Archives du mot-clé cinéma

Chronique : L’art et la science dans Alien

Paru en 2019 aux éditions indépendantes La ville brûle, L’art et la science dans Alien est un ouvrage qui intrigue immédiatement.
Si vous aimez les sciences sous tous leurs aspects et que l’art étrange de H.R. Giger vous fascine, cet ouvrage pourrait bien être pour vous… Il est écrit collectivement par quatre auteurs spécialistes dans leur domaine :

Christopher Robinson est maître de conférence à l’école Polytechnique, il est spécialiste de la sf et du fantastique en littérature, art et cinéma.

Frédéric Landragin est directeur de recherche au CNRS. Il travaille en linguistique et dans ses applications informatiques.

Jean-Sébastien Steyer est quant à lui paléontologue au CNRS, il aime vulgariser les sciences par le biais des oeuvres de fiction.

Enfin, Roland Lehoucq est astrophysicien, il est spécialiste des relations entre sciences et scicne-fiction, il préside les Utopiales, un grand festival dédié à la sf qui a lieu à Nantes. Il a écrit quantité d’ouvrages de vulgarisation.

Un ouvrage à réserver aux fans ultimes d’Alien et de sciences…

Je suis une grande fan de la saga Alien (je parle des quatre volets d’origine uniquement) que je regarde très régulièrement, c’est à dire au moins une fois par an.
Et j’aime également beaucoup les sciences, sous toutes leurs formes… alors quand j’ai vu cet ouvrage arriver en librairie, mon intérêt était éveillé.

… mais est-ce suffisant ?

J’ai trouvé une bonne partie des interventions intéressantes, mais pas toujours bien mises en exergue par la saga Alien. Parfois il s’agit plus d’un prétexte que d’un vrai parallèle avec cette dernière selon moi.

On apprend cependant une foule de choses. Notamment, est-ce que le personnage d’Alien est vraiment crédible d’un point de vue biologique ? Qu’en est-il de la reine, créature qui n’apparaît pour la première fois que dans le quatrième volet étrange et merveilleux réalisé par Jean-Pierre Jeunet ?
Toutes les étapes de la vie et l’évolution d’un alien sont également disséquées : le facehugger, le chestbuster et enfin l’alien dans sa version finale.

C’est assez intéressant mais parfois on part dans des réflexions un peu trop techniques qui n’apportent pas nécessairement grand chose.

On appréciera les analyses de Roland Lehoucq qui checke la crédibilité de certains passages des films. Et il y a parfois de sacrées erreurs ! Cette facette est assez amusante à découvrir.

Autre pan intéressant de la saga qui est analysé : l’intelligence artificielle et le paradoxe entre Maman (IA du vaisseau dans le premier volet de la saga) et sa technologie très archaïque comparée aux droïdes qui ressemblent à s’y méprendre à des humains.

On découvre également à quel point la science du langage est extrêmement difficile à mettre en œuvre quand il s’agit d’intelligence artificielle. C’est l’un des plus grands défis que les scientifiques ont à relever dans les prochaines années (décennies ?). Ce pan des sciences que j’ignorais totalement est absolument fascinant.

Enfin, pour ceux qui aiment l’art étrange, dérangeant et malsain, on termine notre tour de la saga Alien par le monde de H.R. Giger, créateur « physique » de l’Alien. Jean-Sébastien Steyer nous conte la génèse de la création de l’Alien, qui existait déjà en mont de son œuvre…

En somme, cet ouvrage a des aspects fort intéressants même si il y a parfois des digressions qui nous font perdre un peu de vue l’essentiel. Il n’est pas indispensable et s’adressera aux fans ultimes de la saga Alien, pour les autres, je pense qu’il est dispensable !

Chronique : Journal d’une princesse

L’un des journaux intimes de Carrie Fisher, publié pour la première fois en France ! Un ouvrage qui apporte du recul face à l’œuvre de cette actrice géniale qui a traversé beaucoup d’épreuves…

Carrie Fisher était une actrice emblématique, elle fut révélé au monde lors de la sortie du tout premier opus de Star Wars (Star Wars IV – Un nouvel espoir). Journal d’une princesse est un mélange de ses journaux intimes écrits durant le tournage du premier Star Wars et d’écrits réalisés quarante ans plus tard. Plein de pudeur et de recul, on découvre l’état d’esprit de Carrie Fisher durant le tournage et les rêves qu’elle avait plein la tête !

