Archives du mot-clé Japon

Chronique : D.Gray-Man reverse – Volume 1

D Gray-man reverse 1Un recueil de nouvelles à réserver aux fans ultimes de la saga

Gray-Man est une série de mangas créé par Katsura Hoshino traitant d’exorcistes et de leur combat continuel contre des démons, les akumas. Il s’agit d’un shônen fantastique aux inspirations à la fois gothiques et steampunk où l’on suit les aventures d’un jeune exorciste : Allen Walker.

En France tout comme au Japon, il y a pour le moment 24 tomes publiés. Par ailleurs, une série animée du même nom a été créée.

En 2012 et 2013, les éditions Glénat, fortes du succès de la saga, décident d’éditer les D. Fray-Man reverse, deux recueils de nouvelles qui complètent l’histoire de certains personnages et permettent de les découvrir sous un nouveau jour.

 Trois nouvelles pour approfondir le passé d’Allen et des autres personnages

Dans ce premier volume de D. Gray-Man reverse, vous retrouvez trois textes : Le voyage d’un clerc, Le village de la sorcière et Bak Chan Capriccio.

Ces trois histoires permettent d’en savoir plus sur le passé d’Allen et son arrivée en Angleterre, Yû Kanda et l’un de ses combats contre les akumas et enfin sur Bak Chan.

Les fans de la série ont de grandes chances d’avoir vu l’animé en plus d’avoir lu les mangas, et c’est là que le bât blesse. En effet, deux de ces nouvelles sont déjà présentes dans la série animée, les lire sous forme de nouvelle n’apporte ainsi que peu d’intérêt.

L’écriture de ces nouvelles est bien traitée, mais les histoires en elles-mêmes n’apportent qu’un intérêt limité. La meilleure de ces trois nouvelles est selon moi Le village de la sorcière, c’est celle qui revêt le plus d’intérêt et qui permet de se pencher sur d’autres personnages qu’Allen. On y trouve un rythme, une action et une intrigue qui rendent le tout intéressant. Les deux autres textes sont beaucoup moins indispensables.

 ….

En conclusion, ce premier tome de D. Gray-Man reverse est à réserver à des lecteurs fans de la série très avertis. Si vous avez vu l’animé, ce livre ne vous apportera aucune nouveauté car il reprend trait pour trait certains épisodes. Par contre, si vous n’avez lu que les mangas, cet ouvrage peux vous apporter un réel plus quant à la découverte du passé de quelques personnages sélectionnés.

Quoi qu’il en soit, ce livre est à réserver à des fans absolus car même si les histoires peuvent êtres inédites pour certains, elles ne méritent pas non plus que l’on s’y attardent très longuement.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Une histoire terrifiante – Le miroir aux sortilèges

Une histoire terrifiante - Le miroir aux sortilègesLe monde des yôkais s’ouvre à vous à travers un récit pour la jeunesse réussi !

Il est paru en juin 2014 aux éditions Flammarion Jeunesse et constitue le second volume de la série Une histoire terrifiante écrite par N. M. Zimmermann (le premier s’intitulait Peur sur la ville). Les deux ouvrages sont totalement indépendants l’un de l’autre et racontent deux histoires très différentes.

L’auteur N. M. Zimmerman est de nationalité française et a déjà écrit une foule de livres. On lui doit la série Alice Crane (Seuil), la saga Eden City (Milan), Dream Box (l’école des Loisirs), ou encore Super héros, ça craint grave (paru récemment chez PKJ).

L’intrigue du miroir au sortilège se déroule au Japon, et pour cause ! L’auteur y a vécu quelques années et connaît bien la culture de ce pays aux mœurs si particulières, ainsi que leur mythologie…

Une annonce bien étrange sur internet

Tout commence lorsque la jeune Misaki découvre l’annonce d’un très joli miroir sur la toile. L’objet est magnifique, et surtout son prix terriblement attractif. A croire que l’annonce n’a été faite que pour elle. Le site internet sur lequel elle se le procure est toutefois étrange, une fois son achat passé, elle n’a aucune confirmation de sa commande et n’a même pas eu à renseigner son adresse… de plus, le site marchand est par la suite introuvable !

Et depuis l’arrivée de ce beau miroir dans la vie de Misaki, les choses qu’elle y voit deviennent étranges : placards qui bougent, visions, bruit inquiétants… Ce miroir est magique, c’est certain, mais est-il bienveillant envers sa toute nouvelle propriétaire ?

