Chronique YA : Enchantment of ravens

Margaret Rogerson est une autrice américaine qui est publiée chez Bigbang en France (label des éditions Bragelonne plutôt destiné aux adolescents). Elle a écrit plusieurs ouvrages, tous des succès de librairie : A Sorcery of Thorns ou encore Vesperine. 

Enchantment of Ravens a paru dans deux éditions différentes et à des temporalités différentes. L’ouvrage est tout d’abord paru en édition dite commune, c’est à dire broché (donc couverture souple), grand format avant de paraître dans une éditions reliée. L’éditeur a appelé cette version reliée d’édition Faérique. L’ouvrage y est ainsi relié, avec jaquette et bénéficie d’une couverture différente de la parution originale. A l’intérieur de l’ouvrage, on retrouve justement l’illustration de couverture d’origine. Toutes deux sont réalisées par Charlie Bowater. L’éditeur le mentionne d’ailleurs en début d’ouvrage : « La jaquette bénéficie d’une sublime illustration inédite de Charlie Bowater, réalisée spécialement pour cette édition ». De plus l’ouvrage possède un très joli tranchefile de couleur rouge framboise, tout comme la couverture de l’ouvrage. 

Mais qu’en est-il de l’histoire ? Est-elle aussi belle que son écrin ? 

Une artiste peintre aux talents si grands qu’ils la mettent en danger…

Isabel est jeune, mais elle maîtrise l’Art de la peinture à tel point qu’elle a attiré de nombreux clients Faés. Contre un enchantement de son choix, elle leur fait un tableau les magnifiant, les montrant sous leur meilleur jour. Les produits issus de l’artisanat humain sont extrêmement convoités par les faés… Mais un jour Isobel attire l’attention de trop auprès d’un Faé. A l’occasion de la réalisation de son portrait, elle commet une lourde faute : prêter des défauts humain à ce faé, chose totalement transgressive et dangereuse. A cause de cela, il l’oblige à venir s’expliquer à la cour des faés pour blanchir son nom de toute suspicion de faiblesse. Car oui, les faés ont beau être fascinés par l’Art humain, il est hors de question pour eux de leur ressembler, ce serait se rabaisser… 

Une romance classique développée de façon assez originale 

Je ne vous gâche rien en vous faisant part du fait qu’il y a une romance dans cette histoire. Cela n’est pas une surprise, ce qui l’est plus en revanche, c’est l’univers créé par Margaret Rogerson. L’autrice a su s’émanciper de certains travers que l’on retrouve trop souvent dans les romans ado de fantasy. Grâce à cela, la lecture fut pour moi agréable, malgré quelques longueurs. 

L’autrice a réussit à créer un univers au fonctionnement intéressant et relativement original : les faés sont dotés d’une sorte d’illusion qui cache aux humains leur véritable apparence. Mais cette illusion ne cache pas tout, ainsi les chimères montrent la part d’étrange d’un faé. Cela peut être un cou un peu trop long, des doigts anormalement formés, un regard étrange et dérangeant… Cette chimère permet aux humains de ne pas se laisser prendre au jeu souvent dangereux des illusions faés. 

De même, les belles robes et repas somptueux des faés cachent quelque chose de sale et d’assez dérangeant… 

Ce que j’ai le plus apprécié, ce sont surtout les précautions prises par Isobel avant de faire le moindre souhait en guise de paiment pour ses peintures. En effet, chaque souhait peut se retourner contre vous, alors mieux vaut formuler des choses simples ou extrêmement précises, ce que fait la jeune femme. Elle a déjà souhaité des poules qui pondent régulièrement ou encore une protection permanente autour de sa maison… Et je ne vous en dit pas plus sur l’enchantement des corbeaux qui donne son titre au livre, mais c’est très bien trouvé je trouve. 

En ce qui concerne l’histoire, elle fera passer un bon moment à tout fan d’imaginaire, mais je suis malgré tout restée sur ma faim. Certains éléments présentés comme des dangers pour l’héroïne ne sont guère expliqués. De même que d’autres enjeux ne sont pas clairs, ce qui empêche en partie de savourer pleinement le roman. 

Ainsi pour moi ce roman est très bon dans les idées originales qu’à eu l’autrice pour le développer. Mais il manque un certain équilibre avec l’intrigue qui est parfois assez plate comparée à la richesse de l’univers. On sait où tout cela va nous mener, et la romance m’a parue trop rapide pour que je tombe sous le charme de ce couple interdit par les mœurs. A lire dès l’âge de 15 ans.

GENRE : Fantasy
EDITEUR : ,
TRANCHE d´ÂGE : ,

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