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Chronique polar : Scream test

Imaginez un mélange entre Loft Story et Saw, vous aurez une idée du contenu macabre de Scream test !

Scream Test est un thriller se jouant des codes de la téléréalité et du slasher pour nous donner une critique acerbe et sanglante de notre société. L’ouvrage est écrit par le français Grégoire Hervier, donc c’est l’un des premier romans, il est paru en 2006.

Une téléréalité disponible uniquement… sur internet

« Six jours, six balles, six perdants, et seulement un survivant. Qui sera le dernier ? A vous de choisir… »

Voilà l’accroche terrible de la nouvelle téléréalité (peut-on vraiment l’appeller comme ça ?) qui vient de se lancer sur le net. Son nom ? The last one. Et le pire dans tout ça, c’est que les candidats ignorent tout de leur élimination – littérale – à la fin de la partie. Ils pensent jouer tout simplement à une téléréalité normale où élimination rime avec succès et paillettes une fois sorti du loft filmé 24h sur 24.
Par contre, le public, qui va s’intéresser de façon exponentielle à l’émission va se délecter de cette mortelle télé-réalité. Sauf si la police réussit à trouver où sont les candidats avant…

Haletant, bien mené et efficace

Scream Test a beau ne pas être un coup de coeur, j’ai adoré la plume de Grégoire Hervier. Il ne mâche pas ses mots, entre dans le vif du sujet immédiatement, malmène ses personnages, nous abreuve de culture populaire… C’est un roman qui se lit très vite car très bien développé et écrit. Le déroulement est assez classique, mais ça passe car c’est bien fait : on retrouve une narration plurielle.
Vous avez d’un côté l’histoire vécue par l’une des familles d’un participant à l’émission, d’un autre la vision de la flic douée mais qui n’a jamais eu de promotion ou encore le point de vue de cleui qui a organisé ce jeu mortel. Chacun a des motivations qui lui sont propres, et elles sont toutes entendables et intéressantes.

J’avoue avoir eu un petit faible pour le personnage de la flic, Clara. Elle est l’archétype de la flic qui aurait du monter en grade mais qui s’est fait voler les lauriers par plus ambitieux qu’elle. C’est un personnage intéressant, bien que déjà vu, car elle se fiche totalement des règles pour peu qu’elle arrive à mener à bien son enquête. En somme, la voir en scène dans d’autres romans m’aurait bien plu, même si cela n’est pas du tout d’actualité.

Pour ce qui est de l’intrigue en elle-même, elle est assez classique et se déroule sans accroc majeur. Comprendre ici, que le tueur audiovisuel réussit à tuer un par un ses victimes ignorantes. Je ne sais bien évidemment pas tout vous raconter, mais ça fonctionne très bien, même si l’on connaît déjà a fin au fond de nous.
C’est plus pour le style haché et cru de Grégoire Hervier qu’il faut lire Scream Test que pour l’intrigue. En effet, l’auteur a une culture populaire incroyable et profite de son roman pour partager avec nous sa passion du cinéma et des tueurs en série… Il y a même une page entière dédiée aux slashers emblématiques de la culture populaire : Souviens toi l’été dernier, Scream… etc. Tout ce que j’aime.

Ainsi, Scream Test est un bon premier roman, mais ayant lu un autre livre de l’auteur, je puis dire que ce n’est pas son meilleur. Grégoire Hervier a écrit quelques années plus tard un roman d’anticipation incroyable (toujours au Diable Vauvert) intitulé Zen City. L’ouvrage est désormais épuisé, mais si vous réussissez à mettre la main dessus, ça vaut vraiment le détour !
Quant à Scream Test, il plaira à celleux qui aiment tout ce qui touche à la télévision, aux foules manipulables et aux jeux cruels.

TRANCHE d´ÂGE :

Ces livres que je n’ai pas réussi à terminer #3

Parfois, on est persuadé que l’on va a adorer un livre. Il correspond à notre style de lecture, il appartient à un genre que l’on apprécie particulièrement… Et pourtant, rien à faire, ça ne prend pas. Cela arrive, la preuve en image avec une dystopie et du steampunk qui avait tout pour me plaire !

Water Knife – Paolo Bacigalupi – Au diable Vauvert

Il s’agit du second roman de Paolo Bacigalupi que je lis, mais Water Knife n’a pas su me convaincre malgré un thème fort. L’eau est devenue une denrée si rare qu’elle en devient un motif pour tuer et faire la guerre (comme c’est déjà le cas dans certains endroits du monde…).