Culture nippone moderne et frissons au rendez-vous

L’intrigue de ce roman destiné aux 10-12 ans est simple mais très efficace. En effet, l’histoire de ce miroir magique est le point de départ pour découvrir tout un pan d’une culture qui nous est méconnue (à fortiori pour les enfants). Sans oublier la notion de frisson, qui est bien présente !

On découvre à travers l’histoire de Misaki certaines traditions japonaises ancestrales qui malgré l’époque actuelle ont toujours prise sur nombre de japonais, en particulier les anciens. Les yôkais sont de ce nombre, mais pas seulement, les nombreuses fêtes que le pays compte participent également à ce lien entre culture passée et présente.

Et bien entendu, ce sont avant tout les yôkais qui sont ici mis à l’honneur tout au long de ce roman. Et il y en a un nombre incalculable ! Ici, nous avons en particulier à faire à des tsukumogami, des objets dotés d’une âme (cela peut-être un parapluie, une lampe, des sandales, des théières…). Le sujet est aussi inépuisable que passionnant ! Notons par ailleurs à la fin de l’ouvrage un lexique d’une dizaine de mots japonais qui se révèle très utile aussi bien pendant qu’après la lecture.

M. Zimmerman sait mener son lecteur dans l’effroi avec une montée en puissance douce mais pernicieuse. Là où l’on ne voit que de petits signes surnaturels peu inquiétants, le temps nous les transforme en d’autres choses plus sombres, plus mauvaises. Et cela à un tel point que sur les dernières pages du roman, ça en devient terriblement angoissant !

Le moindre craquement, la plus petite parcelle d’imagination et vous voilà aussi alarmé que la pauvre Misaki.

 ….

Une histoire terrifiante - Le miroir aux sortilèges KarakasaLe nom de la série Une histoire terrifiante tient ainsi toutes ses promesses ! Je ne peux que vous conseiller de lire ou de faire lire ce livre. Pas avant 10 ou 11 ans tout de même, car certains passages savent inspirer la peur. Pour ceux qui aiment ce genre de récit, c’est parfait après avoir dépassé le niveau de lecture des romans Chair de Poule, et en plus, on découvre une culture passionnante !

A quand un autre titre dans la même série ?

Pour aller plus loin : N‘hésitez pas à découvrir le merveilleux imagier des yôkai publié chez Actes Sud Junior : Yôkai – Le monde étrange des monstres japonais.

Chronique : Les remèdes du Docteur Irabu

Les remèdes du docteur IrabuPremier roman d’Hideo Okuda à paraître en France, Les remèdes du docteur Irabu est initialement paru aux éditions Wombat puis en poche chez Points en septembre dernier. Par ailleurs, un second volume tournant autour des hauts faits du docteur Irabu vient de paraître en grand format aux éditions Wombat sous le titre Un yakuza chez le psy et autre patients du Docteur Irabu.

Au Japon, l’ouvrage a été un véritable succès avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Il a également été adapté sous forme d’anime au pays du Soleil Levant sous le nom Trapèze (cf vidéo en fin d’article). Enfin, l’ouvrage a également été adapté en film sous le titre In the pool, il s’agit d’un drama.

Un docteur en psychiatrie pas comme les autres

Vous souffrez d’un trouble dont l’origine est d’ordre psychologique ? Stress ? Phobie irrationnelle ? Troubles de vérification compulsive ? Vous frappez à la bonne porte en allant à la clinique Irabu. Dans le sous-sol du bâtiment vous trouverez le petit cabinet de ce praticien hors-norme : le docteur Irabu. Aidé de son infirmière sexy et soupe au lait, vos troubles disparaîtrons comme par magie… ou presque.

Mais par quel moyen Irabu vous soigne-t-il ? C’est simple : en se fichant éperdument de la cause de votre trouble, quel qu’il soit. Il va encourager votre addiction ou phobie jusqu’à l’écœurement. Et le meilleur, c’est qu’il fait ça sans même être professionnel, bien au contraire… vous ne trouverez pas pire meilleur médecin à des kilomètres à la ronde.

Les remèdes du docteur Irabu gfUn portrait de la culture nippone dans tout ce qu’elle a de plus irrationnel

On connaît beaucoup le Japon pour sa culture toute en retenue, mais moins pour son côté complètement désinhibé et fou. Ici, c’est la facette totalement déjantée du pays que l’on découvre avec autant de surprise que de plaisir.

Le docteur Irabu est, il faut le savoir, beaucoup plus fou que ses patients déjà bien entamés : entre l’homme atteint de priapisme, l’adolescent compulsif envoyant plus de 200 mails par jours ou encore l’hôtesse égocentrique, vous n’avez qu’à choisir. Et ça, c’est sans vous parler du fétichiste de la natation qui ne vit plus que pour la nage, quitte à y laisser son couple.

