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Chronique : Toujours plus à l’Est

Un récit sur la Corée du Sud d’aujourd’hui vue à travers les yeux d’un français… drôle, fascinant et extrêmement instructif.

Paru aux éditions Picquier en 2016, Toujours plus à l’est est le troisième ouvrage du français Benjamin Pelletier.

Grâce à lui, on se sent un peu plus proche de ce pays qui semble si exotique et attrayant à nos yeux… et une fois terminé, on a qu’une seule envie : prendre un billet aller-simple pour la Corée !

Entre le roman et le récit de voyage

Notre ouvrage commence quand Benjamin Pelletier arrive à Séoul et emménage dans un petit appartement, dans le quartier de Malli-dong, qu’il présente comme ayant « Un air de bricole et de système D« . Tout semble s’assembler parfaitement, mais tout en étant fait de bric et de broc. Dans ce quartier ancien vivent principalement des personnes âgées, ou des jeunes avec peu de moyens. Cette partie de Séoul est à l’opposé du reste de la ville, tout en lignes droites et propres. La partie ancienne de la capitale est d’ailleurs amenée à disparaître, Séoul veut oublier son passé au plus vite… 

C’est ainsi que pendant un an, nous suivons Benjamin Pelletier dans ses découvertes de la culture coréenne… et elle n’a pas fini de nous surprendre !

Une société aussi curieuse que fascinante, entre modernité et croyances anciennes

Pour les amoureux de l’Asie, cet ouvrage pourrait bien devenir un indispensable à découvrir. On y apprend tant d’anecdotes et de faits intéressants qu’il est impossible de tous les lister, mais c’est captivant ! 

Baguettes en métal, dans la plus pure tradition coréenne.

Que ce soit à propos de l’éducation, de l’alphabet (très particulier), des croyances, des habitudes de vie, de la nourriture, TOUT est différent de chez nous, en France. Pas nécessairement pour le mieux, mais juste différent. Et c’est cela qui m’a plu avant tout dans cet ouvrage que l’on peux classer entre le récit et le roman (sans oublier une bonne dose d’humour). 

De plus, malgré une fuite en avant perpétuelle des coréens -très bien placés au niveau mondial quand il s’agit de nouvelles technologies ou d’e-sport, notamment à League of Legends ou à Starcraft – ces derniers se réfèrent encore énormément à des croyances ou habitudes anciennes. Je vous ai listé une partie des superstitions du pays citées par l’auteur, je les trouve aussi géniales qu’intéressantes !

  • Leurs baguettes sont en métal car par le passé, les familles royales avaient peur d’être empoisonnées. Le poison s’oxydant sur le métal, ce dernier devenait visible (notamment l’arsenic).
  • Le chiffre 4 est leur crainte, il signifie la mort car le chiffre et le mot « mort » en chinois ont la même prononciation.
  • Il ne faut jamais se couper les ongles la nuit pour ne pas attirer les souris, toujours promptes à prendre forme humaine pour voler les âmes.
  • On ne siffle pas la nuit ! Car ça peut réveiller les fantômes.
  • Il ne faut pas nettoyer l’appartement que l’on quitte pour faire croire aux esprits que l’on quitte les lieux. Ainsi, ils ne nous cherchent pas.
  • Il ne faut en aucun cas se laver les cheveux avant un examen, de risque de vider son cerveau de toutes les connaissances accumulées…

Et ce n’est qu’une toute petite partie de ce que j’ai listé grâce à l’ouvrage ! Je ne vous ai pas parlé du symbole qu’est l’hibiscus pour eux ou encore des traditions vis à vis des personnes âgées ou comment est l’éducation.

On en apprend également beaucoup sur comment mangent les coréens. Là-bas, il n’y a pas de hiérarchie de plats, tout est servi en même temps ! On mange ce que l’on veut quand on en a envie. Le riz est quant à lui servi dans un bol en métal muni d’un couvercle. D’ailleurs, si vous souhaitez découvrir l’expérience culinaire coréenne à Paris, il y a les restaurants Dochilak (ce qui veut littéralement dire plat à emporter en coréen) qui sont très fidèles à l’esprit. Et leur porc à la sauce piquante est à se damner… parfait avec un bol de riz noir. 

Dans un restaurant Dochilak, à Paris… un délice !

Vous l’aurez compris, Toujours plus à l’Est est un ouvrage fort instructif qui est parfait pour découvrir en douceur une nouvelle culture. Je vous le conseille fortement si vous projetez d’aller en Corée ou que ce pays vous intéresse, tout simplement. 

