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Chronique jeunesse : La fille qui parlait ours

Un magnifique roman aux allures de conte initiatique aux accents slaves. Et si le bonheur était au bout de notre nez plutôt qu’au fin fond de la forêt ?

Paru en début d’année 2022, ce roman initiatique est le second de l’autrice anglaise Sophie Anderson à paraître en France. Le premier, La maison qui parcourait le monde s’inspirait déjà des mythes et légendes slaves pour servir son intrigue. Ici encore, on retrouve un mélange de contes et traditions des pays de l’Est, de même qu’une magie étrange et belle tout à la fois…

Comment vivre avec des pattes d’ours ?

La jeune Yanka s’est toujours questionnée sur ses origines. Elle n’a ni père ni mère, mais une femme qui a décidé de la recueillir quand elle était encore tout bébé. Mais malgré tout cet amour prodigué au fil des années, Yanka sent comme un trou dans sa poitrine.

Où sont ses parents ? Pourquoi l’ont-ils abandonnée ? D’où vient-elle ? Et où est son véritable foyer ?

Elle s’est toujours sentie à part à cause de son passé inconnu. Même au village, elle a peu d’amis et subit parfois moqueries et remarques sur sa différence. En effet Yanka est grande et forte, c’est d’ailleurs de là qu’elle tient son surnom : Yanka l’ourse.

Mais le jour où elle se réveille avec des pattes d’ours à la place des pieds, elle décide de partir en quête de ses origines véritables. Peu importe la réponse, tout sera mieux que l’ignorance…

Magnifique et onirique

Ce roman fait partie des textes que l’on lit lentement. Non pas parce qu’il est complexe (ce n’est d’ailleurs pas le cas) mais parce que chaque page apporte son lot de messages et de beauté. Tout y est une de à la nature et ses merveilles, au partage, à l’amour… Et quantité d’autres choses qui rendent la vie plus belle. Résumer cet ouvrage est impossible, mais je peux vous parler de la sensation qu’il m’a laissée une fois terminé.

J’ai trouvé qu’une fois cette lecture achevée, j’étais complète. Qu’un message important était passé entre mes mains, mais qu’il me fallait un temps considérable pour l’intégrer. C’est un sentiment diffus mais prégnant, un roman marquant au message fort, mais qui infuse lentement dans celui qui le lit…

Je pense que tout le monde pourrait lire ce roman destiné à la jeunesse et y trouverait son compte. Toutes les épreuves que traverse Yanka peuvent s’adapter à celles de la vie quotidienne. Mais chaque problème ayant sa solution, Yanka trouve la force de lutter contre l’adversité. Et je pense que lire cet ouvrage peut donner quelques clés à ceux qui pourraient se sentir bloqués dans leur vie.

Tout est extrêmement métaphorique dans ce roman, j’y ait souvent perçu différents degrés de compréhension, et c’est ce qui le rend si beau…

Lire ce roman, c’est se plonger dans une aventure onirique d’une poésie infinie. Chaque légende créé par Sophie Anderson apporte son lot de réflexion et d’introspection, mais également d’aventure. On y découvre par ailleurs des personnages joyeux au charisme indéniable… Mention spéciale au furet Moustache et à la maison, deux des personnalités les plus fortes de l’œuvre selon moi. La maison ne parle pas, mais elle a un merveilleux caractère qui la rend extrêmement attachante. Et Moustache… c’est le coup de foudre absolu !

Pour moi, les meilleurs romans sont ceux aux messages ancrés dans la trame de fond, et clairement La fille qui parlait ours en fait partie. Et si en plus il y a une maison à pattes de poule dans l’histoire, c’est le coup de cœur garanti ! Je n’ai pas lu le précédent roman de l’autrice, mais clairement j’ai très envie de m’y plonger.