En somme, ces différents portraits présentés avant tout comme des « cas » ne sont que le reflet d’une société nippone complètement actuelle et désorientée. Dans un pays où performance continue et beauté aseptisée sont le minimum requis pour réussir et s’intégrer, il n’est pas évident de rentrer dans l’étroit moule nippon.

Et justement, ce fameux docteur Irabu en est le contrepied parfait et grotesque : obèse, capricieux, étrange, malpoli, absolument pas professionnel… il n’a rien pour lui. Pourtant, il en devient attachant, et c’est avec impatience que l’on attend son prochain acte « médical » irrationnel. Cela peut aller du sabotage de la voiture du propriétaire de la clinique concurrente à l’entrée par effraction dans une piscine en plein milieu de la nuit…

Irabu comme remède à la morosité

Si vous recherchez un roman aussi fascinant que complètement inclassable, vous êtes au bon endroit. On se délecte des troubles de chaque patient avec curiosité, et surtout, on a hâte de voir ce que va en faire le fameux médecin !

A lire pour rire de l’absurde dans ce qu’il a de plus terre à terre. Cette lecture est une parfaite dose d’humour contre la monotonie.

…..

En somme, ce roman est un petit coup de cœur qu’il serait vraiment dommage de rater. Drôle sur des sujets actuels et sérieux, vous en ressortirez positif et plein d’entrain. Ça ne donne qu’une envie… décrocher de la pression que nous impose la société (nippone ou autre) et devenir aussi simple et heureux que le fameux docteur Irabu, c’est le seul a avoir réellement tout compris !

Chronique : Le restaurant de l’amour retrouvé

Le restaurant de l'amour retrouvéUne ode au Japon rural, à l’amour de la cuisine, et à toute la beauté qui nous entoure…

Ito Ogawa est une auteur d’origine japonaise, elle écrit des livres pour enfants, des romans pour les plus grands, mais également des paroles pour le groupe Fairlife. Le restaurant de l’amour retrouvé est son tout premier roman (titre original : Shokudo katatsumuri), en France il est paru aux éditions Picquier. Devenu un énorme succès éditorial au Japon, il a été adapté en 2010 par la réalisatrice Mai Tominaga.

L’histoire est celle d’une jeune japonaise qui refait sa vie dans son village natal suite à une rupture. Son amour de la cuisine et sa volonté de faire plaisir aux autres vont l’aider à surmonter cette dure épreuve de la vie…

Un appartement vide du jour au lendemain

Quand Rinco rentre de son travail de cuisinière dans un restaurant Turc, comme à l’accoutumée, c’est une mauvaise surprise qui lui tombe dessus : l’appartement qu’elle partage avec son petit ami indien depuis des années est vide. Il ne reste plus rien de leur vie ensemble : ni lit, ni ustensiles de cuisine, ni même les économies qu’ils ont patiemment amassées au fil du temps.

La seule chose qui assure à Rinco qu’elle n’a pas rêvé ces années de vie commune, c’est la saumure que sa grand-mère lui avait donné, rangée dans le réduit du compteur à gaz (un endroit sombre et frais pour la conserver parfaitement).

C’est ainsi que Rinco quitte tout ce qu’elle a mis tant de temps à construire. Armée de sa jarre de saumure et de tout juste assez d’argent pour rentrer dans son village natal. Cet événement est si choquant pour la jeune fille qu’elle en perd sa voix et devient obligée de communiquer uniquement grâce à des petits papiers remplis de mots du quotidien.

Le restaurant de l'amour retrouvé ukUne mère tout sauf maternelle et un cochon traité comme un enfant

A peine de retour dans la maison familiale, Rinco ne décèle toujours pas de sentiments particulier de la part de sa mère malgré les longues années de séparation. Et pour cause, elles n’ont aucune affinité et se regardent constamment en chien de faïence. Pire, le cochon que sa mère a adopté semble recevoir tout l’amour maternel possible : pain fait maison tous les matins, caresses, brossage… une vie de rêve !

Rinco a beau avoir subit un coup dur de la vie, elle est loin de se laisser abattre facilement. Elle décide de tout reprendre de zéro et… d’ouvrir son propre restaurant. Avec peu de moyens et beaucoup d’aide de la part de nombreux membres du village, la jeune femme va pouvoir se procurer tous les ustensiles nécessaires pour sa cuisine. La décoration de son restaurant est sobre, lumineuse, accueillante, tout comme elle.

