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Chronique YA : Ma réputation

Gaël Aymon est un auteur français qui écrit majoritairement pour la jeunesse et les ados. On lui doit l’un de mes romans favoris : Et ta vie m’appartiendra (Nathan) qui est une réécriture contemporaine de La peau de chagrin de Balzac. Il également écrit Grim, fils du marais (Nathan), Contes d’un autre genre (Talents Hauts) et plus récemment Ma réputation (Actes Sud Junior, puis Pôle Fiction).

Dans Ma réputation, on parle amitié, confiance et… forcément réseaux sociaux, pour le meilleur, mais aussi et surtout le pire…

Laura, 15 ans, s’entend mieux avec les mecs qu’avec les filles

Pour Laura, ça a toujours été une évidence, ce n’est pas qu’elle se sente supérieure aux autres, mais elle n’aime pas la compagnie des autres filles, trop d’histoires. Celle des garçons est simple, ils ne se prennent pas la tête, ont les mêmes délires et il n’y a jamais eu d’ambiguïté. Enfin, jamais jusqu’à ce Sofiane, l’un de ses potes de toujours tente de l’embrasser. Laura le repousse, Sofiane fait la tronche, et leur groupe d’amis va en être bouleverser.
Avoir repoussé les avances de Sofiane l’exclu, ils ne veulent plus avoir à faire à elle, Laura est seule. Elle qui n’a toujours eu que ce groupe de garçons comme amis se retrouve du jour au lendemain sans personne à qui parler. C’est dur, la chute est brutale, et surtout, elle ne fait que commencer… Elle ne penser pas que repousser les avances d’un ami l’exposerait à autant de violence dans la vie et sur les réseaux.

Un roman en forme de leçon

J’ai dévoré ce roman, fébrile à l’idée de savoir ce qui allait arriver à Laura, que j’ai trouvé très courageuse pour affronter tous les problèmes qui lui tombent dessus peu à peu. Mais, le petit repproche que je pourrais faire à ce roman, c’est qu’il est un peu trop moralisateur. Je m’explique.
Ce roman ressemble un peu à un cas de figure type du harcèlement en ligne et au lycée, avec les « bonnes pratiques » à adopter et « les mauvaises praitques » à éviter. Ce n’est pas dit comme cela dans l’ouvrage bien entendu, mais ça donne une impression didactique trop forte. J’avais parfois plus l’impression de lire un ouvrage commandé par l’éductation Nationale qu’un roman. Il manque une flamme vive à cet ouvrage pour qu’il soit vraiment bien.

J’ai trouvé toutefois le développement de l’histoire passionnant car très réaliste. L’auteur sait entrer dans la tête des jeunes, connaît leurs fonctionnements et les dynamiques de groupe amitié/mésamour etc. En cela, c’est extrêmement réussit. C’est surtout quand on passe à la phase des « résolutions de problèmes » que j’ai trouvé l’ouvrage un peu donneur de leçon. Bien sur, il est important de montrer les différentes portes de sorties qui permettent de quitter le cercle vicieux du harcèlement, mais la façon de les montrer n’était selon moi pas la bonne.

En dehors de cela, Ma réputation est un ouvrage qui se dévore. L’auteur comprend les jeunes et leurs nombreuses problématiques (bien plus nombreuses à l’ère des réseaux qu’il y a quinze ans où c’était encore les balbutiements), sait les décrire et créer des personnages crédibles. Il n’y a que la fin qui est un peu trop « scolaire » dans sa façon d’être exposée dirons nous.
Si vous cherchez un livre au sujet du harcèlement en ligne ou sur les groupes d’amis qui se font et se défont au détriment de certains ados, c’est l’ouvrage parfait. Il illustre avec justesse ce que vivent des milliers de jeunes : le mal-être, le stress d’avoir une mauvaise réputation, le moindre bégayement ou la moindre hésitation moquée immédiatement, le fait d’être constamment scruté en attente de la prochaine « erreur »…
Un ouvrage qui pourrait servir d’outil de prévention. A découvrir dès l’âge de 14/15 ans.