Le point de vue d’une icône en devenir

Elle avait des étoiles plein les yeux et ne savait pas qu’elle deviendrait une star internationale, voici l’histoire d’une grande dame : Carrie Fisher.

Extraits de journaux intimes, témoignage, photos d’archives… voici l’histoire d’une grande dame du cinéma. Découvrez-la comme vous ne l’avez jamais vue grâce à ce journal un peu particulier et fort intéressant !

Un récit inattendu et très instructif !

Les épreuves non corrigées (enc) de l’ouvrage, gentiment envoyées par une super représentante !

Malgré les paillettes et le succès qui lui est tombé dessus, Carrie Fisher a toujours été quelqu’un qui a eu les pieds sur terre. Comme si elle n’avait jamais vraiment réalisé pleinement le succès qu’elle a connu durant des décennies…  

Ce côté très naïf qu’elle avait d’être et de percevoir les gens a longtemps fait partie d’elle. Elle avait à peine vingt ans lorsqu’elle a commencé le tournage de ce qui allait être un succès planétaire. Elle n’avait pas prévu qu’elle serait une icône pour toute une génération. C’est ainsi qu’on lit ses découvertes, ses rencontres, son intégration autour de l’équipe de tournage, sa difficulté à se mêler aux autres au début…

On découvre même sa relation avec Harrison Ford alors qu’il était encore marié ! Elle avait même trouvé un nom à cette relation : Carrison. Elle en était terriblement amoureuse à l’époque, et c’est une blessure qu’elle n’a jamais vraiment réussit à oublier… Elle en parle énormément dans l’ouvrage.

Attention à ceux qui pensent en découvrir beaucoup sur l’univers Star Wars, ils pourraient être déçus. Ici, on se concentre sur l’humain, les relations qu’a peu à peu tissées Carrie Fisher. Et elle a beau être assez discrète, elle parle également de ses problèmes de dépendance. L’actrice a beau être un symbole pour toute une génération, on sent qu’elle à du mal à se considérer comme telle, ce qui la rend fragile, et terriblement touchante.

J’ai trouvé son journal très humain, il nous rapproche d’elle comme jamais. On comprend son sentiment d’enfermement par moments, son besoin viscéral de ne jamais décevoir les fans, son implication dans son travail… Quand on sait comment elle a fini et comment certaines personnes dites « de confiance » ont profité d’elle, on comprend mieux son parcours et ses blessures.

Je ne connaissais absolument pas la femme derrière la princesse, et ce que j’y ai vu m’a beaucoup plu, et attristé également. C’est parfois un peu naïf, mais certains de ses textes ont été écrits à l’âge de vingt ans, cela peut expliquer le côté fleur-bleue.

Quoi qu’il en soit, c’est un livre-témoignage touchant à découvrir si l’on aime Star Wars, oui, mais surtout pour connaitre la grande dame qui n’a été « que » la princesse Léia pour des millions de personnes.

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :

Actualité éditoriale : Ces romans à paraître en fin d’année 2017 qui me tentent énormément… – Partie I

La rentrée littéraire 2017 approche à grands pas… et avec elle son lot de tentations ! Que ce soit en littérature dite blanche ou dans le domaine de l’imaginaire, il y de quoi contenter tout le monde, dans tous les formats. Il y en a d’ailleurs tellement qui me tentent que je suis dans l’obligation de couper en plusieurs parties l’article (au moins trois), pour ne pas que vous frôliez l’indigestion livresque. Comme d’habitude, cet article de présentation est TOTALEMENT subjectif et n’est que le reflet de mes envies. Le but étant encore et toujours de remplir la bibliothèque des plus merveilleux livres possibles. (Pour les curieux, j’ai rédigé le même type d’article sur les nouveautés en albums jeunesse à paraître).