Mais la particularité de son restaurant, c’est qu’il ne sert qu’une seule table par service (une le midi et une le soir). Chaque menu est créé par Rinco avec précision, en fonction des goûts, de l’histoire et de la personnalité de son client. Ainsi, chaque plat est unique, et revêt un caractère magique.

Un magnifique roman sur la beauté simple de la cuisine

L’un des piliers de la cuisine de Rinco tient en un seul mot : naturel. En effet, notre cuisinière nous offre des plats issus des montagnes de son village, tous ses ingrédients venant de la région. Loin de n’offrir à ses clients qu’un repas, c’est également un moment privilégié avec eux-mêmes qu’elle leur concocte. Sa cuisine guérit, met du baume au cœur et sublime les sens… Aller manger dans ce restaurant si particulier, c’est un peu comme une séance de thérapie de l’âme et du cœur.

On adorera les très nombreuses descriptions sur la préparations des repas. Le choix soigneux des ingrédients, leur provenance, la façon dont ils sont préparés : risotto de riz nouveau à la poutargue, riz au curry à la grenade, macarons à la crème de framboises, salade de fraises, waïwaï-don ou encore triton grillé… les papilles sont mises à rude épreuve durant cette lecture.

« Lorsque j’ai allumé le poêle en bois, un sentiment divin m’a envahie. J’ai noué d’un geste ferme les cordons de mon tablier tout neuf, je me suis soigneusement couvert la tête d’un fichu en coton et récuré les mains au savon ».

 ….

Alors, faut-il lire le restaurant de l’amour retrouvé ? Absolument ! Et cela sans réserves. Cette alliance d’une plume pleine de pudeur et de retenue avec le monde de la cuisine est une pure réussite. A lire pour s’émerveiller des petits plaisirs simples de la vie… et de la nourriture.

Ci-dessous, la bande-annonce du film inspiré directement du roman.

Actualité editoriale : la rentrée littéraire 2014 du côté imaginaire partie 1/3

Les vacances ne sont pas finies, et déjà on pense aux nouveautés littéraires à venir… et il y en a qui nous donnent déjà envie de se précipiter en librairie ! En attendant notre heure, voici un petit tour d’horizon des nouveautés à ne pas manquer en littérature adulte et ado dans les merveilleuses sphères de l’imaginaire. Certains sont de pures nouveautés et d’autres nous on fait patienter pendant de longs mois voir années avant de paraître.

La guerre du Lotus 01Stormdancer – Tome 1 – La guerre du Lotus de Jay Kristoff chez Bragelonne

Une nouvelle série débarque aux éditions Bragelonne, et elle semble captivante ! Si vous aimez les univers fantastiques jouant sur le thème du Japon féodal avec des éléments steampunk, Stormdancer pourrait bien être votre nouvelle lecture. Avouons que l’annonce d’un tel mélange de genre a de quoi furieusement intéresser… Alors rendez-vous le 17 septembre prochain pour voir de quoi il retourne…

La couverture utilisée par Bragelonne est une création française (ci-contre). Celle présentée en bas d’article est celle utilisée aux Royaumes Unis, réalisée par Colin Thomas, elle a été nominée pour le Ravenheart Award (la meilleure illustration de couverture) au sein du prestigieux David Gemmell Legend Award 2013.

La guerre du Lotus 01 VO ukRésumé de La Guerre du Lotus – Tome 1 – Stormdancer :

On disait éteinte la race des griffons, ces créatures mythiques menées par les danseurs d’orage. Pourtant Yukiko et son père reçoivent l’ordre d’en capturer un pour le cruel Shogun des îles de Shima.

Contre toute attente, ils y parviennent, mais Yukiko se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé qu’elle nomme Buruu. Unis dans l’adversité, la jeune fille et l’animal s’entraident.

Yukiko serait-elle la véritable danseuse d’orage, ultime espoir du peuple ?

Intemporia 01 Le sceau de la reine miniIntemporia – Tome 1 – Le sceau de la reine de Claire-Lise Margier aux editions du Rouergue

Ce roman est un petit événement aussi bien pour la littérature imaginaire française que pour les éditions du Rouergue puisqu’il étrenne une toute nouvelle collection : Épik. Intemporia ouvre ainsi le bal pour les éditions du Rouergue, et on avoue en attendre beaucoup. L’éditeur est réputé pour ses choix de textes qualitatifs, et on se doute qu’il en sera de même avec Épik.

Dire que l’on est impatient de lire Intemporia et de vous en faire l’article est donc un doux euphémisme ! Rendez-vous le 3 septembre pour le découvrir sur les tables des librairies.