Chronique jeunesse – Le gardien des tempêtes – Tome 1

Une magie celtique, des bougies aux pouvoirs insoupçonnés et de nombreux secrets de famille… le tout concentré en un seul endroit : l’île d’Arranmore.

Premier roman de Catherine Doyle à paraître en France; Le gardien des tempêtes est également le premier tome d’une série. Pour le moment, la série compte deux tomes dans sa langue originale. L’ouvrage est paru aux éditions Bayard en octobre 2019.

Un exil forcé sur une petite île irlandaise

Fionn et sa soeur Tara sont obligés par leur mère à aller vivre pour quelque temps chez leur grand-père, sur l’île d’Arranomre. Dès leur arrivée, des choses étranges se passent, et à chaque fois que Fionn essaye d’en savoir plus, il se fait méchamment rebuter par sa grande sœur. Elle semble savoir des choses, mais ne lui dévoile rien… Quand son grand-père commence à lui parler des légendes liées à l’île, Fionn comprend à peu que de nombreux enjeux entourent l’île et ses habitants…

Tout pour fonctionner, mais rien pour captiver…

C’est dommage, mais c’est mon ressenti général sur ce roman. L’histoire a beau être intéressante et assez originale (de la magie avec des souvenirs insérés dans des bougies, une très bonne idée !), ça n’a pas pris. Pourquoi ? Je ne saurais le dire, mais j’ai trouvé l’alchimie entre les personnages peu réussie. Ils sont tous facilement identifiables cependant, ce n’est pas de la faute de l’autrice, qui a très bien dépeint chacun d’entre eux.

Non, cela réside peut-être dans la façon de dérouler son intrigue, mais j’ai trouvé tout cela assez ennuyeux… Dès quelques chapitres, on comprend qui va être un danger pour Fionn et sa famille, qui va lui révéler des choses sur son passé, etc.

Évidemment, quand on est dans le lectorat cible de ce genre de roman (environ 10 ans), on ne verras pas les choses ainsi, et c’est tout à fait normal. Cependant, je n’ai pas trouvé que l’ouvrage assez loin dans son intrigue et son univers.

J’aurais aimé découvrir plus de spécificités quant à la culture irlandaise (bon, ils boivent beaucoup de thé dans le roman, mais c’est tout !), de même sur les légendes celtes…

Ainsi, la seule originalité plaisante réside dans ce système magique qui use des bougies qu’on allume pour revivre des souvenirs. Ainsi, le grand-père de Fionn possède-t-il des centaines de bougies correspondant à tout autant d’époques, de rencontres, de personnes…

En somme Le gardiens des tempêtes n’est pas un mauvais roman, mais il en existe tant d’autres dans le même style qu’il ne laisse aucun souvenir après sa lecture. Et c’est peut-être pire que de ne pas avoir aimé un ouvrage : l’oublier aussitôt qu’il est terminé.

Cette chronique a été rédigée initalement pour le website ActuSF.

La couverture du second tome de Gardiens des Tempêtes, pas encore paru en France : The Lost Tide warriors.

Chronique : Le petit terroriste

Omar Youssef Souleimane est un auteur d’origine syrienne. Son récit, Le petit terroriste, vient tout juste de paraître chez Flammarion, à l’occasion de la rentrée d’hiver 2018. Entre humour et drame, découvrez l’histoire d’une enfance très différente de la notre…

Une enfance normale dans une famille sunnite

Notre narrateur et auteur nous conte son enfance, comment il a été élevé dans l’idée que la religion primait par dessus tout et devait régir sa vie. Qu’il ne devait jamais avoir de pensée « impures », mais que le terrorisme était la meilleure arme pour vaincre ses ennemis… C’est paradoxal, mais c’est justement là qu’Omar Youssef Souleimane s’interroge, se cultive.

Il passera ainsi son adolescence à lire les grand poètes et auteurs français : Rimbaud, Eluard, Aragon… entre autres. A écouter les chansons de Jacques Brel et d’Édith Piaf (beaucoup écoutées en Orient pour apprendre le français). C’est d’ailleurs pour cela qu’il dit « Ne me quitte pas » au lieu de « ne quitte pas » quand il est au téléphone. Il a du mal avec le féminin et le masculin des mots français, et pour être tranquille il prend tout par paires : deux bananes, deux clémentines, deux… Car maintenant, il vit en France.

