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Chronique ado : Ils sont venus du froid

Caryl Férey est un auteur français qui écrit principalement pour les adultes. Ses univers sont souvent très sombres et mélangent tensions géopolitiques et suspense : Zulu ou encore Mapuche sont les ouvrages qui l’ont fait connaître.
Il a écrit également quelques rares romans pour les jeunes lecteurs avec Krotokus et Mapuce. Ils sont venus du froid est son premier roman à destination d’un public adolescent. L’ouvrage est paru en 2022 chez PKJ.

Un univers post-apo glacial

De ce qu’il se passait avant, on ignore tout. La seule chose que l’on sait, c’est qu’il y a eu une Catastrophe. Personne ne sait quelle forme elle a prise, mais elle a tout détruit sur son passage… Et maintenant, le peu d’hommes et de femmes qui ont survécus tentent de rester en vie, mais tout est contre eux : les éléments et l’hiver glacial qui persiste, les animaux qui semblent tous avoir disparus… Et ce n’est que le début.

C’est dans cet univers glacial et extrêmement hostile que nous allons découvrir trois adolescents qui vont tout faire pour se battre et rester en vie. Quel qu’en soit le prix, peu importe l’adversité terrible qu’il y a en face d’eux, ils vont lutter. Mais le pire dans cette histoire, ce ne sont même pas les éléments qui se déchaînent et la famine qui guette, non. Le pire, c’est la horde d’hommes qui enlève toute personne qui croise son chemin. Dans quel dessein ?

Une histoire qui m’a laissée de marbre

En à peine quelques pages, le décor est posé avec efficacité, les personnages sont aisément distinguables et l’intrigue se déroule bien. Mais pourtant, je n’ai pa été séduite. Ni par la plume de Caryl Férey, ni par l’intrigue qu’il nous offre ici. Ce qui m’a le plus interrogé dans ce roman, c’est la psychologie des personnages que j’ai trouvé parfois peu logique, de même que les relations qu’ils ont entre eux. Ils prennent parfois des décisions assez incohérentes alors que la situation nécéssite une toute autre réaction.
On sent que ces réactions sont nécessaires pour les ressorts narratifs de l’histoire, mais cela dessert sa crédibilité, ce qui est dommageable au roman dans son ensemble.

Pour ce qui est donc de l’intrigue, je n’ai pas été captivée bien que j’ai lu le roman très rapidement. Il faut bien avouer que Caryl Férey a une écriture très fluide qui rend la lecture aisée. Mais une écriture efficace ne fait pas tout et si l’histoire manque de fond, je n’arrive pas à apprécier un ouvrage. Ce fut le cas ici : impossible de m’attacher aux personnages. Ceux qui auraient pu être intéressants restent malheureusement très en surface, impossible de s’y attacher, de les comprendre.

Et puis… je pense tout simplement que l’univers littéraire de Caryl Férey n’est pas pour moi. Je trouve que ses romans contiennent beaucoup trop de violence gratuite et j’ai vraiment du mal avec ça. Cela ne m’aurait nullement dérangée si cela était pour des adultes, mais là, je bloque. Je n’avais d’ailleurs pas aimé non plus Krotokus, l’histoire de ce lion et de son harem… destiné aux 9 ans et plus.

Mais surtout, ce one-shot présenté comme un roman jeunesse par l’éditeur me dérange un peu. Pour moi il y a une réelle distinction de lectorat entre jeunesse (12 ans max), préado (de 12 à 14 ans environ) et ado (14+).
La quatrième de couverture présente l’ouvrage comme étant « le premier grand roman jeunesse de Caryl Férey ». Or, quand il y a le meurtre par strangulation d’un nourrisson et des menaces de viol à peine voilées, je ne pense pas que la cible soit jeunesse. Je trouve donc qu’il y a une erreur de ciblage d’un point de vue marketing sur cet ouvrage.

En somme, je pense que les romans dits jeunesse de Caryl Férey ne sont pas pour moi, tout simplement. Si toutefois vous aimez les univers où la violence imprègne chaque page et que la littérature ado vous plaît, cette lecture se tente. Pour le reste, je pense qu’il y a plus prenant et mieux construit dans le même genre. Ellia la passeuse d’âme chez le même éditeur par exemple m’avait beaucoup plu.

AUTEUR :
GENRE : Non classé
TRANCHE d´ÂGE :

Chronique YA : La trilogie Le chaos en marche

Paru en France en 2009, le premier tome de La Voix du couteau a lancé une série qui fut rapidement érigée au rang de classique contemporain. Patrick Ness est un auteur d’origine anglo-américaine qui a déjà quantité d’ouvrages à son actif. Il a notamment écrit Quelques minutes après minuit (basé sur les écrits préparatoires de Siobhan Dowd) qui fut adapté au cinéma. Il a également écrit Libération (2018) ou encore Burn en 2020 (PKJ).

Une idée originale jamais lue auparavant

Imaginez un monde où toutes les pensées qui vous traversent l’esprit volent dans les airs et parviennent jusqu’à vos voisins, vos amis, les passants… tout le monde. On appelle cela le Bruit. C’est dans ce monde déstabilisant que vit le jeune Todd Hewitt. Il a treize ans et il est le dernier « enfant » du village de Prentissville, toutes les femmes et les enfants ayant disparus il y a longtemps. Il ne le sait pas encore, mais son destin va basculer : dans cette bourgade où vivent exclusivement des hommes qui entendent toutes les pensées des uns et des autres, difficile de garder un secret. C’est pourtant ce que Todd va devoir faire si il tient à préserver les apparences…

Une dystopie passionnante

Le premier tome du Chaos en marche est terriblement original : un monde au fonctionnement unique causé par le Bruit. Un jeune héros dépassé par ses découvertes et qui grandit malgré lui à force d’enchainer les erreurs de jugement. On retrouve dans La voix du couteau tous les éléments de la dystopie young-adult : un héros/narrateur jeune, un monde hostile aux subtilités nombreuses que l’on découvre peu à peu de façon glaçante et une quête de vérité, de justice.