Résumé d’Intemporia – Tome 1 – Le sceau de la reine : Yélana a tué le roi Arden et asservi son royaume par la force. Après avoir pris sa place sur le trône, sa soif de pouvoir la mène à convoiter l’Aïguaviata, un objet magique aux étranges pouvoirs.

Mais un obstacle se dresse sur sa route : la paisible communauté de la Plaine et le dôme magique qui la protège. La reine lance alors un puissant sortilège dont les conséquences sont terribles pour les habitants…

Une épidémie mortelle ravage la communauté et bientôt la très jeune épouse de Yoran tombe malade. Le garçon de 16 ans n’a plus le choix : s’il veut la sauver, il va devoir contrecarrer les plans de la reine en se lançant dans une quête dangereuse qui le changera à jamais.

Abaton miniAbaton de C. Jeltsch et O. Kraemer chez La Joie de Lire

La Joie de lire se lance dans le récit de science-fiction et le thriller avec Abaton. Véritable enjeu pour l’éditeur, il faut avouer que le résumé est accrocheur…mais on vous laisse juge ! Mais quand on mélange Histoire, intrigue contemporaine et surnaturel, ça peut donner quelque chose de franchement bien. Et surtout, ça fait réfléchir, ce qui n’est pas du luxe… Vous trouverez en fin d’article la bande-annonce du livre. En librairie le 18 septembre prochain.

Pour ce qui est des auteurs, ils sont de nationalité allemande : Christian Jeltsch a été joueur de football et étudié la psychologie avant de travailler dans la mise en scène. Olaf Kraemer a quant à lui étudié l’ethnologie et la publicité, a fait du journalisme pendant 12 ans, et a été chanteur et parolier d’un groupe. Les deux auteurs se connaissent depuis l’enfance.

Résumé d’Abaton : Trois adolescents, Linus, Simon et la ravissante Edda se rencontrent dans ce qu’ils croient être un camp d’aventure aux abords de Berlin mais se révèlera être un camp géré par une organisation secrète GENE-SYS. Son but est de sélectionner des personnes à haut potentiel qui, après avoir été soumises à un traitement particulier, pourront jeter les bases d’un «monde idéal» tel que l’avait imaginé un certain Carl Bernikoff avant la deuxième guerre mondiale. Les trois jeunes intéressent et inquiètent particulièrement la mystérieuse organisation car leur trio forme une « masse critique » au potentiel jamais égalé. Commence alors une traque, sans que les adolescents ne comprennent qui se cache derrière leur poursuivant ni pour quelles raisons ils sont pourchassés.

Chronique jeunesse : Sakuya, la princesse des fleurs de cerisiers

Sakuya princesse des fleurs de cerisiersUne terrible et belle histoire d’amour issue d’une légende du Japon

Paru en septembre 2012 dans la collection Perles du ciel aux éditions Chan-Ok, Sakuya reprend une légende japonaise en l’adaptant à de jeunes lecteurs.

L’adaptation et le travail de réécriture est assurée par Céline Lavignette-Ammoun, qui est éditrice de manuels scolaires et a déjà écrit Les étoiles amoureuses chez Chan-Ok. L’illustration est quant à elle réalisée par Claire Degans à qui l’on doit l’illustration de très nombreux albums jeunesse : Comptines et berceuses des rizières, L’arbre à pluie, La fille d’or et de cendres

Sympathique… mais on reste sur sa faim

La jeune Sakuya était la princesse des fleurs de cerisiers, sa soeur Iwanaga était quant à elle la déesse des rochers. Un jour où Sakuya se baladait au pied du Mont Fuji, elle fit une rencontre qui bouleversa son existence : Ninigi, le petit-fils de la reine du soleil et des plaines célestes. A peine né, leur amour est indestructible, mais c’était sans compter sur la jalousie innée d’Iwanaga, cette dernière va tout tenter pour séparer les deux tourtereaux, même après leur mariage, alors que Sakuya attend l’arrivée d’un enfant…

L’idée d’adapter pour les jeunes lecteur un conte d’origine japonaise est louable et même bonne, cependant l’histoire n’est pas assez mise en valeur. On aurait aimé un peu plus de texte (cela aurait pu être possible même si c’est un ouvrage jeunesse) et d’éléments sur la culture nippone.

Et on aurait également apprécié ne pas rencontrer certaines phrases très fleur bleue du type « Coup de foudre, coup d’amour » ou encore « Coup de foudre, amour passion » qui coupent le texte dans son élan narratif. Le reste du texte ne possède cependant pas ce genre de défaut et rempli son office.