La fée, la pie et le printemps – Elisabeth Ebory – ActuSF

Et on commence les hostilités avec un roman au visuel magnifique et à l’argumentaire tentant. « En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l’humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine...« 

Un résumé aux allures féériques, une aventure qui a l’air un peu folle… Il n’en faut pas plus ! D’autant que je viens de voir que l’ouvrage sera publié sous le label Bad Wolf, collection d’ActuSF que j’adore tout particulièrement pour son format et son esthétique… Bref, ça sort le 19 août 2017.

Pour les plus curieux, vous pouvez même découvrir les 30 premières pages du roman dès maintenant sur le site de l’éditeur.

Derniers feux sur Sunset – Stewart O’Nan – Points

Un roman sur le monde du cinéma ayant pour personnage principal Francis Scott Fitzgerald ? Je prends ! L’ambiance, l’époque, l’atmosphère… tout contribue à donner envie de lire ce roman qui fut très plébiscité lors de sa parution en grand format. Il arrive en poche le 17 août prochain.

« En 1937, Francis Scott Fitzgerald devient scénariste pour la Métro Goldwyn Mayer. C’est l’Age d’Or d’Hollywood, du jazz et des parties mémorables. Ses collègues se nomment Dorothy Parker, Humphrey Bogart, Greta Garbo. Loin de sa chère Zelda, internée, et de sa fille Scottie, Fitzgerald est perdu. Il tente de préserver leur vie familiale, mais tombe amoureux de Sheilah Graham, une journaliste mondaine qu’il a prise pour une aristocrate anglaise. Ces trois dernières années-là sont celles de la lutte acharnée que mène Scott contre ses ennemis : l’alcool, la dépression, et le peu d’estime qu’il a pour lui-même. Oui, Hollywood sera pour lui « l’envers du Paradis », un lieu de souffrance et peut-être d’expiation… Ecrivain de l’intime, conteur de talent, Stewart O’Nan dévoile dans Derniers feux sur Sunset le vrai visage de Fitzgerald : celui d’un homme brisé par la vie, tandis que la fête bat son plein. Un livre poignant et plein de nostalgie.« 

Le monde flottant – Alan Spence – Editions Héloïse d’Ormesson

Dès qu’un ouvrage, qu’il soit documentaire ou romancé à propos du Japon paraît, ça m’intéresse ! Dans Le monde flottant, l’Écossais Alan Spence nous propose un roman « typiquement » nippon. Il s’agit d’une réédition d’un ouvrage déjà paru chez le même éditeur en 2010. Affaire à suivre, mais ce titre m’intrigue fortement et je pense qu’il peut être très intéressant à découvrir, d’autant que les éditions Héloïse d’Ormesson ont un catalogue aussi varié que qualitatif.

« 1858. Tom Glover, 15 ans, est courtier maritime à Aberdeen, lorsqu’on lui propose le poste de contremaître du comptoir d’import-export, à Nagasaki. Sans trop hésiter, le jeune aventurier quitte son Écosse natale pour tenter sa chance en Orient, et voit vite son audace récompensée. Prêt à relever tous les défis, il se lance dans le commerce de la soie, du riz, des armes, de l’opium, des navires ; il fonde une manufacture de thé, ouvre une mine de charbon. Glover, rebaptisé Guraba-san, est l’un des moteurs de la révolution dans ce Japon sur le point d’être propulsé du système féodal à la modernité.
De 1859 à 1945, ce personnage hors normes, doué d’une énergie incomparable, connaît une réussite industrielle et financière époustouflante. Trafiquant et capitaliste intrépide, il nourrit également une passion sincère pour le pays et se révèle un redoutable stratège dans les relations entre Occidentaux et Japonais. Initié à l’éthique samouraï, au zen et à la poésie haïku, Glover devient l’allié des clans rebelles. Amant fougueux, il épouse deux geishas et connaît des amours tumultueuses.
Son extraordinaire histoire accompagne celle de l’île à travers le siècle. Sa destinée rocambolesque inspira le personnage de l’officier de marine dans Madame Butterfly.« 

A la table des hommes – Sylvie Germain – Le livre de poche

Comme j’étais passée à côté à sa parution en grand format, voici que le poche arrive (et le fait qu’il y ait un corbeau sur cette couverture également est du pur hasard). La quatrième de couverture donne tout simplement très envie, entre réalisme merveilleux et nature sauvage… Ce roman semble cacher une très belle histoire qu’il me tarde de découvrir. Parution le 23 août 2017.