Todd est un héros intéressant, mais ce n’est au final par le plus passionnant des personnages de cette trilogie pour moi. Je ne vous en dis pas plus par risque de vous gâcher une bonne partie de l’intrigue. Cependant, pour moi Todd n’est pas le plus original des héros dans ses actions ou sa façon de penser les choses. Il est courageux, certes, mais est un peu trop centré sur sa petite personne, même dans des moments terribles. Mais Patrick Ness sait faire évoluer ce héros ordinaire pour le rendre plus crédible et moins « pur ».

Non, le plus intéressant dans cette trilogie, c’est la façon qu’a Patrick Ness de manipuler les actes de certains personnages pour les rendre ambigus. Il arrive à complexifier ce qui paraît aux abords simple. Ici, rien n’est manichéen même si ça y ressemble au début. Plus on avance dans la trilogie plus les frontières entre bien et mal se mélangent jusqu’à se dissoudre… Et je pense que c’est justement cela le message de Patrick Ness : jusqu’à quel point peut-on faire du mal en ayant des buts louables ? Une guerre est-elle bonne juste parce qu’elle est censée sauver plus de vies que de morts causées ?

Il y a énormément de réflexions sur la justice, l’égalité et la liberté. Le second tome fut pour moi le meilleur, car on voit peu à peu ce que de belles paroles peuvent faire comme tort. Comment avance doucement la perte des libertés sans même qu’on s’en rende compte tant c’est pernicieux. C’est malheureusement d’actualité dans certains pays actuellement (ça fait écho à ce qui se déroule en Afghanistan par certains aspects, ça fait froid dans le dos).

A partir du second tome, on change de style de narration, basculant entre plusieurs narrateurs. Le changement à lieu à chaque nouveau chapitre et nous permet d’en apprendre beaucoup plus sur certains aspect de la vie à Nouveau Monde (nom de la planète).

Pour ce qui est du troisième opus, il est pour moi moins passionnant car je n’y ait pas retrouvé l’originalité des deux précédents ouvrages. La narration change de voix à chaque chapitre comme dans le second tome, mais ce n’est pas suffisant pour tenir le lecteur. L’histoire devient beaucoup plus classique avec un fond guerrier qui va persister tout au long du roman. C’est dommage d’avoir perdu cette flamme originale et de basculer dans un final beaucoup plus classique… Cela m’a quelque peu laissée sur ma faim car j’attendais quelque chose de bouleversant. A tel point que je n’ai pas su être franchement touchée par certaines scènes car trop prévisibles…


Il fallait bien évidemment que Patrick Ness trouve une conclusion à cette trilogie. Tout ce que je sais, c’est que les deux premiers tomes ne sont que successions d’action de révélations fracassantes. Le troisième tome sert à boucler le tout de façon réussie mais un peu trop convenue et précipitée à mon goût.

Ainsi la trilogie du Chaos en marche est une réussite malgré quelques inégalités de qualité au fil des tomes. Il faut la lire pour découvrir un univers d’une originalité redoutable, une dystopie sombre et cruelle jamais faite auparavant. La série est lisible dès l’âge de 14/15 ans environ et sera tout à fait lisible par des adultes férus de sf et de suspense. D’ailleurs, Gallimard a sorti la trilogie à la fois chez Gallimard Jeunesse/Pôle Fiction et FolioSF, preuve en est que le public pour cette œuvre est large. Belle découverte à vous.

Chronique : L’Année de Grâce

Un roman young-adult percutant qui donne à réfléchir, longtemps après sa lecture…

Paru en fin d’année 2020 aux éditions Casterman, l’ouvrage L’année de grâce était très attendu en France par de nombreuses personnes. Pourquoi ? Car il a eu un beau succès outre-Atlantique, et qu’il est présenté comme la fusion entre La servante écarlate et Hunger Games. Et bien ce n’est pas usurpé !

Il s’agit du premier roman de Kim Liggett à paraître en France mais elle a déjà d’autres ouvrages à son actif. Une chose est sûre cependant, c’est celui qui a le plus marqué ses lecteurs…

Une société patriarcale à la temporalité floue

Nous ne savons où ni quand se passe L’année de Grâce, il semble que ce soit dans l’avenir mais ce n’est pas le plus important.

Ce qu’il faut retenir, c’est que nous sommes dans un lieu et une époque où les femmes ont à peine le droit d’exister. Elles vivent en pointillés, leur vie étant gérée de leur naissance à leur mort par les hommes… Les femmes sont des biens que l’on échange, troque par le biais des mariages, et l’amour n’a rien à voir là-dedans.

C’est dans cet univers cruel et anxiogène que vit Tierney, une adolescente qui est à quelques heure de vivre son année de grâce. Qu’est-ce donc ? Celles qui y ont survécu n’en parlent pas, c’est interdit. Et celles qui vont y aller craignent le pire tant le secret autour de cette année charnière de leur vie est complet. 

L’heure est venue pour Tierney et de nombreuses autre de jeunes femmes de partit s’isoler et vivre leur année de grâce. Quand elle reviendrons (si elles reviennent), elles seront privées de leur « magie » si crainte par les hommes et pourrons se marier à celui qui les a choisies…

Un texte beau et terrible qui donne à réfléchir encore et toujours sur la condition féminine passée, présente et future

L’année de grâce est le genre d’ouvrage à la fois violent, terrible et nécessaire pour ne jamais céder sur le peu de droits et libertés que les femmes ont par rapport aux hommes. Et continuer à se battre pour avoir l’égalité sur tous les plans.

