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Chronique : Chaleur

Un roman qui s’inspire directement du dernier championnat du monde de sauna, en Finlande !

Vous aimez les pays du nord de l’Europe et leurs excentricités ? Chaleur de Joseph Incardona est le roman parfait à découvrir. Inspiré d’un fait réel (j’ai vérifié) qui a eu lieu en 2010 en Finlande, le pays de Children of Bodom et des aurores boréales.

Joseph Incardona est l’auteur de nombreux romans dont : La soustraction des possibles (Finitude), Une saison en enfance (Pocket) ou encore Derrière les panneaux il y a des hommes (Pocket).

Chaleur est paru initialement aux éditions Finitude avant de sortir chez Pocket.

La Finlande : ses groupes de heavy-métal, ses forêts, et son championnat de sauna !

Cela peut paraître improbable voir fantaisiste, mais les compétitions mondiales de sauna ont vraiment existé. Elles n’ont plus court depuis maintenant dix ans pour des raisons que vous découvrirez en lisant Chaleur.

Quoi qu’il en soit, ces compétitions requéraient un haut niveau de préparation et s’avéraient même dangereuses pour qui les prenait à la légère. Mais Chaleur, c’est avant tout l’histoire de deux compétiteurs qui vont aller au bout de leur volonté.

Un roman atypique et génial

Une écriture vivante, parfois très crue mais toujours amusante, Chaleur est un roman qui m’a beaucoup plu.

Quand j’ai commencé à lire Chaleur, j’ai cru que cette histoire de mondial du sauna était une création (géniale) de Joseph Incardona, mais tout ce qu’il a écrit est vraiment arrivé. Je ne vous raconte rien de plus quant aux faits ayant eu lieu il y a dix ans, sous peine de trop en dire. Je me suis d’ailleurs divulgaché une partie de l’intrigue en voulant vérifier si l’histoire était réelle.

Les deux vrais compétiteurs aux championnats mondiaux de sauna, en Finlande, qui ont inspiré directement Jospeh Incardona.

Le mieux est encore de lire Chaleur et ensuite de vous renseigner sur cette fameuse compétition. Quoi qu’il en soit, ça devait être génial de participer à un tel événement ! Que ce soit en termes d’ambiance et d’atmosphère, les mondiaux du sauna semblent refléter la Finlande telle que je la vois. Un peu folle, totalement festive et unique en son genre.

Mais plus qu’une facette inattendue d’un pays, Chaleur nous offre le portait de deux hommes prêts à tout pour remporter cette compétition. Ils sont diamétralement opposés.

L’un a un succès fou et en profite largement avec de nombreuses groupies. Son succès est autant dû à son ancienne carrière dans la pornographie qu’à ses nombreuses victoires.  

L’autre s’astreint à un mode de vie ascétique où le moindre écart serait un désastre… Il est un ex-militaire et ça se voit. Qui gagnera ? L’ancienne star du porno ou le militaire russe ?

Certes la réponse importe, mais pas autant que la tension qui monte entre les deux concurrent et l’atmosphère qui se condense peu à peu autour d’eux.

Plus qu’une histoire vraie romancée, Chaleur est le portrait d’une Finlande que l’on brûle de connaître. C’est également un portrait intimiste de personnages hauts en couleurs et touchants à leur manière. Aussi atypique que très prenant !

Je vous propose une autre façon de découvrir la Finlande avec le merveilleux groupe de métal Children of Bodom (qui tire son nom d’un terrible fait divers…).

Chronique : La Faucheuse – Tome 1

Ce roman destiné aux adolescents n’est ni plus ni moins qu’une révélation. Neal Shusterman nous avait déjà habitué à d’excellents romans, mais avec La Faucheuse il atteint son paroxysme. Tout est mythique dans ce livre : l’intrigue, le système imaginé, les personnages, les répliques… UN GRAND MOMENT DE LA LITTÉRATURE DE L’IMAGINAIRE (ados, ou non).

Neal Shusterman est un auteur que j’adore depuis de très nombreuses années. Sa saga Les fragmentés avait été pour moi une révélation. C’était beau, fort, marquant… Je ne pensais pas que cet auteur réussirait à réitérer l’exploit, et c’est pourtant ce qu’il a fait avec La Faucheuse

Le glanage, une nouvelle façon de mourir pour remplacer la mort naturelle

L’homme a défié la nature. Il ne peut plus mourir, se rajeunissant régulièrement. Les grands-parents ont à nouveau des enfants, parfois en même temps que les leurs, devenus grands. La technologie a supplanté tous les problèmes liés à la mortalité. Le suicide n’existe plus, les accidents mortels non plus… l’homme a éradiqué la mort.

