenir comiquement catastrophique. Tout part dans tous les sens, rien ne se passe comme prévu… et on a droit à de belles surprises en retour.

Ce premier tome de la série est un très bon départ. La collection Rageot Thriller promet toujours à ses lecteurs de l’action et du suspense, mission accomplie. Blackzone est un bon page-turner qui donne envie d’en savoir plus sur cette brigade des fous qui ne se livre pas tant que cela au final dans ce premier opus. Affaire à suivre de près donc avec le second tome de la série, Red Code, paru en juin dernier.

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

Chronique : Le huitième continent

huitième continentA la découverte d’une partie repoussante de notre planète… à cause des déchets de l’homme

 Florian Ferrier est un auteur pour la jeunesse et les adolescents. Pour la jeunesse, il réalise la série de bd Hôtel Etrange avec sa femme Katherine Ferrier. Pour les adolescents, il a déjà écrit plusieurs romans dont : Ile fantôme pour âmes perdues (Le Seuil), Créatures (Plon Jeunesse) ou encore la série Naotak (Magnard Jeunesse).

Le huitième continent est son dernier roman en date, paru en juin 2012 chez Plon, il se base de nombreux faits scientifiques avérés pour son roman. En effet, ce continent d’ordures grand comme six fois la France existe réellement, de nombreux experts travaillant sur le sujet et ses effets néfastes sur la faune et la flore aquatique…et l’homme, par extension.

Une déchèterie flottante comme nouveau continent et planche de salut.

Christo et sa sœur Roxane partent en bateau avec leurs parents pendant les vacances, mais tout ne va pas se passer exactement comme prévu… Le bateau s’échoue quelques jours après son départ, les parents de Christo et Roxane sont portés disparus, il ne reste qu’eux et le jeune Stephen, qui été chargé de la navigation du bateau…

Ainsi commence une histoire que l’on aurait aimé n’être qu’une fiction, mais qui pourrait bien être plausible. Nos personnages croisent alors la route du fameux huitième continent, fait exclusivement de déchets humains.

Leur survie ne tient qu’à un fil, et il se pourrait que tout ce qui fait d’eux des être humains en pâtisse…

Un roman écologique géré comme un thriller en huis clos… à l’échelle d’un continent de déchets

L’histoire tragique de nos héros est sans concessions. Là où on pourrait penser qu’ils seront plutôt préservés malgré la dureté de l’univers, l’auteur décide de jouer le jeu jusqu’au bout en les soumettant à des situations plus difficiles les unes que les autres, mais réalistes.

Pirates, animaux étranges qui mangent de tout y compris de l’humain, mais aussi faux amis, ils devront se méfier de tout, mais surtout d’eux même et de leur furieuse envie de (sur)vivre.

L’écriture est facile, directe et nous permet de rentrer aisément dans l’intrigue. Les personnages sont eux aussi relativement simples, un brin trop peut-être. On aurait apprécié une psychologie un peu plus poussée concernant ces derniers, notamment le personnage de Christo.

Les chapitres (courts) sont découpés en jours ; les jours avant l’échouage, et ceux après. Nous suivons Roxane et Christo jusqu’à leur 88ème jour de peine. Les descriptions de ce paysage chaotique et souillé sont quant à elles réussies, de même que la faune qui y vit. On ne peut s’empêcher de s’imaginer à quoi peut bien ressembler un tel endroit.

 Le gros point fort de ce roman reste tout de même sa thématique, originale et surtout méconnue. Traitée avec intelligence, elle nous permet de découvrir une nouvelle facette (terrible) de notre monde, et de ce que l’homme en fait. L’intrigue en elle-même ne sort pas des sentiers battus, mais rempli honorablement son but : nous divertir. Dès 14 ans.

7/10

Pour aller plus loin :

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : La Cité – Tome 2 – La bataille des confins

La cité 02 - La bataille des confinsUne suite qui joue sur le suspense avec beaucoup de talent…

Le second tome de la série fantastique La Cité est sorti en en mai dernier aux éditions Rue du Monde. Écrite par Karim-Ressouni Demigneux, la saga comptera quatre tomes au total.

Addictive, terriblement oppressante et surtout fascinante, cette série pour ados a tous les éléments pour plaire dès l’âge de 12 ans en liant jeux vidéos et intrigue aux allures de thriller.  Et dans ce second opus, le moins que l’on puisse dire c’est que les infos et révélations sont distillées…

Retour dans la Cité et ses mystères

A peine le roman commencé, on s’aperçoit que le narrateur a changé. Dans le premier tome nous avions Thomas, dans le second, nous découvrons Liza, ainsi que les autres aspects de sa vie, en dehors de la Cité. Elle aussi va peu à peu se rendre compte que le jeu arrive connaître des détails de sa vie personnelle qu’elle n’a absolument jamais communiqué. Comme Thomas, ses interrogations sur les motivations des créateurs du jeu se font de plus en plus nombreuses.