Il montre à quel point les choses peuvent être pernicieuses, sournoises et comment il est facile de céder à un système patriarcal très bien installé.

Heureusement, Tierney est là pour nous réveiller et nous faire ouvrir les yeux. Son attitude rebelle, sa « magie » que certain.e.s craignent, sa combativité sont mémorables. Elle fait partie des héroïnes fortes issue des meilleures dystopies.

Quand l’éditeur présente l’ouvrage comme une fusion entre Sa majesté des mouches, Hunger Games et La servante écarlate on pourrait penser à un argument de vente. Mais il n’en est rien ! L’année de grâce est réellement l’association de ces trois œuvres majeures toutes mémorables à leur façon.

Il y a de la violence dans ce roman, mais pas nécessairement où on l’attend. Les hommes sont manipulateurs amoraux certes, mais les femmes entre elles font les trois quart du travail de sape pour les hommes eux-mêmes sans s’en rendre compte. C’est là que réside le génie et l’atrocité de la chose… Les décisions courageuses et téméraires de Tierney vont peut-être ouvrir la voie à autre chose dans l’avenir… mais ce sera aussi long que douloureux, soyez-en sûrs.

J’ai beaucoup aimé ce roman à la fin atypique en demi-teinte et pas nécessairement retentissante. C’est plus un chuchotement qui va rester dans votre tête qu’une explosion finale. Et c’est peut-être la meilleure solution pour traverser le temps et les méfaits de la société dans laquelle vit Tierney…

A découvrir dès l’âge de 14 ans minimum, puis sans aucune limite. Je suis persuadée que quantité d’adultes pourront lire et apprécier cet ouvrage.

Chronique : Ogresse

Un roman ado atypique qui fait froid dans le dos… mais qui est l’ogresse de cette terrible histoire ?

Aylin Manço est une autrice qui commence à se faire un nom dans le monde du livre. Après La dernière marée (Talents Hauts) et En apnée (Talents Hauts également), la voici de retour en février 2020 avec Ogresse, dans la collection Exprim’ chez Sarbacane. L’une des meilleures collections de romans pour ados qui existe en ce moment (et ça fait des années que c’est le cas !). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la couverture d’Ogresse est aussi simple que percutante…

Un noyau familial qui se délite… 

Hippolite a du mal à concilier son quotidien de lycéenne avec celui latent et menaçant de la maison. Sa mère semble sombrer de jour en jour dans une torpeur pire que la précédente. Censée être un refuge, la maison devient un gouffre obscur qui l’absorbe peu à peu, la présence de sa mère est étouffante… mais ça devient pire quand elle tente de la mordre.

L’adolescente prend conscience qu’il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond. Que rien de ce qui se passe chez elle n’est normal… Et pourquoi sa mère ne va plus au travail ? Et où sont passés les couteaux de cuisine ?

Et il y a encore d’autres questions bien plus dérangeantes à se poser bientôt…

… et un appétit d’ogresse à assouvir

Si vous avez envie de lire un roman d’horreur avec du suspense, Ogresse ne sera pas pour vous. Pour moi, il s’agit plus d’un livre d’ambiance que d’intrigue à proprement parler. Certes, l’atmosphère est réussie, mais il manque quelque chose pour que l’ouvrage soit réellement bon.

En effet, on comprend assez vite ce qu’il en est, je ne vais pas vous déflorer l’intrigue, mais ont la voit venir très vite…

Mais ce qui m’a avant tout déçue, c’est l’explication qu’on nous donne pour justifier le comportement de la mère d’Hippolyte. Elle tient en à peine une phrase, et c’est un peu léger je trouve quand l’intrigue dans son entièreté est basée sur ce mystère. Certes, le but n’est pas de savoir pourquoi (même si en tant que lecteur on veut savoir !), mais surtout comment arrêter tout cela. L’autrice répond parfaitement à cette question, il faut bien le dire, mais je trouve que ce n’est pas suffisant.

Mon impression finale est qu’Ogresse aurait pu être une vraie bombe détonnante. Mais ont se retrouve finalement avec un roman mi-horrifique mi-suspense qui ne remplit aucun des deux offices.

En tant que lectrice assidue de la collection Exprim’, j’en viens à avoir des attentes toujours plus hautes concernant leurs publications. Évidemment tout ne peux pas toujours être à mon goût ou parfait… Mais j’avais le secret espoir de retrouver une langue à la fois acérée et un peu trash tels que l’étaient les premiers Exprim’ (le meilleur d’entre tous restera Le journal infirme de Clara Muller pour moi)que j’avais découverts. Ce ne fut pas le cas. 

Chronique : Quatre filles et quatre garçons

Un roman qui dépeint avec talent et réalisme les difficultés de l’adolescence… Pour en ressortir grandit !

Florence Hinckel est une autrice française à qui l’on doit de très nombreuses œuvres à destination de la jeunesse et des ados : U4 – Yannis, Le chat pitre, Le grand saut, Nos éclats de miroir… Elle est très prolifique et sort très régulièrement un nouvel ouvrage.

Avec Quatre filles et quatre garçons, elle a réussit à s’installer durablement dans le paysage éditorial, car son ouvrage est devenu un titre de fonds aussi bien pour les librairies que pour les bibliothèques.

Huit ados très différents aux problématiques qui le dont tout autant

Ils se prénomment Benoît, Sarah, Dorian, Mehdi, Justine, Clotilde, Joséphine ou Corentin. Ils sont inséparables depuis de longues années, ont partagé tant de moment complices qu’ils lisent dans les pensées de l’autre sans problème…

Sauf que. Ils ont 15 ans, l’adolescence arrive, les questionnements également. Les interrogations, la peur, les doutes, les premiers émois, la rébellion vis à vis des parents pour certains…

Au travers de cette année si particulière pour chacun.e, ils décident d’écrire un journal. Chacun.e choisira la forme qu’il/elle souhaite, ils peuvent s’enregistrer, se filmer, écrire, peu importe ! Ce qui compte, c’est qu’ils partagent un moment clé de leur vie au travers de confessions qu’ils relirons peut-être, une fois qu’ils auront atteint l’âge adulte…

Un roman aux allures de recueil de nouvelles liées fortement entre elles pour former un grand tout

Il est difficile de faire une chronique globale de cet ouvrage, j’ai ainsi décidé de vous le présenter personnage par personnage. Les histoires ne sont pas toutes égales en qualité, et c’est justement plus intéressant d’en parler en utilisant cet axe.