« Son obscure naissance au cœur d’une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S’il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l’espèce animale, dont une corneille qui l’accompagne depuis l’origine. A la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain. Comme Magnus, c’est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d’un être qui échappe à toute assignation, et de ce fait à toute soumission.« 

Les stagiaires – Samantha Bailly – Le livre de poche

Les stagiaires de Samantha Bailly arrive en poche ! Pour moi qui l’attendais depuis des années, c’est une merveilleuse nouvelle. Le grand format était chez Milady à 18,20€ et comme on ne peux pas toujours s’acheter à ce coût un ouvrage, l’arrivée en poche est une aubaine.

L’histoire est celle d’Ophélie, Arthur, Hugues et Alix qui veulent tous une chose : intégrer l’entreprise Pyxis, référence dans le monde du manga et des jeux vidéos. Mais l’étape du stage est incontournable pour qui veux travailler dans le « merveilleux » monde de l’entreprise…

Je pense que c’est typiquement le genre d’ouvrage fait pour moi. Réaliste mais pas barbant, totalement ancré dans son temps. Affaire à suivre, mais je pense que ce livre mérite que l’on se penche dessus ! Parution le 23 août 2017.

« Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Etudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. à leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro… Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?
Quand la « génération Y » entre en collision avec le monde du travail : un récit marquant dans lequel beaucoup de jeunes adultes se reconnaîtront.« 

Hemlock Grove – Brian McGreevy – Super 8

Que serait une rentrée littéraire qui détonne sans une nouveauté Super 8 ? Fade. Et heureusement, des nouveauté chez eux, il y en a !

Leur rentrée littéraire commence avec Hemlock Grove, à paraître le 24 août 2017, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a l’air de déchirer (aïe). Littéralement. Et comme je ne suis JAMAIS déçue par leurs publications, je ne vais pas me gêner pour « libérer la bête en moi » comme ils disent dans leur présentation.

« Hemlock Grove (Pennsylvanie) n’est plus une petite ville paisible. Dans les bois, le corps mutilé d’une jeune fille vient d’être retrouvé. Une chasse à l’homme est lancée. Au sein de la communauté, cependant, une angoissante question se fait jour : ce meurtre est-il vraiment l’œuvre d’un homme ? Et si certains en savaient plus qu’ils ne voulaient bien le dire ?

Page-turner impitoyable, chronique adolescente dark en diable, roman gothique 2.0, Hemlock Grove est une plongée sans retour dans le miroir inversé du rêve américain. C’est aussi une série à succès dont les trois saisons ont été diffusées sur Netflix.« 

Moriarty – Kim Newman – Le livre de poche

Alors, personnellement j’ai déjà ce titre en grand format, chez Bragelonne (une édition sublime avec les pages argentées, c’est une merveille…). Mais je me dis que ça peux fortement vous intéresser de savoir que cet ouvrage paraît en poche ! Je vous fait confiance pour vous laisser tenter… Tous ceux qui aiment la littérature aux élans british et mystérieuse devraient être séduits par Moriarty.

« Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson… Vous obtenez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty – serpent d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible – et le colonel Sebastian Moran – violent, libertin et politiquement incorrect. Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, tenant dans leur poing police et hors-la-loi. Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants : membres du Si-Fan assoiffés de sang, Vampires de Paris, et même une certaine Irène Adler…

Un style élégant et plein d’humour typiquement britannique. Une revisite impertinente de l’œuvre de Conan Doyle. On s’amuse énormément.  Ariane Marquis, actusf.com. »

Journal d’une princesse – Carrie Fisher – Fantask

Avant de décéder, l’actrice emblématique de la saga Star Wars Carrie Fisher a écrit quatre ouvrages. Journal d’une princesse est le tout premier à paraître en France ! J’ai déjà eu la chance de lire le livre, et je l’ai trouvé très intéressant, on découvre la jeune femme qui se cache derrière la princesse. Ce livre, c’est la compilation des écrits de Carrie Fisher lorsqu’elle avait 19 ans. On y découvre ses ressentis, l’image (assez négative) qu’elle avait d’elle, son humour… Et sa relation avec Harrison Ford, dont elle parle beaucoup. Oui.

