Chronique : Les oubliés de Vulcain

Les oubliés de Vulcain

Un roman de sf pour la jeunesse à la fois fascinant et responsabilisant.

Danielle Martinigol était avant tout professeur de français avant d’être une auteure de science-fiction. Son roman les oubliés de Vulcain, sorti en 1995 est et à été prescrit dans les écoles depuis de nombreuses années. Elle a également écrit de nombreux autres romans pour la jeunesse : L’enfant Mémoire, l’or bleu, les abîmes d’Autremer (coécrit avec Alain Grousset) ou encore Sens interdit (également avec Alain Grousset). Elle s’est également essayée à la fantasy avec sa série Lumina (écrite avec Alain Grousset et Paco Porter).

Un nouveau roman est en préparation, il sortira dans la collection jeunesse de l’Atalante : le Maedre dans le courant de l’année prochaine, son titre : Cantoria.

L’expérience C.H.A.R.L.Ey

Charley est un garçon comme les autres en apparence, mais il a en fait été modifié génétiquement par des scientifiques. Tout ce que le jeune homme connaît de son environnement a été anéanti par cette terrible découverte.

Ainsi, du simple garçon qu’il pensait être, il est en réalité un objet d’étude, de même que son charat (mélange génétique entre le chat et le rat). Le prénom de Charley est également le nom du projet dont il est issu : Cobaye Humain Amélioré Résistant aux Lieux Extraterrestres, le « y » correspondant à son chromosome faisant de lui un garçon.

Ne pouvant supporter plus longtemps de vivre avec ceux qui l’on créé dans des buts peu scrupuleux, Charley décide de fuir… en quittant la planète par le biais d’une benne spatiale à ordures… Une idée dangereuse, mais qui semble être la seule possible.

Une écriture simple et efficace au service d’une histoire de société future

Ce qui a fait le succès de ce livre dans les écoles est le fait que Danielle Martinigol ait transposé dans le futur un problème mondial qui prend une ampleur alarmante au fil des années. Il est à noter que l’idée de préservation de notre planète était encore très loin de ce qu’elle est aujourd’hui quand le livre est paru : peu ou pas de campagnes responsables, pas de prévention sur l’écologie, etc. En cela, ce roman est visionnaire.

Ainsi découvrons-nous Vulcain, la planète-poubelle où plus d’une trentaine de planètes déversent continuellement leurs ordures sans se préoccuper des gens qui y vivent. C’est ici qu’atterrit Charley, où il découvre un mode de vie difficile et dangereux. En effet, les vaisseaux-bennes qui jettent leurs containers le font sans se soucier de l’endroit où ils les jettent, ainsi beaucoup d’habitants meurent-ils écrasés par ces derniers.

Tout cela sans compter les émanations de gaz, les déchets dangereux pour la santé et autres dangers…  Vulcain abrite deux société, celle des Volcanos, de pauvres malheureux qui pour survivre doivent fouiller dans les déchets pour revendre ce qui peux l’être, et les Ords, protégés sur une petite ile, ils ne connaissent pas les chutes de containers et vivent dans des conditions aisées.

On se doute rapidement que Charley, grâce à ses aptitudes étonnantes va se distinguer des autres Volcanos et être la passerelle de ces deux sociétés qui se méconnaissent l’une et l’autre.

Le lecteur fera la connaissance de personnages simples mais attachants. Mais je trouve que plus que les personnages, c’est l’univers et le portrait d’une société future tout à fait probable (qui sait ?) qui est intéressant.

De plus, le roman a beau être court, l’auteure a su créer un univers recherché qui fonctionne parfaitement. Et chose sympathique, on croise la route de Jules Verne et de Claude-Nicolas Ledoux, dont les travaux sur la construction d’une société utopique ont inspiré l’auteure pour la ville des Ords, Epha.

En bref, un bon roman à conseiller à des lecteurs dès l’âge de 10-11 ans pour découvrir la SF.

8/10

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