Joséphine : Elle s’interroge énormément sur les autres. Se demande qui est cette mystérieuse fille qu’elle croise souvent à l’abribus. Lui créé une vie dans sa tête tout en se demandant ce qu’il en est réellement.

Une bonne nouvelle dans sa vie ? Ses seins ont doublé de volume en l’espace d’une nuit ! (ou presque). C’est l’occasion pour elle de s’interroger sur ce qu’est l’amour, et comment on embrasse, d’ailleurs ?

Mais elle a également peur d’une chose : que ses parents se séparent à nouveau… Et ça la mine.

Autre chose… elle sait plein de choses, mais ne s’en vente pas. A peur de passer pour une intello auprès des autres, y compris de ses amis proches…

Son histoire est intéressante, mais comme c’est la première narratrice, ont la voit encore évoluer au fil des autres histoires.

Benoît : Un peu « fort », son surnom, c’est BN à cause d’une histoire un peu folle. Quand il était plus petit, il s’est perdu en montagne pendant plusieurs heures (presque une journée) et a survécu en mangeant la seule chose qui lui restait : des BN.

Ses deux parents sont profs dans le collège qu’il fréquente, ce qui n’est pas toujours facile à accepter (ni à faire accepter aux autres…).

Il a réussit ont ne sait trop comment à se faire foudroyer durant la période où il devait tenir son journal ! Et ça l’a rendu cool aux yeux de ses autres camarades.

Benoît s’interroge beaucoup sur l’image qu’il a des filles, comment il les perçoit, et si ce qu’il pense est juste, ou non. C’est en tout cas au final un garçon aussi gentil que respectueux de son prochain.

Sarah : C’est LA fille canon du groupe. Elle est belle, et elle le sait… ce qui lui porte fortement préjudice car elle a une idée (trop) haute d’elle-même en ce qui concerne son physique, elle trouve ainsi qu’aucun garçon n’est assez bien pour elle. Cependant, elle ne se trouve douée en rien et mise tout sur son physique pour avancer dans la vie. Elle ne rêve que d’une chose : devenir mannequin professionnelle.

Du côté de ses parents, ce sont des gens modestes. Son père tient de façon obsessionnelle un journal qui contient tous les chiffres sortis au Loto, tous les jours, depuis des années.

Depuis quelque temps, Sarah veut tellement atteindre son objectif de devenir mannequin qu’elle commence à se sous-alimenter afin d’atteindre les standards de beautés imposés… jusqu’à y laisser sa santé en devenant peu à peu anorexique. Et cela s’exacerbe quand elle est repérée par une agence de mannequinat très prestigieuse.

Dorian : C’est un ado assez effacé, il ne dit rien, même quand les événements deviennent graves. Il y a quelques années, dans un autre établissement, il était le bouc émissaire d’un autre garçon de son âge. Cela l’a beaucoup traumatisé et placé dans une situation de victime dont il n’est jamais vraiment sorti. Le nom de ce garçon qui le harcelait ? Bastoche. Mais le hasard remet l’ancien bourreau de Dorian sur sa route, et les ennuis reprennent. Harcèlement, cruauté, lynchage, Bastoche resserre son emprise malsaine sur Dorian et le coupe peu à peu de ses amis… 

Mehdi : On suit le long cheminement du jeune homme à réaliser – et assumer – qu’il est gay. Pas facile pour lui quand on voit le comportement de certains, ou ne serait-ce que leur façon de parler… La situation est une véritable torture pour lui. Il est encore plus effacé que Dorian, c’est dire. Mais peu à peu, la solution va venir à lui… Il est d’une gentillesse extrême et va même devenir un très bon ami de la jeune fille mystérieuse du bus : Solène.

Justine : Avec Justine, on assiste à un changement radical de personnalité par amour. Elle qui est si gentille, ponctuelle, parfois même un peu fade, elle va se rebeller contre tous pour ressembler au garçon à qui elle veut plaire. Elle l’a rencontré lors de son stage en librairie, il est gothique, et Justine va tout faire pour l’attirer à elle. Sa mère est une autrice célèbre qui écrit de nombreux romans à l’eau de rose (mais elle n’assume pas et écrit sous pseudonyme…), et Justine déteste ces romans, qu’elle juge mettre systématiquement les femmes en position de victimes…

Clotilde : Elle est belle, métisse et orpheline de mère (qui a été tuée par son ex à cause d’une chute dans les escaliers). Elle vit donc seule avec son père. Elle est gentille, d’une douceur extrême, mais elle possède cependant de fortes convictions féministes !

Joséphine : Elle est un peu l’archétype de l’adolescente qui s’interroge sur tout ce qui l’entoure, mais également sur son corps qui change. Ce n’est pas le personnage qui m’a le plus marqué car elle manque quelque peu de profondeur selon moi…

Corentin : On peut le qualifier de beau-gosse du groupe… Et il s’est mis à la musique avec un groupe nommé Les bêtes sauvages, et très vite, ils rencontrent un sacré succès… Mais cela ne va-t-il pas leur faire tourner la tête ? Corentin reconnaîtra-t-il ses amis ou leur tournera-t-il le dos pour les paillettes et les projecteurs ?