En somme, j’ai trouvé cet ouvrage très intéressant. Je pense qu’il est à réserver aux lecteurs fans de la culture geek et de Star Wars, mais on y apprend énormément de choses ! Sa vision du monde du cinéma et du succès de Star Wars m’a beaucoup plu, de même que le respect qu’elle a pour ses fans. Jusqu’au bout, Carrie Fisher était une belle personne. Elle a connu un succès fulgurant trop jeune, qu’elle n’a jamais su vraiment gérer, et elle a fait confiance aux mauvaises personnes, c’est peut-être là ses seuls défauts. Parution début octobre 2017.

Chronique : Player One

Player OneEt si pour sauver le monde il fallait gagner la plus grande chasse au trésor virtuelle de tous les temps ?

Premier roman de l’américain Ernest Cline, Player One est un livre qui met la barre franchement haut. Captivant et bourré de références au rétrogaming et à la culture pop (en particulier celle des années 80), les lecteurs entre la trentaine et la quarantaine adoreront ce récit d’anticipation… mais ils ne seront pas les seuls !

Son auteur, Ernest Cline est à la fois écrivain et scénariste. Aux États-Unis, son second roman est paru en 2015 sous le titre Armada. Par ailleurs, pour l’adaptation cinématographique de Player One, Steven Spielberg est déjà sur le coup !

L’OASIS, la seule échappatoire pour la population terrestre à l’agonie…

Le très jeune Wade Watts est comme la très grande majorité de la population : accroché comme un drogué à sa plate-forme de connexion OASIS (Ontologie Anthropocentrique Simulée Immersive et Sensorielle). Dans cette réalité virtuelle développée à l’échelle mondiale, tout est possible : vous pouvez allez à l’école, rencontrer l’amour, acheter un appartement ou un astéroïde et y faire vivre votre avatar, gagner de l’argent valable aussi bien sur l’OASIS que dans la réalité…

Mais depuis la mort de son éminent créateur, James Halliday, l’OASIS revêt une dimension cachée, mythique, qui rend le monde fou. En effet, la mort de James Halliday a déclenché la plus fabuleuse chasse au trésor du monde, et son vainqueur gagnera ni plus ni moins que des milliards de dollars… La lutte sera sans merci et tous les coups ou presque seront permis.

C’est ainsi que nous suivons les pas virtuels du jeune Wade Watts, un gamin d’une douzaine d’années, sans le sous, maltraité par sa tante, et dont la seule échappatoire est d’espérer gagner la Chasse, mais ils sont des milliards dans son cas…

Un roman qui démarre au quart de tour pour ne plus vous lâcher

Rempli de références en tous genres, vous allez en prendre plein les mirettes, et votre culture générale sera constamment sollicitée. De l’univers des livres de Douglas Adams en passant par les films tels que Sacré Graal, Blade Runner encore WarGames… Tout cela sans oublier les nombreuses références faites à la musique, aux séries tv ou encore aux animes japonais, vous serez bombardé d’infos ! Tout cela sans oublier évidemment les très nombreuses références au jeux vidéo ! Il y en a tellement qu’il nous est impossible de tous les mentionner : Asteroid, Pac-man, Brains, Adventure (et l’histoire de Warren Robinet, le premier concepteur a avoir créé le concept d’œuf de pâques dans un jeu vidéo)… Et elles sont toutes nécessaires à la Chasse à l’œuf organisée par Halliday…

Riche, malin et merveilleusement bien ficelé, Player One, c’est LA chasse au trésor la plus merveilleuse de tous les temps qui nous est offerte sur un plateau. On se prend au jeu des indices savamment imbriqués, des clins d’œil perpétuels faits à la culture geek ainsi qu’à ses nombreuses anecdotes toutes fascinantes.