En ce qui concerne les illustrations, elles sont très belles, épurées et sont en parfait accord avec l’univers et l’esprit du conte. A la fois douces et évanescentes, les dessins nous permettent de retrouver avec simplicité un univers japonisant.

En conclusion Sakuya est un bel album, mais qui manque de poésie et d’émotion. Joli, sympathique, mais pas mémorable…

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Azami, le cœur en deux

Azami, le coeur en deuxMarc et Isabel Catin sont mari et femme dans la vie. Ils écrivent ensemble depuis de nombreuses années. Pour écrire ce roman à l’ambiance à la fois ancrée dans les traditions nippones et la modernité occidentale, ils se sont rendus au Japon.

Azami, le cœur en deux est paru aux éditions Nathan en juin 2012 et nous parle de la découverte de la France et de ses mœurs à travers les yeux d’une jeune japonaise, Azami.

Un choc des cultures est en marche

Azami est une adolescente japonaise qui vit avec sa grand-mère dans les traditions que cette dernière lui a transmises ; esprits protecteurs, superstitions, tout cela est le quotidien de la jeune fille. Obâsan (mot japonais pour grand-mère) s’occupe d’Azami comme si elle était sa mère, son père n’étant jamais présent pour elle, tant il travaille comme un fou. Elles vivent au pied du mont Kaïdo, là où les croyances populaires et les légendes ont encore prise, loin de la folie des grandes villes.

Alors quand le père d’Azami lui annonce qu’elle part pour Paris avec lui pendant ses vacances, la surprise est totale. Aussitôt, c’est l’euphorie pour Azami, elle qui s’est vue offrir des cours de français par son père depuis de longues années, elle va enfin avoir l’occasion de le parler.

Ainsi commence l’aventure occidentale d’Azami, qui quitte pour quelque temps sa tendre grand-mère et son mode de vie hors du temps pour une adolescente de notre époque. Place à la vie parisienne et à ses lumières… !

Une découverte culturelle détonante

Quand Azami débarque en France, c’est tout un nouveau monde qui s’ouvre à elle : différent, très ouvert, parfois même désinhibé par rapport à celui qu’elle connaît.

Elle se fait une amie en la personne de Myo chez qui elle loge (ses parents sont des amis de son père). Myo est une adolescente de son âge, parisienne jusqu’au bout des ongles, c’est elle qui va l’initier aux habitudes de la capitale et au mode de vie d’un adolescent « normal » de notre époque.

Amitiés, premiers flirts, Azami va en découvrir beaucoup sur elle-même et sa façon d’être… y compris des parties d’elle qu’elle n’aurait peut-être pas voulu voir poindre.

Ce choc des cultures sera parfois violent pour Azami, qui aura du mal à comprendre la relation parents-enfants telle qu’elle est en occident, la notion de respect des aînés ayant y étant diamétralement opposée.

De même, la relation parfois dominante et cruelle qui règne entre les ados sera également pour elle une source d’incompréhension…

Nous croisons une certaine quantité de stéréotypes dans ce court roman, laissant parfois les personnages à un niveau parfois trop caricatural, notamment la jeune Myo et ses répliques un peu trop impersonnelles. Cependant, l’histoire d’Azami nous rend curieux et avide de savoir vers quoi elle tend, elle qui voit se profiler un choix cornélien entre deux univers que tout oppose.

Le petit plus de ce roman est son côté légendes nippones ou le fantastique prend très légèrement le pas sur le réel. La grand-mère qui essaye de contenter les esprits de l’ordinateur de sa petite-fille pour qu’il fonctionne donne lieu à des scènes amusantes. De même, le personnage de Betobeto-san, un esprit protecteur qui collera Azami tout le long de son voyage est lui aussi très attachant, dans tous les sens du terme.

Au final, Azami, le cœur en deux est un roman sympathique pour les jeunes lectrices à partir de treize ans. Il permet de découvrir brièvement la culture japonaise ainsi que ses traditions en y mêlant un peu de romance et de réflexion. Un bon moment à passer en compagnie d’une héroïne attachante même si l’on aurait apprécié un roman un peu plus dense et moins éphémère.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique BD : Otakuland

OtakulandOnirique, étrange et envoûtant, bienvenue à Otakuland… un monde que l’on n’a guère envie de quitter une fois immergé…

Paru aux éditions Delcourt dans la collection Mirages et entièrement concocté par Walder du scénario aux dessins en passant par la mise en couleurs, Otakuland est un petit bijou étrange qui nous illustre la réaction de la société nippone vis-à-vis de ses otakus. Walder a déjà été publié par les Humanoïdes Associés avec le livre Maximum et Minimum.
Un otaku est une personne dont la vie sociale est très restreinte. Elle s’isole souvent le plus possible chez elle afin d’assouvir sa passion qui peut-être les jeux vidéos, les mangas ou encore une foule d’autre chose. Ce véritable phénomène de société au Japon inquiète et fascine à la fois. N’oublions pas enfin que le terme otaku a une connotation assez péjorative au Japon, au contraire de la France où ce mot désigne avant tout des passionnés, mais pas nécessairement des personnes qui ne vivent qu’à travers leur addiction.