En somme, ce roman pour ado est très complet et intéressant. Il propose une représentation juste et variée de quantité d’adolscent.e.s de notre époque, même si parfois le trait est un peu forcé. Il y a bien quelques longueurs (normal sur un roman qui fait 750 pages !) mais la lecture reste agréable car partitionnée par personnage. Parfait pour rassurer et se découvrir quand on a 15 ans, en plus l’ouvrage est sorti en poche il y a peu…

Chronique : DIX

Une réécriture à la sauce contemporaine du fameux roman Les dix petits nègres d’Agatha Christie… et ça le remet bien au goût du jour !

On connait déjà Marine Carteron grâce à son entrée remarquée ans la littérature ado avec la trilogie Les Autodafeurs (Rouergue). Depuis, elle a fait son chemin et a sorti d’autres livres comme la série Génération K (Rouergue) ou encore L’attaque des cubes.

Dix est paru en mars 2019 aux éditions du Rouergue, dans la très bonne collection ado Epik. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réécriture dépoussière bien l’original dont elle est inspirée…

Une télé-réalité mettant en scène des lycéens dans un décor de rêve…

Une villa grand luxe au large d’une île isolée. Ils sont dix. Trois adolescents accompagnés de trois adultes… et aucun n’est blanc comme neige… Et ce qu’ils ne savent pas encore, c’est qu’ils vont payer chacun leur tour pour le crime…

Un roman noir à dévorer

Que l’on soit un adolescent ou un adulte, on lira avec le même plaisir Dix. Plus qu’un roman issu des Dix Petit Nègres, c’est un nouveau souffle que Marine Carteron offre au roman le plus connu d’Agatha Christie. Et là où la cohérence manque parfois dans le roman d’origine (on ne peux pas user de déduction !), ici l’autrice nous sèmes de légers indices quant à la personne derrière cette terrible machination. Mais bien malin qui saura deviner quelle est la personne à l’origine de ce terrible jeu télévisé…

Le mieux pour savourer ce roman, c’est de commencer par Les dix petits nègres. Pour moi, ça donne vraiment corps au travail monumental qu’a réalisé l’autrice pour s’approprier ce classique. Et elle a réussi à faire un sans faute. Les phrases sont courtes, d’une efficacité rare, parfois même âpres ou saignantes… Il y a notamment une phrase marquante dans ce roman qui donne le ton entier du texte :

 » Elle tomba. Sans élégance. Comme la merde qu’elle était « .

C’est brutal et subtil à la fois, étrange mélange me direz-vous… Est-il seulement possible ? Et bien oui, puisqu’elle l’a fait !

Dix est donc un futur classique de la littérature ado. Il est à mettre juste à côté du roman d’Agatha Christie et c’est un véritable régal de lire les deux ouvrages à la suite. Je suis maintenant fortement tentée pour lire l’ouvrage de Pierre Bayard intitulé La vérité sur les Dix petits nègres aux éditions de Minuit…

Chronique : Zodiaque – Tome 2 – L’étoile vagabonde

Suite d’une saga qui avait su me captiver ! L’univers de Zodiaque s’épaissit… de même que ses nombreux secrets…

L’étoile vagabonde est le second tome de la série Zodiaque, paru en avril 2016 chez Michel Lafon. Nous y suivons toujours l’histoire de Rhoma qui nous a laissé avec énormément de questions à la fin du premier tome…

Comment trouver la force de continuer ?

A la fin du premier tome de Zodiaque, nous laissions Rhoma en état de choc, et sans but. Elle a perdu des personnes qu’elle aime, mais surtout la confiance de ceux qui croyaient en elle à travers tout le Zodiaque. Comme se remettre d’une suite de chocs pareils ? Quel but poursuivre quand on a tout perdu ou presque ?

Une suite plus lente en rythme, mais toujours intéressante

Après l’écriture d’un premier tome aussi dense que l’était Zodiaque, l’écriture d’une suite est toujours un exercice délicat. Et Romina Russell s’en sort assez bien étant donné la situation dans laquelle elle laissait son héroïne…

Sans en dire plus, sachez que l’auteure a réussi à rebondir assez efficacement pour continuer à garder Rhoma dans la course, tout en créant de nouveaux enjeux et statuts pour ses nombreux personnages…

Seul défaut, on se lasse légèrement de l’univers que l’on a découvert avec tant d’intérêt dans le premier tome. En effet, Rhoma continue sa « tournée » des planètes composant le Zodiaque pour les prévenir de la menace que représente Ophiuchus. Mais la mécanique utilisée dans le premier tome s’essouffle un peu dans le second, c’est qui est tout à fait normal.

C’est donc un petit passage à vide que l’on croise dans le milieu de ce tome, mais la dernière partie du roman rattrape le tout en redynamisant l’intrigue. Beaucoup de complots à mettre à jour, d’amitiés à créer, d’ambassadeurs à convaincre et de vies à sauver… Les enjeux sont toujours aussi grands pour Rhoma, mais comme toujours, elle sait tenir son rôle avec courage et pugnacité.

Et les rapprochements entre Rhoma et Hysan se concrétisent parfaitement à mon goût ! Mais chut… vous ne saurez rien de plus. Non, n’insistez pas. Mais moi qui suit peu attachée à la romance dans une histoire, j’ai adoré et j’ai encore envie de voir leur relation évoluer !

L’intrigue avance donc, même si c’est parfois un peu long à mon goût. L’histoire de Zodiaque reste toutefois assez intéressante pour vouloir continuer la saga. Il reste encore beaucoup de choses à découvrir et de mystères à sortir de l’ombre… Une chose est certaine, je lirais la saga jusqu’au dernier tome !

La couverture anglaise du second tome de la saga Zodiaque.

Chronique : Exo – Tome 1

Et si notre planète ne nous appartenait plus ? Si nous avions été colonisés par des extraterrestres d’une technologie et d’une intelligence bien supérieurs ?