De plus l’univers créé par Ernest Cline autour de l’OASIS et la façon dont il s’articule est fort bien pensé. On découvre tout un système basé sur cette réalité virtuelle (autrement dit du vent) qui supplante le réel alors que la Terre se meurt à tous les niveaux (écologiques, économiques, sociaux…). Tout est bien pensé, y compris la façon dont l’homme est prêt à se vendre pour pouvoir rester connecté, ou tout simplement en vie…

 ……

C’est donc un nouvel incontournable de la SF et de l’anticipation que ce roman écrit par Ernest Cline. Il n’y a plus qu’à souhaiter que tous les autres romans à venir de cet auteur soient du même niveau… En tout cas, nous sommes conquis !

Une vraie fausse cassette vidéo de Ready Player One !

Chronique : Il était deux fois dans l’Ouest

Il était 2 fois dans l'OuestLes vacances sur fond de grands espaces, d’indiens, de serpents, de cow-boy fous… et d’amour !

Voici l’un des petits derniers de Séverine Vidal, paru simultanément avec le roman ado Quelqu’un qu’on aime dans la collection Exprim’. Il était 2 fois dans l’Ouest est quant à lui paru dans la collection jeunesse Pépix. Le nom de cette auteur pour la jeunesse vous dit peut-être quelque chose ? C’est normal, on lui doit déjà un beau nombre d’ouvrages : La drôle d’évasion, On n’a rien vu venir, La meilleure nuit de tous les temps, Philo mène la danse… pour ne citer que cela.

En ce qui concerne les illustrations, elles sont signées Anne-Lise Combeaud, elle a déjà illustré des ouvrages chez Gulf Stream ou encore Actes Sud Junior.

Plongée immédiate dans l’aventure

D’un côté, vous avez Luna, fraîchement débarquée aux États-Unis pendant les grandes vacances. D’un autre, vous avez Josh, un véritable indien Navajo ! Ces deux là vont vivre des aventures incroyables, et même dangereuses…

Au programme : un plateau de tournage en plein Monument Valley, de dangereux prédateurs, des croyances et des esprits… mais aussi une imagination débordante ! Bienvenue dans le monde coloré et vivant de Séverine Vidal !

Il était 2 fois dans l'Ouest insideUn agréable roman à deux voix

Si on devait choisir un seul mot pour définir ce récit, ce serait Aventure. Ouais, la vraie. La fascination des grands espaces et de leurs nombreux dangers sont parfaitement décrits, mais aussi illustrés.

On se prend très vie d’intérêt pour le récit de ces deux jeunes qu’à priori tout oppose (culture, langue, style de vie…). Chaque chapitre alterne entre Luna et Josh, et les points communs qu’ils se trouvent (parfois sans se l’avouer) sont en réalité très nombreux ! Excepté peut-être pour Odette, le doudou de Luna, Josh lui n’a rien de semblable et trouve même cela un peu étrange…

La façon dont l’histoire est narrée rend le tout attractif pour un jeune lecteur, et surtout cela plaira aussi bien aux garçons qu’aux filles ! Le petit « plus » vraiment sympa ici étant que l’on découvre quelques traditions et termes des indiens navajos au travers du récit de Josh, mais aussi grâce aux bonus. Et surtout, il n’y a jamais de temps mort, tout s’enchaine très vite et avec efficacité, pas le temps de s’ennuyer.

Enfin, il ne faut pas oublier les illustrations très réussies d’Anne-Lise Combeaud, certaines doubles-pages sont absolument superbes, je pense notamment à la toute dernière de l’ouvrage, démesurée et superbe.

 ….

C’est donc un bon roman pour les enfants qui vous est ici proposé par les éditions Sarbacane, comme habituellement. A conseiller sans modération aux amateurs de westerns, et de déserts sans fin… mais aussi aux autres ! Dès 9 ans.

Chronique BD : Screenshot

ScreenshotQuand les films les plus connus sont détournés en quelques cases

Sorti en octobre dernier aux éditions belges Poivre et sel, Screenshot a été réalisé par Lapuss’. Illustrateur, graphiste et également scénariste, Lapuss’ est loin d’en être à ses débuts avec déjà plus d’une quinzaine d’ouvrages à son actif. On lui doit notamment : In vitro veritas, Le Piou ou encore La fin du monde.

Screenshot a pour vocation de revisiter de façon humoristique les films et les séries tv les plus connus, le tout en deux pages maximum.