 De sa vie et de son adaptation en France, nous n’avons que quelques pages. Tout le reste nous retrace son enfance. Entre humour et récit de vie difficile, la vie de cet homme est très intéressante. Il a beaucoup de choses à dire, sur son enfance, sa vie, son parcours spirituel et comment il en est venu à ne plus croire à son qu’on lui enseignait de façon si insistante.

Un récit toutefois difficile à appréhender pour les non-initiés

J’ai trouvé l’enfance d’Omar Youssef Souleimane à Riyad (capitale de l’Arabie Saoudite) très intéressante, mais je dois reconnaître mon cruel manque de culture concernant l’Orient et ses enjeux. Quels conflits et pourquoi ? Quels préceptes de base régissent le salafisme dans lequel baigne l’auteur ? A un moment, il a peur du Moukhabarat, qu’est-ce donc ? Après une recherche, j’ai appris qu’il s’agissait des services de renseignement égyptiens. Une note de bas de page aurait été la bienvenue pour nous le dire.

Pour la plupart des Occidentaux (dont moi), tout cela est très flou, et le problème de ce livre, c’est qu’il n’éclaircit pas ces points. Si vous ne connaissez pas déjà un peu l’Islam, l’Arabie Saoudite et la Syrie, ça reste très nébuleux. J’ai donc pu apprendre des choses en creusant un peu : ce qu’est le sunnisme, par exemple. Ou le poids des traditions, par exemple, il est interdit de tendre la main gauche, elle n’est censée servir que pour les toilettes.

Cela ne retire en rien à la qualité d’écriture de l’auteur. Il n’est pas question de juger un récit de vie, d’autant que la sienne n’a pas été évidente sous bien des aspects.

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Le petit terroriste est donc un livre intéressant mais qui l’est encore plus si l’on possède une culture en lien avec l’Orient et ses nuances. On y rit, on est parfois triste ou en colère face à ce qu’il a vécu : les injustices, la dureté de son père, la cruauté de ses camarades d’école… Mais que cela nous réconforte, Omar Youssef Souleimane est maintenant en France où il profite (je l’espère !) de la vie parisienne et écrit. Car il n’est pas qu’auteur, mais également journaliste et poète.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Interview de Chris Bradford pour sa série Bodyguard

Bodyguard 1 - L'otageLa Bibliothèque de Glow : Comment l’idée originale de Bodyguard vous est-elle venue ?

Chris Bradford : « Le meilleur garde du corps, c’est celui que personne ne regarde » : c’est une phrase que j’ai entendu à la radio, et c’est elle qui m’a donné l’idée de la série. Donc, les ados peuvent être d’excellents gardes du corps. Et encore plus lorsqu’on est une fille ! Personne ne s’attend à ce qu’une adolescente soit garde du corps…

D’ailleurs, quand on est une femme garde du corps, on gagne beaucoup plus que les hommes. Certains se demanderont si les femmes sont assez fortes pour ce travail, et quand je visite les écoles, j’aime prouver aux élèves que c’est effectivement le cas.

Les techniques décrites à l’intérieur de mon roman existent et fonctionnent réellement. Quand j’ai fait des recherches pour mes livres, j’ai suivi un entraînement professionnel de garde du corps. En tant que garde du corps, il faut toujours avoir une conscience aiguë de son environnement. Mes personnages doivent ainsi savoir repérer des systèmes de surveillance cachés. (ndlr : L’auteur nous montre alors que depuis le début de l’interview il nous a filmés à notre insu grâce à une fausse cannette de Coca-Cola. L’œil de la caméra est minuscule !).

Chris BradfordLa Bibliothèque de Glow : Pouvez-vous nous parler des prochains titres de la série à paraître ?