Il vient tout juste de paraître en librairie, voici Exo, le premier tome d’une nouvelle série de science-fiction pour les adolescents. Son auteure, Fonda Lee, est américaine. Elle a déjà écrit de nombreux ouvrages Outre-Atlantique, et cela dans de nombreux genres différents. Il s’agit de son premier roman à paraître en France. Exo est publié aux éditions Bayard.

En territoire conquis…

« Bienvenue » sur Terre… enfin, pas vraiment. Notre planète a été colonisée il y a plusieurs décennies de cela. L’homme n’est plus l’espèce dominante… maintenant, ce sont les Zhrees qui gèrent tout. Ils décideront de votre avenir, de votre métier (ou affectation), de votre niveau social… etc. Au final, beaucoup d’êtres humains y trouvent leur compte… du moins ceux qui ne sont pas trop mal situé dans l’échelle… Mais pour les autres, les laissés pour compte ou les humains lambda, la situation est très difficile.

C’est ainsi que la rébellion Sapiens est née. Pour contrevenir à l’envahisseur par tous les moyens… mais la lutte semble jouée d’avance quand on voit les moyen des Zhrees face à ceux d’une poignée d’hommes. C’est dans cette situation très complexe que l’on suit Donovan, un jeune homme tout ce qu’il a de plus humain, mais qui possède à l’intérieur de son corps une technologie 100% Zhree : l’exo. Mais les Sapiens sont loin d’être la seule menace…

Un roman ado qui initie à la sf militaire

Pour ceux qui ne seraient pas familiers de la science-fiction dite militaire, Exo peut être considéré comme intéressant pour un lectorat de 13/15 ans. Mais il ne peut être qu’une entrée en matière dans le genre car il manque tout de même de complexité, en particulier au niveau des personnages.

En effet, les enjeux sont connus, recèlent peu de surprises, et surtout les personnages sont parfois trop simplistes. Donovan, tiraillé entre son allégeance aux Zhrees et son statut d’humain réagit parfois de façon inattendue du point de vue de son clan Zhree. De plus, ses liens de parentés complexifie sa façon de réagir et penser : son père est le Premier mandataire (équivalent à président d’un État) ce qui implique énormément d’enjeux quel que soit son choix, ses réactions, ses réponses. Tout est décortiqué. Étant donné qu’il a un certain rang à tenir, la pression sur lui est énorme…

Mais malgré tout cela, Exo ne réussit pas à transporter son lectorat. On n’est pas vraiment accro, l’histoire ne recèle guère de surprises et les personnages non plus ! Certaines rencontres et croisements entre certains personnages sont d’ailleurs statistiquement très peu probables…

………..

En conclusion, Exo est un premier tome intéressant (rares sont les romans de sf YA à traiter de la colonisation de la Terre par une intelligence extraterrestre) mais qui manque malgré tout d’originalité. Le traitement de l’’histoire est extrêmement classique malgré un cadre rarement utilisé dans la littérature ado. Mais surtout, le jeune Donovan est un héros qui manque de charisme et que l’on ne souhaite pas forcément suivre au bout du monde. Dommage…

Chronique : Ma vie cachée

Un très bon roman à suspense doublé d’une belle romance !

Paru en fin d’année 2017 aux éditions Pocket Jeunesse, Ma vie cachée est un one-shot (pour une fois !) qui nous met dans la peau d’une ado qui est sous protection policière.

Si vous ne connaissez pas encore Becca Fitzpatrick, c’est l’occasion ! L’auteure avait eu un grand succès il y a quelques années de cela grâce à sa saga fantastique Hush-hush (je me rappelle avoir bien aimé le premier tome, mais je n’ai jamais eu l’occasion de lire la suite…).

Une vie emplie de dangers

Stella a été le témoin d’un meurtre lié à la drogue, depuis elle est sous protection policière. Pour pouvoir témoigner lors du procès, elle est donc obligée de changer d’identité, d’adresse, de vie. Avec cette nouvelle vie, Stella dit également adieu à son petit ami Reed, qui lui aussi doit changer d’identité. Ils ne pourront plus jamais se revoir sous peine de griller leur couverture et de se faire tuer. La mère de Stella, toxico reconnue, est quant à elle mise dans un centre de désintoxication… Commence alors pour Stella une nouvelle vie : adieu Philadelphie… et bonjour le Nebraska, dans une petite ville paumée qui lui promet de mourir d’ennui…

Un roman aux allures de thriller diablement efficace

Aussitôt commencé, aussitôt dévoré. Ma vie cachée est le genre de roman qui recèle toutes les qualités d’un bon roman YA, et ça se ressent très rapidement. Tout concoure à nous mettre dans cette ambiance de petite ville perdue au fin fond de la campagne américaine : un diner, des habitants un peu bruts de décoffrage qui se connaissent évidemment tous, un sheriff quelque peu surmené…

Le décor est posé, nous sommes prêts pour l’intrigue en elle-même !

Stella est une ado débrouillarde et volontaire. Bien que dotée d’un assez sale caractère, on apprend vite à l’apprécier pour son dynamisme, son humour et son envie de constamment de dépasser. C’est ainsi que lorsqu’elle est hébergée par une agente de police à la retraite – Carmina – ça fait beaucoup d’étincelles entre les deux femmes, mais leur relation va devenir un des piliers de cette belle histoire.

C’est ainsi que Stella va se retrouver contrainte par Carmina à trouver du travail, ce qui en fait va s’avérer très bénéfique pour le moral en berne de Stella… Mais ce qui va surtout l’aider à tenir, c’est de penser tous les jours à Reed, son amour qu’elle se jure de retrouver un jour, quand tout sera fini. Enfin, ça c’était sans compter sur la présence de Chet, le jeune voisin de Carmina. Un jeune homme indépendant qui a le don de la faire sourire et de la rassurer… Mais auquel elle ne peut rien révéler de son ancienne vie.