Quand Desperate Housewives devient… Depressed Housewives

A chaque parodie, le titre du film (ou série) est légèrement modifié, ainsi retrouvons-nous Le cercle transformé en Le rond, Pirates des Caraïbes en Pirates des îles etc. Les dessins sont très sympathiques, parfaitement dans le ton recherché par l’auteur. A la fois ressemblant et caricatural, on se plait à reconnaître des personnages qui nous sont familiers.

Alors, l’humour de Screenshot fait-il mouche ? Personnellement, il me semble que non. En effet, la plupart des pastiches nous offrent des blagues qui tombent à plat avec des chutes pour le moins décevantes.

Lapuss’ arrive à nous amuser en majorité avec ses détournements de titres de film, ainsi qu’avec ses premières cases. Mais dès qu’il s’agit de conclure, on passe souvent à côté d’un final vraiment drôle.

Ainsi, malgré quelques idées vraiment bien trouvées : Boudelard (un vrai) à la place de Poudlard dans Harry Potter, un Spiderman obèse ayant du mal à ne pas casser ses toiles ou encore le retour d’un Supermec (comprendre Superman) ayant pris un peu d’âge, Screenshot reste d’un niveau général assez faible.

En conclusion, Screenshot est une bd humoristique convaincante graphiquement mais qui laisse à désirer sur le plan de l’écriture… dommage.

Cependant, l’humour reste une chose très subjective et cet ouvrage pourra certainement trouver son public.

AUTEUR :
EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE : ,

Chronique documentaire : L’encyclopédie du fantastique

L'encyclopédie du fantastiqueUn ouvrage de référence sur le fantastique sous toutes ses formes

 Jacques Baudou est un spécialiste des littératures de l’imaginaire. Il est membre du jury du festival des Imaginales et a notamment écrit un Que Sais-je sur la fantasy ainsi qu’une Encyclopédie de la fantasy aux éditions Fetjaine en 2009.

Et en octobre 2011, Jacques Baudou vient de publier l’encyclopédie du fantastique également aux éditions Fetjaine, véritable mine d’or illustrée et très documentée indispensable à tout amateur des littératures de l’imaginaire.

Quand le surnaturel s’invite à table

Jacques Baudou se propose ici de nous faire découvrir le fantastique à ses origines les plus lointaines, en passant par les mythes et légendes, les superstitions jusqu’à nos jours avec des auteurs et films contemporains.

Découpé en sept grandes parties, on découvre les origines littéraires du genre sous toutes ses formes : le mythe des vampires, les loups-garous, les monstres tel la créature de Frankenstein… mais bien loin de nous parler uniquement de ce que nous connaissons déjà, Jacques Baudou va plus loin en nous faisant découvrir des textes obscurs et souvent méconnus.

Ainsi pour Bram Stocker, même si il s’agit de l’auteur ayant eu le prestige de populariser le mythe vampirique, il est loin d’être le premier à en parler.

Les légendes et croyances populaires ayant déjà contribué à la création de cet être décrit comme « un homme mort dont le corps n’est pas soumis à la décomposition tant qu’il se protège de la lumière du jour, et qui sort de ses cachettes la nuit pour aller sucer le sang des vivants ».

Vous trouverez également des dossiers sur l’imaginaire du monde entier, Amérique du sud, Allemagne, Italie, Russie etc. Mais ce qui rend cette encyclopédie aussi complète, c’est le fait d’avoir croisé culture littéraire et cinématographique au fil des époques.

 Le tout étant agrémenté de plus de plusieurs centaines d’illustrations de tous types : photographies, captures de films, couvertures, lithogravures, peintures… la mise en page du livre est très travaillée, motifs décoratifs, fond différent à chaque double page… la consultation de cet ouvrage est plaisante à tous points de vues.

La culture encyclopédique de Jacques Baudou est tout simplement incroyable, aussi bien sur le plan historique que sur les plus récentes œuvres de l’imaginaire. Cette Encyclopédie du fantastique fait partie des références durables et indispensable à tout passionné et connaisseur du genre mais aussi pour les néophytes ayant soif de découvertes !

Cet article a été rédigé pour le site ActuSF.

EDITEUR :
TRANCHE d´ÂGE :