Chris Bradford : Le second tome de la saga Bodyguard se nomme La rançon et sortira en septembre 2015 en France. En VO, c’est Penguin Books qui édite mes romans. Dans le deuxième titre de la série, vous pourrez découvrir de nouvelles techniques de combat.

Dans le troisième tome, qui s’intitule Embuscade (ndlr : titre provisoire) le sujet est la protection des enfants d’un ambassadeur français en Afrique.

Les histoires de Bodyguard sont tout à fait indépendantes, mais il y a tout de même une intrigue transversale. Les actions décrites sont plausibles, réalistes et j’ai fait le maximum de recherches possibles pour coller le mieux possible à la réalité. De même, mes personnages sont très travaillés, tout est fait pour les rendre vrais.

Bodyguard 1 voLa Bibliothèque de Glow : Comment avez-vous construit vos personnages ainsi que leur tempérament ?

Chris Bradford : Il faut savoir que je m’inspire beaucoup de personnes que je connais pour construire mes personnages. Ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses, ils faut qu’ils soient très complets dans leur façon d’être afin d’être les plus vrais possibles.

Pour moi, le personnage de Charlie est une sorte de modèle. Il est mystérieux et on a très envie de découvrir son passé (ndlr : le personnage de Charlie est en chaise roulante). Vous aurez d’ailleurs toutes les réponses le concernant dans le quatrième tome.

Chaque tome de la série est centré sur un personnage et son passé en particulier. Le second tome est ainsi axé sur Lin, la jeune chinoise. De plus, vous en apprendrez plus sur l’organisation des Bodyguard ainsi que sur le Colonel… Car il ne faut pas oublier que recruter des enfants en tant que gardes du corps revêt un aspect immoral.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà en tête l’intrigue générale des six tomes de la série ?

Chris Bradford : Quand je trouve une bonne idée, je l’exploite jusqu’au bout. Mais uniquement si cette dernière vaut le coup, il faut qu’elle soit excellente. Cependant, la fin ne sera peut-être pas exactement telle que je la prévois dans mes idées, mais y ressemblera fortement. C’est uniquement lorsque l’idée est bonne que j’ai une idée générale.

Enfin, il ne faut pas oublier que j’insère des éléments importants au fil des tomes, et que certains seront très important beaucoup plus tard… Je dois donc me rappeler absolument de tout ce que j’insère dans mon histoire. Si je donne un gadget à l’un de mes héros, il ne faut pas que j’oublie de l’en débarrasser si je veux rendre le tout intéressant.

Bodyguard 2 voLa Bibliothèque de Glow : Où se situe votre série dans le temps ?

Chris Bradford : Vous l’aurez constaté, le président américain est d’origine latino. On peut donc s’imaginer dans un futur très proche. J’ai avant tout fait ce choix car je ne souhaitais pas mettre la famille Obama dans mon histoire. Tout le monde se demande si le prochain Président des Etats8unis sera blanc ou noir, un homme ou une femme… j’ai donc choisi de prendre un président d’origine latino.

La série est très proche de notre présent, elle imagine ce qui pourrait potentiellement se passer. Mes idées concernent souvent un danger qui rôde, que l’on sent venir. Quand le livre paraît, il arrive que le danger soit déjà là, en l’occurrence avec les attaques terroristes qui viennent de survenir (ndlr : l’auteur fait référence aux attentats de Charlie Hebdo).

La Bibliothèque de Glow : Comment se déroule une journée-type pour vous ?

Chris Bradford : J’écris sur mon pc de façon quotidienne de Huit heures du matin à six heures du soir. Il faut absolument que j’aie terminé le chapitre avant la fin de la journée. La plupart du temps, pendant toutes ces heures de travail, je suis assis et je réfléchi et je me regarde le nombril, ce sont uniquement dans les deux dernières heures que j’écris.

Bodyguard 3 voLa Bibliothèque de Glow : Combien de temps avez-vous vous mis à écrire le premier tome de la série ?