C’est dans ce contexte post-apocalyptique que l’on suit Angel Velasquez, à la fois espionne, détective et un peu mercenaire… elle vient de couper l’eau qui assure la survie de Las Vegas.

C’est ainsi que débute l’ouvrage, qui mélange géopolitique (un peu brouillonne pour moi) et post-apocalyptique…

L’idée de base est très bien, l’ambiance âpre du roman également, malheureusement, j’ai trouvé le déroulement de l’histoire trop dense et pas assez expliqué. De plus, on s’y perd un peu avec les nombreux termes empruntés à l’anglais et à l’espagnol sans comprendre tous les tenants et aboutissants, ce qui démotive un peu…

Et surtout, le rythme du roman, assez lent, a fini d’achever ma motivation. J’ai stoppé ma lecture au bout d’un tiers d’efforts. A regrets.

La chute de la maison aux flèches d’Argent – Aliette De Bodard – Pocket SF

Ils sont rares les dans lesquels j’ai du mal à m’immerger, ne serait-ce qu’un peu… Mais avec La chute de la Maison aux flèches d’Argent, ce fut le désenchantement total. Cela faisait très longtemps que ce livre me faisait de l’œil, et j’avais déjà un plaisir anticipé à le découvrir…

Quelle ne fut pas ma déception quand je vis que je n’arrivais pas du tout à m’imprégner de l’univers ! 

Pour l’histoire, nous sommes dans un Paris alternatif où la magie règne et où différentes Maisons se partagent âprement la moindre parcelle de pouvoir et de territoire. Pour le genre, il est assez unique puisqu’on navigue entre la Fantasy historique et urbaine tout en ajoutant du  post-apocalyptique. Bref, ça avait absolument tout pour me plaire !

Tout débute par la chute d’un « ange », sa venue va exacerber les tensions, notamment entre la Maison aux flèches d’Argent et la Maison Aubépine. On comprend peu à peu que de nombreux enjeux entourent sa présence car il est doté d’une puissance phénoménale.

Mais là où le bât blesse, c’est que l’on ne comprend que peu ces fameux enjeux. On nous parle de pays et de régions dont on ne connait que le nom, rien d’autre… Les personnages se confondent au fil des pages, on ne sait plus qui est qui et qui souhaite quoi… Difficile dans ce cas là de comprendre tous les tenants et aboutissants de l’intrigue. D’autant que le système magique de l’univers n’est que très peu décrit…

Au final, c’est un véritable sac de nœuds dont on ne ressort pas indemne. La lecture devient vite très laborieuse et déplaisante. J’ai ainsi abandonné le roman à sa presque moitié. Sans regrets.

Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part – Sabrina Philippe – Eyrolles

Quand j’ai commencé cet ouvrage je savais pertinemment que ce n’était pas mon type de lecture habituel. Mais il faut essayer, on peut être surpris parfois… Mais au final, j’ai été totalement hermétique à l’histoire. Mélange entre roman, coaching, récit de vie (le roman est très autobiographique) religion et ésotérisme c’est un peu trop fourre-tout.

On y suit une femme qui est lasse de tout et n’a envie de rien, elle déménage et va faire dans un café une rencontre qui va bouleverser sa vie. Elle va rencontrer son âme sœur, un amour qui traverse les siècles. Ils se sont déjà connus par le passé, et ils se retrouvent enfin.

Je suis très sceptique quant à ce mélange de fiction/roman/témoignage qui nous raconte que la vie est faite de destins et que notre âme sœur nous attend quelque part. Ce n’est pas uniquement un roman, il y a un message sous-jacent qui se veut fort, puissant, presque christique.

C’est du développement personnel avant un roman tant on a l’impression qu’on nous fait la leçon entre les lignes avec des punchlines à méditer… J’ai trouvé ça empli de lieux communs et beaucoup trop imprégné de religion. Très peu pour moi.

Le secret de l’inventeur – Tome 1 – Andrea Cremer – Lumen

Le steampunk est un genre que j’affectionne tout particulièrement. Son univers est si riche, il est une telle source d’inspiration dans tant d’œuvres (cinéma, romans, bd, films, jeux-vidéos…) que c’est toujours un plaisir de se plonger dans un roman qui prend sa source dans ce genre littéraire.