Pour aller plus loin : 

N’hésitez pas à aller voir la chaîne YouTube The Korean Dream, tenue par un franco-coréen qui vit à Séoul. Ses vidéos sont extrêmement intéressantes, et on en apprend énormément sur la vie quotidienne en Corée : louer un appartement, découvrir Séoul autrement, ou tout simplement s’initier au Hangeul, commander dans un restaurant, etc. C’est une excellente chaîne et elle mérite qu’on s’y attarde !

TRANCHE d´ÂGE :

Chronique : Dieu roule pour moi

Un roman destiné aux ados qui ne réussit par à convaincre car traitant de tout… et de rien.

Paru en octobre 2015 aux éditions de L’école des Loisirs, Dieu roule pour moi est un roman de Dominique Souton. Elle a une foule de livres à son actif, et cela pour tous les âges (y compris les adultes) : Quand on raconte des histoires horribles, il arrive des histoires horribles, J’aime mon meilleur ami qui aime ma meilleure amie, Zélia change de look, Je hais le théâtre

Dieu roule pour moi nous permet de suivre la correspondance de Chrissie Jones, résidant aux Etats-Unis avec une jeune française de son âge.

La vie d’une fille de pasteur

Bienvenue à Sioux Falls, une ville du Dakota du Sud. Plus précisément, nous voici au sein de la famille de Chrissie Jones. Fille de pasteur, pas franchement intégrée dans le collège qu’elle fréquente, ni géniale ni impopulaire. Chrissie ne fait pas de vagues, mais le hasard de la vie va parfois dans son sens, comme en ce qui concerne certains événements décisifs dans sa vie.

Vous voici ainsi dans la correspondance de Christie qui envoie mails sur mails à une correspondante française. Mais que peut-elle bien lui raconter ?

Une correspondance à sens unique

Dieu roule pour moi est intéressant pour une chose en particulier : il nous fait découvrir certains éléments emblématiques de la culture évangélique américaine. En effet, notre jeune narratrice vit dans une famille dont la religion est le centre névralgique.

On découvre les enjeux et l’importance du métier de pasteur qu’exerce son père. Mais ce n’est pas tout : de nombreuses questions que se posent Chrissie nous sont également présentées, notamment celles traitant du bal de pureté. Ce phénomène du bal de pureté est très répandu dans les communautés chrétiennes évangélistes américaines (mais pas seulement).

Le seul problème, c’est que les questionnements de Chrissie n’en sont pas vraiment, elle ne semble pas avoir d’avis franc et laisse le hasard et le destin décider pour elle. On aurait aimé découvrir une narratrice plus curieuse et/ou plus engagée dans ses opinions. Ici, on ne fait qu’effleurer de nombreux thèmes : la religion, la virginité, les premiers amours et émois, la notion de bien et de mal, la famille…

L’auteure ne va pas assez loin dans ses explications au travers de sa narratrice. Pour des lecteurs qui n’y connaissent rien ou peu de choses sur ces questionnements, Dieu roule pour moi les laissera très interrogateurs. D’autant que les lecteurs de ce roman sont des français, et ces problématiques très américaines ne leur parleront pas nécessairement.

De plus, chose assez paradoxale, l’histoire ne nous raconte guère de choses. Il n’y a pas de réelle intrigue, ni d’enjeux, à peine quelques réflexions, mais c’est tout. Par exemple, Chrissie est en disgrâce au sein de son école pendant une bonne partie du roman, puis sans raisons, elle devient presque populaire en quelques chapitres ! C’est à n’y rien comprendre…

De ce roman épistolaire (uniquement par mail), vous ne lirez que les écrits de Chrissie. On comprend toutefois aisément ce que dit sa correspondante française car les mails de l’ado américaine sont rédigés avec la question d’origine.

….

Pas assez explicatif, trop nébuleux, Dieu roule pour moi est un roman qui nous fait toutefois découvrir une autre Amérique : profonde, religieuse et ancrée dans de nombreuses traditions. Mais cela ne suffit pas à créer un récit passionnant, et il est facile de passer à côté… Dommage, l’idée de base était très intéressante. Pour les curieux, c’est à découvrir dès l’âge de 14 ans.

Pour aller plus loin sur le phénomène des bals de pureté :

http://www.barbieturix.com/2014/04/10/papa-protege-ma-virginite-lessor-inquietant-des-bals-de-purete-aux-etats-unis/

http://www.aufeminin.com/news-societe/bal-de-purete-le-phenomene-intriguant-de-ces-fillettes-qui-font-v-u-de-chastete-s385077.html

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/images-etrange-phenomene-bals-de-purete/