Chris Bradford : J’ai eu l’idée il y a quatre ans. Il a tout d’abord fallu que je termine ma série Young Samuraï (Collection Baam). J’en ai profité pour faire beaucoup de recherches et puis j’ai fait ce stage de trois semaines de formation de garde du corps. Comme il s’agissait du premier roman de la série, il m’a fallu faire deux mois de recherches supplémentaires, un mois pour fixer l’idée générale de la série et puis six mois pour l’écrire.

En général, j’écris un livre par an, tout en faisant des tournées dans les classes, de la promo etc (Je passe 2/3 mois par an à faire des tournées).

La Bibliothèque de Glow : Pourquoi avoir voulu absolument obtenir ce diplôme de garde du corps ?

Chris Bradford : C’était important pour moi en tant qu’auteur. Quand je vais dans les écoles, que je parle et que je fais des lectures d’extraits, je veux que les enfants croient vraiment en moi. Je ne veux pas qu’ils pensent que l’ouvrage n’est pas réaliste, ou qu’ils croient que je ne sais pas de quoi je parle.

En dehors de cela, cette formation était tout simplement passionnante : elle a beau être courte (trois semaines), elle a fondamentalement changé ma façon de vivre. Par exemple, je ne me positionne plus de la même façon dans un restaurant ou une pièce, je réfléchi à l’endroit le moins dangereux où se placer. Je regarde de façon automatique où se trouvent les sorties, etc. Mais je ne suis pas paranoïaque, je sais aussi m’amuser !

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous déjà d’autres projets en cours ?

Chris Bradford : Alors oui… et non. En fait, j’ai deux autres nouvelles idées, mais je dois avant toute chose terminer la saga Bodyguard. La première idée est celle d’un scénario. La seconde est un projet de trilogie dont l’idée de départ est venue grâce à un titre de livre écrit par quelqu’un d’autre.

Pour ma série Young Samouraï, elle a été directement inspirée de mon expérience. Je fais des arts martiaux depuis l’âge de huit ans et j’ai toujours rêvé d’être un samouraï ou un ninja.

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous des projets d’adaptation au cinéma ou à la télévision pour Bodyguard ?

Chris Bradford : Effectivement, il y a un projet de série télévisée en cours de réflexion. Pour le moment, rien n’est encore concret, il faut donc croiser les doigts !

La Bibliothèque de Glow : Avez-vous un art martial de prédilection ?

Chris Bradford : Tout à fait, il ‘agit du Ninjutsu. Si vous êtes une femme, je vous conseille d’essayer le Jujitsu, vous pouvez retourner la force de l’ennemi contre lui-même. C’est ça qui est bien dans les arts-martiaux, c’est fait pour tout le monde et vous pouvez vous protéger et protéger les autres, comme un… garde du corps !

Chronique : Personne ne te sauvera

Personne ne te sauveraOubliez tout ce que vous croyez savoir sur les vampires et leurs prétendus pouvoirs…

Fabrice Colin est un auteur réputé dans le monde de l’imaginaire français. Il a notamment écrit la  série Les vampires de Londres, la série Les Petits Monstres, Arcadia, ou encore Bal de givre à New York.

Fabrice Colin fait aussi partie des fondateurs de la maison d’édition Super 8 – créée en 2014  – spécialisée dans les thrillers et la littérature de l’imaginaire.

Son roman Personne ne te sauvera est tout d’abord sorti en poche, dans la collection scolaire Etonnantissimes chez Flammarion en 2012. L’ouvrage a ensuite été réédité dans la collection grand-format Tribal, destinée aux adolescents et toujours chez Flammarion.

Manon, adolescente, et peut-être déjà sa vie derrière elle

Quand on a 17 ans et que l’on découvre que l’on a un anévrisme qui peut nous faire mourir d’un instant à l’autre, impossible de prendre les choses avec philosophie. La décision de Manon est prise : plutôt que de se faire opérer et risquer sa vie sur une table d’opération, elle décide de dépenser l’intégralité de ses économies pour fuguer… à Las Vegas.

Elle qui a vu de nombreuses photos de ses parents dans la ville mythique située en plein désert a ressenti un mystérieux besoin de « retour aux sources ». Ses errances et ses rencontres dans Las Vegas vont être pour le moins surprenantes, en particulier quand Manon croisera la route de Dorian, un homme qui donne un spectacle où il raconte sa soi-disant vie de vampire… Et si Dorian était réellement ce qu’il prétend être durant sa représentation ?