Alors, quand j’ai vu que l’autrice de Nightshade (dont j’avais apprécié le premier tome) sortait enfin sa fameuse série steampunk (dont elle m’avait parlé il y a de cela des années lors d’une interview) j’ai été ravie ! Surtout que ce sont les éditions Lumen qui ont acquis les droits de sa série, et que cet éditeur fait un tel travail que tout ce qu’ils publient est choyé, sélectionné avec soin. C’est donc avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture du Secret de l’inventeur. Mais au bout d’une centaine de pages, je n’arrivait toujours pas à saisir les enjeux de l’histoire, ses personnages me paraissaient peu charismatiques, ils m’échappaient. Impossible de m’attacher à l’un d’eux ainsi qu’à leur parcours…

J’avoue avoir été déçue d’être déçue, justement. J’avais tellement d’attentes autour de cet ouvrage que j’aurais aimé de tout mon cœur l’apprécier. C’est pour cela que je me dis que je réessayerai certainement de lire Le secret de l’inventeur. Je ne lui ai peut-être pas donné la chance qu’il aurait dû avoir… Ce n’est donc que partie remise !

Chronique : Annihilation

Un roman d’anticipation au rythme lent,  fort nébuleux – mais captivant – aux élans lovecraftiens très développés…

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la Trilogie du Rempart Sud de Jeff VanderMeer ? Le premier tome, Annihilation, est paru aux éditions Le Diable Vauvert en 2016, il vient tout juste de sortir chez Le livre de poche. Le second tome d’ores et déjà paru le 5 octobre dernier sous le titre Autorité.

Enfin, la saga est en cours d’adaptation cinématographique avec notamment Natalie Portman. La réalisation et le scénario sont signés Alex Garland (Ex Machina, 28 jours plus tard…). Le film est prévu dans les salles obscures pour mars 2018.

Une mission d’exploration dans la Zone X

Etrange, innommable, mystérieuse… voici la Zone X, un endroit impossible à décrire, inhabitable et secret. C’est là-bas que se rendent quatre scientifiques afin de tenter d’en percer les mystères : une anthropologue, une psychologue, une géomètre et une biologiste (la narratrice de ce roman). Elles composent à elles quatre la douzième expédition.

Elles doivent se surveiller mutuellement pour être certaines qu’aucune n’est influencée ou changée par la zone X. Mais peu à peu, la tension monte et l’incertitude également… Que sont-elles censées découvrir ? Qu’on donc apprit les onze expéditions précédentes ? Et ce n’est que le début des interrogations…

Un roman lent et lancinant qui nous contamine à sa façon

On ne peut pas dire qu’Annihilation soit un roman facile d’accès. J’ai d’ailleurs du faire une pause durant ma lecture tant il est lent. Mais il faut insister car son atmosphère d’étrangeté et de danger latent le rend unique.

La narration n’est d’ailleurs pas sans faire penser à H.P. Lovercraft dans les détails sombres, l’atmosphère pesante… et les étranges plantes/choses/organismes que l’on croise !

J’ai adoré cette histoire aux enchainements nébuleux mais toujours intéressants. La pression psychologique entre les membres ne cesse de monter. La suspicion également… Tout ce que nous lisons est écrit du point de vue de la biologiste, elle nous explique la faune, la flore, de la Zone X, me nombreuses questions planent encore.

Il y a un élément de la Zone X en particulier que j’ai trouvé singulier et mémorable : la Tour. Ce qu’elle renferme a quelque chose d’hypnotique qu’il est impossible de décrire. D’autant qu’après les très nombreuses expéditions, elle n’est sur aucune carte ! Jeff VanderMeer maîtrise à la perfection l’art de ne pas trop développer tout en nous laissant une image bien précise en tête.

…..

Annihilation est donc un excellent premier tome pour qui aime les ambiances emplies d’étrangeté… C’est un roman qui fonctionne comme un huis-clos bien que le décor soit une zone gigantesque non répertoriée… C’est magnifiquement travaillé psychologiquement…

On a tout simplement envie de passer au second tome, Autorité. Il parait qu’il est extrêmement différent du premier en termes d’écriture et de narration, je suis impatiente de vérifier cela !

PS : Mention spéciale à la couverture du roman (qui reprend la version US) car elle retranscrit parfaitement l’univers de la Trilogie du Rempart Sud… Des plantes qui grimpent partout et qui semblent régner en maîtres, une flore foisonnante… c’est exactement ça !