Comment ont-ils pu créer un jeu aussi intelligent ? Aux algorithmes si sophistiqués qu’ils sont capables de contrôler et gérer tous les dialogues des joueurs dans n’importe quelle langue ? Car en effet, il est interdit aux joueurs de parler de leur vie « réelle » sous peine que la lumière blanche s’abattent sur eux, les excluant du jeu pour quelques minutes…

Beaucoup de questions, et très peu de réponses dans ce second tome… mais qu’à cela ne tienne, l’intrigue est si prenante qu’on se laisse happer facilement.

A la découverte des chemins de traverse du jeu…

Une chose est certaine, le jeu massif multi-joueurs est loin d’avoir livré toutes ses surprises. Que ça soit des passages secrets, des planques et autres filons, de nombreux joueurs ont fait des découvertes intéressantes, sans toujours les partager avec les autres…

Dans ce second tome, les forums de discussions prennent plus de place, hypothèses et plans allant bon train sur de nombreux sujets… dont celui des mystérieux Jumeaux, minant le jeu de façon pour le moins malsaine… Encore une fois, beaucoup de clins d’œil culturels sont au rendez-vous, notamment avec Bilbo le Hobbit de Tolkien qui sera une source d’inspiration pour certains joueurs afin de passer outre certaines contraintes du jeu.

Alors, frustrant par certains côtés, ce second tome l’est effectivement. Mais l’auteur sait distiller peu d’informations tout en conservant l’intérêt de son lecteur… un difficile équilibre.

L’ambiance est pour beaucoup dans cet intérêt qui perdure, encore une fois peaufinée d’une main de maître. Elle parvient à nous faire plonger dans un univers à la fois familier et déstabilisant ; encore une fois une réussite.

Il n’y a plus qu’à espérer que la suite de la Cité sera plus saisissante et révélatrice, car beaucoup de questions restent en suspend (presque trop). Affaire à suivre avec le tome 3 : le pacte des Uniques. Une chose est certaine, impossible de se détacher de la série tant que l’on n’aura pas le mot de la fin.

8/10

Exprim’, cinq ans déjà pour la collection dédiée aux ados ! – Partie 1 – La naissance

bib glow - exprim 5 ans 01Cinq ans déjà que la collection Exprim’ existe. Et déjà, nombre de titres incontournables. Ce petit déjeuner-rencontre était l’occasion pour moi de redécouvrir cette maison d’édition à la ligne éditoriale si singulière. Des textes contemporains et urbains forts qui parlent aux ados sans les prendre pour des idiots.

« La collection a pris un essor et a évolué » nous annonce Tibo Bérard, l’éditeur, lors de son introduction. Les séries TV et les films sont eux aussi en constante évolution, participant à cette culture urbaine : Drive, Dexter, etc… formant un tout.

La naissance d’Exprim’

« Exprim’ est né de hasards et de miracles ». Face à un manque d’offre de textes puissants et d’actualités pour les adolescents, Tibo Bérard trouvait que le paysage éditorial n’était pas complet. Il fallait une collection qui offrirait des fictions réalistes permettant aux adolescents de s’épanouir, de s’éclater même. Le fondateur de la collection savait ce qu’il ne voulait pas dans sa future collection, mais ce qui s’y trouverait n’était pas encore défini.

La ligne éditoriale d’Eprim’ ne devait pas publier de romans de genre, ni de romans-miroir (romans qui permettent facilement l’identification à un personnage par rapport au lecteur, chose très souvent faite dans les romans jeunesse et ados).

Sarcelles Dakar exprimPour l’histoire, un des premiers romans d’Exprim’ (Sarcelles Dakar) s’est presque fait par hasard. Après avoir écouté une chanson de Sniper, Tibo Bérard a tenté un coup de poker en appelant le manager de l’artiste. Séduit par la force du texte et trouvant que ça collait parfaitement à l’esprit de la future collection, il a demandé à ce dernier de contacter Sniper. Le manager lui a alors expliqué que Sniper n’écrivait pas de texte, mais que par contre, il avait un artiste, Insa Sané qui lui, avait écrit un texte, et qu’il ne savait pas quoi en faire étant donné qu’il ne produit que des œuvres musicales.

Ce texte est devenu Sarcelles Dakar, et il correspond parfaitement à la lignée éditoriale d’Eprim’. Et depuis, Insa Sané a écrit un second roman chez Exprim : Du plomb dans le crâne.

Peu à peu, Exprim’ a attiré d’autres auteurs potentiels qui se sentaient en accord avec l’état d’esprit de la maison.

Chronique : Black Rain – Saison 1 – Episodes 1 et 2

Black Rain 01Welcome, to the « real » world.

Premier tome d’une série young-adult à la croisée entre le thriller psychologique et le cyberpunk, Black Rain revisite le genre « réalité virtuelle » avec une foule de références cinématographiques, musicales et littéraires.