Dire que j’ai adoré Ma vie cachée est un euphémisme. Tout est génial dans cette histoire, de sa construction à son développement sans oublier sa conclusion. On est constamment sous tension à cause de la situation de danger permanent subie par Stella. Mais il y a aussi une bonne partie qui fait la part-belle à la romance avec toutes ces ambiguïtés, ses petits signes, etc. Stella cèdera-t-elle au charme rustique de Chet alors qu’elle ne restera que quelques mois dans le Nebraska ?

J’ai trouvé le tout savamment équilibré, entre suspense, romance et pas mal de psychologie également. Ce romand de près de 45O pages fonctionne à merveille, il se dévore ! On appréciera ce retour aux sources qui nous permet d’apprécier la nature, la campagne, les amitiés franches et le goût des choses manuelles, faites avec amour. Plus qu’un roman policier, c’est aussi une ode aux petites bourgades américaines et aux nombreux charmes qu’elles cachent sous leur aspect fruste. Personnellement, j’ai tout de suite été sous le charme du Nebraska et de Chet…

La partie policière de l’intrigue est très bien menée également. Nous n’avons que le point de vue de Stella tout au long du roman. Nous ne savons donc que très peu de choses sur sa mère ou sur son copain Reed, mais les réflexions de Stella qui évoluent au fil du temps nous apportent une vision très intéressante de l’intrigue. Surtout qu’il y a un secret dans le secret !

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Becca Fitzpatrick sait donc très bien mener sa barque et nous entraîne avec une facilité déconcertante dans cette nouvelle histoire. C’est un sans-faute, grâce à la force de ses personnages, même les pires d’entre-eux sont intéressants et crédibles… c’est justement cela qui fait peur…

Si vous voulez un bon thriller mâtiné de romance, c’est donc le roman idéal ! Vous serez immédiatement happé ! A découvrir dès l’âge de 14 ans.

Chronique : My dilema is you – Tome 1 & 2

A la découverte d’un des grands succès de la plate-forme Wattpad : My Dilemma is you. Trois tomes. Quinze millions de lecteurs. Qu’en est-il donc ?

Écrite par l’italienne d’origine moldave Cristina Chiperi, My dilemma is you est une trilogie de romance prenant place sous le soleil de Miami.

Si vous ne connaissez pas encore cette auteure, sachez qu’elle a rencontré un succès phénoménal avec la trilogie My Dilemma is You avec plus de 15 millions de lecteurs sur Wattpad, c’est un véritable phénomène. Mais alors, est-ce aussi bien que ça en a l’air ou est-ce simplement un bel achat de droits pour s’accaparer un lectorat potentiel énorme ?

Par ailleurs, un tout nouveau roman de Cristina Chiperi vient de paraître chez PKJ : I still love you. Un roman indépendant qui n’a rien à voir avec My Dilemma is You.

Un déménagement = un cataclysme dans une vie d’ado

Chris avait tout pour être heureuse à Los Angeles : deux amis extraordinaires pour qui elle aurait tout fait, un lycée où elle se sentait bien, une maison agréable… Mais tout cela va être balayé en quelques semaines à cause d’un déménagement. En effet, le père de Chris vient d’être muté à Miami, et ça n’enchante pas du Chris, qui a tout à perdre dans la manœuvre… mais qui n’a pas le choix !

Voici le début d’une nouvelle vie pour Chris et sa famille, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle va être très riche en émotions…

Une vie stéréotypée au possible au service d’une intrigue qui l’est tout autant

Avant de développer plus cette chronique, je tiens à préciser que j’apprécie la romance quand elle est bien faite. Je ne fais donc aucun reproche au genre lui-même mais bien à son utilisation ici par l’auteure.

Tout d’abord, les personnages. Ils sont tous hautement stéréotypés. Chris est évidemment la petite nouvelle, mais elle réussit en quelques jours à peine à connaître tous les mecs populaires du lycée. Chose que d’autres filles qui sont là depuis des années n’ont jamais réussit à faire… Pourquoi pas, mais c’est hautement improbable.

Parmi ces personnages, il y a la grande méchante : Susan, la petite amie de Cameron. N comprend très rapidement que Susan a décidé de faire de la vie de Chris un enfer. Pourquoi ? Parce qu’elle la considère comme une menace pour son couple. Elle fait donc tout pour éloigner Chris et la martyriser au passage. C’est bien trop manichéen, mais passons…

Il y a également le personnage de Matt, le petit copain que Chris va avoir au bout de quelques semaines à Miami. Il a l’air gentil, mais perd ses moyens dès qu’il s’agit pour elle de se lier d’amitié avec certains garçons… Mais même si Chris veut être indépendante et choisir elle-même ses amis, elle capitule en restant en couple avec Matt et subissant ses crises régulières… S’ensuit un nombre impressionnant de rupture/rabibochage entre Chris et Matt…

Ah, et j’allais oublier Lexy. LA journaliste des potins du campus. Au courant de tout avant tout le monde, elle a le rôle de la paparazzi qui n’a aucune empathie pour qui que ce soit. Ce qui compte pour elle, c’est d’avoir un scoop, et cela à n’importe quel prix.

Ils sont également bien trop familiers les uns envers les autres. Cameron rentre dans la chambre de Chris par la fenêtre à l’improviste comme si de rien n’était. Chris dors dans le lit de Cameron par mégarde… Mais qui peut dormir dans le lit de quelqu’un par mégarde ? Et plusieurs fois en plus ! Et sans aucune arrière pensée, cela se fait en toute innocence à chaque fois…

Ceci n’est qu’un extrait des nombreux exemples qui peuvent illustrer mes dires. Pour résumer sur les personnages, ils sont peu crédibles, stéréotypés et soit tous gentils soit très méchants. Et surtout, ils ont souvent des réactions totalement disproportionnées. Le tout les rend donc peu crédibles et encore moins attachants.