Alors, si vous avez envie de rêve et d’aventure, de légendes et de regrets mêlés, vous êtes au bon endroit. C’est beau et sublime et ça se découvre dès l’âge de 11 ans. Mais le message de ce roman peu se découvrir à tout âge…

Actualité éditoriale : Coup de foudre pour les images de l’album jeunesse Le supplice de la banane et autres histoires horribles

Angoissantes et sublimes, voilà comment on peut qualifier les illustrations de la polonaise Emilia Dziubak.

L’ouvrage paraît le 30 septembre aux éditions Albin Michel Jeunesse, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est aussi beau qu’atypique. C’est le genre d’univers glauque que l’on ne peut pas s’empêcher de regarder avec fascination… Une incursion dans les contes, l’étrange et la beauté…

Emilia Dziubak a déjà publié des ouvrages en France par le passé, mais rien d’aussi bizarre (et génial), la plupart sont édités aux éditions Kimane. Il y a notamment Fais-moi un câlin, Amis pour toujours, ou encore Qui a peur du grand méchant tigre ? Des histoires très classiques, rassurantes, mignonnes… tout l’opposé du fameux Supplice de la banane et autres histoires horribles.

Je pense que c’est typiquement un album jeunesse à destination des adultes, comme les sont souvent les ouvrages de Benjamin Lacombe ou de Bertrand Santini (ses albums, pas ses romans) . Aussi bien par leur thématique souvent sombre, que par leur graphisme qui l’est tout autant.

Cet album a tout l’air d’être un petit bijou… j’ai hâte de le découvrir en vrai, mais en attendant je partage ses magnifiques illustrations qui font rêver…

Belle découverte à vous !

Chronique album jeunesse : Les raisins sauvages

Un joli conte chinois à découvrir !

Les raisins sauvages est un classique contemporain écrit par Ge Cuilin qui nous vient tout droit de Chine et qui date de 1956. Ce conte a connu là-bas un immense succès, mais reste absolument méconnu, notamment en France.

C’est ainsi que les éditions Fei se proposent d’en faire découvrir la teneur aux enfants français. Le texte est d’origine, mais les illustrations réalisées par Wu Jinglu l’ont été pour l’occasion !

L’histoire de la bonté incommensurable d’une petite gardeuse d’oies

Voici l’histoire d’une petite fille réputée pour sa beauté qui gardait des oies. Elle avait une tante très cruelle et une cousine aveugle… Sa tante était si jalouse de sa nièce et de sa réputation qu’elle la rendit aveugle… Mais au lieu de se lamenter, la petite gardeuse d’oie alla chercher une solution au fin fond de la montagne…

Une belle histoire à l’illustration extrêmement soignée

La première chose que l’on remarque quand on ouvre cet album pour enfant, c’est la qualité de l’ouvrage. Que ce soit le papier, les couleurs, les dessins, tout y est soigné.

Les dessins de Wu Jinglu sont d’une finesse incroyable. La façon qu’il a de capter les expressions sur les visages qu’il dessine est incroyable. Les dégradés de couleur y sont à tomber !

En ce qui concerne l’histoire, comme de nombreux contes, elle est à la fois belle, triste, mélancolique, mais très positive également. On retrouve tous les ingrédients d’un conte traditionnel : une tante atroce, une héroïne harcelée ou haïe, mais également une quête et une bonté sans bornes. Et il faut avouer que le tout fonctionne à merveille.

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C’est une excellente initiative que d’éditer des ouvrages comme Les raisins sauvages pour que les enfants découvrent d’autres contes traditionnels que ceux issus d’Europe. Ici, c’est tout un pan méconnu de la Chine qui s’ouvre à nous et donne envie de découvrir d’autres classiques comme celui-ci…

Je ne puis que vous conseiller de vous procurer ce conte pour vos enfants, dès l’âge de 5 ans minimum. Tout y est pour satisfaire les jeunes lecteurs : une belle histoire servie par une illustration magique, c’est une petite réussite !