Chris Debien, son auteur, n’en est pas à son premier roman. Il s’était déjà essayé à l’écriture de roman pour les jeunes entre 12 et 15 ans avec la très bonne série de fantasy les Chroniques de Kheradön (malheureusement épuisée maintenant). Il a également écrit un cycle de fantasy pour un public plus adulte : Le cycle de Lahm, chez J’ai Lu.

L’Inside, thérapie révolutionnaire pour jeunes personnes déséquilibrées

Adam est un adolescent comme les autres, son seul problème c’est qu’il entend des voix. Trois. Il vit dans un centre pour les jeunes qui comme lui ont un problème psychologique grave. Quand il est dans l’Inside, Adam s’évade, il oublie presque ses voix. Il y fait ce qu’il veut. Il peut courir dans les immenses rues créées par l’intelligence artificielle, aller dans les immenses buildings et même aller dans « La Zone Aveugle », un endroit caché de l’Inside où il ne peut pas être tracé par le Professeur.

Et dans cette Zone Aveugle, Adam y va avec son meilleur ami Vince. Ils y ont un secret : ils sont en train de réaliser leur rêve… écrire l’une des meilleures histoires de tous les temps.

Et c’est lors d’une de ces escapades dans la « Zone Aveugle » qu’Adam et Vince se retrouver face à un danger inconnu dans l’Inside. Eux qui pensaient être en sécurité vont craindre pour leur vie… et leur santé mentale, du moins ce qu’il en reste. Et puis il y a cette pluie noire qui s’abat dur l’Inside, comme pour les prévenir du pire…

Un roman aux fortes influences cyberpunk

Pour ceux qui ne sont pas familiers des réalités virtuelles et autres technologies futuristes alliant l’homme à la machine, Black Rain est une introduction très accessible au genre cyberpunk. Cette branche de la science-fiction est spécialisée dans les monde ultra-technologique ou rien ne se fait sans un ordinateur ou des IA (intelligence artificielle) et où les êtres humains peuvent « se brancher » à un terminal leur permettant d’entrer dans une réalité virtuelle (ex : le film Matrix).

Les figures du genre telles que Mel Gibson et Philip K Dick ne sont pas loin, et Chris Debien n’hésite d’ailleurs pas à citer Dick pour l’une de ses célèbres phrases : « La réalité n’est qu’un point de vue », phrase d’autant plus percutante aux vues des problèmes de visions et de voix récurent que vit Adam.

Ici, la réalité virtuelle créée par Chris Debien, l’Inside, a une particularité notable : elle sert à guérir des personnes atteintes de maladies mentales… comment ? Vous le saurez bien assez tôt…

La première partie du roman est la plus déroutante, car ont ne sait pas où l’on a atterri. Violent et cruel, l’Inside ne vous laissera aucun répit. Le rythme est soutenu, et ont suit les deux protagonistes sans n’avoir aucune idée de là où l’on veut nous emmener. Une expérience en demi-teinte qui ne séduira pas forcément immédiatement.

Il vous faudra attendre le second « épisode » pour comprendre tous les éléments du premier. Une fois tous les éléments imbriqués, le tableau final est sinistre et surtout laisse le lecteur impatient d’en savoir plus sur le fameux organisme qui s’occupe des jeunes malades, et surtout, dans quel but…

Une série qui emprunte sans réserve les codes de la cinématographie

Black Rain est un roman très déroutant au premier abord. Truffé de références littéraires,  musicales, et cinématographiques, le lecteur doit s’accrocher dès le début dans cet univers très dense.

Chris Debien ne cesse d’emprunter au cinéma de nombreux éléments de son histoire. Mais c’est également la mise en forme du livre qui en fait une continuité au monde de l’image. On ne parle pas ici d’un premier tome divisé en deux parties, mais d’une saison 1 et de l’épisode un et deux. De plus, les deux premier « épisodes » ont droit à une bande-annonce comme toute série digne de ce nom. Cette bande-annonce se traduisant en fait par cinq planches de bande-dessinée.

Le plaisir de lecture est décuplé quand on devine à quoi fait référence tel ou tel élément du livre. Ainsi, on passe du film allemand Run Lola Run (Cours Lola Cours en France) au manga Ghost in the Shell tout en ayant en même temps de très nombreuses références musicales, en particulier dans la branche Metal du Rock (Evanescence, Rammstein, Symphony X…).

En somme, c’est un vrai jeu que de trouver l’œuvre d’origine. A vous de découvrir également les références parfois moins évidentes…

En somme Black Rain est un livre original qui plaira certainement à des adolescents dès l’âge de 15 ans. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par la première partie (dont le but est bien de nous perdre dans l’Inside) pour pouvoir apprécier la seconde. Très noir, ce roman ne laisse aucune place aux bons sentiments et nous montre le plus vil de l’homme…

Un tome introductif qui je l’espère laisse présager du meilleur par la suite… à bientôt pour le prochain épisode.