Dans cette bande-dessinée, loin d’être un mal dont ils essayent de se guérir, nos trois personnages vont au contraire  rejoindre leur monde et nous montrer à travers leur yeux ce qu’est Otakuland : un monde merveilleux où tout est possible.

Otakuland insideTrois parties pour trois personnages

Au fil des pages nous suivons trois hommes relativement ordinaires, bien qu’en marge de la société. Le premier, se nomme Yota, le second se prénomme Koi et est livreur de films pornos, enfin le troisième s’appelle Jibun.
Chacun a sa façon de se rendre à Otakuland, chacune illustrée en fin de partie. Mais surtout, ils ont su se protéger des moqueries des autres concernant leur statut d’otaku. Car comme le dit le proverbe japonais énoncé en quatrième de couverture : « Le clou qui dépasse se fait taper dessus », cette citation illustre merveilleusement bien la réaction de la société face à ses marginaux, et est tout à fait universelle.
Ainsi nos personnages nous entraînent-ils dans un Tokyo aux allures oniriques et étranges où la frontière entre réel et imaginaire devient de plus en plus ténue… et où quand vous verrez surgir de nulle part une chenille à grande queue fourchue en guise de bus, vous serez à peine surpris.

Alors que faire pour nos trois otakus, rentrer dans le moule ? Très peu pour eux. Au contraire, Yota, Koi et Jibun se plongent d’autant plus dans leur monde qu’ils sont harcelés. Car entrer en Otakuland, c’est leur façon de se sentir eux-mêmes, de ne pas être oppressés par cette dictature de la société qui nous pousse à être conformes, normalisés, avec les mêmes envies et désirs.

Parlons maintenant du dessin et de la patte très esthétique de Walder. Le trait est net, précis et très fouillé, faisant des planches de véritables merveilles graphiques. On peu ainsi passer de nombreuses minutes à regarder les détails qui fourmillent à travers chaque case.
La particularité des personnages dessinés par Walder est qu’ils ont tous une tête de taille disproportionnée par rapport à leur corps.
Tout participe à la création d’un univers original et magnétique, envoûtant.

De quoi vous laisser transporter le temps d’un livre (il s’agit d’un one-shot) dans un monde qui nous fait oublier les tracas de la vie de tous les jours et nous ouvre les yeux sur une autre philosophie de vie.
Alors, oui, les personnages que l’on suit sont marginaux, et vivent à travers leur passions, parfois trop, mais au bout du compte, n’est-ce pas eux qui sont les plus heureux ? A vous de vous faire votre propre avis sur la question….

Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF

Chronique manga : Suicide Island – Tome 1

Suicide Island 01Et si le Japon décidait d’expatrier tous ses suicidaires récidivistes sur une île déserte ?

Nouveau seinen publié aux éditions Kazé en novembre dernier, Suicide Island nous offre le portrait dérangeant et cruel d’une société pas si surréaliste qu’il n’y paraît. Il s’agit du premier manga paru en France créé par le trio Kouji Mori, Kenji Iked a et Ryôta Iguchi.

« Si je ne peux pas mourir, je n’ai pas d’autre choix que de vivre »

C’est ce que se dit le jeune Sei, un jeune homme d’une vingtaine d’année qui a déjà tenté de se suicider plusieurs fois après avoir été transféré sur «l’île du suicide ». Beaucoup de gens pensent que c’est une légende urbaine… mais pour les suicidés ratés de la société nippone, le mythe va devenir réalité.

C’est ainsi qu’une vingtaine de personnes sont débarquées sur la fameuse ile. Ils sont libres de faire ce qu’ils souhaitent : ils peuvent se jeter du haut d’une falaise ou essayer de survivre dans ce nouvel environnement qu’importe, puisqu’ils ont étés supprimés des registres d’Etat Civil.

Alors que vont-ils faire de cette opportunité ? Mettre enfin fin à leur jours ? Essayer de survivre ? De créer une nouvelle société ? Ou de revenir à leurs instincts les plus primaires ?