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Mes idées de livres à offrir pour Noël 2015 – Albums Jeunesse

L’année 2015 a été riche en belles découvertes et créations éditoriales. Vous trouverez dans cet article quelques suggestions d’ouvrages à offrir pour les enfants entre 3 et 7 ans. Des histoires rigolotes ou des beaux-livres, il suffit de demander !

Le petit gâteau qui ne disait pas merciLe petit gâteau qui ne disait pas merci – Rowboat Watkins – Seuil Jeunesse :

Pas besoin d’avoir un message à faire passer pour offrir ce très mignon album jeunesse. L’histoire est celle d’un petit gâteau absolument invivable : il double tout le monde dans les files, est ingrat, n’écoute pas ses parents ne veux jamais aller se laver… Mais le jour où le petit gâteau est pris pour un chapeau par des ogres très grands et très polis, tout va changer ! Le petit gâteau va devoir faire montre de politesse pour rectifier la méprise ! C’est drôle, frais et parsemé de quelques petits clin-d’œil qui feront sourire les parents. Les dessins sont doux et jolis, dans des teintes pastelles très agréables. A lire aux enfants dès l’âge de 3 ans environ. Lire la chronique complète sur le site ici.

Les 12 mois de mon annéeLes 12 mois de mon année – Peggy Nille – Tourbillon :

Vous ne savez pas comment initier le concept d’écoulement du temps à vos enfants à l’échelle de l’année ou des saisons ? Cet ouvrage pourrait peut-être vous y aider de façon ludique et surtout très jolie ! Ce magnifique et simple livre pop-up signé Peggy Nille est une petite merveille. Ici, point d’histoire, mais un ouvrage a laisser ouvert tout au long de l’année si vous le souhaitez, de petits élastiques ont été placés sur l’ouvrage pour ce faire. Les animations sont simples mais superbes et surtout, les illustrations de Peggy Nille sont vives et colorées ! Chaque image représente un événement emblématique du mois : pleins de feuilles orangées pour novembre, une petite fille déguisée en sorcière pour octobre… Enfin, une petite frise est présente à chaque bas de page pour que l’enfant se repère plus clairement dans le temps. A offrir aux enfants dès l’âge de 3 ans pour un prix extrêmement correct : 13,99€.

Alice au pays des merveilles PuybaretAlice au Pays des Merveilles – Eric Puybaret, Charles Nurnberg, Joe Rhatigan et Lewis Carroll – De la Martinière Jeunesse :

L’année 2015 a signé les 150 ans d’existence du texte Alice au Pays des Merveilles créé par l’anglais Lewis Carroll. Cet anniversaire a généré des très nombreuses adaptations en albums pour enfants, comics, bd, mangas… Mais la réinterprétation graphique et textuelle proposée ici a su s’approprier Alice d’une manière originale et singulière. Tout d’abord, l’album est très gai, très lumineux, les couleurs choisie par Eric Puybaret sont aussi vives que belles. Ensuite, l’illustrateur a fait le choix d’une Alice qui sort des standards, elle n’a pas sa traditionnelle robe bleue et son napperon blanc, et c’est bien ! Cette version très abrégée fait également un choix original : faire une fin ouverte qui s’arrête sur les prémices de la rencontre entre Alice et le Chapelier Fou. Ce magnifique album grand format (30×28 cm) est une belle façon de faire découvrir ce classique de la littérature aux enfants dès l’âge de 4 ans environ.

Peau d'ânePeau d’Âne – Hélène Druvert – Gautier Languereau :

Vous cherchez un conte classique doté d’une illustration moderne et graphique ? La version de Peau d’Âne d’Hélène Druvert pourrait fortement vous séduire ! Outre les sublimes dessins numériques d’une obscure beauté, vous découvrirez également des découpes laser rehaussant encore la beauté de l’album. C’est un très beau livre-objet à offrir aux enfants dès l’âge de 5 ou 6 ans, ou à s’offrir très égoïstement pour soi ! Pour découvrir le travail multiple et tout-supports de l’illustratrice, je vous invite à visiter son site internet : http://www.helenedruvert.net