Personne ne te sauvera scolaireLe mythe du vampire revu et corrigé par Fabrice Colin

Ici, la légende du vampire est esquissée et garde tout son ténébreux mystère. Le personnage de Dorian est fascinant et captivant, mais ne se livre jamais vraiment, au grand dam de Manon. Elle qui est atteinte d’un anévrisme, vous devez vous douter de l’intrigue de fond qui va être soulevée : Manon va-t-elle céder à l’attrait d’une possible vie éternelle ou risquer une courte vie sur le fil ?

Bien que les enjeux soient annoncés dès le début, ça n’est pas cela le plus important. Pour moi, tout réside dans l’ambiance si particulière de ce monde de la nuit dans la ville de Vegas. On a l’impression d’évoluer dans un monde parallèle au notre tant les gens et leurs comportements sont différents.

Du monde des vampires, vous saurez donc au final peu de choses tant Dorian est secret. On apprend cependant que le sang humain est plus une drogue qu’un réel moyen de sustentation pour eux, de même qu’ils ne sont pas vraiment immortels mais vivent plusieurs centaines d’années.

La narration est faite sous forme d’enregistrements audios réalisés par Manon tout le long du récit aux chapitres très courts. Le tout rend le récit très rapide à lire, et surtout vivant. Le roman fait à peine 150 pages en étant très aéré au niveau de sa typographie, on peut presque parler ici d’une longue nouvelle.

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Alors que penser de cet ouvrage étrange au goût doux-amer ? La conclusion de cette lecture est très positive, il s’agit d’un bon récit fantastique qui ne part pas dans de grandes intrigues. On découvre un imaginaire délicat très ancré sur des problèmes réels. L’immersion est plaisante, l’expérience agréable. Le texte est à la longueur parfaite pour nous laisser un petit goût d’inachevé qui n’est pas pour déplaire. Dès 14 ans.

Chronique : Lune et l’Ombre – Tome 1 – Fuir Malco

Lune et l'ombre 01Dernier roman en date de l’auteur française Charlotte Bousquet, Fuir Malco est le premier tome de la trilogie Lune et l’Ombre. L’ouvrage vient de paraître en mai dernier aux éditions Gulf Stream.

Charlotte Bousquet est une auteur qui a fait ses preuves avec de nombreuses séries et romans, aussi bien en jeunesse qu’en littérature adulte. Ses imaginaires sont  multiples, et avec cette nouvelle série nous allons voyager dans de nombreuses œuvres d’art… !

Quand le monde devient gris et fade…

Depuis quelque temps, Lune perçoit de moins en moins les couleurs. C’est arrivé le jour où Malco, son beau-père, lui a tout simplement touché l’épaule. Peu à peu, les couleurs du quotidien se son estompées, jusqu’à devenir toutes grises. Mais ce n’est pas tout : depuis peu, Lune ressent moins qu’avant le goût des choses… que se passe-t-il ?

Ni sa mère ni Malco ne veulent croire à ce qu’elle raconte en ce qui concerne sa perte des sens et Lune se sent de plus en plus inquiète en la présence de son beau-père. Il lui fait peur et semble être entouré d’ombres mystérieuses qu’elle seule voit… De plus, il manipule aisément les sentiments de sa mère et commence à les éloigner l’une de l’autre par sa pesante présence.

Lune et l'ombre 01 La llamadaUn roman fantastique emprunt de mystères et d’aventure

Cette nouvelle série est efficace et se lit rapidement. Chapitres courts, narration simple et captivante, tous les éléments sont là pour plaire au jeune lecteur du début à la fin.

L’action commence réellement quand Lune découvre un dépliant montrant une œuvre de Remedios Varo : La Llamada : elle la voit en couleurs. A partir de ce moment, Lune va tout faire pour aller à Paris, dans le musée où se trouve la fameuse peinture. C’est donc la quête essoufflée de Lune que nous suivons sans répit durant ce premier tome.