Mais ce bénéfice incroyable pour l’humanité a ses travers : la population mondiale est bien trop importante du point de vue des ressources. La planète à ses limites, et malgré la gestion parfaite de l’IA surpuissante qu’est le Thunderhead, il est nécessaire de limiter la population humaine. Le concept de mort n’existant plus, il y a désormais le glanage.

Seuls les Faucheurs sont habilités à glaner. Pour se faire, ils doivent respecter de nombreux quotas, être totalement impartiaux, ne jamais pencher vers quelque idéal que ce soit…

Un exercice difficile, c’est pour cela que le recrutement des faucheurs est extrêmement pointu. Comme vous allez le voir pour Citra et Rowen, deux adolescents qui n’ont rien demandé et qui n’ont absolument pas souhaité être apprenti-Faucheurs : ça tombe bien, c’est le premier critère pour en devenir un. Mais il n’y a qu’une seule place de Faucheur à prendre… Et si ils prenaient goût à leur apprentissage ?

Une TUERIE

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire La Faucheuse. Ce roman est d’une telle densité, d’une telle intelligence, que les superlatifs manquent. C’est fin, malin, les dialogues sont d’une justesse inouïe…

Et dès le début, on est pris par la scène d’ouverture. Elle est d’une sobriété et d’une violence extrêmement percutante. C’est paradoxal, mais c’est l’image exacte que m’ont donnée les premières pages de ce roman totalement inclassable.

Les deux apprentis-faucheurs, Citra et Rowan sont géniaux. Extrêmement attachants, terriblement influençables et pourtant si déterminés, ils sont un concentré de fragilité et de force.  Chacune de leurs réflexions, buts, sont terriblement humains, même dans les pires situations. Mais il y a encore mieux qu’eux : Maître Faraday. Sa droiture et son dévouement pour son travail en fait un modèle pour ses pairs. Il manie les armes tout comme sa langue avec dextérité… C’est l’un de mes personnages préférés.

Tout au long de ce roman de plus de 500 pages (que l’on ne voit pas défiler), nous découvrons les différent « types » de Faucheurs, et comment donner la mort peut devenir un art… Certains y excellent, d’autres n’y voient qu’un moyen d’assouvir des travers malsain. Car les Faucheurs ont un code d’honneur, et il est très intéressant. Vous aurez tout le roman pour découvrir les différents « courants de pensées » des Faucheurs.

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Mélangeant philosophie, réflexion, action, suspense, La Faucheuse est un roman qui détonne à tous les niveaux. Parfait pour ceux qui souhaitent s’attacher comme jamais à des personnages charismatiques que l’on a envie de suivre jusqu’à la mort…

Chronique : Quiz Show

Quiz ShowLa littérature coréenne regorge de petites pépites qui ne demandent qu’à être découvertes ! Voici l’une d’entre elles…

Paru en France pour la première fois en 2012, Quiz Show de Kim Young-ha vient de paraître en poche aux éditions Picquier, l’occasion de découvrir un récit inclassable et captivant issu de la littérature coréenne contemporaine !
Kim Young-ha il a déjà six romans à son actif en France, et plus encore en Corée. Son dernier roman paru est Ma mémoire assassine, toujours chez Picquier.
Dans Quiz Show, vous allez être plongé dans le frisson de la compétition du quiz… mais pas seulement !

La vie ordinaire d’un jeune Coréen

Notre narrateur et « héros » se nomme Min-Su, sa vie est une succession de navigations sur Internet et d’échanges virtuels… Mais le jour à sa chère grand-mère décède, le quotidien va vite le rattraper : traites de la maison, factures, dépenses quotidiennes… le train de vie de Min-Su de concorde pas avec ses revenus, qui frisent le zéro.
C’est ainsi que commence la lente descente de Min-Su dans l’échelle de la société. En effet, que peux bien devenir un jeune homme sans famille, peu sociable et sans travail ? Pas grand chose pensez-vous ? Et bien peut-être que si, mais pas comme vous pourriez l’imaginer… il sera question de fée dans un mur, de quiz et d’étranges sociétés…

Une narration envoûtante et une intrigue insaisissable

L’écriture de Kim Young-ha est envoûtante. Il ballade son héros et nous avec sans jamais nous laisser deviner le fil de ses pensées ou ses intentions. On suit Min-Su aveuglément, surpris de ses rebondissements de vie. Sa recherche d’emploi, ses tribulations amoureuses, son amour pour la lecture, sa passion animée pour les quiz sur le Net, ses relations avec ses semblables… où tout cela va-t-il le mener ?
Si vous arriver à deviner ne serait-ce que les prémices des intentions de l’auteur, vous êtes presque devin !
Se laisser surprendre par une histoire, en suivre le fil sans rien en attendre de spécial, c’est là toute la force de Quiz Show. On se prend au jeu de la vie de Min-Su, totalement ancrée dans notre époque. Et pourtant, certaines choses font que le récit n’est pas totalement réaliste dans le plus pur sens du terme.