Histoires de reinesHistoires de reines – Hélène Druvert et Camille Von Rosenschild – De la Martinière Jeunesse :

Et oui, l’illustratrice de Peau d’Âne a une œuvre très fournie, particulièrement en cette fin d’année et encore une fois, c’est superbe… Cette fois-ci, l’ouvrage s’adresse à des lecteurs dès l’âge de 7-8 ans environ. Découvrez les biographies de cinq reines qui ont marqué l’Histoire à travers ce livre-théâtre dont la mise en page est très réussie. Vous découvrirez ainsi Marie-Antoinette, Pocahontas ou encore Catherine II de Russie… Pour chaque reine, deux doubles-pages lui sont dédiées : deux pages de texte racontant son parcours et son histoire, et une double-page en papier découpé sur plusieurs plans, le tout donnant une belle impression de profondeur. C’est ce que l’on appelle un livre-théâtre, et celui-ci est particulièrement réussi ! Gros coup de cœur pour cet ouvrage à la beauté singulière et originale.

Chronique Album Jeunesse : Toile de dragon

Toile de dragonUne belle histoire ayant pour toile de fond l’Art dans sa plus grande pureté

Magnifique album jeunesse paru aux éditions Philippe Picquier en octobre 2014, Toile de dragon est écrit par Muriel Zürcher et dessiné par Qu Lan.

L’histoire est celle d’un jeune garçon passionné par le dessin… à tel point que même quand il n’a pas de papier, il se sert de supports très originaux.

Le nom de Muriel Zürcher vous dit peut-être quelque chose et c’est bien normal : il s’agit de l’auteur de la trilogie Le Tourneur de Page aux éditions Eveil et Découvertes.

L’illustratrice Qu Lan est d’origine chinoise et a déjà quelques ouvrages à son actif. On lui doit Aquarelles de Chine ainsi que l’album jeunesse Le chat bonheur.

Toile de dragon (3)Une passion du dessin hors du commun

Thong-Li est un petit garçon comme les autres à une exception près : il adore le dessin à un tel point qu’il dessine partout. Dans la poussière par exemple, il fait vivre tout un paysage grâce à sa passion qui le pousse à l’exercer partout.

Mais le jour où le jeune garçon reçoit en cadeau un bâton d’encre, une pierre pour l’écraser et un pinceau fin, sa vie va être bouleversée. Lui qui n’a jamais eu de papier va se servir de son coffret de dessin sur l’un des seuls supports qu’il a à disposition chez lui : les toiles d’araignées.

C’est ainsi qu’un jour l’Empereur entend parler de ce fameux garçon dessinant de magnifiques dragons sur les toiles d’araignées et décide de le faire venir à la demeure impériale. Il lui fixe alors un objectif presque impossible : dessiner dans chacune des milles pièces qui composent le palais un dragon par jour sur une toile d’araignée…

Si Thong-Li réussi, il sera couvert de richesses… sinon c’est la mort qui l’attend. L’empereur ne faisant pas dans la demi-mesure.

Toile de dragon (2)Une histoire mélancolique sublimée par des dessins de toute beauté

L’histoire de Toile de Dragon fait penser aux contes de fées, avec leurs héros auxquels ont donne des objectifs impossibles. Ici, le défi de peindre quotidiennement un dragon toujours plus beau que celui de la veille épuise Thong-Li que l’on voit perdre sa joie de peindre au fur et à mesure de l’histoire.

Pour nous narrer ce conte contemporain aux élans asiatiques, les illustrations de Qu Lan sont parfaites et prennent le pas sur l’histoire elle-même. Douces et fines, continuellement teintées de chagrin, on peut les scruter longtemps pour s’imprégner de leur beauté. Je pense en particulier à l’image représentant Thong-Li agenouillé avec déférence devant toute la majesté de l’Empereur, ou encore à l’ultime œuvre du garçon…

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En conclusion, cet album jeunesse d’une beauté triste mérite d’être lu et contemplé. Il laisse une impression douce-amère après la lecture, et donne l’opportunité de réfléchir, d’y repenser… tout en douceur. Un bel ouvrage à ne pas louper que l’on soit parent ou enfant. Les adeptes de l’Asie sous toutes ses formes (livre, roman, documentaire…) y trouveront également leur compte. Dès l’âge de 6 ans environ.