La jeune fille quitte ainsi tout pour voir La Llamada et comprendre pourquoi elle perçoit les couleurs de ce tableau en particulier alors que tout reste gris et terne autour d’elle… Mais c’est sans compter sur Malco qui fera tout son possible pour l’en empêcher !

Entre le récit fantastique et le roman d’aventure (avec un soupçon de romance) ; voyager entre les œuvres d’arts (qui existent et qui sont même décrites en fin d’ouvrage) devient passionnant. La traversée entre les tableaux fait notamment penser au récit Les portes de Doregon de Carina Rozenfeld, mais pour un public plus jeune.

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En conclusion, ce premier volume de la trilogie est sympathique et donne envie d’en apprendre plus, notamment sur les pouvoirs de Lune et le but final de Malco. Il faudra attendre plusieurs mois avant de lire le second tome : Forger le lien ; le troisième tome, Briser le sort, est quant à lui prévu pour 2015. A lire dès l’âge de 11 ans environ.

Enfin, saluons la magnifique couverture Mélanie Delon ; elle avait déjà réalisé les illustrations de la série La Peau des Rêves de Charlotte Bousquet.

Chronique jeunesse : L’ogre au pull vert moutarde

L'ogre au pull vert moutardeAttention…les ogres existent vraiment, ils nous ressemblent, ils sont juste très laids et ont tous un gros nez…sauf celui de cette histoire !

Paru le 5 mars 2014, L’ogre au pull vert moutarde est l’un des deux romans (avec Sacrée souris de Raphaëlle Moussafir) qui lance la toute nouvelle collection Pépix. Créée par les éditions Sarbacane, Pépix se destine à un lectorat entre huit et onze ans tout mêlant humour, malice et aventure… le tout avec de nombreuses illustrations. Tous les romans de la collection sont créés par des auteurs et illustrateurs français, pas de traduction, ce qui donne une vraie bouffée d’air frais à la littérature jeunesse…française ! Cocorico !

L’auteur, Marion Brunet en est à son second roman avec son ogre au drôle de pull vert moutarde… son premier ouvrage était Frangine, paru dans la collection pour adolescents Exprim’, chez Sarbacane en 2013.

L’illustrateur est Till Charlier, il a déjà participé à la mise en image de nombreux ouvrages pour la jeunesse : Huit farces pour collégiens, Uik le cochon électrique, La boulangerie de la rue des dimanches

Un foyer pour enfants en danger…

Tout commence dans un foyer, avec Abdou (notre narrateur à la prose malicieuse) et Yoan, son meilleur ami. Nous sommes en pleine nuit et tous les jeunes habitants du foyer se doivent de dormir… sauf qu’ils n’en n’ont absolument pas envie. Ainsi nos deux jeunes malicieux vont tout faire pour sortir du dortoir en douce… mais ils vont tomber sur le nouveau veilleur de nuit, et il n’est pas commode ! D’autant plus que… c’est un ogre, un vrai, et qu’il a super faim !

Et quoi de mieux qu’un foyer pour enfants afin de se nourrir ? Ils ne manqueront à personne ces enfants ! Abdou et Yoan vont donc se lancer dans un long dialogue pour négocier ou au moins gagner du temps, afin de ne pas se faire dévorer…

Entre désillusion et humour, un équilibre fin et maîtrisé !

Bien que se déroulant dans un foyer pour enfants, le ton est clairement dans celui de l’humour : preuve s’il en est que l’on peut parler de tout aux enfants, il suffit d’y mettre les formes ! Abdou est un petit malin, et malgré une enfance pas facile (comme tous les enfants du foyer), ça ne l’empêche pas de voir les côtés positifs de la vie. Il est toujours le premier à user de malice pour parvenir à ses fins.