Tout cela sans parler du cadre lui-même qui est tout ce que le rêve américain apporte en préjugés : magnifiques villas avec piscine, plage de rêve, tous les gens y vivant étant parfaits et faisant soit du skate soit du surf, campus d’élite, soirées et fêtes nombreuses… On dirait que le roman entier est passé au travers d’un filtre Instagram pour le rendre plus beau, plus fun, plus génial.

Autre gros point noir selon moi, les nombreux concours de circonstances qui peu à peu rapprochent Chris et le beau Cameron. Ils sont tous d’heureux hasards bien trop énormes pour que l’on y croie réellement. Ça retire une part de magie à la romance que de voir aussi peu de délicatesse dans la mise en scène des événements.

Ainsi, Chris et Cameron se détestent au début du roman, mais peu à peu vont se rapprocher à force d’être fourrés ensemble malgré eux. Et sans oublier que leur petit.e ami.e respectif.ve font tout pour ne pas qu’ils se croisent car ils sentent toute la tension romantique qu’il il y a entre ces deux là… Admettons.

Quels sont donc ces concours de circonstances ? Pour commencer, la nouvelle meilleure amie de Chris n’est autre que la demi-sœur de Cameron, elle le voit donc souvent en allant chez elle. Ensuite, ils « réussissent » à se faire punir ensemble par un prof et doivent nettoyer le gymnase. Evidemment, le gymnase de l’école est un endroit qui ne capte pas. Et comme Chris est évidemment maladroite, elle réussit à s’enfermer par mégarde avec Cameron dans le cagibi. Et comme ça ne capte pas, ça dure un moment…

Tout cela sans oublier les nombreux jeux à boire et autres action ou vérité qui vont les « forcer » à s’embrasser. Bref, tout concoure de façon plus ou moins crédible à les mettre ensemble.

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Je ne peux pas tout vous raconter dans cette chronique, mais voilà mon ressenti sur les deux tomes de My Dilemma is You que j’ai lu. C’est une grosse déception, quoique pour être déçu il faut déjà avoir des attentes…

Dommage car PKJ est une maison d’édition qui globalement propose de bons textes, mais ici, on est clairement sur une manne financière apportée par le succès de la saga que sur un vrai choix éditorial.

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Mais plus que tout ce que je viens de citer plus haut, il y a vraiment une chose qui m’a choquée dans cette lecture. Il s’agit d’une révélation que l’on fait à la moitié du second tome, alors pour ceux qui ne veulent pas être spoilés (ou divulgachés pour ceux qui souhaitent franciser le terme), passez votre chemin. Pour les autres, voici.

Alors qu’elle se croyait vierge, Chris découvre qu’elle a déjà couché avec Cameron une première fois. Elle avait trop bu un soir, et elle était par un étrange concours de circonstance (encore un !) dans le lit de Cameron en train de dormir. Ce dernier, bien trop tenté par la situation a couché avec une Chris qui n’est absolument pas en pleine possession de ses moyens. Et le lendemain, Chris ne se rappelle absolument de RIEN. Et Cameron s’est bien entendu abstenu de lui dire ce qu’il s’était passé…

C’est ainsi que dans le second tome, on découvre que Chris a perdu sa virginité dans le premier ! Et que son petit ami, Cameron ne le lui a jamais dit. Il a attendu qu’elle se pose énormément de questions (elle se demande pourquoi elle n’a pas saigné lors de sa supposée première fois qui est en fait la seconde – encore un stéréotype à casser au passage, non, toutes les filles ne saignent pas lors de leur première fois !) pour lui avouer enfin que oui, ce n’était pas sa première fois. Et la réponse de Cameron est extraordinaire :

« Si tu te rappelais comment ça s’est passé cette nuit là, tu serais heureuse ». Non, mais sérieusement ? Il faudrait presque qu’elle le remercie pour ça ? Alors, certes elle était consentante et n’a jamais dit non, mais Chris n’était clairement pas en pleine possession de ses moyens… Et surtout, le fait de lui cacher qu’ils ont couchés ensemble est bien une façon de maquiller l’acte lui-même, pourquoi faire ça si il n’y a pas culpabilité et que c’est mutuellement consenti ? D’autant qu’il le lui avoue uniquement parce qu’elle se pose des questions…

Alors, oui Chris s’énerve face à toutes ces révélations… mais elle lui pardonne toutefois très rapidement !

Cette scène est pour moi choquante car elle banalise l’acte en faisant croire de façon insidieuse (volontairement ou non) que les rapports sexuels sous l’influence de l’alcool, ben c’est pas grave. Et que si tu t’en rappelles pas, tant pis, mais que tu as franchement bien aimé sur le coup et que c’est ça qui compte, non ?

Personnellement, cela m’a mise hors de moi. Autant je n’avais pas aimé le premier tome mais si les lecteurs qui aiment y trouvent leur bonheur tant mieux. Mais dans ce second tome, c’est un message grave qui est adressé aux lecteurs. Et même si chacun est à même de se faire son propre avis sur la question, je trouve ça flippant qu’une telle scène soit publiée car ce qu’elle sous-entend une certaine banalité dans la façon dont les choses se sont produites. Le personnage de Chris passe l’éponge si facilement face à ça que s’en est sidérant.

Et comme tout est conté du point de vue de Cameron, qui était sobre, impossible de savoir si elle était d’accord, enthousiaste ou apathique.

Suis-je la seule à avoir perçu cette scène de façon aussi violente ? Je l’ignore, mais je tenais vraiment à en parler car je trouve que ce n’est pas le genre de chose à laisser passer. C’est trop important pour être banalisé, y compris dans un livre.