Toile de dragon (1)

Chronique jeunesse : Sakuya, la princesse des fleurs de cerisiers

Sakuya princesse des fleurs de cerisiersUne terrible et belle histoire d’amour issue d’une légende du Japon

Paru en septembre 2012 dans la collection Perles du ciel aux éditions Chan-Ok, Sakuya reprend une légende japonaise en l’adaptant à de jeunes lecteurs.

L’adaptation et le travail de réécriture est assurée par Céline Lavignette-Ammoun, qui est éditrice de manuels scolaires et a déjà écrit Les étoiles amoureuses chez Chan-Ok. L’illustration est quant à elle réalisée par Claire Degans à qui l’on doit l’illustration de très nombreux albums jeunesse : Comptines et berceuses des rizières, L’arbre à pluie, La fille d’or et de cendres

Sympathique… mais on reste sur sa faim

La jeune Sakuya était la princesse des fleurs de cerisiers, sa soeur Iwanaga était quant à elle la déesse des rochers. Un jour où Sakuya se baladait au pied du Mont Fuji, elle fit une rencontre qui bouleversa son existence : Ninigi, le petit-fils de la reine du soleil et des plaines célestes. A peine né, leur amour est indestructible, mais c’était sans compter sur la jalousie innée d’Iwanaga, cette dernière va tout tenter pour séparer les deux tourtereaux, même après leur mariage, alors que Sakuya attend l’arrivée d’un enfant…

L’idée d’adapter pour les jeunes lecteur un conte d’origine japonaise est louable et même bonne, cependant l’histoire n’est pas assez mise en valeur. On aurait aimé un peu plus de texte (cela aurait pu être possible même si c’est un ouvrage jeunesse) et d’éléments sur la culture nippone.

Et on aurait également apprécié ne pas rencontrer certaines phrases très fleur bleue du type « Coup de foudre, coup d’amour » ou encore « Coup de foudre, amour passion » qui coupent le texte dans son élan narratif. Le reste du texte ne possède cependant pas ce genre de défaut et rempli son office.

En ce qui concerne les illustrations, elles sont très belles, épurées et sont en parfait accord avec l’univers et l’esprit du conte. A la fois douces et évanescentes, les dessins nous permettent de retrouver avec simplicité un univers japonisant.

En conclusion Sakuya est un bel album, mais qui manque de poésie et d’émotion. Joli, sympathique, mais pas mémorable…

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Chronique bd : Princesse Bari

Princesse BariUn one-shot qui aurait pu être une réussite

Princesse Bari est un conte classique d’origine Coréenne très populaire. Repris en bd aux éditions Delcourt dans la collection Terres de légende par l’artiste Gyu (adaptation, dessin, couleur) ainsi que par le Studio 9 et Wang Peng pour la couleur, ce dernier ayant notamment participé à la réalisation de la bd en deux tomes Au bord de l’eau, adaptation d’un texte incontournable de la culture chinoise.

Le septième enfant du roi…

Princesse Bari sera le septième et dernier enfant du roi, lui qui voulait à tout prix un héritier se retrouve avec sept enfants filles. La dernière, la Princesse Bari subira la colère du roi en étant abandonnée à sa naissance, car en plus de ne pas avoir d’héritier mâle, le roi se voit annoncé une bien funeste prophétie : la dernière de ses filles le tuera et mènera le royaume à sa perte.