Vous trouverez d’ailleurs des petits chapitres « bonus » qui entrecoupent le roman sans en gêner la lecture : Comment marcher sur des œufs (cf extrait ci-dessous), ou encore comment faire des yeux de merlan frit par Abdou…

« S’ils disent (les adultes) : « Nous devrions éviter d’entretenir une tendance déjà prononcée pour la violence »

Il faut entendre : « Mercredi après-midi, oublie la boxe : ce sera poterie »

Comme traduction, tu peux donc tenter : « Tu sais Yoan, modeler de la terre, c’est bon pour la concentration… un peu comme la méditation avant un combat, j’ai vu ça dans un film ! »

Alors, comment nos jeunes héros ordinaires vont-ils faire pour échapper à un ogre des plus affamés et des plus laids ? (ben oui, il a un petit nez, et quand tu es un ogre, c’est la honte d’avoir un petit nez et ça n’est pas un attribut très sexy chez les ogres…).

Je vous laisse le découvrir, mais ce premier roman de la collection Pépix est très engageant pour la suite, sympathique, drôle, on y trouve l’esprit et la malice que l’on demande à tout livre destiné à la jeunesse… C’est vif, c’est frais et c’est français, preuve s’il en est que nous avons de la ressource !

Chronique : La Société des S

PLAT1-<COUVHubbardLasocie te desSGF_Mise en page 1Un superbe roman de vampires qui sort des sentiers battus

La société des S est le premier roman d’une trilogie vampirique destinée aux ados, paru dans la collection Medium de l’Ecole des Loisirs. Son auteure, Susan Hubbard est d’origine américaine, c’est son premier roman pour adolescents traduit en France.

Une enfance surprotégée

Ari est une jeune fille de douze ans qui a une vie étrange comparées aux autres jeunes de son âge : elle suit des cours particuliers, lit couramment  plusieurs langues et peux soutenir sans problème une réflexion philosophique.

Elle n’a guère le droit de sortir, mais ça ne l’a jamais dérangée, son bonheur se trouve dans ses lectures et les moments silencieux qu’elle partage avec son père, un homme sombre, mystérieux très attaché à ses habitudes, elle n’a jamais connu sa mère qui a disparu mystérieusement.

Et puis Ari n’est pas si seule que ça, il y a Dennis, l’assistant de son père qui lui donne aussi des cours, ainsi que Mme Roots et Mme McGarrit, la femme qui s’occupe de la maison. C’est d’ailleurs cette dernière qui va demander à son père l’autorisation de « sortir » un peu Ari et de l’amener chez elle. C’est ainsi qu’elle se retrouve un soir chez Mme McGarrit et qu’elle découvre les bruits, les odeurs de la vie et surtout : d’autres personnes de son âge. C’est ainsi qu’elle va comprendre qu’il y a quelque chose qui cloche dans Sa famille à elle…

A la recherche d’une identité

Ari se doute de plus en plus que son père a « quelque chose qui cloche », mais n’ose mettre un mot dessus. D’autant que ces investigations ne sont que les prémices d’autres, plus importantes.

Parallèlement à ses recherches, Ari s’épanouit, elle commence à sortir, se faire des amis : Kathleen, la fille de Mme McGarrit va devenir sa meilleure amie et elles feront les quatre-cent coups ensemble.

Cette recherche d’identité et de référents prend une très grande place dans le roman, car avant d’être un récit vampirique, La société des S est avant tout un livre qui cherche à explorer les chemins qui mènent à l’âge adulte. Les premières fois, la question de ses origines etc… d’une façon atypique et complètement captivante.

Une narration originale et bien construite.

Tout le récit est en fait le journal d’Ari, qu’elle destine à quelqu’un dont on ignore l’identité. Elle y conte ses doutes, ses nouvelles amitiés, émois, réflexions et les faits qui changent subrepticement sa vie.

Raconté comme un journal d’ado et ficelé comme un polar, la Société des S est un roman qui démarre d’une façon des plus atones pour monter crescendo dans la tension et les révélations.

Ce début de trilogie est un coup de cœur à ne pas manquer, aussi bien pour les ados que pour les adultes ce roman séduira les fans de vampires mais aussi et surtout les gourmands de bonnes lectures. La série continuera bientôt avec le second tome intitulé : Le temps des disparitions.

Cette chronique a été réalisée pour le site ActuSF