Vivre est-il un signe de faiblesse ?

La plupart des suicidaires récidivistes déposés sur l’île avec Sei ont en tout cas fait le pari fou d’essayer de survivre dans cet environnement qui, même s’il n’est pas hostile, n’est pas non plus convenable pour vivre. Chaque minute qui passe est une petite lutte contre la mort, la faim et la soif guettant les plus faibles d’entre eux…

Outre ces problèmes de premier ordre, les « survivants » vont devoir édicter leurs propres règles s’ils veulent pouvoir vivre en communauté… et c’est là que les travers les plus lugubres de l’homme font surface. Pervers refoulés, témoin passif d’horreurs, victime démunie… âmes sensibles s’abstenir. L’ambiance dépeinte est ici angoissante, malsaine, mettant à mal le lecteur.

La psychologie des personnages a ici une place prépondérante, et pour cause, leur vie dépend de leur capacité à s’accepter mutuellement. Et même s’ils ont en commun les affres de la souffrance, certains sont prêts à se libérer prenant le rôle à la fois craint et convoité du tortionnaire…

Suicide Island 01 insideCe premier tome introductif est donc très réussit, aussi bien pour son intrigue que pour son atmosphère sous haute pression (où l’on ne peut s’empêcher de ressentir la forte influence de Battle Royale). L’œuvre est aussi un moyen de critiquer la société japonaise, pour tous ceux qui « ne rentrent pas dans le moule » de cette dernière. Le seul reproche que l’on pourrait faire est au niveau du dessin des personnages. Certains ont des traits si semblables qu’il est facile de les confondre, perdant un peu le lecteur dans les dialogues et les enjeux.

A la fin de se premier tome, nombre de questions restent sans réponse et surtout de nouvelles surgissent. Sont-ils réellement ignorés pour toujours par la société ? Sont-ils seuls sur l’île ? Peut-être sont-ils les cobayes d’une expérience gouvernementale ? ou autre chose encore ?

En tout cas, Suicide Island est une curiosité qui séduira tout amateur d’huis-clos et de psychologie humaine poussée dans ses plus sombres retranchements. Cette nouvelle série est à classer entre Battle Royale et Sa majesté des mouches (ou Lost, pour comparer avec une œuvre cinématographique). A lire d’urgence ! Le second tome paraîtra le 22 février, affaire à suivre très bientôt donc !

8/10

AUTEUR :
GENRE : Horreur, Japon, Mangas
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique Jeunesse : Fleur des Neiges

Fleur des Neiges

Un conte pour jeunes lecteurs…au pays du soleil levant.

Publié aux éditions Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet, voici un court roman pour la jeunesse destinée aux enfants âgés entre 8 et 9 ans. Ecrit par Pierre-Marie Beaude (auteur notamment d’Archeopolis, Issa, enfant des sables, ou encore Le Muet du roi Salomon) et illustré magnifiquement par Claude Cachin, qui a illustré plusieurs ouvrages pour enfants. Avec Fleur des neiges, nous sommes plongés dans le Japon d’antan, à l’époque des empereurs.

A la découverte du métier d’écrivain public.

Au Japon, il y a de nombreux siècles, vivait une jeune fille curieuse et persévérante : Fleur-des-neiges. Ses parents étaient paysans, et elle aidait à faire le ménage dans la maison, s’occupait de sa grand-mère… mais elle était fascinée par une chose, la calligraphie et l’écrivain public qui exerçait dans le village : le vénérable Matsuo Seki.

Fleur-des-neiges était souvent à se cacher et à le regarder écrire, subjugée par les symboles tracés par le pinceau de cet homme remarquable. Un jour, ce dernier l’apostrophe et lui demande de lui préparer le the, ce que Fleur-des-neiges s’empresse de faire, elle lui demande par la même occasion s’il veut bien la prendre comme apprentie.

C’est ainsi que la jeune fille va apprendre la persévérance, la sagesse et l’art de la calligraphie.

Un conte qui fera rêver les plus jeunes.

Cette histoire est à la fois une belle leçon de vie et une histoire d’amour. On y retrouve le prince charmant digne de nombreux contes classiques.

Tout en douceur et en profondeur, cette histoire fera surtout mouche auprès des jeunes filles. Les illustrations de Claude Cachin sont magnifiques. Très fidèle à l’ambiance et à la touche asiatique, les peintures font transparaître la notion de perfection et de droiture inhérente à cette culture si particulière.

En conclusion, ce court roman est très sympathique pour faire découvrir le pays du Soleil Levant aux jeunes lecteurs et les faire rêver un peu.