Bien des années plus tard, le roi est atteint par un mal incurable que seul l’eau d’une source miraculeuse pourra guérir, mais ce dernier étant un tyran, personne ne se précipite pour le sauver excepté une jeune fille qui dit se prénommer Bari ; Princesse Bari.

Un scénario bien vite expédié

Quand on voit la beauté des dessins tout le long de l’œuvre, on ne peut que regretter que la qualité de l’histoire ne soit pas au même niveau.

Les personnages sont à peine présentés, sans réelles explications sur leurs motivations, que ce soit pour la Princesse Bari qui a été abandonnée et qui décide de sauver celui qui l’a toujours reniée, ou encore pourquoi le moine Munjang s’est décidé à l’accompagner dans sa quête jusqu’à la mort s’il le faut.

Quand au final de l’histoire, il arrive de façon très précipitée après un combat très brouillon entre la princesse Bari et des monstres des enfers. Et même si on comprend l’intrigue, on aurait apprécié un peu plus de développement sur certains points, quitte à en faire deux tomes au lieu d’un seul, c’est dommage.

Les dessins sont quand à eux très beaux et d’une appréciable finesse, mais ne peuvent malheureusement pas sauver un scénario aussi faible. Les couleurs, pâles et discrètes illustrent avec justesse l’atmosphère pesante qui règne dans le Royaume, son côté accablant. Ainsi Princesse Bari nous offre un intéressant mélange entre bande-dessinée, manga, mais aussi cinéma, auquel l’œuvre empreinte des angles de vue très caractéristiques ainsi que des effets de mouvements dynamiques plutôt réussis.

En somme, Princesse Bari est une belle bande-dessinée d’un point de vue esthétique, mais une mauvaise adaptation du côté scénaristique. C’est dommage, car la réinterprétation de cette légende coréenne avait de quoi être intéressante pour découvrir un pays, sa culture et ses croyances. Cette chronique a été rédigée pour le site ActuSF.

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Chronique : Krotokus 1er, Roi des animaux

Krotokus 1erUn livre dont le lectorat reste à définir…

Caryl Férey est un auteur français spécialisé dans le roman policier. Il a remporté beaucoup de prix littéraires dont le Prix du roman noir du Nouvel Observateur, le Grand prix des lectrices Elle ou encore le grand prix du Roman Noir Français pour son roman Zulu aux éditions Folio Policier.

Cette fois, Caryl Férey s’attaque à la littérature jeunesse avec Krotokus Ier, illustré par Christian Heinrich (dessinateur des P’tites Poules) aux éditions Pocket Jeunesse.

Krotokus, un roi-tyran

Le roi Krotokus règne en maître sur la petite île de Croland, de façon tyrannique et injuste, il exploite le peuple pour le servir lui et uniquement lui, il n’a de respect pour personne, et encore moins pour son fils, Pupus. Mais le peuple commence à gronder et ose même revendiquer des droits, Krotokus décide alors de faire marier son inoffensif fils Pupus et de le faire nommer roi pour calmer l’opinion publique. Mais bien sûr, Krotokus tiendra les ficelles du pouvoir dans l’ombre…

C’est pourquoi ce dernier doit trouver au plus vite une princesse à marier pour Pupus et c’est choisi, ce sera la princesse Papillon (une Danaïde), la seule à avoir accepté l’offre de mariage. Mais malheureusement, cette dernière va être enlevée par des hyènes, qui veulent retourner la monarchie en place… c’est là qu’intervient le renard Goupille, envoyé par Krotokus pour sauver la princesse.

Un livre jeunesse destiné à tout sauf à des enfants

L’idée de créer un archipel d’îles où chacune d’entre elles recèle un système politique différent été excellente (ça a même un léger petit côté One-Piece fort plaisant), mais son écriture est loin d’être adaptée à un jeune public.

Pocket a pris des risques en publiant Krotokus dans sa collection jeunesse, car c’est un roman qui véhicule selon moi des idées plus que limite : moqueries concernant la population homosexuelle, aprioris sur le physique… on peu rire de tout, mais pas avec tout le monde, et je trouve que le public si particulier que sont les enfants n’ont pas « les clés » adéquates pour lire un tel livre.