Inclassable, mais génial

Difficile de développer plus cette chronique de l’ouvrage sous peine de se perdre dans ses nombreuses facettes. Tout ce que je puis dire de Quiz Show c’est que j’ai adoré ce récit. Il s’agit d’un roman totalement réaliste mais non dénué de mystères.
J’aurais aimé en apprendre plus sur la fameuse Société… et en même temps, le fait de garder une part d’obscurité est plaisante…

C’est une des particularités des romans asiatiques que l’on retrouve souvent : on reste dans le flou, parfois même dans une expectative… et c’est à nous de nous faire notre propre idée sur la question. Quiz Show est un récit mystérieux, qui ne révèle pas toutes ses facettes, et c’est parfait comme cela. On peux ainsi prendre le temps d’y repenser et se faire ses propres histoire dans l’histoire…

En somme, ce roman est une petite merveille qui mélange allègrement de nombreux genres : chronique sociale, histoire d’amour, technologies, sociétés secrètes… Et quitter son indicible ambiance a été un crève-cœur. Vous entendrez donc très bientôt parler à nouveau de Kim Young-ha sur le site !

Chronique bd : Elinor Jones – Tome 2 – Le bal de printemps

elinor jones 02Une série toujours aussi addictive

Aujourd’hui sort le second tome d’Elinor Jones, le bal de printemps. Les intrigues commencées dans le bal d’hiver continuent, d’autres prennent naissances et beaucoup de questions s’accumulent et restent sans réponses…

De retour dans la maison Tiffany

Le bal de printemps organisé par la prestigieuse maison de couture approche à grands pas et les difficultés s’amoncellent avec autant de rapidité : manque de couturières, travail en plus, modifications majeures de dernière minute sur la collection… d’autant plus que la thématique du bal n’est pas des plus simple, car il s’agit de la mythologie grecque, il faut donc transformer toutes les clientes en véritables déesses et porter un soin tout particulier à chaque détail.

Parallèlement à toute cette agitation, les machinations internes entre couturières continuent, ou plutôt, Bianca continue à rendre la vie impossible à ses petites mains si dévouées en dévalorisant leur travail et en leur faisant payer toute remarque. D’un point de vue interne, les Tiffany sont donc au plus mal, d’autant plus qu’Abel (le frère de Bianca) en a assez de vivre à travers l’entreprise et souhaite s’en aller vers d’autres horizons, loin des tissus et des broderies, chose rendue impossible par les caprices de Bianca.

Et de plus sombres secrets encore pèsent sur la famille qui devrait pourtant vivre dans le bonheur…

De drames en mésaventures, Elinor survit

Dans l’ambiance électrique et oppressante de ce second tome, les nerfs de notre chère Elinor sont mis à rude épreuve… mais elle tient tant bien que mal le coup. Toujours aussi altruiste et désireuse de bien faire, Elinor néglige sa santé et va jusqu’à faire des nuits blanches pour le succès de la collection…

elinor jones 02 insideUne intrigue toujours aussi bien ficelée

Vous l’aurez compris l’univers d’Elinor Jones n’a pas fini de faire parler de lui. Ce tome deux est excellent et même meilleur que le précédent et ce pour plusieurs raisons ; son ambiance et sa tension montent encore crescendo pour atteindre un final insoutenable. De nouveaux éléments font leur apparition, ajoutant aux spéculations et aux théories déjà nombreuses pour le lecteur.

Les superlatifs manquent pour dire tout le bien possible de cet album, les personnages déjà très bien travaillés dans le premier volume gagnent encore en profondeur, en réalisme. On ne peux que s’attacher au bel et jeune Abel, mais aussi au personnage discret mais imposant de monsieur Heng, le jardinier de la maison ainsi qu’à toutes ces couturières qui s’investissent corps et âme dans leur travail.

Les dessins d’Aurore sont encore une fois sublimes, les détails, les couleurs, mais aussi les expressions des personnages sont magnifiquement retranscrites. Un vrai délice pour les yeux.

Ce second tome est tout simplement un petit bijou de tension et de douceurs mêlées, une gourmandise dont il serait dommage de se priver.

Sur le lien ci-dessous, vous pouvez feuilleter et lire les premières planches du tome 2.

Elinor Jones, T2 : Le bal de printemps de Aurore et Algésiras, éditions Soleil

 

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