Après, peut-être faut-il prendre cet humour au énième degré, mais je trouve que même en tant qu’adulte il est difficile de rire des blagues vaseuses écrites ici quand on les sait destinées à des enfants.

Tout cela sans parler des nombreuses ambiguïtés concernant le renard Goupille, qui passe son temps avec ses poules et qui, je cite : « [Goupille] adorait les caresses » ;

Le vocabulaire utilisé non plus ne colle pas vraiment à la cible des 9-11 ans, on a droit à gros mots, vocabulaire insultant et moqueries gratuites concernant les plus faibles avec des « Pousse-toi la grosse » quand certains parlent à la vache Pâquerette. Charmant.

Pour illustrer mes propos, voici selon moi, l’un des pires extraits du livre : « Sheba ayant refusé de lui donner des héritier dignes de ce nom, Krotokus avait assouvi son devoir conjugal parmi les lionnes de son harem, qu’il terrorisait avec passion. Plusieurs lionceaux étaient nés de ces unions forcées, mais aucun n’avait survécu : Krotokus en avait dévoré la moitié, les mals foutus surtout, les autres étaient pour ainsi dire mort-nés ».

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Vous l’aurez deviné, Krotokus Ier est loin d’être un livre que j’ai aimé, trop malsain, parfois hors de propos pour les enfants, l’humour satirique de Caryl Férey est loin d’avoir fait mouche. A lire par les adultes pour se faire sa propre opinion, mais à ne pas mettre entre les mains des enfants à mon humble avis.

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Chronique : Trilogie de Septenaigue – Cycle 2 – Fils de l’ombre – Tome 2

fils de l'ombre 02 septenaigueSuite et fin pour la seconde génération du domaine de Septenaigue. Nous sommes à nouveau sur les pas de Liadan, retournée au domaine familial et qui va bientôt mettre au monde son fils. Mais beaucoup de problèmes s’accumulent à Septenaigue, la mère de Liadan dévorée par sa maladie, la défection d’alliés…

Je ne peux en dire plus sur l’histoire sans en dévoiler trop, l’ambiance est la même que dans le premier tome, mais il y a tout de même un peu moins d’action et de suspense. J’ai donc apprécié ce second tome, même si le premier a été pour moi une vraie découverte. Pour avoir une vue d’ensemble sur ces deux livres, vous pouvez allez sur l’article du premier tome du Fils de l’Ombre où j’explique plus en détails la saga, son ambiance et son univers.

Il reste encore un cycle à suivre, celui de la troisième génération qui devrait correspondre à la descendance de Liadan avec son fils Johnny sensé être le héros de la prophétie annoncée il y a des décennies, celui qui reprendra les îles aux ennemis.

 

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Actualité éditoriale : Le nouveau Benjamin Lacombe est une adaptation de Blanche-Neige et sort le 5 Novembre prochain !

blanche neige lacombeLe nouveau Benjamin Lacombe va sortir le 5 novembre prochain, et il est magnifique ! Cette fois-ci, l’illustrateur se lance dans le conte classique Blanche-Neige, aux éditions Milan Jeunesse.

Certaines illustrations sont en noir et blancs, en simples tracés de crayonnés, les autres sont en couleurs qui ressortent magnifiquement sur le papier gaufré choisi par l’éditeur, avec un rouge saisissant. En bref, voilà encore une merveille d’illustration, mais qui reste quand même réservée au fans et aux adultes, les enfants auront plaisir à se faire conter l’histoire mais moins que les grands.

Pour plus d’infos, vous pouvez aussi aller sur le blog de Benjamin Lacombe, très joli, très bien fait aved plein de photos, d’illustrations, de crayonnés, d’expos organisée par l’auteur, d’animations sur le dessin avec des enfants : Décousu (le blog de Benjamin Lacombe).

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